Vue normale

Il y a de nouveaux articles disponibles, cliquez pour rafraîchir la page.
À partir d’avant-hierFlux principal

Broadcom complique la tâche pour les outils de migration VMware

10 septembre 2026 à 17:17

Ne cherchez plus le VDDK (Virtual Disk Development Kit) sur le portail développeurs de Broadcom : les liens de téléchargement publics sont morts.

Cette bibliothèque permet d’accéder aux disques virtuels VMware en dehors de l’hyperviseur. Elle alimente quantité d’outils de migration de VM.

Après des années de disponibilité ouverte, Broadcom explique désormais que le VDDK ne se destine pas aux clients finaux. Il dit le réserver à ses partenaires technologiques, pour le développement de solutions de sauvegarde.

En conséquence, les modos du subreddit VMware ont supprimé des messages, au motif que le règlement interdit de discuter de sujets qui touchent au programme partenaires. Le groupe américain a fait la chasse aux liens de téléchargement externes, entre autres sur Internet Archive.

De Red Hat à Nutanix, apprendre à faire sans VDDK

L’initiative a des répercussions sur les outils qui demandent à l’utilisateur d’apporter sa propre copie du VDDK. AWS Transform MGN (ex-Application Migration Service) en fait partie. La documentation invite en tout cas encore à télécharger la bibliothèque via le portail Broadcom. Ce n’est toutefois nécessaire que pour une migration sans agent. Une option qu’AWS ne recommande que pour des cas particuliers. Par exemple l’existence d’OS non gérés ou de politiques interdisant l’installation d’agents.

Red Hat est aussi concerné avec son Migration Toolkit. L’éditeur affirme œuvrer à éliminer la dépendance au VDDK. En attendant, il conseille d’utiliser la fonction dite storage copy offload. Elle exploite la commande XCOPY du protocole SCSI pour transmettre les données directement entre baies de stockage.

Même solution de repli (clonage entre baies) pour l’outil Nutanix Move. La méthode par défaut utilise le VDDK. Nutanix appelle sa communauté à s’abstenir de distribuer des copies de la bibliothèque et des liens de téléchargement non officiels.

ShapeBlue est un intégrateur Apache CloudStack britannique. Son outil de migration vers KVM exploite le VDDK à travers le moteur virt-v2v. Plus précisément, deux des quatre méthodes prises en charge… dont la plus efficace, qui élimine la phase d’export OVF en diffusant directement les blocs depuis l’hyperviseur vers le pipeline de conversion. La redistribution étant interdite, aucune distro Linux, aucune image de conteneur n’embarque le VDDK, note-t-il.

Avec l’accord de Broadcom, les fournisseurs de solutions de sauvegarde peuvent intégrer la bibliothèque dans leurs installeurs. Parmi eux, Veeam, dont les ISO suscitent ainsi quelque convoitise…

Illustration générée par IA

 

 

 

 

The post Broadcom complique la tâche pour les outils de migration VMware appeared first on Silicon.fr.

VMware cherche la bonne combinaison pour capter les workloads IA

3 septembre 2026 à 15:09

Plutôt que de charger les skills d’un seul coup, divulguons-les progressivement.

Le standard Agent Skills, publié fin 2025 par Anthropic, met en œuvre ce principe. Il utilise un frontmatter YAML pour les métadonnées (nom + description) et un corps Markdown pour les instructions. Un agent ne récupère ces dernières que lorsque c’est pertinent pour lui. Idem pour les ressources additionnelles (scripts, documentations API…), qu’on place dans des sous-dossiers. Principal bénéfice : optimiser l’occupation de la fenêtre de contexte.

VMware le prend désormais en charge dans son harnais agentique pour Tanzu Platform. Ce harnais fait partie d’un buildpack lancé au printemps avec une promesse : favoriser le développement d’agents, en y associant modèles, skills, serveurs MCP et autres services.

La VMware Explore 2026 a été l’occasion de mettre en avant quelques évolutions fonctionnelles du buildpack depuis son lancement (officiellement, il reste en « aperçu technique »). En particulier, l’ajout d’un module de mémoire courte et longue fondé sur du stockage durable. Sur la roadmap, il y a, entre autres, un mécanisme de réglage du niveau d’autonomie des agents.

Des « fondations agentiques », puis des « fondations data »

Tanzu Platform s’enrichit sur d’autres fronts. Sa passerelle MCP, par exemple, accueille des capacités de filtrage d’outils à base de regex.

Cette passerelle est l’une des briques que VMware a réunies sous la bannière des « fondations agentiques » pour Tanzu Plaform. Elles trouvent un prolongement avec les « fondations data ». Dans les grandes lignes, une boîte à outils MLOps allant de l’ingestion multimodale avec requête fédérée à la création de produits de données – à l’aide d’un éditeur SQL avec flux de type notebook – puis leur publication sur la marketplace Tanzu.

Depuis début 2026, on peut publier des serveurs MCP sur cette marketplace. Les agents suivront, promet VMware. En attendant, l’éditeur rappelle avoir étendu le catalogue de services disponibles, avec des références comme Cassandra, Neo4j et OpenSearch.

L’AI Factory… avec AMD

Ainsi doté, Tanzu Platform peut se superposer à VCF dans le cadre d’une plate-forme d’inférence : VMware Private AI Cloud.

Il ne s’agit pas tant d’une offre que d’une marque ombrelle. Elle se trouve au croisement de VCF et du portefeuille Private AI Services qui y a été intégré (on ne peut plus l’acheter séparément).

Une autre marque émerge pour couvrir la partie infra : VMware AI Factory. Elle est dans la continuité de l’add-on Private AI Foundation with NVIDIA lancé en 2024… sauf que c’est AMD qui est dans la boucle. Ses GPU Instinct sont déjà officiellement pris en charge sur VCF depuis quelques mois. Mais avec AI Factory, VMware les intègre dans un système automatisé, à commencer par le provisionnement des clusters vSphere et des VKS. Il développe surtout une logique de model-as-a-service, en prévoyant notamment :

  • Centralisation de catalogues externes (Hugging Face, NGC…)
  • Partage des modèles entre locataires
  • Gateway
  • Sandbox de code
  • Autoscaling vertical sur seuils de latence et de sessions
  • Prise en compte de la topologie dans les DRA vSphere et le planificateur K8s

VMware Private AI Cloud

VMware rappelle proposer un catalogue de « plus de 150 » modèles open source validés pour VCF. À l’occasion de l’Explore 2026, il en a mis quelques-uns en avant : GLM 5.2, Qwen3.8-27B et les familles Nemotron 3 (NVIDIA), Gemma 4 (Google) et cotomi (NEC ; LLM optimisés pour le japonais).

Broadcom rejoint la bataille des plans de contrôle agentiques

Entre l’infrastructure et la plate-forme agentique, VMware intecale une couche de sécurité. Parmi les nouveautés promises, du virtual patching avec vDefend à base de génération automatisée de signatures IDPS.

La maison mère Broadcom dégaine quant à elle son propre plan de contrôle, conteneurisé : AgentMinder. Elle affirme que son propre déploiement gère plus de 40 millions d’appels API par jour sur 20 millions d’identités. Elle annonce également une offre qui dépasse le cadre des projets IA : TrueSource, segmentée en trois produits axés sur la sécurité de la chaîne d’approvisionnement open source :

  • Spring Enterprise (dont Broadcom assure la maintenance)
  • Trusted Artifacts (bibliothèques Java, Python et Node.js de niveau 3 SLSA + le catalogue d’images de conteneurs de Bitnami)
  • TrueSource pour les moteurs de bases de données (PostgreSQL, MySQL, Valkey et RabbitMQ, avec automatisation du déploiement)

VMware Private AI Cloud

Illustration principale © faraktinov – Adobe Stock

 

The post VMware cherche la bonne combinaison pour capter les workloads IA appeared first on Silicon.fr.

Microsoft met fin à son offre Azure VMware Solution avec licences incluses

20 août 2026 à 16:06

Microsoft s’apprête  à retirer la version « licences incluses » de son service Azure VMware Solution (AVS). C’était l’une des toutes dernières solutions permettant d’acquérir des produits VMware en dehors des offres groupées imposées par Broadcom.

Jusqu’à présent, AVS représentait une alternative de choix pour les organisations souhaitant conserver leurs environnements VMware dans le cloud sans avoir à basculer vers VMware Cloud Foundation (VCF), la grande suite cloud hybride de Broadcom.

L’offre cloud de Microsoft comprenait ainsi les licences pour vCenter, vSAN, vSphere et NSX, mais n’intégrait pas le Software-Defined Datacenter Manager, l’outil utilisé par Broadcom pour centraliser la gestion de son offre phare VCF.

Depuis son acquisition de VMware, Broadcom a misé toute sa stratégie sur VCF et a mis fin à la vente de produits de virtualisation de serveurs d’entrée de gamme de manière isolée.

À titre d’exemple, les licences pour vSphere Foundation ne sont presque jamais vendues seules, à moins d’être intégrées dans un accord plus vaste comprenant VCF.

Déterminé à imposer l’ensemble du bundle VCF, Broadcom a procédé à des modifications contractuelles empêchant désormais ses partenaires hyperscalers de revendre des licences VMware. Les clients sont par conséquent tenus d’apporter leurs propres licences VCF (BYOL) pour accéder aux services VMware hébergés dans le cloud.

« Bring Your Own License » (BYOL), la nouvelle norme

D’autres géants du cloud avaient d’ailleurs déjà dû s’adapter à cette exigence, annoncée par Broadcom à la fin de l’année dernière.

Microsoft a clarifié le calendrier d’arrêt de son service historique:

> 31 octobre 2026 : arrêt de la commercialisation de la version d’AVS incluant les licences.
> 30 août 2027 date limite pour les clients actuels, qui devront avoir acquis une licence VCF et effectué leur transition.

Microsoft appelle ses utilisateurs à anticiper cette migration au plus vite. « Prévoyez suffisamment de temps pour acheter les licences VCF auprès de Broadcom et achever la transition vers AVS VCF BYOL », prévient l’éditeur.

Les clients évaluant des opportunités de modernisation sont invités à analyser leurs environnements AVS immédiatement et à élaborer une feuille de route pour éviter toute interruption de service le 31 août 2027, date à laquelle leurs installations actuelles cesseront de fonctionner.

Pour certains clients, il ne s’agira pas de leur première migration VMware récente, Broadcom ayant déjà poussé par le passé de petits fournisseurs cloud à interrompre leurs services.
Une situation assumée par Broadcom, qui cible ouvertement les grands comptes susceptibles de tirer un bénéfice maximal de VCF, soulignant que l’augmentation des revenus de VMware valide aujourd’hui sa stratégie.

The post Microsoft met fin à son offre Azure VMware Solution avec licences incluses appeared first on Silicon.fr.

NetApp acquiert JetStream Software

18 août 2026 à 14:05

NetApp a officialisé l’acquisition de JetStream Software, un éditeur spécialisé dans la reprise après sinistre (DR) et la migration d’environnements VMware.

Avec cette opération, le spécialiste du stockage entend renforcer son offre de cyber-résilience et de protection des données à l’ère de l’IA. L’enjeu est notamment d’étendre la couverture de NetApp au-delà de ses propres baies de stockage, en permettant de protéger des workloads VMware tournant sur « pratiquement n’importe quelle plateforme de stockage » et de les restaurer sur des services cloud NetApp, notamment Azure NetApp Files.

Les entreprises continuent de s’appuyer massivement sur VMware pour leurs applications critiques, tout en cherchant à migrer progressivement vers le cloud sans rupture opérationnelle ni explosion des coûts. Pour beaucoup d’entre elles, la reprise après sinistre constitue une première étape concrète avant une migration plus large des charges de production.

Une couche d’orchestration pour les environnements VMware

NetApp positionne donc JetStream comme un accélérateur de cette trajectoire : les entreprises peuvent commencer par déporter leur dispositif de reprise dans le cloud, puis faire évoluer progressivement une partie de leur production en fonction de leur stratégie et de leur maturité.

JetStream ne se limite pas à répliquer des volumes. Sa technologie orchestre également la reconstruction et le redémarrage ordonné des machines virtuelles sur un site de reprise.

La solution protège en continu les workloads VMware grâce à des filtres I/O installés au niveau de l’hôte, avant de répliquer les données vers un stockage objet, comme Azure Blob. Elle permet également de regrouper les machines virtuelles interdépendantes au sein de « domaines protégés » (protected domains), qui définissent à la fois le périmètre de reprise et les priorités de redémarrage.

Lorsqu’un incident survient, JetStream coordonne le basculement, le retour arrière et les tests de reprise en s’appuyant sur des runbooks. Ceux-ci permettent notamment d’ordonner le démarrage des machines virtuelles, d’ajuster les ressources CPU et mémoire, de modifier l’adressage IP et de tenir compte des dépendances entre applications.

La solution prend par ailleurs en charge la récupération à un point précis dans le temps. Cette fonction peut notamment être utilisée dans le cadre d’un incident de type ransomware, en permettant de reconstruire les applications dans un réseau isolé avant leur réintégration dans l’environnement de production.

JetStream en complément de SnapMirror

Dans l’architecture documentée par JetStream, le site de reprise peut s’appuyer sur Azure VMware Solution (AVS) ainsi que sur des datastores vSAN ou Azure NetApp Files. Les données répliquées peuvent, de leur côté, être stockées dans Azure Blob. Cette architecture dissocie ainsi le stockage utilisé pour la réplication des ressources de calcul nécessaires à la reprise.

NetApp précise que JetStream ne remplace pas SnapMirror, qui reste sa solution de réplication privilégiée pour les environnements reposant sur ses propres infrastructures de stockage.

Les deux technologies répondent à des périmètres différents. SnapMirror assure la réplication des données dans les environnements NetApp, tandis que JetStream étend la protection aux infrastructures VMware reposant également sur des systèmes de stockage tiers. Surtout, la technologie apporte une couche d’orchestration destinée à coordonner la remise en service des applications, au-delà de la simple réplication des données.

NetApp renforce son positionnement sur la cyber-résilience

JetStream Software est basée à San José, en Californie, et dispose également d’une filiale à Bangalore, en Inde. Selon  Axios, l’entreprise avait auparavant levé environ 13 millions $.

NetApp n’a pas communiqué le montant de l’acquisition. Le calendrier précis d’intégration de la technologie dans les offres NetApp n’a pas non plus été détaillé publiquement.

L’intérêt de l’opération réside surtout dans l’élargissement du périmètre couvert par NetApp. Jusqu’ici fortement associé au stockage, le groupe ajoute une couche d’orchestration permettant de gérer la reprise d’environnements VMware indépendamment de la plateforme de stockage sous-jacente. Cette approche rapproche NetApp des capacités proposées par les spécialistes de la reprise après sinistre, du DRaaS et de la protection applicative.

Les prochains mois permettront surtout de mesurer la manière dont NetApp compte intégrer JetStream à son portefeuille commercial. Les modalités de licensing, le éventuel bundling avec les offres existantes et le positionnement des futurs produits seront particulièrement observés.

La feuille de route concernant les clients actuels de JetStream constituera également un point d’attention, tout comme l’éventuelle extension de la technologie à d’autres hyperscalers au-delà d’Azure.

Enfin, l’articulation avec les récentes acquisitions et initiatives de NetApp dans le domaine des données et de l’IA permettra de déterminer si JetStream restera principalement une brique dédiée à la résilience des environnements VMware ou s’il deviendra progressivement un élément plus large de la stratégie de protection et de mobilité des workloads du groupe.

 

The post NetApp acquiert JetStream Software appeared first on Silicon.fr.

VMware, un vrai sujet de dépendance dans la sphère publique

16 juin 2026 à 14:20

Oui, VMware est un sacré sujet dans la sphère publique.

Au gré des auditions, la commission d’enquête parlementaire sur les dépendances numériques en a donné un bel aperçu.

Pour le CNRS, une sortie « inenvisageable à moyen terme »

Le 1er avril 2026, des DSI d’organisations de recherche ont témoigné. Dont Marie-Pierre Fontanel, qui occupe ce poste au CNRS. « Nous sommes entièrement sur VMware », a-t-elle admis. Une sortie est « inenvisageable à moyen terme : cela nous coûterait extrêmement cher ». L’intéressée fait le parallèle avec son patrimoine SAP : « [en sortir] quand on l’utilise depuis 20 ans, avec des développements spécifiques, est extrêmement compliqué. »

« Contrairement à nos collègues, nous n’avons pas subi d’augmentation lors du passage à Broadcom, tempère Marie-Pierre Fontanel : je pense que nous payions déjà le maximum ».

L’Inrae vise les outils de la Dinum « quand c’est possible »

L’Inrae a fait le choix d’une solution libre pour remplacer VMware. Son DSI Jean-Michel Vansteene ne précise pas laquelle, mais affirme envisager une migration cette année. L’institut n’a pas chiffré précisément le nombre de jours-hommes nécessaires, mais compte beaucoup sur l’automatisation qu’il a développée.

« Nous menons une action résolue pour sortir progressivement […] et aller vers les outils de la Dinum quand c’est possible », précise Louis-Augustin Julien, directeur général délégué aux ressources de l’Inrae. Il ajoute qu’un abandon de Zoom est prévu, au profit de l’outil de visioconférence de l’État. Et que l’institut a quitté l’ERP d’Oracle pour passer à une solution mutualisée au sein de l’enseignement supérieur et de la recherche, sur base SAP.

À l’Inserm, une migration estimée à 1000 jours-hommes

L’Inserm aussi utilise VMware. Les alternatives sont rares, constate Damien Rousset, directeur général délégué à l’administration. D’un côté, le logiciel libre « pose des difficultés de maintenance en raison des ressources humaines qu’il requiert ». De l’autre, les outils souverains que développe l’État « ne pourront pas tout couvrir ».

« Ce n’est pas Microsoft qui coûte le plus cher, car nous bénéficions de licences dites ‘éducation’, ajoute Damien Rousset. C’est de l’ordre de 350 000 € par an ». Les éditeurs qui coûtent le plus cher à l’Inserm sont Broadcom (plus d’un million d’euros par an pour les technos VMware), ainsi que Palo Alto et Splunk « qui doivent également dépasser le million d’euros chacun ».

« Quand ils ont annoncé une augmentation de 50 % ou 60 % des coûts du jour au lendemain, nous nous sommes posé la question de changer », poursuit Damien Rousset. La DSI avait évalué le coût de l’accompagnement de la migration à 1000 jours-hommes. L’Inserm a alors amorcé une diversification en introduisant une solution de virtualisation open source. « Nous n’avons pas été capables d’absorber une migration complète du jour au lendemain et avons donc dû subir cette hausse de coût », reconnaît toutefois l’intéressé.

À l’Éducation nationale, 2,5 M€ par an… mais une « économie de moyens considérable »

Au ministère de l’Éducation nationale, les dépenses liées à l’ensemble des technologies VMware s’élèvent à environ 2,5 M€ par an. Leur usage sur l’ensemble de la stack technique est à la fois un avantage et un inconvénient, explique Audran Le Baron, directeur du numérique pour l’éducation. « Cette situation nous a protégés du […] changement de politique tarifaire […] de l’éditeur : celui-ci ayant regroupé l’ensemble de son offre, les clients qui n’en utilisaient qu’une partie ont dû acheter la totalité […] tandis que notre facture est restée stable ». Ce choix a aussi « permis d’opérer un cloud interne avec une économie de moyens considérable ». Les effectifs mobilisés sont, en l’occurrence, « sans commune mesure avec ceux qu’il faut employer pour faire fonctionner un cloud sur des technologies libres, comme le font la DGFiP ou le ministère de l’Intérieur ».

Le plan de sortie de VMware apparaît plus compliqué à mettre en œuvre que celui visant à sortir d’Oracle. Le problème ne se situe pas tant au niveau des bases de données (le ministère a surtout une adhérence à Db2 d’IBM, dont il souhaite s’extraire à moyen terme) que des services d’identité de messagerie dans les académies (en cours de remplacement) et de WebLogic « pour une bonne partie de nos applications web ».

VMware, une « dépendance maîtrisée » aux ministères économiques et financiers

Yves Billon, chef de service numérique au secrétariat général des ministères économiques et financiers, qualifie VMware de « dépendance maîtrisée ». Le cloud interne Nubo s’appuie effectivement sur de l’OpenStack. Les décisions de Broadcom se sont ainsi révélées « assez peu douloureuses ». « Nous explorons des solutions alternatives […] comme Proxmox, que nos équipes testent en profondeur », déclare Yves Billon. Ces solutions « réservent tout de même quelques surprises, tempère-t-il : il ne faut pas croire que les bascules se passent toujours très facilement ».

Les fédérations d’acheteurs, pour « faire levier »

Thomas Jan est directeur général adjoint chargé de l’innovation et de la stratégie numérique de l’Union des hôpitaux pour les achats (UniHa). « Dans le secteur de la santé, nous avons eu connaissance d’une proposition faite à un CHU dont le prix, à besoins constantes, avait augmenté […] de 800 % », signale-t-il. « L’intérêt d’avoir une fédération d’adhérents dans notre structure est que nous pouvons intervenir rapidement et en masse avec un effet de levier vis-à-vis de l’acteur concerné, poursuit-il. Toutefois, ne nous leurrons pas : nous sommes un petit maillon à l’échelle du monde. Le rachat de VMware, malheureusement pour ainsi dire, a un peu changé la donne en montrant qu’il fallait faire autrement ».

Stéphanie Schaer fait écho aux propos de Thomas Jan. « Plus la masse d’un ministère est importante, plus sa capacité à négocier l’est aussi », remarque-t-elle. La directrice interministérielle du numérique évoque le travail technique que la Dinum mène pour identifier les solutions alternatives. « Parfois, une bonne négociation permet de se donner le temps d’envisager la sortie, rappelle-t-elle. C’est la direction que prend actuellement ce chantier ».

De VMware à l’open source, Bpifrance s’est « déverrouillé »

« Notre DSI a vu venir le phénomène », relate Arnaud Cadoux, directeur général adjoint de Bpifrance. « Bien que sa première réaction ait été négative, nous avons collectivement estimé que le moment était venu d’agir. L’investissement nécessaire pour sortir [de VMware] au profit de l’open source s’est avéré rentable, car ce mouvement nous a rendus beaucoup plus facilement compatibles avec un certain nombre de fournisseurs cloud européens. »

Michel Paulin, président du comité stratégique de filière « solutions numériques de confiance » du Conseil national de l’industrie, va dans le même sens : « Il existe en Europe et en France, des outils de virtualisation, tout aussi performants, en open source. Utiliser quelques pourcents de son budget pour tester ces solutions, c’est du bon sens. »

Broadcom, pas seul à augmenter les prix

En octobre 2025, la Cour des comptes publiait un rapport sur les enjeux de souveraineté des SI civils de l’État. Elle y évoque le cas VMware.

Les administrations sont protégées par l’encadrement de leurs relations par des marchés pluriannuels, note Emmanuel Markovitch, président de section à la première chambre. Le changement de politique tarifaire de Broadcom a néanmoins engendré un surcoût de 35 % pour l’AIFE (Agence pour l’informatique financière de l’État). Il prend aussi cette dernière en exemple pour illustrer que le basculement vers le cloud est souvent l’occasion de tels changements de politiques… traduits notamment par des surcoûts. Témoin le logiciel Chorus, dont l’ancienne version fonctionnait sur le logiciel SAP. Un changement de version de ce dernier a obligé à une migration importante et l’AIFE a étudié la possibilité de changer d’éditeur. Des simulations de ce scénario ont fait apparaître un surcoût allant de 110 à 160 %. Soit une charge supplémentaire de 64 M€.

De mauvaises surprises avec Citrix

Pour les membres du Cigref (Club informatique des grandes entreprises françaises), on parle d’une transition qui peut s’étendre sur 3, 4 ou 5 ans, selon Henri d’Agrain. Le délégué général de l’association fait remarquer qu’au terme du processus, les organisations « [se retrouvent] souvent sur une solution équivalente, sans gain de productivité significatif. [Elles ont] simplement quitté une relation devenue toxique, avec le risque d’en recréer une autre ». Il en veut pour preuve des entreprises ayant envisagé de passer de VMware à Citrix… avant de constater la mise en place de mécanismes similaires de verrouillage. Notamment après l’arrivée d’un ancien dirigeant ayant piloté le rachat de VMware par Broadcom.

Illustration générée par iA

The post VMware, un vrai sujet de dépendance dans la sphère publique appeared first on Silicon.fr.

Les exigences matérielles de VCF 9.1 interpellent

21 mai 2026 à 14:24

Lorsque VMware a pleinement pris conscience de l’ampleur de la pénurie de RAM, VCF 9.1 était déjà largement finalisé…

Ainsi s’exprime un de ses employés, en réaction à un sujet qui anime la communauté : l’accroissement des exigences matérielles pour les services de gestion.

VCF 9.0 avait laissé entrevoir un recentrage de l’expérience sur VCF Operations. Avec VCF 9.1, VMware maintient le cap, mais fait évoluer le back-end… dont l’empreinte s’accroît. Par exemple avec l’introduction d’une appliance headless faisant office de serveur de licence.

Cette VM est ajoutée à chaque instance VCF Operations utilisée pour gérer des licences. Il est possible de n’en déployer qu’une… ou plusieurs, notamment pour assurer une disponibilité sur les sites à la connectivité non fiable.

Les services de gestion VCF, unifiés sur un runtime… gourmand

Chacun de ces serveurs nécessite 2 vCPU et 8 Go de RAM. Mais le véritable « gros morceau » s’appelle VCF Management Services. Sous cette bannière, VMware unifie ses services de gestion autour d’un runtime. Lequel consomme au moins 40 vCPU et 82 Go de RAM.

Dans les environnements de production, en tout cas ceux que cible VMware, c’est une moindre contrainte. Il en est autrement dans les labs, à l’heure où le prix de la RAM continue à enfler.

Le runtime s’installe dans la première instance VCF, avec des composants de niveau flotte (gestion de logs, moteur de politiques…) et de niveau instance (application des configurations, courtage d’identités…). On peut éventuellement le déployer dans une instance supplémentaire pour exécuter des composants de niveau instance. Le modèle haute disponibilité utilise 3 nœuds de contrôle et un nombre de workers dépendant de la taille du déploiement.

modèle première instance
Modèle de déploiement mono-instance
modèle instance supplémentaire
Modèle de déploiement sur instance supplémentaire

Á consulter en complément :

VMware exclut l’UE de la marché forcée vers VCF
De VMware à Hyper-V : Microsoft tend une perche de plus
AWS rejoint Azure et Google Cloud sur la virtualisation imbriquée
La Cnam fait plier VMware avec un référé

Illustration © ZayNyi – Adobe Stock

The post Les exigences matérielles de VCF 9.1 interpellent appeared first on Silicon.fr.

❌
❌