Après tout, demain est un autre jour. Une nuit agitée, un vote qui laisse un goût amer, et un rendez-vous ce soir qui pourrait tout changer. Le Sénat américain a rejeté hier la clôture des débats sur le CLARITY Act, Bitcoin est retombé autour de 75 500-76 000 $, et les flux ETF entrent dans une zone d’incertitude. Mais le vrai juge de paix de la journée n’a pas encore parlé. Il s’exprime ce soir, à Washington, et il s’appelle Kevin Warsh.
Les points clés de cet article :
Le Sénat américain a rejeté la clôture des débats sur le CLARITY Act, plongeant le Bitcoin dans une chute inquiétante.
Les marchés financiers attendent avec nervosité la décision de la Fed sur les taux d’intérêt, un événement potentiellement historique.
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Le scénario tenait en haleine depuis des semaines. Le Sénat devait clôturer les débats sur le CLARITY Act, le texte censé répartir la surveillance des cryptomonnaies entre la SEC et la CFTC (les deux gendarmes financiers américains). Il fallait 60 voix.
Le décompte officiel de la séance du 15 septembre, publié par le Daily Press du Sénat, est sans appel : 49 voix pour, 50 contre, soit 11 voix sous le seuil requis. Zéro démocrate n’a voté pour. Quatre républicains ont voté contre, Collins, Hawley, Moran et Tillis, ce dernier uniquement pour pouvoir déposer une motion de reconsidération, une manœuvre de procédure qui garde la porte entrouverte à un nouveau vote dans les prochains jours. Cynthia Lummis accuse les démocrates d’avoir refusé un texte pourtant remanié sur 126 points, Elizabeth Warren rétorque que la clause éthique proposée n’est qu’« une feuille de vigne », selon CoinDesk.
Le cours du Bitcoin a suivi le mouvement dans la foulée, passant sous 75 000 $ en cours de nuit avant de se stabiliser vers 75 500-76 000 $ ce mercredi matin, une chute de l’ordre de 3 % en 24 heures partie d’un plateau autour de 79 500-80 000 $ avant l’épisode (photo prise au moment de la rédaction, à recoller au cours du jour). Rien d’un effondrement. Plutôt un accès de fièvre qui laisse le marché sonné plus qu’assommé.
Les ETF Bitcoin, un baromètre à surveiller de près
L’histoire des ETF est plus nuancée qu’un simple raz-de-marée de sorties. Lundi 14 septembre, les ETF Bitcoin spot ont renoué avec les entrées nettes, 159,9 millions de dollars au compteur (dont 134,3 millions pour l’IBIT de BlackRock), mettant fin à quatre séances consécutives de sorties qui avaient coûté environ 462,7 millions de dollars entre le 8 et le 11 septembre. Un retournement fragile, obtenu la veille même du vote.
La réponse est tombée dans la journée : mardi 15 septembre, jour du vote raté au Sénat, les ETF Bitcoin spot sont repassés dans le rouge, avec 450,4 millions de dollars de sorties nettes selon les données de Farside Investors.
Le rebond de la veille s’efface d’un coup. Le FBTC de Fidelity concentre le plus gros des dégâts avec 214,8 millions de sorties, devant l’IBIT de BlackRock à 161,7 millions, celui-là même qui portait le rebond du lundi. Le GBTC de Grayscale perd encore 44,1 millions, l’ARKB d’ARK Invest 17,4 millions et le BITB de Bitwise 12,4 millions. Le retournement du 14 septembre n’aura donc tenu qu’une séance.
Flux nets des ETF Bitcoin spot au 15 septembre 2026 : 450,4 millions de dollars de sorties en une seule séance, portées par le FBTC de Fidelity et l’IBIT de BlackRock. Source : Farside Investors.
La Fed ouvre le bal ce soir, et la vraie fête n’a pas commencé
Le CLARITY Act n’est pas tout à fait de l’histoire ancienne : la motion de reconsidération déposée par Tillis pourrait ramener le texte à un nouveau vote de procédure d’ici deux jours, selon des informations relayées après la séance. Politiquement, le texte sort quand même très affaibli de l’épisode. Le marché, en tout cas, est déjà passé à autre chose.
De plus, ce soir, 20 heures à Paris, la Fed rend sa décision de taux, avec une conférence de presse de Kevin Warsh prévue une demi-heure plus tard. Le rendement des bons du Trésor à 10 ans a franchi les 5 % lundi, son plus haut niveau depuis octobre 2023, avant de refluer légèrement. CME FedWatch donne désormais une hausse de 25 points de base à environ 90 % de probabilité. JPMorgan et Goldman Sachs, longtemps en désaccord, se sont tous deux ralliés à ce scénario ces derniers jours, quitte à diverger sur la suite : Goldman continue de tabler sur deux baisses de taux en 2027, JPMorgan se montre plus prudent. Si la hausse se confirme, ce serait la première depuis 2023, un événement qui pèserait bien plus lourd sur les marchés que l’issue d’un texte de loi.
Deux chocs en trois jours, l’un réglementaire, l’autre monétaire. Le marché a déjà encaissé le premier. Il attend le second avec cette nervosité particulière qu’on n’observait plus depuis la dernière hausse des taux de la Fed, quand chaque point de base valait son pesant de volatilité sur le cours du bitcoin.
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On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve. La liquidité désigne la facilité avec laquelle un actif s’achète ou se vend sans faire bouger son prix, et elle change en permanence, d’une heure et d’une plateforme à l’autre. C’est elle qui détermine le spread que vous payez, elle encore qui décide si votre ordre de vente un dimanche soir partira au prix affiché ou dix crans plus bas. Invisible par beau temps, décisive par gros temps. Démonstration par le désastre.
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La liquidité se lit dans le carnet d’ordres. La profondeur de marché, c’est la quantité d’ordres d’achat et de vente empilés à chaque niveau de prix autour du cours. Un marché profond absorbe un gros ordre sans broncher, chaque étage du carnet encaissant sa part. Un marché creux, à l’inverse, laisse le même ordre dévaler les étages vides, et le prix décroche bien au-delà de ce que le vendeur imaginait. C’est le fameux slippage.
Retenez surtout que la profondeur affichée est une photographie, pas une promesse. Les teneurs de marché retirent leurs ordres en quelques millisecondes dès que l’orage menace. Le carnet se vide alors précisément au moment où l’on en a besoin. Ces professionnels sont payés pour entretenir la profondeur, mais aucun contrat ne les oblige à rester sous l’orage.
Deux carnets d’ordres : profond contre creux. Schéma : Journal du Coin
22 février 2021 : l’ether à 700 dollars sur Kraken, 1 546 ailleurs
Le cas d’école tient en une matinée. Ce lundi-là, en pleine correction du marché, l’ether s’échange autour de 1 600 dollars quand, sur la plateforme Kraken, le cours s’effondre en quelques minutes jusqu’à 700 dollars, pendant que le reste du marché ne descend qu’à environ 1 546 dollars, comme le racontait CoinDesk. Aucun bug selon le patron de la plateforme, simplement de grosses ventes tombées sur un carnet local trop mince pour les absorber.
Moins 56 % sur une plateforme, moins 4 % ailleurs, au même instant, pour le même actif. Les stops et les positions à levier logés sur ce carnet ont été exécutés dans le vide, à des prix de cauchemar.Des clients ont réclamé des remboursements pendant des semaines, sans grand succès.
Trader la liquidité en particulier : les bons réflexes
Trois habitudes protègent des carnets creux. Tradez les paires majeures sur les plateformes profondes, où votre taille est une goutte d’eau. Méfiez-vous des heures creuses, nuits, week-ends et jours fériés américains, quand la profondeur fond et que les mèches s’allongent. Et pour toute taille inhabituelle, découpez vos ordres et utilisez des ordres à cours limité, jamais un ordre au marché lancé dans le brouillard. Un coup d’œil au carnet avant de cliquer prend trois secondes et évite bien des mauvaises surprises.
Élargissons pour conclure la semaine. La liquidité est la matière première de tous les épisodes précédents, c’est elle qui absorbe ou amplifie les cascades de liquidations, elle qui rend l’arbitrage possible, elle dont l’assèchement transforme une correction en flash crash. Les marchés meurent rarement de baisse. Ils meurent d’illiquidité.
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Soixante voix, zéro marge. Le Sénat américain devait trancher ce mardi sur la motion de cloture du Digital Asset Market Clarity Act, le texte censé répartir la supervision des cryptomonnaies entre la SEC et la CFTC. Après des mois de tractations, Trump avait cédé sur l’éthique pour arracher ce vote. Ça n’a pas suffi. La motion s’est effondrée bien avant le seuil requis. Le marché a pris acte dans la foulée. Le Bitcoin casse le support des 75 000 dollars et entraîne tout le marché crypto dans sa chute.
Les points clés de cet article :
Le Sénat américain a échoué à adopter le Digital Asset Market Clarity Act, malgré des mois de négociations intenses.
Le marché des cryptomonnaies a subi un choc, le Bitcoin ayant cassé le support des 75 000 dollars, entraînant une vague de liquidations massives.
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Sur le papier, tout était bouclé. Les négociateurs des deux camps avaient ficelé plus de 600 pages de compromis, et les sponsors républicains avaient publié dimanche soir un texte intégrant 126 modifications réclamées par les démocrates. Restait un point de crispation : les garanties éthiques censées empêcher les hauts responsables de l’exécutif, famille présidentielle comprise, de conserver des intérêts dans la crypto. Un point sensible. Sa dernière déclaration de patrimoine fait état de plus de 1,4 milliard de dollars de revenus crypto en 2025, dont plus de 500 millions issus de sa propre plateforme World Liberty Financial. Les 126 concessions n’y ont rien changé.
Un deuxième front, plus discret mais tout aussi mortel, a joué contre le texte. L‘American Bankers Association et l’Independent Community Bankers of America jugeaient le délai de 18 mois prévu pour les stablecoins bien trop court pour protéger les banques régionales. Susan Collins et John Cornyn, rejoints selon certaines sources par John Curtis, ont fait planer le doute jusqu’au bout côté républicain. La sénatrice Cynthia Lummis (R-Wyoming), négociatrice en chef côté républicain, avait lancé un appel solennel juste avant le vote : « Ne laissons pas ce jour être celui où nous avons cédé notre avenir à quelqu’un d’autre parce que nous avons eu trop peur de finir ce que nous avions commencé. » Ça n’a pas suffi non plus. Le vote a échoué loin en dessous des 60 voix requises, rapporte CoinDesk.
Le Bitcoin plonge, les liquidations s’envolent
Le marché n’a pas attendu le décompte final pour réagir. Les probabilités d’adoption du texte sont tombées de 34 % lundi à 17 % ce mardi sur Polymarket, plombées par l’opposition du secteur bancaire aux dispositions sur les stablecoins. Le Bitcoin a suivi le mouvement, cassant le support des 75 000 dollars. Le repli dépasse 5 % sur 24 heures, à environ 40 % de son sommet d’octobre 2025.
La correction a vidé les carnets d’ordre. Selon les données de CoinGlass, 120 211 traders ont été liquidés en 24 heures pour un total de 769,21 millions de dollars. Les positions longues à elles seules représentent 568,06 millions. La plus grosse commande à elle seule, 22,52 millions de dollars, est partie sur Binance en BTCUSDT. Ajoutez à ça une Fed qui doit trancher dès demain sur les taux et un baril de Brent au-dessus de 106 dollars sur fond de tensions au Moyen-Orient, et le tableau se complète. Seule éclaircie, les ETF Bitcoin au comptant américains ont capté 159,9 millions de dollars d’entrées nettes lundi. Pas de quoi renverser la tendance.
Carte thermique des liquidations CoinGlass montrant l’effondrement des positions longues sur Bitcoin et Ethereum, 15 septembre 2026. Source : CoinGlass.
Coinbase et Strategy plongent, les mineurs résistent
L’action Coinbase (COIN) cède plus de 8 % en séance le 15 septembre 2026, après l’échec du vote sur le Clarity Act. Source : Yahoo Finance.
Clarity Act enterré ? La régulation se joue ailleurs
Le texte voté par la Chambre reste au calendrier, sans débat en vue. Le cadre de conformité actuel, un numéro d’équilibriste entre la SEC et la CFTC, continue donc de s’appliquer aux entreprises crypto américaines. Faute de loi, l’industrie se rabat sur la voie réglementaire. La SEC planche sur son projet Reg Crypto, la CFTC avance de son côté sur son propre corpus de règles. Le président de la SEC, Paul Atkins, l’a lui-même reconnu : ces textes n’auront jamais la solidité d’une loi votée par le Congrès.
Reste les super PACs. Fairshake et ses alliés vont devoir revoir leur copie avant les midterms du 3 novembre, avec un argument de campagne en moins pour convaincre les indécis du Sénat.
L’histoire n’est pas nouvelle. Cet été déjà, le vote s’était évaporé juste avant la pause estivale du Sénat, et les paris étaient tombés à 14 % de chances de passage. Le scénario se répète, avec la même cause de fond : un Sénat coupé en deux, à quelques semaines d’un scrutin où chaque camp compte ses voix plutôt que ses convictions. Le Bitcoin reste suspendu à la décision de la Fed de demain, bien plus qu’à un texte de loi resté sur le papier. Sur le CME FedWatch, la probabilité d’une hausse de 25 points de base culmine désormais à 92 %. L’inflation américaine remontée à 3,4 % sur un an, conjuguée à un baril au-dessus des 100 dollars, pousse la Fed vers son premier tour de vis en plus de trois ans, après trois baisses consécutives fin 2025.
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Le rebond de 24 % du bitcoin s’est arrêté sous 82 000 dollars. CryptoQuant identifie plusieurs zones de résistance jusqu’à 88 700 dollars, selon différentes méthodes d’analyse. Pour le cabinet, une clôture au-dessus de 81 700 dollars confirmerait le retour du marché haussier.
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Le bitcoin évolue déjà à l’intérieur de son mur d’offre
Le bitcoin évolue autour de 78 000 dollars, dans la fourchette de 76 000 à 82 000 dollars où il se trouve depuis la fin du rebond.
CryptoQuant place la résistance la plus proche entre 77 100 et 80 200 dollars. Le cours se trouve déjà dans cette zone.
Cette zone concentre une forte activité de vente des détenteurs de long terme. En 2026, leurs ventes ont atteint jusqu’à 539 000 BTC sur 30 jours. Cette offre importante peut continuer de peser sur le prix tant que le bitcoin évolue dans cette zone.
Julio Moreno, responsable de la recherche chez CryptoQuant, décrit cette bande comme la résistance d’offre on-chain la plus proche et la plus lourde au-dessus du prix actuel.« La tendance reste constructive, mais un mur de résistance se dresse sur son chemin », résume-t-il.
À 81 700 dollars, le bitcoin joue la confirmation du marché haussier
Au-dessus de cette zone, le bitcoin rencontre son premier repère technique à 81 700 dollars. Ce niveau correspond à la moyenne des cours de clôture de l’année écoulée.
CryptoQuant utilise cette moyenne mobile à 365 jours pour distinguer les régimes de marché. Les phases haussières du bitcoin ont historiquement démarré lorsque le cours clôturait au-dessus, les phases baissières lorsqu’il passait en dessous.
Une clôture au-dessus de 81 700 dollars constituerait donc, selon le cabinet, le signal de confirmation d’un nouveau marché haussier. En dessous de ce niveau, CryptoQuant envisage la poursuite d’une évolution en range.
Le précédent le plus récent date de novembre 2025. La moyenne se situait alors à 102 000 dollars et soutenait le cours depuis le début du cycle haussier lancé en janvier 2023. Le bitcoin l’a cassée le 5 novembre.
Elle est ensuite devenue une résistance et a bloqué les tentatives de rebond. En janvier 2026, CryptoQuant analysait le rebond de 21 % du bitcoin comme un rallye de marché baissier, en la comparant à 2022, quand plusieurs rebonds avaient échoué au contact de cette même moyenne.
Le bitcoin et sa moyenne mobile à 365 jours. Source : CryptoQuant.
Après 81 700 dollars, deux plafonds se dressent à 83 600 et 88 700 dollars
Deux autres modèles de CryptoQuant identifient ensuite des résistances à 83 600 et 88 700 dollars.
La première est donnée par la bande 3x Metcalfe, à 83 600 dollars. Ce modèle estime la valorisation du réseau à partir de son activité, notamment du nombre d’adresses actives.
Cette bande avait déjà servi de repère lors des cycles précédents. Elle se situait à 138 000 dollars lorsque le bitcoin a inscrit son record de 126 000 dollars en octobre 2025.
Le second modèle suit le prix réalisé des traders, soit le prix payé en moyenne par les traders actifs pour acquérir leurs bitcoins. Il s’établit aujourd’hui à 63 400 dollars, et le modèle place sa borne haute à 88 700 dollars.
À 88 700 dollars, les bitcoins achetés au prix moyen de 63 400 dollars afficheraient une plus-value latente proche de 40 %. Selon CryptoQuant, cette borne correspond historiquement à une zone de prises de bénéfices.
Le prix moyen payé par les traders actifs et ses bandes, avec une borne haute à 88 700 dollars. Source : CryptoQuant.
Les gros dépôts alertent, tandis que la pression acheteuse résiste
L’Exchange Whale Ratio est monté à 0,93, un niveau que CryptoQuant considère comme une alerte. Les 10 plus gros dépôts représentent alors 93 % des bitcoins envoyés vers les plateformes. Il s’agit de dépôts, pas de ventes déjà exécutées.
Côté acheteurs, l’indice Fear & Greed s’établissait à 66, en zone de « greed ». Le ratio taker buy/sell à 1,12 indique une pression acheteuse supérieure aux ventes agressives.
La demande américaine montre en revanche des signes de faiblesse. Le Coinbase Premium était négatif, le bitcoin s’échangeant moins cher sur la principale plateforme américaine que sur les marchés offshore, un signal généralement associé à une demande institutionnelle américaine moins soutenue.
CryptoQuant signale également un risque de long squeeze, c’est-à-dire de liquidations forcées de positions longues à effet de levier. Le FEI (Fama Efficiency Index), un indicateur qui mesure l’efficience du marché, se situe à 99,53 %, dans une zone de « bruit absolu » selon l’analyse. Le momentum du bitcoin est également considéré comme épuisé.
En d’autres termes, cette configuration augmente le risque de liquidations si le marché se retourne.
En cas de repli, le bitcoin retrouverait un premier support à 70 000 dollars, sa moyenne mobile à 200 jours. Un second l’attend entre 62 000 et 65 000 dollars, où les détenteurs de long terme ont accumulé environ 476 000 BTC cette année.
Les principaux niveaux identifiés par CryptoQuant. Source : CryptoQuant
Moreno conclut que le tableau d’ensemble reste haussier, à condition que le bitcoin absorbe l’offre située au-dessus du cours et franchisse ses plafonds de valorisation.
Le portefeuille peut avoir un autre moteur que le bitcoin
À force de suivre ces niveaux, on finit par vivre au rythme de chaque mouvement du bitcoin.
À 81 700 dollars, le marché teste sa capacité à confirmer la reprise. À 83 600 puis 88 700 dollars, il rencontrera les résistances suivantes. En cas de repli, 70 000 dollars constitue le premier niveau de support identifié par CryptoQuant.
Quand le capital devient important, d’autres façons de le faire évoluer peuvent aussi trouver leur place dans le portefeuille. Une partie peut rester liée à la trajectoire du bitcoin, tandis qu’une autre peut suivre une stratégie de rendement en DeFi à partir de stablecoins, indépendamment de la direction du marché.
C’est dans cette logique que s’inscrit le Club 25%, un club privé de 150 investisseurs autour d’un objectif de 15 à 25 % par an, avec une gestion sans trading et quelques heures de suivi par trimestre.
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Le bitcoin devra donc franchir successivement 81 700, 83 600 puis 88 700 dollars pour ouvrir la voie à une nouvelle phase de hausse. Pendant ce temps, une autre partie du capital peut suivre sa propre stratégie de rendement.
Paul Atkins appuie le CLARITY Act, bloqué au Sénat depuis son adoption par la Chambre à 294 voix contre 134
La SEC avancera sans loi sur trois fronts : émission de crypto-actifs, transfer agents et conservation
Le cadre des transfer agents, inchangé depuis les années 1970, pourrait autoriser la tenue de registre sur blockchain
L’harmonisation SEC-CFTC a déjà permis les ETF spot Solana, XRP et Dogecoin via les standards de cotation génériques
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CLARITY Act : la SEC soutient le texte, le Sénat le fait patienter
Adopté par la Chambre des représentants à 294 voix contre 134, dont 78 démocrates, le Digital Asset Market Clarity Act devait clore une décennie de guerre de tranchées entre régulateurs.
Son principe tient en une ligne de partage : la CFTC récupère les crypto-actifs suffisamment décentralisés pour être traités comme des matières premières numériques, la SEC garde les levées de fonds et les tokens encore adossés aux promesses d’une équipe. Le Sénat a multiplié les moutures de travail depuis, sans jamais inscrire le texte à l’ordre du jour d’un vote en séance.
Atkins plaide pour la voie législative parce qu’un règlement se défait aussi vite qu’il s’écrit. Le passage de témoin entre Gary Gensler et l’équipe actuelle a suffi à renverser la doctrine de l’agence en quelques mois, des poursuites tous azimuts à l’abandon des procédures visant Coinbase, Kraken et Ripple. Sans texte voté par le Congrès, une future présidence de la SEC pourrait refaire le chemin en sens inverse avec la même facilité.
« La plupart des crypto-actifs ne sont pas des titres financiers. »
Paul Atkins, président de la SEC
Cette phrase, prononcée au lancement de Project Crypto, sert désormais de socle doctrinal à l’ensemble des travaux de l’agence. Elle inverse la présomption qui prévalait sous l’administration précédente, quand chaque token était réputé titre financier jusqu’à preuve du contraire.
Crypto : émission, transfer agents et conservation, les trois chantiers de la SEC
Le premier chantier porte sur l’émission de crypto-actifs. La SEC travaille à une taxonomie et à un régime d’offre taillé pour les tokens, au lieu de continuer à les faire entrer au chausse-pied dans des exemptions pensées pour des actions d’entreprises. Une exemption dite d’innovation permettrait de lancer un protocole sous conditions, avec des obligations d’information adaptées et une sortie du statut de titre financier une fois le réseau devenu autonome.
Deuxième chantier, les transfer agents. Ces prestataires tiennent le registre des détenteurs de titres, versent les dividendes et enregistrent les transferts de propriété. Leur cadre réglementaire n’a quasiment pas bougé depuis les années 1970, quand les registres étaient encore des livres de papier et des bandes magnétiques. Autoriser explicitement la tenue de registre sur blockchain ouvrirait la voie à des actions tokenisées dont le carnet d’actionnaires vivrait directement sur une chaîne publique, avec un règlement-livraison en quelques secondes plutôt qu’en un jour ouvré.
La conservation ferme le triptyque. L’agence a retiré le projet de règle Safeguarding hérité de l’ère Gensler, qui aurait imposé aux gérants d’actifs des exigences difficilement compatibles avec l’autoconservation. Le texte de remplacement reste à écrire, et les questions sont massives : quels établissements peuvent être reconnus comme dépositaires qualifiés, à quelles conditions un gérant peut détenir lui-même les clés privées de ses clients, comment traiter les actifs mis en staking ou déposés dans des protocoles DeFi.
Une SEC désormais alignée sur la CFTC
Les deux régulateurs ont engagé un travail d’harmonisation qui produit déjà des effets concrets, à commencer par l’autorisation donnée aux places de marché enregistrées de proposer des produits crypto au comptant. L’arrivée de Mike Selig à la tête de la CFTC a resserré encore l’étau administratif : l’ancien conseiller juridique en chef de la Crypto Task Force de la SEC connaît de l’intérieur les dossiers qu’il doit désormais traiter depuis l’autre rive.
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Attendre et espérer. Le Bitcoin a perdu l’assurance qu’il affichait lundi. Il avait touché environ 79 600 dollars en intraday, avant de refluer vers 78 000 dollars en clôture. Il évolue ce mardi matin autour de 77 800 dollars (niveau à recoller au cours du jour), entraînant XRP et Solana dans sa glissade.
La raison tient en un chiffre : 60. C’est le nombre de voix qu’il faut réunir à 20h15, heure de Paris, au Sénat américain pour faire avancer le CLARITY Act, le texte censé fixer enfin un cadre fédéral pour les cryptomonnaies. Et à quelques heures du vote, les démocrates viennent justement de rebattre les cartes.
Les points clés de cet article :
Le Bitcoin a perdu de sa valeur, chutant à environ 77 800 dollars après avoir atteint un pic de 79 600 dollars.
Le CLARITY Act, crucial pour le cadre fédéral des cryptomonnaies, fait face à des tensions politiques au Sénat américain, où un soutien démocrate est incertain.
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CLARITY Act : les démocrates dégainent une contre-proposition avant le vote de clôture
Comprenons bien la situation. Les républicains contrôlent 53 sièges au Sénat. Il leur en faut 60 pour que le texte franchisse cette étape de procédure. Et même dans ce cas, l’affaire ne sera pas pliée : la clôture ouvre la voie au débat en séance, elle n’équivaut pas à l’adoption du texte. Sept démocrates minimum doivent donc basculer.
Lundi soir, réunis chez le chef de file démocrate Chuck Schumer, les sénateurs de l’opposition ont annoncé l’envoi d’une contre-proposition aux républicains, quelques heures avant le vote prévu à 14h15 heure américaine. La sénatrice Cynthia Lummis, figure pro-crypto du camp adverse, accuse les démocrates de réclamer toujours plus après plus d’un an de négociations quotidiennes sur ce texte précis : « Il n’y a pas de fin à ça », a-t-elle lâché, les pressant d’« accepter que la réponse est oui ».
De plus, huit associations bancaires en profitent pour glisser leur propre demande dans la bataille : des plafonds plus stricts sur les récompenses liées aux stablecoins, histoire que les dépôts classiques ne se vident pas au profit des rendements crypto. Washington version dernière ligne droite, où tout le monde négocie jusqu’à la sonnerie.
Un échec aujourd’hui, et le dossier retombe dans les tiroirs pour le reste de l’année. Voire plus longtemps, si les élections de mi-mandat de novembre rebattent les équilibres au Congrès.
Un marché qui retient son souffle avant deux chocs coup sur coup
Le repli du Bitcoin ne doit pourtant pas tout à Washington. Le pétrole grimpe, les paris sur une Fed plus dure se multiplient sur les marchés à terme, et la nervosité ambiante n’a pas attendu le Sénat pour s’installer.
Car oui, outre le Clarity Act aujourd’hui marché va devoir digérer un second choc dès demain : la décision de la Fed sur ses taux, mercredi 16 septembre. Deux échéances qui, d’ordinaire, se digèrent chacune sur une semaine entière, tombent ici à 24 heures d’intervalle.
Il reste une chose que ni le vote ni la Fed ne devraient changer fondamentalement. Même en cas d’échec au Sénat, les family offices et gérants d’actifs traditionnels ne semblent pas près de mettre leurs plans crypto en pause : la plupart bâtissent leurs infrastructures depuis des mois, indépendamment du calendrier législatif.
Un vote peut retarder le cadre réglementaire. Il ne retarde pas forcément les rails déjà posés par BlackRock ou Fidelity, engagés sur ce terrain depuis 2024.
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Les loups ne se mangent pas entre eux. Manifestement, personne ne l’a rappelé aux auteurs de la fuite de données chez Revolut. L’affaire change de dimension trois jours à peine après avoir révélé comment une demande frauduleuse, envoyée depuis un compte non autorisé sur un domaine gouvernemental authentique, a suffi à faire cracher à la néobanque passeports, selfies et historiques Bitcoin de ses clients. Le ou les hackers à l’origine du vol revendiquent aussi une compromission de services italiens, non confirmée. Et ils ne sont visiblement plus tout à fait d’accord entre eux sur qui a fait quoi. On fait le point de bon matin.
Les points clés de cet article :
Revolut confirme une fuite de données ciblée via une demande frauduleuse sur un domaine gouvernemental authentique ; les revendications sur une compromission de la police italienne restent, elles, non vérifiées.
Le groupe IAmNotAVillain a publié des dossiers visant notamment des clients identifiés dans plusieurs pays.
Revolut : le pirate revendique aussi la police italienne
Selon un thread publié le 14 septembre par International Cyber Digest, compte spécialisé en cybersécurité, le hacker de Revolut se serait confié directement à ses équipes. Et, son récit dépasse largement le cadre de la demande frauduleuse déjà documentée.
En effet, l’opération contre Revolut aurait duré six mois entiers, et les fausses demandes de données auraient transité par des systèmes compromis appartenant à plusieurs services des forces de l’ordre italiennes. L’information a été reprise dès le 14 septembre par la presse tech italienne, notamment par Matrice Digitale. Revolut, de son côté, maintient que ses systèmes internes et les fonds de ses clients n’ont pas été compromis.
Le pirate affirme détenir 147 gigaoctets de documents pris côté italien : agendas, dossiers internes, échanges personnels, selon les captures qu’il a montrées à la presse. Il cite même, toujours selon ses dires et sans authentification possible, les logs d’un agent des forces de l’ordre en pleine dispute conjugale par message. Rien de tout cela n’est confirmé. Ni Revolut, ni le Viminale, ni l’ACN (Agenzia per la Cybersicurezza Nazionale), ni la Polizia Postale n’ont fait de déclaration à ce sujet à l’heure où ces lignes sont écrites. Le conditionnel reste donc bien sur ici de rigueur.
Cependant, un précédent italien existe, sans lien établi. Les faits remontent à 2021-2022, mais la Procura di Milano n’en a révélé l’existence qu’en février dernier : six personnes y sont visées pour avoir utilisé deux adresses e-mail authentiques du ministère de l’Intérieur italien, liées à de vrais policiers, ainsi qu’un compte réel des Carabinieri, afin de soutirer des données à Wind, TIM, Vodafone, Iliad, Microsoft, TikTok, Amazon, Facebook, Snapchat et Google. Le dossier mentionne même un faux décret antiterroriste envoyé à Google, ainsi que des contacts prêtés avec NSO Group et Chainalysis. Rien ne prouve qu’il s’agit du même commando : ce dossier montre seulement qu’un accès policier italien détourné pour arracher des données à des entreprises privées ne serait pas une première.
Le site IAmNotAVillain revendique la fuite de données de Revolut.
IAmNotAVillain : la fuite Revolut vire à la guerre de gangs
Le même jour de publication du thread de Cyber Digest, un site baptisé IAmNotAVillain a fait son apparition en ligne, avec sa propre page dédiée à Revolut. Le message affiché est sans détour : Revolut aurait ignoré un signalement sur la sécurité de sa base utilisateurs, ce qui aurait poussé le groupe à publier lui-même les documents KYC (les justificatifs d’identité collectés à l’ouverture du compte), adresses, numéros de téléphone, comptes bancaires et transactions crypto qu’il affirme détenir.
Sauf que le site s’ouvre aussi sur un désaveu en règle. Ses auteurs accusent un « imposteur », ancien collaborateur selon eux, d’avoir récupéré un petit échantillon de données et de s’en attribuer désormais toute la paternité. Le groupe d’origine promet de pouvoir prouver son authenticité, fichiers originaux et échanges avec les entreprises concernées à l’appui, et met en garde quiconque négocierait avec ce rival : personne n’a intérêt à traiter avec lui.
Capture du message publié par les hackers.
De Zurich à La Valette : l’addition Revolut s’allonge
Toujours selon IAmNotAVillain, l’essentiel des données proviendrait de clients suisses et français. Mais la liste des pays concernés, égrenée dans le même thread, s’allonge bien au-delà : Chypre, le Portugal, l’Allemagne, l’Espagne, la Bulgarie, la Tchéquie, la Roumanie, la Pologne, Malte, la Norvège, la Suède et l’Italie apparaîtraient aussi parmi les juridictions touchées, une liste que le groupe présente lui-même comme non exhaustive.
Deux noms s’ajoutent à ceux déjà identifiés cette semaine, le joueur de tennis Shevchenko et le patron de Gamdom Felix Römer. Le thread cite aussi Georges Mikautadze, présenté comme un joueur du FC Barcelone sur la photo jointe, maillot blaugrana à l’appui. En réalité, l’attaquant évolue à Villarreal, où il était titulaire le 14 septembre face au Betis ; un temps annoncé dans le viseur du Barça cet été, il n’y a jamais été transféré.
Le tableau qui se dessine dépasse la simple négligence d’une néobanque piégée par une demande officielle falsifiée. Si les revendications du 14 septembre se confirment, ce n’est plus seulement Revolut qui devra rendre des comptes, mais des pans entiers d’administrations italiennes dont la sécurité aurait, elle aussi, cédé. À côté de ça, la demande de 10 000 bitcoins réclamée aux dirigeants de Revolut paraît presque anecdotique. Entre un hacker qui négocie, un rival qui revendique la même fuite et des services de police italiens visés à leur tour, les revendications du 14 septembre ouvrent un nouveau front dans une affaire qui, une semaine plus tôt, ne concernait qu’une demande frauduleuse et quelques clients fortunés.
Science sans conscience n’est que ruine de l’âme. Rabelais ne croyait pas si bien dire, cinq siècles avant l’arrivée de l’intelligence artificielle. Sam Altman, Geoffrey Hinton, Barack Obama, l’ONU et même Vitalik Buterin s’alarment tous, sur le papier, du même danger. Celui d’une intelligence artificielle qui échapperait à tout contrôle. Sauf que dès qu’on gratte, plus personne ne parle de la même chose. L’un redoute l’extinction de l’espèce humaine. L’autre la disparition de millions d’emplois, la concentration du pouvoir dans trois entreprises américaines. Ou simplement que son voisin chinois prenne trop d’avance. Un même mot, alerte, recouvre trois logiques qui n’ont presque rien en commun, sinon le vocabulaire qu’elles empruntent.
Les points clés de cet article :
Plusieurs figures influentes, dont Sam Altman et Geoffrey Hinton, ont exprimé leur inquiétude face à l’éventualité d’une intelligence artificielle échappant au contrôle humain.
Un débat persistant oppose ceux qui craignent l’extinction de l’espèce humaine à cause de l’IA et ceux qui se préoccupent des conséquences immédiates sur l’emploi et les biais algorithmiques.
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Extinction ou emplois détruits : l’intelligence artificielle ne fait pas peur pour les mêmes raisons
En mars 2023, le Center for AI Safety, institut de recherche californien. Il fait signer une phrase unique à plus de 350 dirigeants et chercheurs. Elle érige la lutte contre le risque d’extinction lié à l’IA au rang de priorité mondiale. Même niveau que les pandémies ou la guerre nucléaire.
Parmi les signataires, Sam Altman, Demis Hassabis et Dario Amodei. Ces trois patrons dirigent justement les laboratoires les plus avancés du secteur, à savoir respectivement OpenAI, Google DeepMind et Anthropic. Geoffrey Hinton et Yoshua Bengio, qui ont posé les bases du deep learning il y a vingt ans, signent aussi.
Deux ans et demi plus tard. En octobre 2025, le Future of Life Institute pousse le curseur plus loin avec son Statement on Superintelligence. Et là, encore une fois, plus de 800 signatures, dont celles de Steve Wozniak, de Richard Branson et du prince Harry. Ils réclament une interdiction du développement d’une superintelligence tant qu’un consensus scientifique et une acceptation publique ne garantissent pas sa sécurité. Bengio est encore de la partie.
À côté de ces deux textes, une autre famille de chercheurs travaille depuis des années sur un tout autre registre. Celui des biais algorithmiques dans le recrutement ou la justice prédictive. Il s’agit aussi de la précarisation de métiers entiers, et de la poignée d’entreprises américaines qui concentrent la puissance de calcul mondiale. Pour ce camp, souvent regroupé sous l’étiquette de l’éthique de l’IA, parler d’extinction humaine détourne l’attention de dégâts déjà mesurables, ceux qui touchent des travailleurs précis, aujourd’hui, pas une humanité abstraite dans cinquante ans. Les deux camps utilisent le mot risque, mais ils ne parlent pas du même risque.
Altman et Musk : le pompier pyromane
Reprenons nos bonnes âmes signataires. Sam Altman signe le texte du Center for AI Safety en mai 2023. La même année, OpenAI lève 10 milliards de dollars auprès de Microsoft et entame la course au modèle le plus puissant du marché.
En 2026, l’entreprise dépose son dossier d’entrée en bourse sans jamais lever le pied sur la course à la puissance de calcul. Or, justement lorsque nous écrivons cet article, elle annonce ce matin même faire marche arrière pour cette année. Alerter sur l’extinction de l’espèce et courir après la prochaine levée de fonds force cette ambiguïté.
Elon Musk n’est pas en reste. En mars 2023, il cosigne aussi la lettre du Future of Life Institute. Elle réclame une pause de six mois sur l’entraînement des modèles les plus puissants. Quatre mois plus tard, xAI voit le jour. Grok, son modèle, tourne aujourd’hui sur l’un des plus gros clusters de calcul jamais assemblés. La pause, personne ne l’a jamais appliquée.
Chez Anthropic, Dario Amodei publie régulièrement des textes qui détaillent, chiffres à l’appui. Il y détaille les scénarios dans lesquels un modèle frontière pourrait échapper au contrôle de ses créateurs. Au même moment, Anthropic vise une valorisation record pour son introduction en bourse. Et l’entreprise a remporté un bras de fer très commenté face au Pentagone sur l’usage militaire de ses propres modèles.
On serait presque tenté d’y voir un remake du Projet Manhattan. Les physiciens qui avaient construit la bombe furent aussi les premiers. Une fois Hiroshima et Nagasaki rayées de la carte, ils réclament un contrôle international de l’arme qu’ils venaient de livrer. La comparaison a ses limites. Oppenheimer n’a jamais négocié une part de royalties sur le plutonium. Les trois patrons de l’IA alertent tout en actionnant, chaque trimestre, une machine à lever des capitaux.
We Must Pace the Frontier: I’ve written a new essay on why the AI industry should slow down, with a three-part plan for doing so.
Anthropic is unilaterally committing to the first of these steps. We’ll provide third-party evaluators with permanent, employee-level access to our…
« Nous devons repousser les limites : j’ai rédigé un nouvel essai expliquant pourquoi l’industrie de l’IA devrait ralentir, et proposant un plan en trois points pour y parvenir. Anthropic s’engage unilatéralement à mettre en œuvre la première de ces étapes. Nous accorderons à des évaluateurs tiers un accès permanent, équivalent à celui de nos employés, à nos systèmes. Ils pourront ainsi vérifier le respect de nos mesures de sécurité, signaler les incidents et évaluer la cohérence des modèles pendant leur entraînement. »
Obama, Trump, Pékin : la course à l’intelligence artificielle déguisée en cadre de sécurité
Face à cette course interminable le politique s’en mêle. Barack Obama presse les démocrates américains de se doter d’un plan clair sur l’IA. Il appelle aussi, selon le New York Times, à une forme de prudence face à la vitesse du déploiement des modèles. La sortie tombe alors que l’administration Trump pousse dans le sens exactement inverse. Un décret présidentiel vise à empêcher chaque État américain de légiférer de son côté sur l’IA, au nom d’un unique cadre fédéral, plus permissif. Un précédent décret de Trump promettait déjà de marier sécurité et innovation. Dans les faits, le curseur penche nettement vers la seconde option.
Côté chinois, le discours officiel emprunte le même vocabulaire qu’Obama ou que le Future of Life Institute. Lors du sommet mondial sur l’IA de Shanghai en 2026, Pékin signe une déclaration en faveur d’une gouvernance mondiale coordonnée du secteur. Dans le même temps, une entreprise chinoise est accusée d’avoir pillé les modèles d’Anthropic pour rattraper son retard, ce qui a valu une riposte de Washington. La coopération affichée et la course technologique réelle avancent sur deux rails qui ne se croisent jamais.
L’Union européenne a choisi la voie inverse, contraindre par la loi avec l’AI Act, entré en application par étapes depuis 2024. Bruxelles régule pourtant un marché où elle ne possède ni les modèles ni les centres de données les plus puissants. Washington et Pékin financent l’IA. L’Europe la commente.
Miroir, mon beau miroir, qui est la plus belle IA ?
En juillet 2026, la Commission fédérale des communications (FCC) autorise Reflect Orbital. Cette start-up américaine va tester un miroir géant en orbite basse. Il est capable de renvoyer la lumière du soleil vers un point précis de la Terre, la nuit. L’objectif affiché est de vendre du soleil à la demande à des exploitants agricoles ou à des chantiers qui veulent prolonger leurs journées de travail. Des astronomes, des biologistes et plusieurs associations de défense du ciel nocturne alertent depuis des mois. Ils redoutent la pollution lumineuse que provoquerait un déploiement à grande échelle. Ils pointent aussi la perturbation des cycles de sommeil de la faune, et les images d’observatoires qui deviendraient inutilisables. La CBC a documenté les zones d’ombre juridiques du dossier. Aucune loi internationale ne régit vraiment qui a le droit de modifier la nuit d’un pays voisin depuis l’espace. La FCC a validé le projet quand même.
Rien à voir avec un modèle de langage, en apparence. Le même mécanisme est pourtant à l’œuvre des deux côtés. Une communauté scientifique alerte, documente, chiffre le risque. Une entité privée, soutenue par un régulateur qui a le dernier mot, avance malgré tout, parce qu’elle en a la capacité technique et le financement. L’alerte n’a jamais été le problème. Le problème, c’est que personne, ni les 800 signataires du Future of Life Institute, ni les chercheurs du Center for AI Safety, ni Barack Obama, n’a le pouvoir de dire stop à ceux qui décident d’appuyer sur le bouton.
Reflect Orbital et l’IA : le même mécanisme de pouvoir
C’est là que la comparaison avec Reflect Orbital devient plus utile que n’importe quel parallèle avec la bombe atomique. Un miroir en orbite et un modèle de fondation à plusieurs centaines de milliards de paramètres n’ont, sur le papier, rien en commun. Ils partagent pourtant la même structure de décision. Une poignée d’acteurs privés, un régulateur qui les autorise plus souvent qu’il ne les freine. Cette masse de textes d’alerte qui s’accumulent sans jamais peser sur le calendrier de déploiement. La FCC a mis quelques mois à trancher sur Reflect Orbital. Cela fait trois ans que les mêmes textes circulent sur l’IA, sans qu’aucun laboratoire n’ait ralenti d’un cran sa feuille de route.
Reflect Orbital doit lancer son premier miroir test avant la fin de l’année. Les laboratoires d’IA ont déjà programmé leurs prochains modèles pour 2027. Les textes d’alerte, eux, continueront de s’accumuler sur des bureaux de gens qui n’ont jamais eu le pouvoir de les faire appliquer.
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Le marché des cryptomonnaies conserve une orientation favorable aux altcoins, même si plusieurs résistances limitent encore la progression. Dans son analyse hebdomadaire, Cara, trader professionnel aux commandes de Steady Lads, la plateforme Premium du Journal du Coin, surveille notamment la décision de la Fed du 16 septembre et les tensions sur le pétrole, susceptibles d’accentuer la volatilité. C’est parti pour les graphiques.
Les points clés de cet article :
Pour Cara, le marché des cryptomonnaies conserve une orientation favorable aux altcoins, malgré plusieurs résistances qui ont limité leur progression.
La décision de la Fed du 16 septembre et les tensions sur le pétrole accentuent la volatilité, influençant potentiellement les marchés.
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Le TOTAL ES consolide pendant que Bitcoin manque de force
À l’échelle hebdomadaire, l’indice TOTALES reste bloqué sous une résistance importante. Cette phase de consolidation ne remet pas encore en cause le scénario haussier suivi par Cara. En effet, une volatilité plus faible peut permettre au marché de construire une base plus solide avant une nouvelle tentative de progression.
Sur le graphique journalier, la récente divergence baissière a entraîné une correction, mais celle-ci s’est arrêtée au niveau du support identifié. Le marché tente désormais de repartir, sans avoir encore franchi sa résistance. Une clôture quotidienne sous ce support constituerait un signal négatif, tandis que son maintien préserverait le biais haussier.
Le biais reste haussier mais il ne faut pas lâcher le support – Source : Steady Lads
De son côté, Bitcoin continue de consolider. Il résiste aux anticipations d’une baisse vers 50 000 ou 55 000 dollars, mais affiche une dynamique moins favorable que plusieurs altcoins. Cette situation pourrait faciliter une rotation des capitaux vers le reste du marché si les résistances actuelles finissent par céder.
Le contexte macro économique invite néanmoins à la prudence. La possible hausse des taux de la Fed intervient alors que le rendement américain à dix ans approche 5 %. Par ailleurs, la fermeture de l’oléoduc saoudien Est-Ouest menace une partie notable de l’offre mondiale de pétrole.
Dans un contexte macro économique tendu, la résistance actuelle sur Bitcoin paraît bien fragile – Source : Steady Lads
Les altcoins se rapprochent d’un signal notable
L’indice utilisé pour mesurer la force relative des altcoins tente de son côté de sortir d’un canal ascendant en place depuis 2022. Sur ce graphique, une baisse de l’indicateur traduit un renforcement des altcoins. Le marché se situe donc près de son signal le plus favorable depuis le début de cette période, mais une zone intermédiaire doit encore être franchie.
Les altcoins montrent d’ailleurs déjà une certaine résistance. Alors que TOTALES évolue horizontalement, leur capitalisation construit une consolidation ascendante, avec un point bas supérieur au précédent. Face à Bitcoin, le biais reste également positif sous réserve d’une cassure de la double résistance suivie par Cara.
Une consolidation ascendante est en cours du côté du total altcoins – Source : Steady Lads
Ethereum conserve notamment son support autour de 2 400 dollars. Malgré une brève incursion sous ce niveau pendant le week-end, ses points bas remontent depuis le début du mois. La paire ETH/BTC atteint toutefois une résistance et présente un risque de correction temporaire.
La paire ETH/BTC est bien remontée mais le risque de correction est à nouveau important – Source : Steady Lads
Solana consolide au-dessus de 100 dollars, tandis qu’Injective transforme une ancienne résistance en support. Aave tient également son support face à Bitcoin. Enfin, XRP et PUMP présentent des configurations encore incomplètes, qui nécessitent une confirmation avant de valider une reprise.
Cara conserve ainsi un biais haussier sur les altcoins, à condition que leur capitalisation face à Bitcoin franchisse sa résistance. Le signal observé reste encourageant, mais la validation dépend toujours de la sortie de consolidation et du maintien des supports actuels. Pour plus de détails sur tout ça et pour rejoindre la communauté Steady Lads qui vient de fêter ses un an,toutes les informations sont ici.
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Trois banques centrales, soixante-douze heures. La semaine qui s’ouvre empile la décision de la Réserve fédérale américaine mercredi. Suivent celle de la Bank of England jeudi, puis celle de la Bank of Japan jeudi et vendredi. Cette fois, ce n’est pas une baisse que les marchés attendent. Les traders assignent en effet une probabilité proche de 86 % à une hausse des taux américains.
Conséquence directe pour les marchés crypto : la Fed ne baisse plus, elle pourrait resserrer. Le Bitcoin évolue autour des 77 800 dollars ce lundi, loin de ses records de l’été. Le président de la Fed, Kevin Warsh, a donné le ton dès fin août à Jackson Hole. Selon lui, l’inflation sous-jacente ne s’améliore pas vraiment.
Points clés
La Fed devrait relever ses taux mercredi, avec une probabilité proche de 86 % selon le CME FedWatch
Le président Kevin Warsh a durci le ton depuis Jackson Hole, évoquant une inflation encore trop élevée
La Bank of England devrait maintenir son taux à 3,75 % jeudi, et pourrait ralentir son resserrement quantitatif
La Bank of Japan devrait à l’inverse relever son taux à 1,25 %, un mouvement jugé probable par 97 % des économistes sondés par Reuters
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La Fed, Kevin Warsh aux commandes : la hausse est déjà dans les prix
Le FOMC se réunit mardi et mercredi. La décision tombe mercredi en fin de journée à Washington, soit 20 heures à Paris. Le marché table sur une hausse de 25 points de base, qui porterait la fourchette cible à 3,75-4 %. Ce serait un tournant après trois baisses consécutives fin 2025.
Deux publications ont fait basculer les anticipations. Le CPI d’août est ressorti à 3,4 % sur un an, avec une inflation sous-jacente plus chaude que prévu. Par ailleurs, l’emploi américain a surpris par sa vigueur. 162 000 créations de postes ont été enregistrées en août, largement au-dessus des attentes, pour un chômage à 4,1 %. Ensemble, ces chiffres ont fait grimper la probabilité d’une hausse de 56 % à plus de 85 % en quelques jours. C’est ce qu’indique le CME FedWatch, l’outil de référence du marché.
Kevin Warsh a lui-même préparé le terrain. Lors de son discours à Jackson Hole fin août, il a jugé que l’inflation sous-jacente ne s’améliorait pas vraiment. Un ton bien plus ferme que celui de son prédécesseur, Jerome Powell. Le marché anticipe désormais environ 50 % de probabilité d’une seconde hausse en décembre.
Le taux directeur de la Fed (courbe noire) et la croissance du PIB américain (barres oranges) depuis 2000. Après trois baisses fin 2025, le taux remonte vers la fourchette 3,75-4 % anticipée pour mercredi. Source : MacroMicro.
Bank of England et Bank of Japan : un statu quo, une vraie hausse
La Bank of England publie sa décision jeudi à midi, heure de Londres. Le statu quo à 3,75 % est largement anticipé. Le comité de politique monétaire avait déjà voté 6 contre 3 pour un maintien fin juillet. Trois membres réclamaient une hausse à 4 %. L’autre enjeu porte sur le resserrement quantitatif. La banque pourrait en effet ramener son rythme de ventes d’obligations d’État de 70 à 50 milliards de livres par an.
La Bank of Japan referme la séquence jeudi et vendredi. La décision tombe vendredi après-midi, heure de Tokyo. Un statu quo semble désormais très peu probable. Le marché table sur une hausse de 25 points de base, à 1,25 %. Cette hausse est portée par 97 % des économistes interrogés par Reuters, contre 57 % lors du sondage précédent. La banque centrale avait déjà relevé son taux à 1 % en juin, un plus haut depuis 1995, avant de le maintenir en juillet. Certains économistes anticipent même une nouvelle hausse à 1,50 % d’ici décembre. Le taux terminal évoqué grimpe désormais vers 1,75 % au deuxième trimestre 2027.
Ce paramètre mérite toute l’attention des détenteurs de cryptomonnaies. En août 2024, un tour de vis japonais avait déjà déclenché le débouclage brutal du carry trade. Le Bitcoin avait alors perdu 20 % en deux séances. Cette fois, le risque n’est plus un scénario lointain. La Fed et la BoJ durcissent toutes les deux le ton la même semaine, ce qui peut accélérer un débouclage similaire. Le carry trade yen reste donc un risque immédiat pour le Bitcoin, pas une échéance reportée à janvier.
Bitcoin : la liquidité mondiale plutôt que les 25 points de base
Le Bitcoin évolue autour des 77 800 dollars, loin de ses records de l’été. Le week-end dernier, le CPI conforme aux attentes avait propulsé le cours au-dessus des 78 000 dollars. Mais la hausse des rendements obligataires a ensuite pesé sur le marché. Le canal de transmission est connu. Une Fed plus restrictive fait grimper le coût de l’argent, ce qui pèse alors sur les actifs à risque. Les 21 millions d’unités du protocole ne bougeront pas, quelle que soit la décision de mercredi soir.
Le Bitcoin (courbe noire) suit depuis plus de dix ans les cycles de la masse monétaire mondiale M2 (zone bleue), qui agrège Fed, BCE, Bank of England, Bank of Japan et PBoC. Source : Look Into Bitcoin
Le scénario inverse serait paradoxalement plus explosif. Une Fed qui choisirait de ne pas bouger, contre toute attente, ferait l’effet d’une vraie surprise. Le marché a en effet déjà digéré la hausse. À l’inverse, si la hausse est confirmée comme prévu, l’attention se déplacera vers le dot plot. Le ton de Kevin Warsh en conférence de presse comptera tout autant. Un discours qui confirme une seconde hausse en décembre pèserait plus lourd que le geste de mercredi lui-même.
Fed mercredi, Bank of England jeudi, Bank of Japan jeudi et vendredi : la séquence se referme en trois jours. Pour la première fois depuis longtemps, ce sont des hausses, et non des baisses, qui rythment cette semaine. D’ici la prochaine réunion du FOMC, fin octobre, ce sont surtout les mots de Kevin Warsh qui compteront. Ils pèseront plus que le quart de point lui-même pour fixer le cap de la liquidité mondiale. Et avec lui, l’horizon du Bitcoin jusqu’à la fin de l’année.
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Hécatombe annoncée sur le marché crypto brésilien. Depuis le 2 février, la banque centrale du Brésil impose de nouvelles règles aux plateformes d’actifs numériques. Ces exigences de fonds propres et de conformité reprennent, en somme, celles des établissements bancaires. Sur près de 300 prestataires recensés dans le pays, une vingtaine seulement tiendraient la distance. Au final, une dizaine seulement décrocheraient une licence.
Points clés
Depuis le 2 février, les prestataires crypto brésiliens doivent réunir des fonds propres plus élevés. Le plafond grimpe jusqu’à 37,2 millions de réaux, soit environ 7,2 millions de dollars.
Sur près de 300 acteurs, 20 à 25 seraient en mesure de déposer un dossier recevable. Une dizaine seulement décrocheraient un agrément.
Bitnuvem, NovaDAX, Digitra et Coinext ont déjà arrêté ou restructuré leurs services aux particuliers.
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Crypto : le Brésil exige jusqu’à 7,2 millions de dollars de fonds propres
Le sigle PSAV désigne au Brésil les prestataires de services sur actifs virtuels. Le terme fait écho aux PSAN français et aux VASP de la terminologie internationale. Les résolutions adoptées par la Banco Central do Brasil découpent le métier en trois catégories. On y trouve l’intermédiation, la garde d’actifs pour le compte de tiers et le courtage. Chaque catégorie impose son propre plancher de capital. Pour les profils les plus larges, il grimpe jusqu’à 37,2 millions de réaux, soit environ 7,2 millions de dollars.
Le capital n’est que la première marche. Le cahier des charges impose aussi une gouvernance claire et un dispositif anti-blanchiment. Il exige, par ailleurs, une séparation stricte des fonds clients et un reporting régulier au superviseur. Une plateforme de taille moyenne vit sur des commissions de quelques points de base. Résultat : le coût de mise en conformité dépasse souvent sa marge annuelle.
Le calendrier achève de resserrer l’étau. Les candidats doivent déposer leur dossier avant le 30 octobre. Passé ce délai, ils disposeront de 30 jours pour cesser toute activité et restituer les fonds de leurs utilisateurs.
Bitnuvem, NovaDAX, Digitra et Coinext quittent déjà la table
Quatre plateformes ont annoncé l’arrêt ou la restructuration de leurs services destinés aux particuliers : Bitnuvem, NovaDAX, Digitra et Coinext. Aucune n’a désigné nommément la nouvelle réglementation dans ses communiqués. Toutes, en revanche, ont choisi de communiquer dans les semaines qui ont suivi son entrée en vigueur.
L’arithmétique est brutale. Sur 300 acteurs, seuls 20 à 25 dossiers seraient jugés recevables, puis une poignée seulement décrocheraient un agrément effectif. Concrètement, plus de 95 % du marché sortirait du cadre légal, par la vente, la fusion ou la fermeture. Les maisons capables d’aligner huit chiffres de fonds propres et un service conformité étoffé partent avec une longueur d’avance. C’est le cas, par exemple, de Mercado Bitcoin, de Foxbit ou des filiales locales des groupes internationaux. Les petites structures nées de l’euphorie de 2021 n’ont ni le bilan ni le temps de rattraper ce niveau d’exigence.
Stablecoins et fiscalité : la deuxième lame de la réglementation crypto
Le volet le plus lourd de conséquences concerne les stablecoins adossés au dollar. Les opérations portant sur des jetons référencés à une devise étrangère basculent dans le régime du marché des changes. Elles héritent, du même coup, des obligations de déclaration et d’identification qui l’accompagnent. La banque centrale évalue à environ 90 %la part des flux crypto brésiliens liés à ces actifs. Un tel pourcentage transforme, de fait, une règle technique en réforme structurelle pour tout le pays.
Reste la question des utilisateurs privés de plateforme locale. Ils conservent l’accès aux places étrangères, aux protocoles DeFi et à l’autoconservation. Ces usages échappent, cependant, au superviseur brésilien en matière de protection du consommateur. Le fisc, lui, a déjà anticipé le mouvement. Désormais, ses obligations déclaratives couvrent aussi les transactions réalisées sur des plateformes étrangères, comme celles effectuées depuis un wallet personnel.
Les dossiers doivent être déposés d’ici fin octobre, l’instruction par la banque centrale suivra. D’ici là, quelque 275 prestataires devront choisir entre vendre, fusionner ou fermer. Une dizaine de survivants, enfin, se partageront le marché crypto le plus actif d’Amérique latine.
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Se vendre à soi-même, encore et encore. Le wash trading consiste à acheter et vendre le même actif à soi-même, ou entre complices, pour gonfler artificiellement les volumes et simuler un marché vivant. Aucun risque pris, aucun transfert réel de propriété, juste du bruit dans le carnet d’ordres et de belles statistiques en vitrine. La pratique est interdite sur les marchés régulés depuis près d’un siècle, le Commodity Exchange Act américain la bannissait dès 1936. La crypto, elle, a longtemps servi de terrain de jeu grandeur nature.
Les points clés de cet article :
Le wash trading a permis de gonfler artificiellement les volumes sur les plateformes crypto, créant l’illusion d’un marché dynamique.
En 2019, le rapport Bitwise a révélé que 95 % des volumes bitcoin déclarés étaient fictifs, choquant le monde de la finance.
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La mécanique tient en trois lignes. Un trader place un ordre d’achat et un ordre de vente identiques, qui se croisent entre ses propres comptes. Le prix ne bouge presque pas, mais le volume affiché grimpe. Répétez l’opération des milliers de fois par des robots et une plateforme moribonde ressemble soudain à une place financière florissante. Pourquoi tricher ? Parce que le volume attire tout, les traders, les classements, les listings de tokens facturés aux projets, et jadis les agrégateurs de données qui triaient les plateformes par activité.
La victime est toujours la même. Le trader qui croit entrer sur un marché liquide et découvre, au moment de vendre, que la profondeur affichée n’existait pas.
Le circuit fermé du wash trading. Schéma : Journal du Coin
2019, le rapport Bitwise : 95 % de volumes fantômes
Le cas d’école est un pavé dans la mare devenu classique. En mars 2019, le gérant d’actifs Bitwise présente à la SEC, le gendarme boursier américain, une étude qui analyse 83 plateformes crypto, reprise par CNBC : environ 95 % du volume bitcoin déclaré à l’époque était fictif ou non économique. Seules dix plateformes affichaient des volumes jugés réels, ne représentant que 5 % du total annoncé, comme le détaille le mémo conservé par la SEC. Le chiffre a fait le tour du monde en quelques heures.
L’ironie du dossier vaut le détour. Bitwise ne cherchait pas à enfoncer la crypto, mais à convaincre le régulateur que le vrai marché, une fois nettoyé de ses volumes fantômes, était sain et organisé. Depuis, agrégateurs et plateformes ont fait un ménage considérable. Le réflexe de méfiance, lui, doit rester.
Détecter le wash trading en tant que trader particulier
Quelques réflexes suffisent à éviter le gros des pièges. Méfiez-vous d’un volume énorme adossé à un carnet d’ordres squelettique, avec un écart achat-vente large, c’est l’empreinte digitale du trucage. Comparez les volumes d’une même paire entre plusieurs plateformes de référence. Et sur les marchés de niche, memecoins fraîchement listés ou NFT en tête, considérez les volumes annoncés comme de la publicité jusqu’à preuve du contraire. Les agrégateurs sérieux publient désormais des scores de confiance par plateforme, servez-vous-en avant de déposer le moindre euro.
Élargissons. Le wash trading a jadis fait les beaux jours des bucket shops américains des années 1920, avant d’être banni des bourses classiques, et la crypto rejoue cette histoire en accéléré, régulation comprise, MiCA en Europe s’attaquant précisément aux abus de marché. Les volumes mentent parfois. Le stock d’engagements réels, lui, se lit ailleurs, du côté de l’open interest.
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Le sort en est jeté. Le Bitcoin ne bouge quasiment plus depuis samedi. Il campe entre 77 500 et 77 600 dollars au moment d’écrire ces lignes (niveau à recoller au cours du jour avant toute lecture, le marché crypto ne dormant jamais), toujours sous la résistance des 81 700 dollars qui validerait un vrai retour du marché haussier. Mais l’immobilité du cours ne dit rien de la tension qui monte. Mardi, le Sénat américain vote la clôture du CLARITY Act, le texte censé fixer enfin un cadre fédéral pour les cryptomonnaies. Et cette fois, Donald Trump a lâché du lest.
Les points clés de cet article :
Le Bitcoin a stagné entre 77 500 et 77 600 dollars, incapable de franchir la résistance des 81 700 dollars, avant des décisions cruciales de réglementation et de politique monétaire.
Le CLARITY Act, avec une clause éthique révisée, attendait un vote du Sénat américain, tandis que la Fed devait statuer sur une possible hausse des taux, créant une tension palpable sur le marché crypto.
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L’immobilité du cours cache mal la nervosité ambiante. Le Bitcoin oscille dans un couloir étroit depuis le week-end, incapable de reprendre l’élan qui l’avait porté brièvement au-dessus de 79 800 dollars vendredi dernier.
La faute à un calendrier qui s’annonce chargé : après le vote de mardi, la Fed tranche mercredi 16 septembre sur ses taux, avec une probabilité de hausse désormais évaluée à plus de 85 % par les marchés à terme. Deux chocs en trois jours, réglementaire puis monétaire, et un cours qui préfère visiblement attendre d’y voir plus clair avant de choisir un camp.
CLARITY Act : ce qui a vraiment changé dans le texte final
Les sénateurs républicains ont publié dimanche le texte définitif du CLARITY Act, avec une clause éthique entièrement revue. Fini l’ambiguïté sur les conflits d’intérêts : les élus fédéraux couverts, et leurs conjoints, devront céder leurs participations crypto jugées « substantielles » ou les loger dans un trust aveugle, un montage juridique qui empêche le titulaire de savoir ce qu’il détient réellement. Nouveauté de taille, relayée par CryptoBriefing le 13 septembre : les procureurs généraux des États obtiennent un rôle de contrôle sur ces dispositions. La Maison-Blanche refusait cette concession il y a encore quelques semaines. Elle l’a acceptée. Un trust aveugle ne fait pourtant disparaître ni la fortune ni son origine, il en confie simplement la gestion à un tiers pendant le mandat.
Le vote de mardi, à 14h15 heure américaine, n’adopte pas la loi elle-même. Il s’agit d’une motion de procédure qui exige 60 voix pour avancer vers le débat en séance plénière. Les républicains contrôlent 53 sièges. Il leur faut donc convaincre au moins sept démocrates de franchir la ligne. Un échec mardi, et le texte est mort pour 2026, probablement jusqu’après les midterms de novembre 2026.
Un clan Trump qui a beaucoup à perdre
L’enjeu personnel n’a rien d’abstrait pour le président. Sa déclaration de patrimoine publiée début juillet chiffrait ses revenus liés à la crypto à environ 1,4 milliard de dollars sur la seule année 2025, portés notamment par les memecoins de la famille et par World Liberty Financial. Donald Trump avait déjà donné son accord de principe sur une clause anti-conflit d’intérêts dès juillet. Ce week-end, il est allé plus loin en validant une version qui donne du mordant à des procureurs d’État sur lesquels il n’a aucune prise. Un choix qui en dit long sur l’urgence, côté républicain, de faire aboutir ce texte avant que la fenêtre politique ne se referme.
Que le Sénat franchisse ou non la barre des 60 voix mardi, le Bitcoin devra ensuite digérer la décision de la Fed deux jours plus tard, sans avoir eu le temps de souffler entre les deux. 48 heures pour absorber deux chocs qui, d’ordinaire, se digèrent chacun sur une semaine entière.
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Trois cents cartes graphiques au fond d’une vallée mexicaine. Le parquet fédéral, la marine et les forces de sécurité de l’État de Puebla ont investi une propriété isolée de la commune de Tlaola. Le site se trouve dans la Sierra Norte. Ils y ont trouvé une ferme de minage entièrement clandestine. Les enquêteurs veulent maintenant savoir qui payait l’électricité, et à qui profitaient les cryptomonnaies produites.
Le communiqué du gouvernement de Puebla évoque une piste de blanchiment liée au narcotrafic. L’enquête porte aussi sur un branchement sauvage présumé sur le réseau électrique local.
Points clés
Les autorités mexicaines ont saisi environ 300 GPU, un transformateur et huit antennes satellite dans une ferme de minage clandestine à Tlaola, dans la Sierra Norte de Puebla
L’enquête porte sur un détournement présumé de courant issu d’un barrage hydroélectrique voisin et sur un possible blanchiment de fonds du narcotrafic
Puebla avait déjà repéré trois sites comparables dans le même périmètre et coordonne désormais ses recherches avec les États voisins
Chainalysis recense 154 milliards de dollars de fonds reçus par des adresses illicites en 2025, soit moins de 1 % du volume total suivi
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Une ferme de minage crypto branchée au réseau électrique mexicain
L’inventaire dressé par les autorités détonne pour un hameau de montagne : environ 300 cartes graphiques, un transformateur, quelque 80 bornes de moyenne tension et huit antennes internet par satellite. Aucune fibre optique ne dessert ce secteur montagneux. La connexion passait donc par l’orbite basse.
Le ministère public cherche à établir si le site siphonnait le courant d’un barrage hydroélectrique voisin. Le complexe de Necaxa se trouve à quelques kilomètres de là. En service depuis 1905, il est exploité par la Commission fédérale d’électricité (CFE). Les 80 bornes de moyenne tension saisies sur place orientent l’enquête dans cette direction.
Un détail intrigue quiconque connaît le matériel : 300 cartes graphiques ne produisent pas de bitcoins. Les ASIC (des circuits intégrés conçus pour une seule fonction, bien plus efficaces qu’un GPU) verrouillent le minage de Bitcoin depuis plus d’une décennie. Un parc de cartes graphiques vise donc des cryptomonnaies alternatives, encore accessibles au minage grand public. Ou alors, il sert simplement de puissance de calcul louée pour l’intelligence artificielle.
« Les cartels de la drogue semblent avoir atteint un nouveau niveau de sophistication.»
Les autorités ont déjà repéré trois installations comparables dans le même périmètre au cours de l’année écoulée. Elles coordonnent désormais leurs recherches avec les États voisins pour en identifier d’autres. Le parquet fédéral a refusé de commenter auprès de l’agence de presse en raison de l’enquête en cours.
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Minage crypto et blanchiment : ce que disent les précédents
L’hypothèse n’a rien d’inédit. Les analystes conformité documentent depuis des années cette typologie : acheter du matériel de minage avec des fonds illicites pour obtenir des cryptomonnaies fraîchement émises, donc vierges de tout historique.
Chainalysis a poussé l’analyse jusqu’aux pools de minage, ces coopératives où des mineurs mutualisent leur puissance de calcul avant de se partager les récompenses. Ses chercheurs ont repéré des adresses de dépôt qui mélangeaient deux origines. D’un côté des fonds liés à des rançongiciels ou à des arnaques, de l’autre des revenus de minage, le tout sur les mêmes plateformes d’échange.
« Le minage de cryptomonnaies est une composante cruciale de notre industrie, mais il présente aussi un attrait particulier pour les acteurs malveillants, car il offre un moyen d’acquérir de l’argent dont la source d’origine on-chain est totalement propre.»
Chainalysis, rapport sur le blanchiment via les pools de minage
Aucun de ces travaux ne dit comment le site de Tlaola gérait ses fonds. L’enquête locale garde deux pistes ouvertes : un revenu tiré du minage sur courant volé, ou un habillage pour de l’argent venu d’autres délits. La « propreté » d’une pièce fraîchement minée reste d’ailleurs toute relative. Chaque transfert ultérieur s’inscrit dans un registre public. Les pools versent depuis des adresses identifiées, et les plateformes régulées savent lire ces schémas. L’électricité détournée, elle, ne laisse aucune trace consultable. Un mineur qui ne paie pas son courant efface la plus grosse ligne de ses coûts d’exploitation.
Crypto et cartels : Washington resserre l’étau sur les flux
Le Trésor américain a sanctionné en mai un réseau qu’il attribue à Armando de Jesús Ojeda Avilés. Celui-ci est accusé d’avoir collecté le produit des ventes de drogue aux États-Unis, de l’avoir converti en cryptomonnaies, puis de l’avoir acheminé vers le cartel de Sinaloa. Washington a par ailleurs classé six organisations criminelles mexicaines, dont Sinaloa, parmi les organisations terroristes étrangères début 2025. De quoi alourdir l’exposition pénale de quiconque manipule ces fonds.
Chainalysis chiffre à au moins 154 milliards de dollars les sommes reçues en 2025 par des adresses signalées comme illicites. Cette progression tient pour l’essentiel aux entités sous sanctions. Le total reste sous la barre de 1 % du volume de transactions que la société surveille. Une réserve méthodologique s’impose : ces calculs excluent en général les paiements classiques aux trafiquants. Il manque, la plupart du temps, les éléments extérieurs qui permettraient d’en établir l’origine criminelle. Un registre public ne suffit pas à distinguer un virement de narcotrafic d’un transfert parfaitement légitime.
Trois cents cartes graphiques génèrent au mieux quelques dizaines de milliers de dollars par an, une paille face aux volumes d’un cartel. C’est la multiplication des sites qui change l’échelle. Puebla a déjà lancé la traque avec les États voisins pour en débusquer d’autres.
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L’Hebdo Crypto vous est présenté par le Club 25%.La semaine du 07/09 en bref.
Jeudi, le CPI américain est ressorti conforme aux attentes, mais l’inflation sous-jacente a dépassé les prévisions. Les probabilités d’une hausse des taux de la Fed ont ainsi grimpé au-dessus de 85 %. La BCE avait relevé ses taux la veille. En France, Bercy a chiffré à 59,3 milliards d’euros la facture des intérêts de la dette pour 2026.
Cet article contient des liens d’affiliation qui soutiennent le travail du Journal du Coin.
Hausse des taux Fed : les probabilités s’envolent au-dessus de 85 % après le CPI américain. L’indice des prix d’août est ressorti à +0,4 % sur le mois et +3,4 % sur un an, pile dans le consensus. Le cœur de l’inflation, lui, a grimpé de +0,3 % quand Wall Street tablait sur 0,2 %. FedWatch donne 85,4 % de chances d’une hausse le 16 septembre, contre 60 % une semaine plus tôt.
La BCE relève ses taux de 0,25 % face au retour de l’inflation. Deuxième tour de vis en trois mois. À compter du 16 septembre, la facilité de dépôt passe à 2,50 %, le refinancement principal à 2,65 % et le prêt marginal à 2,90 %. L’institution table sur une inflation moyenne de 3 % en 2026, et tient sa conférence de presse exceptionnellement à Berlin.
Économie : la France paiera 59,3 milliards d’euros d’intérêts sur sa dette en 2026. La hausse atteint 4,4 milliards sur un an. Le service de la dette devient le 3e poste budgétaire de l’État, derrière la Défense et ses 66,7 milliards, et talonne l’Éducation nationale à 63 milliards. L’OAT 10 ans tourne autour de 4,10 %, contre 0,1 % en 2020. Roland Lescure a révisé la croissance à 0,5 % et reconnu qu’un déficit sous 5 % du PIB « n’est plus une option ».
Hack de Liquid Network : le pirate revient à la charge et réclame 10 % à Blockstream. Le 6 septembre, une faille du logiciel Elements permet de frapper environ 4 000 BTC synthétiques, soit 320 millions de dollars. Le bug se nichait dans le cache de vérification des preuves de montant. Après le correctif, l’attaquant a restitué 3 400 BTC et conservé 598,5 BTC. Son message on-chain du 9 septembre exige 10 % de la trésorerie de Blockstream, sous peine de faire perdre 15 % aux détenteurs de L-BTC.
USDT et USDC : comment le duopole des stablecoins verrouille 85 % du marché. Sur un marché de 302,9 milliards de dollars, Tether pèse 183,4 milliards et Circle 74,3 milliards. L’indice de concentration Herfindahl-Hirschman monte à 4 244 points, quand le seuil de marché fortement concentré est fixé à 2 500. Plus de 25 concurrents se partagent le reste, aucun au-dessus de 4 %.
Robinhood Chain explose les compteurs deux mois après son lancement. Le réseau a encaissé 33 millions de dollars de frais en quinze jours, contre 11 millions pour Solana et 9 millions pour BNB Chain, selon Bernstein. La chaîne affiche 1,5 milliard de dollars de TVL et plus de 50 milliards de volume sur ses DEX. Côté frais, Robinhood capte environ 90 % des revenus générés par la chaîne. Arbitrum en récupère 10 %, tandis qu’Ethereum en perçoit moins de 1 %.
Crypto et impôts : 9,4 milliards de dollars dans le viseur du fisc. Chainalysis estime à 9,4 milliards de dollars les opérations crypto potentiellement imposables réalisées en France en 2025, dont 5,2 milliards de paiements, 2,5 milliards de plus-values et 1,7 milliard de minage et de staking. La DGFiP a de son côté enregistré 368 millions d’euros de plus-values déclarées par 24 000 contribuables. Les deux chiffres ne portent ni sur la même année ni sur la même assiette. La directive DAC 8 renforce le partage automatique des données dès 2027.
L’actu de la semaine en chiffres
➤ 758 millions de dollars liquidés en 24 heures après le CPI, dans les deux sens, pour un marché revenu à son point de départ.
➤ 516 millions d’euros détournés en France par fraude par manipulation en 2025, soit +34 % sur un an.
➤ 111 millions de dollars sauvés par Cronos, qui a choisi de remonter le temps après un hack.
➤ 92 % de la capitalisation du top 100 captés par Bitcoin et 6 autres géants.
La vidéo de la semaine
Bitcoin temporise, Ethereum prépare sa reprise. La capitalisation totale hors stablecoins reste sous une résistance hebdomadaire située autour de 2 430 milliards de dollars, et Bitcoin digère sa hausse d’août dans une zone étroite autour de 78 000 dollars.
Cara rapproche cette configuration des consolidations observées au début de précédentes phases haussières. Ethereum garde une orientation favorable au-dessus de 2 400 dollars, sans avoir encore franchi la zone des 2 515 à 2 530 dollars qui prolongerait le mouvement.
Chantage numérique. Il y a quarante-huit heures, la fuite de données chez Revolut ressemblait à une bavure isolée : un faux e-mail gouvernemental, une agence usurpée, des dossiers clients transmis par erreur. Ce dimanche soir, l’histoire prend une tournure autrement plus sale. Les auteurs du piratage ne se contentent plus d’avoir volé passeports et historiques Bitcoin. Ils les publient. Ils ciblent des clients en vue. Et ils réclament de l’argent à la néobanque pour arrêter là, captures d’écran à l’appui.
Les points clés de cet article :
Revolut a été victime d’une fuite de données où des informations sensibles de clients, y compris des personnalités en vue, ont été publiées par des pirates.
Les pirates ont réclamé une rançon à Revolut en menaçant de divulguer davantage de données si leurs exigences n’étaient pas satisfaites.
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Le compte spécialisé en cybersécurité International Cyber Digest a donné l’alerte dimanche à 20h05 : les attaquants derrière la fuite du 12 septembre publient désormais des données sensibles de clients, « y compris celles de clients en vue comme le joueur de tennis Shevchenko et Römer, patron de Gamdom et Skinscom ».
Traduction : ils veulent que Revolut paie, sous peine de voir d’autres messages internes et données clients atterrir en ligne. Au passage, ils accusent la néobanque d’avoir transmis des informations sensibles à des pays hors de sa juridiction, et de négligence dans la protection de ses clients.
Tout semble calqué sur le mode opératoire classique des groupes de ransomware : voler, exposer, faire monter la pression. En quelques heures, le message a dépassé les 128 000 vues et 280 republications, largement relayé au sein de la communauté cybersécurité anglophone.
BREAKING: The threat actors who targeted Revolut with information-demand emails are now posting sensitive customer data, including that of high-profile clients such as tennis player Shevchenko and Römer, CEO of Gamdom/Skinscom.
« Les auteurs de la menace qui ont ciblé Revolut avec des courriels demandant des informations publient maintenant des données sensibles de clients, y compris celles de clients de renom tels que le joueur de tennis Shevchenko et Römer, PDG de Gamdom/Skinscom.
Ils exigent que Revolut paie. Ils affirment qu’ils publieront davantage de messages, de données et d’informations sur le fonctionnement de l’équipe Revolut. Ils accusent Revolut d’avoir transmis des informations sensibles à des pays situés hors de sa juridiction. Ils accusent l’entreprise de négligence en matière de protection de la vie privée et de divulgation d’informations sensibles.»
Felix Römer, première victime nommée dans la fuite Revolut
Sur les trois captures jointes au message, l’une reproduit un échange Telegram où les pirates écrivent avoir mis la main sur « le KYC complet de Felix Romer, patron de gamdom.com ». Un selfie de vérification et une pièce d’identité y figurent, accompagnés de la confirmation de compte Revolut de Felix Römer.
Le patron de la plateforme de paris crypto Gamdom, également à la tête de Skinscom, a réagi lui-même sur X d’un « Ah wtf » adressé à @Revolut, sans démentir.
Selon CoinDesk, l’enquêteur on-chain ZachXBT avait déjà relevé samedi que la fuite semblait avoir ciblé en priorité des clients fortunés détenteurs de cryptomonnaies. Le nom exact du joueur de tennis visé restait à confirmer dimanche soir. Aucun média n’avait encore relayé ce nouveau rebondissement au moment de la publication de cet article.
Revolut, entre ambitions bancaires et défiance grandissante
Difficile de tomber plus mal. Revolut a obtenu, début septembre, un feu vert conditionnel pour lancer une banque aux États-Unis en 2027, et cherche à se poser en alternative sérieuse aux banques traditionnelles. Un fichier client qui finit sur Telegram, à quelques jours d’intervalle, ne colle pas franchement avec ce récit-là.
La société avait déjà traversé une fuite touchant plus de 50 000 clients en 2022, puis affronté en juillet des allégations, contestées, de 75 millions d’enregistrements mis en vente sur des forums criminels. Cette fois, pourtant, ce ne sont plus des dossiers réglementaires qui remontent, mais des visages et des adresses personnelles.
Ce que Revolut perd, ce sont des adresses, au sens propre. En France, les mêmes informations ont déjà nourri des vagues de crypto-extorsion, documentées par la gendarmerie depuis plusieurs mois. Sept suspects ont été interpellés après le kidnapping violent d’un couple de retraités à Sallanches, enlevé début janvier en échange d’une rançon de 8 millions d’euros en cryptomonnaies réclamée à leur fils investisseur.
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Touchez pas au grisbi. Le grisbi tient aujourd’hui dans un portefeuille numérique. Et les malfaiteurs ne se contentent plus d’y toucher : ils enlèvent son propriétaire pour l’obtenir. Ce sont des commandos armés et cagoulés. Certains sont briefés à des milliers de kilomètres de leur cible, en France, depuis l’affaire Ledger qui a ouvert cette série noire en janvier 2025. La gendarmerie nationale documente aujourd’hui, dans deux articles Gendinfo signés par la commandante Céline Morin, toute l’architecture montée pour y répondre. Du relevé d’ADN sur les lieux d’un enlèvement jusqu’au gel de la rançon quelques heures après son versement.
Les points clés de cet article :
Les cryptorapts ont explosé en France, en partie à cause d’une fuite de données chez Waltio, exposant des milliers de détenteurs de cryptomonnaies.
La gendarmerie française a mis en place une réponse coordonnée impliquant des unités spécialisées pour contrer ces enlèvements, avec des opérations souvent comparées à des raids militaires.
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Les cryptorapts, un phénomène qui explose depuis la fuite Waltio
Le mot est apparu en 2017. Il a fallu attendre fin 2024 pour qu’il devienne un problème d’ordre public. Le Parquet national anticriminalité organisée recense 135 faits liés à des enlèvements ou tentatives depuis 2023, dont 47 dossiers ouverts depuis janvier 2026 seulement. Un événement lié à la détention de cryptomonnaies survient désormais tous les deux ou trois jours.
La cause tient en grande partie à une fuite de données chez Waltio, société française d’aide à la déclaration fiscale des cryptoactifs. En effet, noms et adresses de dizaines de milliers de clients se sont retrouvés exposés du jour au lendemain. Ajoutez des recrutements low-cost sur Snapchat et Telegram, des commanditaires basés à l’étranger et des exécutants sans expérience qui servent de simple main-d’œuvre. Vous obtenez une industrie criminelle qui tourne à plein régime. Le colonel Patrick Pegeot, chef de la division des opérations de l’Unité nationale de police judiciaire (UNPJ), résume le problème d’une phrase :
« la détention de cryptomonnaies revient à posséder une banque chez soi, mais sans aucune sécurité physique. ».
UNPJ, GIGN, UNCyber : l’arsenal de la gendarmerie contre les cryptorapts
Face à ce déluge de dossiers, la gendarmerie a construit une chaîne de commandement qui ressemble à celle d’un raid militaire. Le Centre national des opérations coordonne. Le Groupe de suivi et de conduite des opérations réunit les unités spécialisées. Le Poste de commandement opérationnel bâtit la stratégie propre à chaque enlèvement. Sur le terrain, la Force observation recherche du GIGN surveille le ravisseur et reconnaît les lieux au drone thermique, avant que la Force intervention n’agisse, souvent sur plusieurs sites au même moment pour éviter qu’une fuite d’information fasse tout capoter. Le GIGN déploie en moyenne 50 militaires par enlèvement, appuyé par 14 antennes territoriales.
Le lieutenant-colonel Bastien commande la Force intervention. Il résume l’objectif sans détour : « le point majeur reste le même : localiser le plus rapidement les malfaiteurs et les otages, puis intervenir très rapidement. » Il décrit lui-même l’assaut comme « un rouleau compresseur », pensé pour sidérer les ravisseurs avant qu’ils ne s’en prennent à l’otage. Pendant que le GIGN neutralise, un enquêteur du groupe cryptoactifs de l’UNCyber reste posté au poste de commandement. Un second, basé à Pontoise, trace la rançon en temps réel sur la blockchain. Il coordonne son blocage avec les plateformes d’échange. Le groupe pratique aussi le démixing, une technique qui consiste à percer les mixeurs censés brouiller l’origine des fonds volés.
Le cas de l’Yonne : quand le GIGN neutralise un cryptorapt en moins de 24 heures
Le 13 avril 2026, une mère et son fils sont enlevés dans l’Yonne contre une rançon de 400 000 euros en cryptomonnaies. Le père de famille détenait environ 450 000 dollars en staking, des fonds bloqués pour en tirer des rendements. Le commanditaire force leur déblocage et s’empare de la seed. Le groupe cryptoactifs réussit malgré tout à bloquer les droits de gestion du wallet. Une manœuvre technique jamais réalisée jusque-là, y compris par Europol.
Les otages sont libérés en moins de 24 heures. Huit personnes sont interpellées, les fonds restent entravés. Le lieutenant Julien, qui dirige le groupe cryptoactifs, précise d’ailleurs que des antennes UNCyber sont aussi implantées au sein de certaines sections de recherches locales, avec lesquelles son équipe garde un lien constant. La coopération internationale, elle, reste le maillon le plus fragile. La plupart des commanditaires opèrent depuis l’étranger, hors de portée immédiate de la gendarmerie française.
Dans l’Yonne, la bataille ne s’est donc pas jouée que dans la rue, au moment de l’assaut. Elle s’est jouée sur la blockchain, dans les minutes qui ont suivi le versement de la rançon. Le ministre de l’Intérieur en a tiré sa propre conclusion politique en lançant une riposte sécuritaire. À la gendarmerie, désormais, de prouver dossier après dossier que détenir des cryptomonnaies chez soi n’a plus besoin de virer au cauchemar.
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Négocier la paix le jour, encaisser les dividendes crypto le soir. Steve Witkoff cumule les deux vies depuis plus d’un an, et sa dernière déclaration de revenus vient de rallumer une question qu’on évite soigneusement à Washington : qui est vraiment cet émissaire de Donald Trump, et combien lui rapporte sa proximité avec World Liberty Financial, la holding crypto de la famille présidentielle ? Réponse cette semaine : 107 millions de dollars touchés en 2025 rien que via cette structure.
Les points clés de cet article :
Steve Witkoff a cumulé 107 millions de dollars via World Liberty Financial en 2025, soulevant des questions sur ses liens avec la famille Trump.
La proximité entre ses fonctions diplomatiques et ses intérêts privés a suscité des préoccupations à Washington, remettant en question la frontière entre pouvoir politique et fortune crypto.
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Avant les cessez-le-feu et les tables de négociation, Steve Witkoff est promoteur immobilier à New York, à la tête du Witkoff Group depuis les années 1990. Il connaît Donald Trump depuis des décennies, une amitié née dans les cercles de l’immobilier new-yorkais bien avant que l’un des deux ne pense à la Maison-Blanche.
Quand Trump revient au pouvoir en 2025, il en fait son émissaire spécial pour le Moyen-Orient. Witkoff devient alors l’un des visages les plus visibles de l’administration sur le dossier Gaza, impliqué dans les pourparlers de cessez-le-feu et de libération d’otages, avant d’être aussi mobilisé sur les discussions autour de l’Ukraine. Un profil de négociateur d’affaires projeté sur la diplomatie, pas un carriériste du Département d’État. Ça explique en partie pourquoi ses intérêts personnels suivent d’aussi près ses missions officielles.
World Liberty Financial : un chiffre qui triple en un an
Un an plus tôt, Witkoff déclarait 34 millions de dollars sur cette même ligne. En 2025, le total grimpe à 107 millions de dollars, rapporte Bloomberg. Le document de déclaration ne détaille pas la part exacte issue de World Liberty Financial elle-même car la holding regroupe aussi des complexes hôteliers, des golfs et des actifs immobiliers résidentiels.
Impossible, donc, de savoir précisément quelle fraction vient du stablecoin USD1 et quelle fraction vient du green fee d’un parcours de golf en Floride.
World Liberty Financial, cofondée en 2024 par des membres des familles Trump et Witkoff, propose le stablecoin USD1 et une plateforme de prêt adossée à Dolomite. Zach Witkoff, le fils de Steve, en est le PDG. Une affaire de famille au sens le plus littéral, où le père négocie des dossiers géopolitiques pendant que le fils fait tourner la boutique crypto.
Cette proximité entre fonction publique et fortune privée n’attendait pas ce nouveau chiffre pour faire des vagues à Washington. Dès octobre 2025, le sénateur Adam Schiff et sept autres sénateurs démocrates réclamaient déjà des explications à Witkoff : sa déclaration d’août 2025 montrait qu’il conservait encore ses actifs World Liberty Financial dix mois après son entrée en fonction, malgré une promesse de cession complète annoncée en mai de la même année par un cofondateur du projet. World Liberty a depuis affirmé que le processus de cession suivait son cours. La Maison-Blanche elle, assure que Witkoff a vendu sa participation et ne traite aucun dossier susceptible de l’enrichir personnellement.
Sauf que le document publié le 8 septembre porte justement sur l’année 2025 tout entière, celle où la cession était censée avoir lieu. Un haut représentant américain a donc bel et bien touché des revenus liés à cette entreprise crypto familiale pendant l’exercice où, sur le papier, il était en train de s’en désengager. La nuance compte. Ni preuve définitive d’un manquement, ni démenti qui clôt le débat. Juste un chiffre qui tombe pile au milieu d’une question à laquelle personne n’a encore répondu par écrit.
Pourquoi il faut suivre ce dossier de près
Ce dossier dépasse Witkoff, largement. Il illustre à quel point la frontière entre pouvoir politique et intérêts crypto s’est brouillée dans l’entourage de Trump, entre le stablecoin de la famille présidentielle et les holdings personnelles de ses émissaires les plus proches. Quelques semaines plus tôt à peine, la banque fédérale de World Liberty Financial recevait elle aussi le feu vert conditionnel de l’OCC, l’un des régulateurs bancaires fédéraux. À chaque étape, le même clan avance ses pions réglementaires et empoche au passage.
C’est là que le cas Witkoff dépasse le simple fait divers. Si un émissaire présidentiel peut négocier la paix au Moyen-Orient tout en touchant les fruits d’une holding crypto adossée à la famille de son patron, sans qu’aucune instance ne tranche la question pendant près d’un an, le précédent vaut pour le reste de l’administration. Et pour la crédibilité de la régulation crypto américaine, qui cherche justement à s’imposer comme référence internationale au moment même où ses propres dirigeants brouillent les pistes entre intérêt public et enrichissement privé.
Trois points méritent d’être suivis dans les prochaines semaines : l’issue réelle de la cession d’actifs promise depuis mai 2025, une éventuelle réponse officielle à la lettre du sénateur Schiff restée sans suite depuis octobre, et la prochaine déclaration de revenus de Witkoff, qui dira si les 107 millions de dollars marquent un pic ou une nouvelle norme.
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En France, on n’a pas de pétrole, mais on a des idées. Ce slogan de la campagne officielle d’économies d’énergie de 1974-1976 pourrait presque trouver sens de nos jours. Presque.
On vous a sans doute déjà servi les deux accusations à la suite. Les data centers de l’IA assèchent les nappes phréatiques et engloutissent des réseaux électriques entiers. Le minage de Bitcoin carbure à l’électricité comme un pays pour fabriquer, au fond, des jetons virtuels. Au fond, les deux procès se ressemblent presque mot pour mot, poncifs compris. Pourtant, ce qu’on raconte rarement, c’est que ces mêmes machines accusées de tous les maux chauffent déjà des logements et des bureaux. Ailleurs, ce sont des piscines qu’elles réchauffent, quelque part dans le monde. En somme, la chaleur existe, elle est même gratuite. Ne manque que le tuyau pour aller la chercher, et ça, c’est un choix, pas une fatalité.
Les points clés de cet article :
Data centers et minage de Bitcoin consomment autant d’électricité que des pays entiers, mais la chaleur qu’ils rejettent est tout aussi réelle, gratuite, et largement perdue.
Le fameux chiffre de Cambridge n’est pas une étude qu’on refait chaque année : c’est un indice vivant, dont la méthode a été corrigée une bonne fois en 2023, pas rejouée en boucle.
Des initiatives concrètes récupèrent déjà cette chaleur pour chauffer logements et infrastructures, de Stockholm à un pavillon français, mais la France peine à généraliser le procédé faute de réseaux urbains adéquats.
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Data centers, Bitcoin : la même accusation en écocide
Commençons par les chiffres. L’estimation live de l’indice CBECI de l’université de Cambridge situe la consommation électrique annualisée de Bitcoin à 138 TWh au 29 juillet 2026. C’est l’ordre de grandeur de la consommation électrique annuelle d’un pays comme la Pologne.
Le chiffre ne tient d’ailleurs jamais en place. Fin décembre 2025, Cambridge évaluait aussi la consommation minière annualisée à 190 TWh — une estimation encore préliminaire, pas un bilan annuel figé. Ce n’est surtout pas le même compteur que l’estimation live, retombée depuis à 138 TWh.
L’indice CBECI, un chiffre vivant, pas une étude figée
D’ailleurs, petite mise au point qui s’impose : ce reproche revient en commentaire à chaque publication de ce chiffre. « L’étude de Cambridge, on sait qu’elle ne vaut rien, ils la refont tous les ans », lit-on souvent. Le poncif a la vie dure, mais il confond deux choses. Le CBECI, rebaptisé depuis CBNSI (Cambridge Blockchain Network Sustainability Index), n’est pas une étude republiée chaque millésime. C’est un indice vivant, recalculé en continu au gré du hashrate et du prix de l’électricité.
La seule vraie révision méthodologique remonte à août 2023. Avant cette date, le modèle traitait presque à égalité deux machines très différentes. Un Antminer S9 de 2016 (11,5 TH/s), et un S19 XP Hydro de 2022 (260 TH/s). Cela gonflait artificiellement le poids du vieux matériel dans le calcul. La correction a introduit une pondération dégressive sur cinq ans qui favorise les machines récentes. Elle a aussi fait plonger rétrospectivement l’estimation de 2021, de 104 à 89 TWh. Depuis, la méthode n’a pas bougé d’un iota. Ce qui varie d’un jour à l’autre, c’est le hashrate, pas la formule.
Les data centers, eux, ne ralentissent pas
Les data centers, eux, ont avalé 448 TWh dans le monde en 2025. C’est ce que révèle un rapport de l’Institut pour l’eau, l’environnement et la santé de l’Université des Nations unies, publié en juin 2026. La trajectoire grimpe ensuite vers 945 TWh en 2030, environ 3 % de l’électricité mondiale. Cela représenterait 399 millions de tonnes de CO₂ projetées à cette échéance. De quoi nourrir le même refrain partout, celui d’un secteur qui pompe l’énergie pour produire, au choix, des jetons ou des réponses de chatbot.
Le refrain a d’ailleurs un public. Selon un sondage Gallup mené du 2 au 18 mars 2026, 71 % des Américains se disent opposés. Concrètement, ils ne veulent pas d’un data center près de chez eux. Parmi eux, 48 % le sont « fermement ». Aucun institut ne sonde l’avis des riverains sur les fermes de minage. Pourtant, l’ambiance sur les réseaux sociaux à chaque pic de hashrate n’est guère différente. Au fond, deux industries partagent le même chef d’accusation, et la même paresse à vérifier la source avant de la citer.
Le Bitcoin et les data centers chauffent déjà vos radiateurs
Passons à la pratique. Stockholm récupère la chaleur d’un data center depuis 1979, année où IBM a branché le tout premier tuyau sur le réseau urbain, raconte DataCenterDynamics. Depuis, l’opérateur public Stockholm Exergi alimente en chauffage urbain l’équivalent de 800 000 habitants au total, data centers compris parmi ses sources. L’opérateur DigiPlex, lui, y raccorde à lui seul 10 000 logements chauffés par la chaleur de ses data centers depuis 2018. Bref, rien de neuf sous le soleil suédois, juste quarante-sept ans d’avance sur tout le monde. En France, le quartier de Val d’Europe chauffe un parc d’entreprises depuis 2012 grâce à un data center voisin. L’eau y circule à 55 degrés dans les tuyaux.
Le minage de Bitcoin s’y met aussi
Côté minage, le format rétrécit mais le principe ne change pas d’un iota. À Vancouver, l’entreprise MintGreen a lancé en 2022 ses chaudières numériques sur le réseau de chaleur de Lonsdale Energy. Elle avançait un objectif chiffré dès son lancement : 96 % de l’électricité minière récupérée en chaleur pour près d’une centaine de bâtiments. Autrement dit, c’est un chiffre avancé par le projet lui-même, non confirmé par un audit indépendant.
Puis, en France, la startup nantaise Hestiia va plus loin. Concrètement, cofondée en 2016 par Alexandre Vinot, elle a lancé en 2024 des radiateurs individuels équipés de puces de minage recyclées. Résultat : ils chauffent un salon tout en générant quelques satoshis. Son directeur des opérations, Antoine Cossart, résume l’idée à sa façon, il a remplacé le radiateur classique par un ordinateur.
En février 2024, l’entreprise revendiquait une centaine d’installations et près de 200 livraisons. Depuis, elle a réorienté son modèle. Dès mars 2024, elle a mis fin à la vente aux particuliers pour se concentrer sur le B2B. Son radiateur myEko Pro cible désormais les bailleurs et promoteurs, un virage soutenu par le plan France 2030.
Pourquoi la France peine à recycler la chaleur de ses data centers
Et pourtant, en France, le chantier avance au ralenti. Depuis le 30 avril 2025, la loi DDADUE oblige tout data center de plus de 1 MW à valoriser sa chaleur fatale. Il ne s’agit plus seulement de l’étudier. Le texte, codifié à l’article L.236-2 du code de l’énergie, est entré en vigueur le 1er octobre 2025. Son décret d’application, le décret n° 2025-1382 du 29 décembre 2025, est lui entré en vigueur le 1er janvier 2026.
Il fixe la barre à un facteur de réutilisation énergétique d’au moins 20 %. Ce seuil est appelé à grimper jusqu’à 40 % à mesure que la technologie progresse. Sur le papier, l’ambition tient la route. Dans les faits, un premier bilan du secteur le constate, le dispositif ne fonctionne « qu’en milieu urbain dense, et nulle part ailleurs ». Et les récalcitrants ne s’en tirent pas indemnes pour autant : mise en demeure d’abord. Puis vient une amende pouvant grimper jusqu’à 50 000 euros, selon Hellio.
Corbeil-Essonnes, un chantier sans tuyau
Prenez le chantier de Corbeil-Essonnes, sur l’ancien site IBM. Cent vingt-cinq mégawatts de puissance annoncée, et la question du réseau de chaleur à construire encore ouverte, débattue lors de l’enquête publique. À ce jour, rien n’est branché, contrairement à ce que raconte la rumeur qui circule sur cette ville. Le problème n’est pas la technologie du site. Un data center géant posé loin d’une zone dense n’a tout simplement personne à qui donner sa chaleur. Stockholm, elle, a bâti son réseau urbain dans les années 1970, après les chocs pétroliers, bien avant l’arrivée du moindre serveur. Brancher un data center dessus n’a rien coûté de plus qu’un tuyau supplémentaire.
Un choix politique, pas technique
Le choix politique est là, pas dans la puce. En effet, une carte mère qui mine du Bitcoin et un GPU qui entraîne un modèle de langage produisent, watt pour watt, la même chaleur perdue. Ce qui les sépare, c’est qui a décidé, des décennies à l’avance, de construire le tuyau. Et ce tuyau ne s’improvise pas : un réseau de chaleur urbain se chiffre en dizaines de millions d’euros. En clair, il se planifie sur une génération, pas sur la durée de vie d’un data center. La loi peut bien exiger 20 % de chaleur valorisée, elle ne fait pas apparaître le réseau qui manque à Corbeil-Essonnes ou ailleurs. Autrement dit, un décret ne construit pas un tuyau. Un choix politique, si.
La bataille de l’image ne s’arrête pas aux data centers ni aux fermes de minage. Marathon Digital promettait, en juin 2024, de réutiliser la chaleur d’une ferme de minage de 2 MW en Finlande. L’objectif : chauffer environ 11 000 logements dans une ville voisine. Résultat : le projet reste local, faute de réseau de chaleur où se brancher ailleurs, exactement le problème que rencontre aujourd’hui le chantier de Corbeil-Essonnes. En clair, le GPU qui entraîne un modèle de langage et l’ASIC qui mine un bloc chauffent au même degré près. Ce qui les sépare, c’est un tuyau que personne n’a encore posé, ni à Corbeil-Essonnes, ni ailleurs. Un choix, pas une fatalité.
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