Vue normale

Il y a de nouveaux articles disponibles, cliquez pour rafraîchir la page.
À partir d’avant-hierFlux principal

Le Pentagone consolide ses licences logicielles Oracle

24 juillet 2026 à 12:21

Le ministère américain de la Défense, rebaptisé  » Department of War  » vient de signer un accord avec Oracle susceptible d’atteindre 6,99 milliards $ sur dix ans.

L’affaire, négociée par le département de la Marine, remplace une myriade de contrats logiciels dispersés entre les armées, la communauté du renseignement et les gardes-côtes par une licence unique. Ce n’est pas la première fois que l’administration Trump tente de discipliner les habitudes d’achat tentaculaires du Pentagone ; c’est en revanche la plus grosse commande passée à Oracle à ce jour.

Selon le relevé quotidien des contrats publié par le « Department of War », l’accord prévoit un montant ferme de 3,311 milliards $ sur une période de commande de cinq ans, portée à 6,99 milliards si l’option quinquennale est exercée.

Ce même document précise que le contrat permettra aux clients d’acquérir des licences logicielles Oracle (perpétuelles ou par abonnement), des renouvellements de maintenance, des services en mode SaaS ainsi que des prestations de conseil, pour l’ensemble du ministère. Il s’agit d’un marché de gré à gré, non concurrentiel, autorisé par le secrétaire de la Marine au nom de l’intérêt public.

Rationaliser les dépenses logicielles du Pentagone

Un communiqué publié par Oracle apporte des précisions indiquant avoir remporté ce contrat dans le cadre de l’Enterprise Software Initiative (ESI) du ministère, un dispositif censé simplifier et centraliser les achats.

Selon Kim Lynch, responsable des activités gouvernementales et de défense chez Oracle, l’enjeu pour le ministère n’est pas tant de trouver la bonne technologie que de l’acquérir rapidement, en conformité avec les règles, et à grande échelle. Un exercice que l’ESI est précisément censé faciliter.  Et de rappeler qu’Oracle fournit le ministère depuis les années 1990 et que la transition vers ce nouveau contrat doit s’opérer durant l’été.

Reuters cite la DSI du Pentagone, Kirsten Davies, selon laquelle la restructuration des achats de capacités Oracle sur site permettra une économie d’au moins 441 millions $ pour le contribuable.

En mai dernier, un accord similaire a été conclu avec Microsoft,(9,69 milliards $ sur cinq ans), pour consolider les licences et d’autres logiciels d’entreprise éparpillés entre les services militaires, le renseignement et les gardes-côtes. Les deux contrats s’inscrivent dans un effort plus large de la DSI pour mettre fin à des années de dépenses logicielles redondantes.

S’il n’existe aucun lien de cause à effet établi, les médias américains relèvent les liens étroits entre le cofondateur d’Oracle, Larry Ellison, et le président Donald Trump. Outre son soutien financier lors de sa dernière élection, il a compté parmi les premiers invités reçus à la Maison-Blanche à l’occasion de l’annonce du projet Stargate. Le président a par ailleurs soutenu la prise de participation d’Oracle dans les activités américaines de TikTok.

Oracle et le Pentagone : une vieille histoire

L’histoire même d’Oracle est consubstantielle aux besoins de la défense et du renseignement américains. Le tout premier contrat , en 1977, portait sur la création d’un système de gestion de base de données relationnelle financé par la CIA. Un projet dont le nom de code interne était précisément « Oracle ».

Des présidences de Jimmy Carter et Ronald Reagan jusqu’à l’ère post-11 septembre sous George W. Bush, le groupe s’est progressivement imposé comme l’épine dorsale informatique des ministères civils et des forces armées, gérant des données d’une sensibilité extrême pour le Pentagone, le Département du Trésor ou l’Énergie.

The post Le Pentagone consolide ses licences logicielles Oracle appeared first on Silicon.fr.

Le nouveau modèle de gouvernance de MySQL fait des sceptiques

1 juillet 2026 à 12:21

Deux pas en avant, un pas de côté et un pas en arrière.

VillageSQL juge ainsi le nouveau modèle de gouvernance de MySQL. Il s’inquiète d’une concentration des pouvoirs dans les mains d’Oracle et des hyperscalers.

Des élections communautaires… dans 2 ans

AWS, au contraire, se réjouit de l’initiative : « Pour la première fois depuis qu’Oracle a acquis MySQL, d’autres organisations ont un rôle défini dans [son] développement ». Il faut dire que la branche cloud d’Amazon est représentée tout au sommet de la pyramide : elle siège au comité de pilotage.

D’après le document de gouvernance, ce comité doit réunir initialement « 5 à 7 personnes représentant Oracle (majorité), d’autres hyperscalers, des utilisateurs de MySQL et des membres de la communauté open source ».

AWS apporte une précision : 4 sièges ne sont pas détenus par Oracle.

Ce dernier nomme l’ensemble des membres initiaux du comité, pour 2 ans. Lorsque ce mandat arrivera à terme, des élections communautaires auront lieu pour les sièges hors Oracle. Autant de temps à attendre pour aller vers une gouvernance vraiment ouverte, déplore VillageSQL.

Oracle, décisionnaire à tous les échelons

Du côté d’Oracle, on explique que le comité de pilotage fonctionnera certes avec AWS et Google Cloud… mais aussi avec « des perspectives supplémentaires d’utilisateurs de MySQL ».

Plutôt que ces « perspectives supplémentaires », AWS préfère mettre en avant les rôles de contribution structurés que crée le modèle de gouvernance. Un système à 5 échelons, en l’occurrence, avec des critères objectifs pour passer de l’un à l’autre. Par exemple, pour devenir project lead, avoir réalisé 30 à 50 contributions « de qualité » dans un sous-système majeur de MySQL.

VillageSQL salue « une vraie structure avec de vrais critères ». Il souligne néanmoins qu’à la majorité des échelons, Oracle a la main. Cela commence avec les committers, chargés de valider les contributions. Pour le moment, seul Oracle les nomme. Même chose pour les chefs de projets. Pour ce qui est des core project leads (maintien de la cohérence technique, de la qualité et de la stabilité du projet dans son ensemble), il n’existe pas, en l’état, de voies de recrutement externe.

Oracle s’engage, sans fixer d’échéance, à accorder à des membres de la communauté le statut de committer pour les éléments qui ne font pas partie du cœur fonctionnel (extensions, connecteurs…).

Un ticket préférentiel pour les hyperscalers ?

VillageSQL assimile le modèle de gouvernance à celui d’une fondation, où des entreprises – ici, les hyperscalers – achètent un ticket en échange d’une représentation au board. C’est une manière de financer un projet, admet-il. Et de combler les vides qu’ont laissés les coupes claires effectuées l’an dernier dans l’équipe MySQL. Mais de son avis, l’absence de « membres indépendants de la communauté » est préocuppante. Difficile, en tout cas, de parler de « gouvernance ouverte »…

Dans cette communauté, il faut inclure la Fondation OurSQL, récemment mise en place après qu’Oracle a refusé de suivre cette approche. Le modèle de gouvernance peut être vu comme une réponse, globalement cohérente avec la manière dont l’entreprise de Larry Ellison a géré les autres projets open source de son portefeuille, comme Java et OpenOffice.

VillageSQL évoque Fedora, dont le comité de pilotage est entièrement élu par la communauté. Il mentionne aussi PostgreSQL, qui « fonctionne purement à la méritocratie ». Et Linux, qui « avance avec Linus [Torvalds] comme ‘dictateur bienfaisant’ ».

Collaborer d’abord sur le code publié

Le chantier d’ouverture de MySQL avait véritablement démarré en janvier 2026, au sortir d’une réunion de la communauté à Bruxelles. Ayant pris acte du climat, Oracle avait pris quantité d’engagements. Il en a notamment résulté une roadmap publique pour l’édition communautaire, incluant les rapports de bugs. On y trouve, entre autres items :

  • Prise en charge native des magasins et des index vectoriels (Amazon est demandeur)
  • Serveur MCP
  • Gestion des versions de tables (en s’inspirant de ce que propose MariaDB)
  • Types de données BOOLEAN, UUID et SQL ARRAY
  • Migration de divers projets vers le nouveau modèle d’extensibilité référent (Component Framework)
  • Extension de ce modèle au moteur de requête (types de données, méthodes d’accès à l’index, opérateurs…)
  • Intégration de Health Monitor dans les déploiements sur site

Le processus de contribution a été centralisé sur GitHub. Quatre webinaires ont eu lieu depuis fin février. Le point focal est pour le moment la collaboration sur le code publié. Oracle promet d’aller ultérieurement vers une dimension plus « temps réel ». En particulier en impliquant la communauté plus en amont sur les discussions de conception.

Illustration © your123 – Adobe Stock

The post Le nouveau modèle de gouvernance de MySQL fait des sceptiques appeared first on Silicon.fr.

21 000 emplois supprimés en un an : Oracle vire ses équipes pour l’IA 

Par : Ny Ando A.
24 juin 2026 à 18:39

L’IA continue de transformer le monde du travail. Et la liste des entreprises qui réduisent leurs effectifs pour accélérer leurs investissements dans cette technologie ne cesse de s’allonger. 

Ces derniers mois, plusieurs géants de la tech ont annoncé des vagues de licenciements d’une ampleur inhabituelle. Début juin, GitLab s’est séparé de 350 employés afin de financer ses infrastructures dédiées à l’IA et d’absorber la hausse du trafic générée par ses nouveaux outils. 

Quelques semaines auparavant, Meta avait déjà supprimé près de 8 000 postes dans le cadre de sa stratégie centrée sur l’IA. Google, Amazon, Cisco, Cloudflare et bien d’autres ont également engagé des restructurations similaires. 

Désormais, c’est Oracle qui s’ajoute à cette liste grandissante. Le spécialiste des bases de données, des logiciels d’entreprise et du cloud a lui aussi procédé à une importante réduction de ses effectifs.

Oracle assume une stratégie tournée vers l’IA

Selon son rapport annuel publié le 22 juin 2026, Oracle a supprimé environ 21 000 emplois au cours des douze derniers mois. L’entreprise comptait 141 000 salariés à temps plein au 31 mai 2026, contre 162 000 un an plus tôt. 

Cela représente une baisse d’environ 13 % de ses effectifs. Cette réduction n’est pas présentée comme une simple mesure d’économie. Dans son rapport, Oracle établit un lien direct avec l’adoption croissante de l’IA au sein de ses activités. 

L’entreprise indique que l’intégration de technologies d’IA dans ses opérations a déjà entraîné des suppressions de postes. Elle prévient même que cela pourrait continuer à en provoquer à l’avenir

Elle reconnaît toutefois que ce type de restructuration comporte plusieurs risques. Notamment une perte de savoir-faire interne, des difficultés à recruter certains profils spécialisés ainsi qu’un impact potentiel sur la motivation et la fidélisation des employés restants. 

Mais visiblement, ce sont des risques à prendre. Car comme dit tout haut, Oracle n’est pas le seul à adopter cette stratégie. Des entreprises telles que Dropbox, Block, Salesforce ou encore Cisco ont également réduit leurs effectifs tout en renforçant leurs investissements dans les technologies d’IA

Car pour ces groupes, l’objectif est souvent le même. Diminuer certains coûts opérationnels tout en réorientant les ressources vers les nouveaux outils et infrastructures jugés stratégiques pour l’avenir. 

Ce n’est donc pas prêt de changer. Les annonces de restructurations liées à l’IA pourraient ainsi continuer à se multiplier au cours des prochains mois. 

Cet article 21 000 emplois supprimés en un an : Oracle vire ses équipes pour l’IA  a été publié sur LEBIGDATA.FR.

Éducation, recherche, finances… L’empreinte d’Oracle dans les SI de l’État

22 juin 2026 à 08:00

« L’objectif est de diminuer drastiquement les coûts de licence versés à cet éditeur, dont la politique tarifaire est particulièrement agressive. »

Oracle aura apprécié cette déclaration qu’Audran Le Baron a faite à la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur les dépendances numériques.

L’Éducation nationale dit avoir été contrainte à souscrire un nouveau contrat

L’intéressé est directeur du numérique pour l’éducation au ministère de l’Éducation nationale. Ce dernier dépense un peu plus d’un million d’euros par an pour les briques Oracle hors bases de données. Cela inclut notamment de la gestion d’identités de messagerie dans les académies. L’objectif est d’en sortir pour aller vers une offre nationale s’appuyant sur Zimbra. « Je parle ici de 1,2 million de boîtes personnelles et de 300 000 boîtes fonctionnelles », précise Audran Le Baron. La transition est en cours (début avril, 420 000 boîtes avaient migré).

Le ministère exploite aussi le serveur WebLogic pour une bonne partie de ses applications web. Sur les bases de données, il a surtout une adhérence à Db2 d’IBM. Fin 2025, Oracle l’a contraint à souscrire un nouveau contrat ULA (Unlimited License Agreement) non prévu au budget, assure Audran Le Baron. D’un montant d’un peu plus de 3 M€, il a été renouvelé pour 3 ans. C’est la fenêtre que le ministère s’est fixée pour « réduire drastiquement le nombre de licences actives » au sein de sa DSI…

Oracle coûte plus de 8 M€ par an à la DGFiP

À la DGFiP (Direction générale des finances publiques), de nombreuses applications s’appuient encore sur Oracle. L’éditeur « représente 8,5 M€ annuels », selon Tomasz Blanc, chef du service des SI. Il équipe notamment la déclaration en lignes des revenus et la comptabilité locale.

« La richesse fonctionnelle de ces outils rend leur remplacement long et onéreux », reconnaît Tomasz Blanc. La DGFiP est cependant parvenue à sortir presque totalement d’Oracle sur le périmètre de la fiscalité des entreprises. Une réussite qu’il attribue, entre autres, à la standardisation de la fabrication applicative. « Une discipline essentielle puisqu’en évitant d’utiliser les fonctions trop spécifiques des produits propriétaires, comme les optimisations exclusives d’Oracle, nous reprenons l’ascendant lors des négociations commerciales ».

Le libre ? Oui, mais…

Pour Yves Billon, chef du service du numérique au secrétariat général des ministères économiques et financiers, Oracle est « une technologie avec laquelle nous sommes unanimement en difficulté au niveau interministériel, et ce depuis très longtemps ».

« Nous essayons de recourir le plus souvent possible aux solutions alternatives libres, affirme-t-il. Mais cette démarche comporte des risques techniques étant donné que nous ne pouvons pas rater certaines échéances, comme la campagne annuelle de déclaration d’impôts. »

Depuis « 5 ou 6 ans », néanmoins, Oracle n’est plus utilisé pour les nouveaux projets.

Quand les progiciels imposent des bases de données propriétaires

Le témoignage de Marie-Pierre Fontanel rejoint celui d’Yves Billon quant aux obstacles à la transition vers des outils du monde libre. « Ce n’est pas toujours possible, car certains progiciels imposent des bases de données propriétaires », déclare la DSI du CNRS.

L’institut cible en particulier des migrations vers PostgreSQL. Les Urssaf ont déjà fait ce pas, a rappelé Stéphanie Schaer, directrice interministérielle du numérique. La gendarmerie nationale est dans la même dynamique, d’après le général de corps d’armée Marc Boget, directeur de l’Anfsi (Agence du numérique des forces de sécurité intérieure).

À l’Inrae, on a basculé de l’ERP d’Oracle à une solution basée sur SAP et mutualisée au sein de l’ESR (enseignement supérieur et recherche), signale Louis-Augustin Julien, son directeur général délégué ressources.

L’Ugap se détache d’Oracle

Également auditionné, David Amiel a souligné que l’Ugap allait mettre fin aux ventes de logiciels Oracle sur son marché dédié, hors renouvellement. « C’est un signal fort envoyé à l’ensemble de la commande publique », estime le ministre de l’Action et des Comptes publics. Des renouvellements de contrats resteront possibles « pour assurer la continuité et se donner le temps d’effectuer certaines migrations très lourdes. Mais nous cesserons d’approfondir cette dépendance et de la disséminer dans de nouvelles entités publiques. »

« L’Ugap a longtemps reflété le marché, juge Alain Garnier, président de Jamespot. Lorsqu’on ouvrait la page du site Internet des achats de logiciels, on voyait un gros logo Microsoft, un gros logo Oracle et un gros logo SAS Institute. Le reste se trouvait dans un fichier Microsoft Excel. »

La centrale d’achat « est en train de changer clairement de position », se réjouit-il. « Nous travaillons avec le CSF [comité stratégique de filière logiciels et solutions numériques de confiance] pour modifier non seulement les politiques d’achat, mais aussi le marketing de l’offre, afin que les acheteurs publics ne soient plus dirigés vers les grands acteurs par ce qui relevait d’une forme de publicité fléchée. »

Illustration générée par IA

The post Éducation, recherche, finances… L’empreinte d’Oracle dans les SI de l’État appeared first on Silicon.fr.

Oracle inaugure son « Patch Tuesday » : l’effet Claude Mythos ?

6 mai 2026 à 18:02

Il y aura bientôt, chez Oracle, une distribution mensuelle de correctifs de sécurité.

L’éditeur l’avait annoncé fin avril. Il vient de communiquer un calendrier. La première échéance est fixée au 28 mai. Ce sera ensuite le troisième mardi du mois. Donc le 16 juin, le 21 juillet, le 18 août, etc.

Ces correctifs seront plus ciblés que les mises à jour trimestrielles, qui en reprendront d’ailleurs le contenu. Ils ne se substitueront pas aux diffusions « hors bande » pour les failles qui nécessitent une remédiation immédiate. La dernière en date, détectée en mars, affectait Identity Manager et Web Services Manager. Elle posait un risque d’exécution de code à distance sans authentification (score de base : 9,8).

Dans son annonce de fin avril, Oracle avait rappelé avoir accès à Claude Mythos Preview et aux « modèles les plus compétents » d’OpenAI. Les IA de dernière génération « augmentent la vitesse et l’échelle » de découverte des vulnérabilités, avait-il affirmé. Assez pour s’engager, donc, à mensualiser les correctifs pour les environnements sur site.

Á consulter en complément :

Claude Mythos inquiète les banques européennes
GPT-5.4-Cyber, la réponse d’OpenAI à Claude Mythos
Microsoft intègre Claude Mythos à son programme de développement sécurisé
Comment le Campus Cyber juge l’impact de Claude Mythos

Illustration générée par IA

The post Oracle inaugure son « Patch Tuesday » : l’effet Claude Mythos ? appeared first on Silicon.fr.

Oracle et l’IA : à investissements massifs, licenciements massifs

3 avril 2026 à 10:14

« Oracle a 47 ans. Larry, il a toujours la même niaque, la même vision. Et la boîte n’a jamais été aussi forte financièrement qu’aujourd’hui. »

Christophe Negrier, DG France, s’en était vanté en novembre dernier, dans la lignée de l’AI World. L’entreprise sortait effectivement d’un exercice largement bénéficiaire (12,4 Md$). Et son carnet de commandes atteignait un niveau historique (plus de 300 Md$), avec le projet Stargate en toile de fond.

Cet exercice fut néanmoins aussi le premier depuis plus de 30 ans à se clore sur un flux de trésorerie négatif (-394 M$). La conséquence d’une nette hausse des capex, ayant plus que triplé sur un an, à près de 22 Md$.

À cela s’ajoutait, pour l’exercice 2026, un plan de restructuration d’un montant sans précédent : environ 1,6 Md$. Il y avait également la dette, qui venait de dépasser 100 Md$.

30 000 postes : d’où vient cette estimation ?

Depuis, le carnet de commandes s’est encore rempli (plus de 500 Md$). Et Oracle dégage toujours plus de bénéfices (3,7 Md$ sur son dernier trimestre fiscal). Mais la dette a franchi un nouveau seuil. Elle s’elève désormais à plus de 150 Md$. Y contribuent notamment des projets au Texas (23 Md$), au Nouveau-Mexique (18 Md$) et dans le Wisconsin (15 Md$) avec Vantage Data Centers. BNP Paribas et Société Générale sont impliqués. Quant au plan de restructuration, son enveloppe a été portée à 2,1 Md$.

Dans ce contexte, une estimation s’est imposée : Oracle supprimerait 30 000 postes. Il s’agit en fait du haut d’une fourchette que TD Cowen a communiquée en janvier.

La banque d’investissement parlait de 20 000 à 30 000 postes, pour 8 à 10 M$ d’économies. Elle calculait que les engagements d’Oracle sur le volet infrastructure lui en coûteraient au bas mot 156 Md$.

Cette estimation, associée aux doutes du marché sur la capacité d’OpenAI à honorer ses 1,4 Md$ d’engagements financiers, avait poussé plusieurs banques américaines à prendre leurs distances avec les projets datacenter d’Oracle, ajoutait TD Cowen, qui pointait aussi une certaine frilosité des banques asiatiques.

Les profils (très) seniors, pas épargnés

Cette semaine, la charrette a pris forme. Sur LinkedIn et au-delà, quantité d’employés d’Oracle en ont témoigné. Y compris des profils seniors. On a ainsi mis sur la touche une directrice du développement logiciel présente depuis 14 ans, un directeur ONSR (Oracle National Secure Region) là depuis 30 ans, une Security Alert Manager ayant 33 ans d’ancienneté, etc.

Le volume de désactivations de comptes sur le Slack interne accrédite l’estimation de 30 000 postes. Les divisions RHS (Revenue and Health Sciences) et SVOS (SaaS and Virtual Operations Services) apparaissent particulièrement touchées. Comme le centre de développement NetSuite en Inde. La vague ne semble pas avoir – pour le moment ? – atteint l’Europe.

À fin mai 2025, Oracle employait quelque 162 000 personnes. Cette nouvelle réduction – massive – de l’effectif ne semble pas liée à des considérations de performance. Il faut y voir la volonté de réorienter des investissements vers l’infrastructure…

* OpenAI vient tout de même de boucler un tour de table de 122 Md$. Dont 50 Md$ apportés par Amazon, 30 Md$ par NVIDIA et autant par SoftBank. Il a la Bourse en ligne de mire, possiblement pour cette année.

Illustration générée par IA

The post Oracle et l’IA : à investissements massifs, licenciements massifs appeared first on Silicon.fr.

Oracle s’engage pour MySQL mais dit non à une fondation

13 mars 2026 à 18:23

Sans surprise, l’idée d’une fondation MySQL ne plaît pas à Oracle.

L’entreprise a opposé une fin de non-recevoir à Percona, qui l’avait sollicitée par lettre ouverte.

L’éditeur invitait à restructurer la gouvernance de MySQL, face à une popularité et une part de marché « en déclin ». PostgreSQL est le choix par défaut pour beaucoup de nouveaux projets et de jeunes développeurs, constate-il. « Vieillissante », la communauté est aussi « fragmentée » : faute d’une entité neutre pour porter la voix, forks et extensions propriétaires se sont multipliés

Percona regrette aussi un manque de transparence et de confiance. Il l’attribue, entre autres, à la visibilité limitée sur la roadmap et sur les prises de décisions associées, ainsi qu’à l’absence de système de suivi public des problèmes de sécurité. Autre élément dénoncé : la priorisation, par Oracle, de fonctionnalités propriétaires. Et par là même, l’indisponibilité, dans l’édition communautaire, de fonctionnalités désormais « nécessaires pour les workloads modernes », comme la recherche vectorielle native.

Oracle invité à s’inspirer d’OpenELA

Trois modèles de gouvernance étaient proposés.

En tête de liste, un système « à la OpenELA », sous forme d’association professionnelle favorisant la collaboration d’organisations concurrentes sur un cœur fonctionnel. Oracle formerait l’entité, aurait la direction stratégique et inviterait des acteurs de l’industrie à la rejoindre en tant que membres fondateurs, leur distribuant le travail de maintenance.

Deuxième option : une approche fédérée, en mode « partenariat collaboratif ». L’industrie mettrait sur pied la fondation, Oracle étant membre principal du conseil d’administration et partenaire stratégique. La communauté gérerait la logistique et l’administration. Un accord serait négocié pour que la fondation utilise la marque MySQL exclusivement dans un but de promotion à des fins non lucratives.

Troisième possibilité : la communauté organiserait indépendamment la fondation, toujours sous forme d’association professionnelle. Laquelle gérerait les dépôts et la promotion. Oracle participerait « de la manière qui lui [conviendrait] ».

500 signataires… dont quelques Français

La lettre a réuni un peu plus d’un demi-millier de signataires. Outre des dizaines travaillant chez Percona, on trouve du personnel de chez Couchbase, GitHub, Salesforce, NVIDIA, Meta, Huawei, PayPay, Zoho, Shopify, EA, Alibaba, etc. Côté français, il y a notamment :

Vers une roadmap publique de développement

Fin janvier, en amont de la FOSDEM, la communauté s’est réunie à Bruxelles. Ayant pris acte du climat, accentué par une coupe claire dans l’équipe MySQL, Oracle a annoncé des engagements. Parmi eux, associer une roadmap publique – incluant « certains worklogs » et les rapports de bugs – à l’édition communautaire. Et intégrer dans cette dernière des fonctionnalités jusque-là réservées aux versions commerciales. Il faut également s’attendre à des « collaborations avec les distributions Linux », à commencer par Ubuntu. L’allocation des ressources n’est pour le moment pas évoquée.

Planet MySQL évoluera lui aussi. Avec, entre autres :

  • Portail de soumission de contenus
  • Mise en avant de projets et d’outils de l’écosystème
  • Amélioration de la recherche et du filtrage
  • Agenda
  • Guide de contribution pour les développeurs

Côté fonctionnel, Oracle promet des fonctions vectorielles dans MySQL 9.7 LTS, attendu pour avril (en l’état, leur prise en charge est limitée à HeatWave). Il compte aussi activer par défaut l’optimiseur Hypergraph, intégrer du monitoring via OpenTelemetry et proposer des binaires PGO (optimisés pour des profils d’utilisation).

Quant à une éventuelle fondation, Oracle rétorque que ce sera sans lui…

Illustration © your123 – Adobe Stock

The post Oracle s’engage pour MySQL mais dit non à une fondation appeared first on Silicon.fr.

❌
❌