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Muse Code, le harnais agentique de Meta, n’arrive pas seul

6 août 2026 à 18:58

Meta avait les modèles, il a désormais le harnais. Son nom : Muse Code.

Disponible en bêta sur Mac et Linux, il a deux modes d’exécution : interactif (terminal) et headless. L’authentification passe par le navigateur ou par une clé d’API.

Le modèle par défaut est Muse Spark 1.2, lancé en parallèle. Meta recommande fortement de ne pas en changer et pour cause : le LLM et le harnais ont été entraînés conjointement.

Muse Spark 1.2 constitue une « amélioration modérée » de Muse Spark 1.1, qui était sorti début juillet uniquement aux États-Unis. Les optimisations se sont portées sur le codage. En particulier sur les tâches longues. Ont donc été exercées des compétences telles que la planification, la compression du contexte et l’adhérence à des objectifs.

Payer avec ses données : une option non disponible dans l’Union européenne

Le lancement de Muse Code ne change pas la tarification des modèles Muse Spark. L’API conserve, en plus du niveau standard, le niveau dit « contributeur ». Il offre une nette ristourne en contrepartie à deux éléments. D’une part, accepter des limites de débit plus strictes (60 requêtes par minute vs 3000 ; 2,1 millions de tokens par minute vs 4 millions). De l’autre, donner à Meta le droit d’exploiter entrées et sorties pour entraîner de futurs modèles. Un point bloquant dans l’Union européenne, si bien que l’option n’y est pas disponible. Elle ne l’est pas non plus en Australie, au Brésil, au Canada, en Corée du Sud et au Royaume-Uni.

(prix par million de tokens) Input Input (cache) Output
Standard 1,25 $ 0,15 $ 4,25 $
Contributeur 0,10 $ 0,002 $ 0,20 $

Meta commence par ailleurs à traiter les demandes d’activation de l’option ZDR (zero data retention).

Comme avec Codex, pas d’imbrication de sous-agents

Meta propose une dizaine de cookbooks pour illustrer les capacités de Muse Code. Par exemple, la planification en langage naturel, la distribution de tâches entre sous-agents, les rejeux déterministes, le suivi des objectifs ou l’immuabilité des garde-fous.

Le harnais peut gérer un maximum de 16 sous-agents. Le plafond dépend des ressources de la machine (formule générale : nombre de cœurs processeurs – 2). Comme sur Codex, ces sous-agents ne peuvent pas en lancer d’autres. Mais ils peuvent avoir leur propre arbre Git pour éviter les conflits d’écriture. Muse Code en fait lui-même tourner, pour « observer » l’exécution. Chacun suit un axe de qualité et peut fournir des conseils à l’agent principal sans l’interrompre.

Par défaut, toutes les commandes shell s’exécutent dans une sandbox OS et l’humain doit examiner celles jugées à risque (globalement, rm -f et rm -fr, précédées ou non de sudo). On peut activer/désactiver séparément ces deux aspects.
Il existe un mode plus strict (demande de révision de toute commande qui n’est pas en liste d’autorisation)… ainsi qu’un mode YOLO, qui désactive aussi la sandbox et dit au harnais de faire confiance à l’espace de travail.

Muse Code a une option de saisie vocale (activée par défaut sur Mac ; pas sur Linux). Il permet de gérer manuellement le contexte (compression, résumé des dernières actions, exportation avec possibilité de masquer les chaînes ressemblant à des secrets…). Les fichiers AGENTS.md ont la priorité sur les fichiers CLAUDE.md.

Illustration générée par IA

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KAIROS, ULTRAPLAN… Ce que révèle le leak de Claude Code

2 avril 2026 à 15:34

Rêveur, clandestin, psychologue à base de regex… Claude Code est un peu tout cela. La preuve avec… le code source de son CLI, qui a fuité.

Mardi 31 mars, Anthropic a publié une nouvelle version de l’outil (2.1.88). Moins d’une demi-heure plus tard, un chercheur en sécurité a détecté, dans l’arborescence npm, un fichier cli.js.map.

Ce fichier est un source map. Il fait le pont entre le code source et le code compilé pour faciliter le débogage.

Pour Claude Code, Anthropic a choisi le runtime Bun, dont il a fait l’acquisition en décembre dernier. Cet environnement crée automatiquement des source maps, y compris en production. Il faut donc penser à créer une exception, par exemple au niveau du fichier .npmignore. Dans le cas présent, cela n’a pas été fait.

« Notre processus de déploiement comprend quelques étapes manuelles, dont une qui ne s’est pas faite correctement », a reconnu le directeur de Claude Code.

Au-delà des éléments qu’il exposait, le fichier pointait vers un zip dans un bucket Cloudflare R2 en accès public… et qui contenait le code source. Au total, plus d’un demi-million de lignes sur quelque 2000 fichiers. Au menu, prompts système, logique d’orchestration des agents, implémentation de l’authentification, gestion des outils et des limites de débit, etc. Ainsi que des dizaines de commandes, de drapeaux et de variables d’environnement non documentés.

Claude code source code has been leaked via a map file in their npm registry!

Code: https://t.co/jBiMoOzt8G pic.twitter.com/rYo5hbvEj8

— Chaofan Shou (@Fried_rice) March 31, 2026

Un mode « clandestin » pour les contributions publiques

Parmi les fonctionnalités cachées tient, en une centaine de lignes, un mode « Undercover ».

Réservé aux employés d’Anthropic, ce mode « clandestin » impose à Claude de ne jamais inclure certains éléments internes dans ses contributions sur des dépôts publics. Entre autres, noms de projets, d’outils et de canaux Slack, ainsi que numéros de version de modèles non publiés. L’expression « Claude Code » est également bannie… tout comme, plus globalement, toute mention qui pourrait laisser penser qu’une IA a contribué.

Le mode Undercover apparaît non désactivable. Il s’enclenche automatiquement dès lors que le système ne peut pas confirmer qu’il est dans un dépôt privé.

KAIROS ou le démon Claude Code

Claude Code a aussi un mode « Coordinator ». Il divise le travail de recherche, d’implémentation et de test entre des sous-agents qui communiquent par messages XML et ont accès à un dossier de connaissances partagé.

Le côté « rêveur » consiste, sur le modèle du cerveau humain lors des phases de sommeil, en une consolidation de la mémoire. Il ne s’enclenche que si, depuis la consolidation précédente, au moins 24 heures se sont écoulées et au moins 5 sessions Claude Code ont été lancées.

KAIROS met ce mécanisme en œuvre en le déléguant à un sous-agent. Dans ce mode, Claude Code s’exécute en arrière-plan, tel un service système, pour surveiller le projet en continu. Régulièrement, il décide d’agir ou non, en s’abstenant de toute action qui bloquerait un workflow utilisateur plus de 15 secondes.

Autre fonctionnalité que révèle le code source : ULTRAPLAN. Avec elle, Claude Code envoie les tâches complexes à un environnement Opus distant, pour un traitement pouvant durer jusqu’à 30 minutes.

La mémoire de Claude Code s’architecture en trois couches. La seule perpétuellement présente dans la fenêtre de contexte est un index de pointeurs. Les transcriptions ne sont jamais chargées complètement (on n’y fait que du « grep »). Entre les deux, il y a des topic files, récupérés à la demande.

Based on everything explored in the source code, here’s the full technical recipe behind Claude Code’s memory architecture:

[shared by claude code]

Claude Code’s memory system is actually insanely well-designed. It isn’t like “store everything” but constrained, structured and… pic.twitter.com/PlGRvuvkts

— himanshu (@himanshustwts) March 31, 2026

Chicago, Capybara… Des noms de code en pagaille

Pour gérer la frustration des utilisateurs, pas d’algorithmes avancés d’analyse de sentiment : juste du pattern matching, à l’appui de regex.

Dans le même esprit, Claude Code dispose d’un mode « minimaliste » permettant de désactiver notamment la mémoire automatique, le raisonnement et les tâches en arrière-plan. Il a aussi des kill switchs. Par exemple pour le mode vocal. Ou pour désactiver la fenêtre étendue (1 million de tokens) dans un contexte de conformité HIPAA.

Le code source révèle quelques noms internes. Parmi eux, « Chicago », attribué à la brique Computer Use. Ou Capybara. Alias Mythos, semble-t-il. C’est en tout cas sous ce nom que ce modèle vraisemblablement positionné au-dessus d’Opus avait fuité la semaine dernière. Une erreur sur le site web donnait accès à des milliers de fichiers non publiés, dont un billet de blog sur Mythos/Capybara.

L’analyse du code source révèle aussi diverses protections. Dont un contre la distillation. Le système intègre de fausses définitions d’outils dans les requêtes API pour compromettre l’entraînement d’autres modèles. Anthropic a aussi intégré un mécanisme qui protège la chaîne de pensée (l’API ne retourne, à chaque appel, que des résumés).

Sur le volet télémétrie, Claude Code exploite 4 canaux : OpenTelemetry, GrowthBook, Sentry et Statsig. Il tatoue toutes les requêtes avec un sel codé en dur.

La mécanique des forks enclenchée malgré les requêtes DMCA

Anthropic n’a pas tardé à déposer une requête DMCA auprès de GitHub. Elle visait le miroir principal du code leaké (nirholas/claude-code) et tous ses forks. Résultat : plus de 8000 dépôts désactivés… dont des victimes collatérales qui avaient forké des éléments du projet open source.

Anthropic a corrigé le tir le lendemain, recentrant sa demande sur le miroir principal et sur une centaine de forks. Il n’a pas ciblé claw-code, qui a pourtant accumulé plus de 100 000 étoiles en quelques heures. Et pour cause : le projet réimplémente l’architecture de Claude Code (en Python) sans en reprendre le code source. Il en existe également une implémentation en Rust.

Dans un autre genre, il y a le dérivé Open Claude qui remplace les liaisons API par un adapteur gérant d’autres modèles. Ou ce fork qui enlève la télémétrie et les garde-fous tout en activant l’ensemble des fonctionnalités expérimentales.

Illustration générée par IA

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