Vue lecture

Il y a de nouveaux articles disponibles, cliquez pour rafraîchir la page.

Gestion des conteneurs : l’effet de lock-in demeure

Complexité de gestion chez Microsoft, tarification élevée chez Red Hat, écosystème MSP limité chez Google, risque de verrouillage chez Huawei… D’une année à l’autre, il y a des choses qui ne changent pas sur le segment de la gestion des conteneurs. En tout cas selon la lecture que Gartner en donne dans son Magic Quadrant.

L’effet lock-in n’est pas circonscrit aux fournisseurs qui maximisent l’intégration verticale. Les add-on propriétaires le favorisent aussi. Un constat qui ne date pas d’hier.

Gestion des conteneurs : 16 fournisseurs, 7 « leaders »

La liste des fournisseurs classés « leaders » ne change pas non plus. Dans l’ordre alphabétique : Alibaba Cloud, AWS, Google, Huawei, Microsoft, Red Hat et SUSE.

Le Magic Quadrant se structure en deux axes. L’un mesure l’« exécution », c’est-à-dire la capacité à répondre à la demande (expérience client, tarification, qualité des produits/services…). L’autre, la « vision » ; autrement dit les stratégies (ventes, marketing, innovation…).

La situation sur l’axe « exécution » :

Rang Fournisseur Évolution
1 Google =
2 AWS + 1
3 Microsoft – 1
4 Red Hat =
5 Alibaba Cloud + 1
6 SUSE – 1
7 Huawei =
8 Tencent Cloud =
9 Nutanix + 2
10 Mirantis – 1
11 Broadcom (VMware) + 1
12 Spectro Cloud + 1
13 Oracle – 3
14 Canonical =
15 Kubermatic =
16 Portainer nouvel entrant

Sur l’axe « vision » :

Rang Fournisseur Évolution annuelle
1 Microsoft + 1
2 Google + 1
3 AWS – 2
4 Red Hat =
5 Alibaba Cloud =
6 SUSE =
7 Huawei =
8 Mirantis =
9 Nutanix =
10 Spectro Cloud + 4
11 Canonical =
12 Tencent Cloud + 1
13 Broadcom (VMware) – 1
14 Portainer nouvel entrant
15 Oracle – 5
16 Kubermatic – 1

Chez Alibaba, intégration notable avec les services IA…

Comme l’an dernier, Gartner salue, d’une part, la couverture fonctionnelle de l’offre, sans égale hors fournisseurs américains. Et de l’autre, la « validation » que constitue son usage intensif au sein du groupe Alibaba. Il y ajoute le niveau d’intégration avec ses services IA (inférence, agentique et AIOps).

… mais tarification complexe

L’an dernier, Gartner avait évoqué le poids des restrictions américaines sur le développement international d’Alibaba Cloud. Cette fois, il pointe un autre frein : un écosystème de partenaires et un vivier de talents plus limité que ceux des principaux concurrents. Autres points soulignés : l’échelle maximale des clusters plafonnée à 50 000 nœuds et la tarification plus complexe que chez les autres « leaders » (manque de granularité, en particulier).

AWS salué sur la scalabilité…

Une fois encore, AWS est crédité d’un bon point pour le niveau d’intégration de ses offres avec le reste de services d’infra. Il l’est aussi pour sa gamme serverless. Et, plus globalement, pour la flexibilité des options de déploiement. La scalabilité est un autre point fort (jusqu’à 100 000 nœuds par cluster), favorisant l’entraînement et l’inférence distribuée.

… mais pas sur la coexistence ECS-EKS

AWS n’a pas d’outils natifs pour la gestion des flottes de clusters, avait affirmé Gartner l’an dernier. Un manque comblé, mais il reste du retard sur l’automatisation, la gouvernance et l’orchestration cross-cluster. AWS n’est pas non plus au niveau de la concurrence sur l’implémentation du réseau Kubernetes (des solutions tierces peuvent être nécessaires pour couvrir des besoins avancés). Attention aussi à la coexistence des offres ECS et EKS. L’an dernier, Gartner avait évoqué la difficulté à choisir en fonction des cas d’usage. Cette année, il va plus loin, sur fond de standardisation du marché autour de Kubernetes : ECS exige des compétences spécifiques et en sortir peut imposer un refactoring.

Google, avancé sur l’orchestration des workloads IA…

Chez Google, Gartner apprécie les capacités d’orchestration des workloads IA : planification des gangs, gestion de la topologie, allocation de tranches de GPU, etc. Il salue aussi les offres serverless, en ce qu’elles abaissent les barrières à l’entrée pour les populations de développeurs. Il note aussi la posture de gouvernance unifiée qu’encourage l’approche axée sur l’assemblage de composantes (data, CI/CD, sécurité, IA).

… mais « agressif » sur le cycle de vie des API

Gartner regrette une politique de cycle de vie « agressive » pour les API, que Google a tendance à ranger rapidement au placard. Comme l’an dernier, il relève un écosystème de MSP plus restreint que chez les concurrents et une présence limitée dans les systèmes traditionnels (lift & shift, modernisation applicative).

L’intégration verticale chez Huawei, un élément distinctif…

Comme sur d’autres segments du marché IT, Gartner salue le niveau d’intégration verticale chez Huawei. Ici, avec ses services IA et ses couches propriétaires d’infra. Autre bon point : une gestion cohérente des environnements sur site au cloud public en passant par la périphérie. S’y ajoute une présence sur les marchés émergents (support, conformité, connectivité) dont peuvent manquer les hyperscalers.

… à double tranchant

Évoqué l’an dernier, le climat géopolitique l’est à nouveau, tant il limite l’influence de Huawei hors d’Asie. Le hardware propriétaire reste, en parallèle, à double tranchant : il est nécessaire pour tirer pleinement bénéfice de la stack à disposition. On gardera aussi à l’esprit que pour le déploiement des nouvelles fonctionnalités, la Chine a souvent la priorité.

Microsoft, bien positionné sur l’automatisation du SRE

Comme en 2025, Gartner salue les passerelles avec GitHub et Azure DevOps. Il y ajoute la flexibilité de déploiement. Et le niveau d’automatisation du SRE via l’intégration d’un agent avec le serveur MCP d’AKS.

… mais pas du FinOps

À la largeur du portefeuille de Microsoft peut faire écho une complexité de gestion. Attention par ailleurs au risque de verrouillage vu le niveau d’intégration avec les API Azure. Et au retard sur certains concurrents en matière d’automatisation FinOps.

Red Hat, costaud sur le platform engineering

La brique OpenShift Virtualization vaut un bon point à Red Hat. Comme les possibilités en matière de sécurité et de gouvernance. Mais aussi de platform engineering (orchestration de conteneurs, outils de développement, automatisation de la supply chain logicielle).

… mais toujours cher

D’année en année, même constat : la tarification demeure élevée chez Red Hat. Difficile de la justifier pour des déploiements qui n’exigent pas de fonctionnalités avancées. Attention aussi à la complexité de gestion. Et à l’absence du provisionnement nodeless, adapté aux charges de travail irrégulières ou orientées événements.

SUSE, garant d’une certaine « souveraineté »…

Comme l’an dernier, Gartner souligne la capacité à gérer de multiples distributions Kubernetes. Il salue à nouveau le positionnement de SUSE sur l’edge via K3s. Et y ajoute sa proposition de valeur en matière de souveraineté, entre capacités techniques et capitaux européens.

… qui suppose de l’expertise

La « liberté de choix » inhérente à la pile SUSE exige un certain niveau d’expertise pour la configuration et l’exploitation. L’offre reste axée sur l’infra plus que sur les développeurs, que couvre mieux la concurrence. Gartner rappelle, dans un autre registre, les efforts de planification budgétaire nécessaire à l’heure de la transition du support communautaire vers le support commerciale.

Illustration générée par IA

The post Gestion des conteneurs : l’effet de lock-in demeure appeared first on Silicon.fr.

Cloud public : dans la foule des « stacks IA », IBM s’efface

IBM dans le Magic Quadrant du cloud public d’infrastructure (IaaS + PaaS), c’est fini.

Après plusieurs années parmi les « acteurs de niche », Big Blue ne figure pas dans la dernière édition.

La dynamique est plus favorable pour Alibaba Cloud. Encore « acteur de niche » il y a trois ans, le voilà désormais parmi les « leaders ». Dans cette catégorie, il côtoie Amazon, Google, Microsoft… et Oracle, qui continue à réduire l’écart avec ce trio.

Le Magic Quadrant se structure en deux axes. L’un, dit « exécution », reflète la capacité à répondre à la demande (expérience client, tarification, qualité des produits/services…). L’autre, dit « vision », est centré sur les stratégies (ventes, marketing, innovation…).

La situation sur l’axe « exécution » :

Rang Fournisseur Évolution annuelle
1 AWS =
2 Google =
3 Microsoft =
4 Oracle =
5 Alibaba Cloud =
6 Tencent Cloud + 2
7 Huawei Cloud =

Sur l’axe « vision » :

Rang Fournisseur Évolution annuelle
1 Google =
2 Microsoft + 1
3 AWS – 1
4 Oracle =
5 Alibaba Cloud =
6 Huawei Cloud + 1
7 Tencent Cloud + 1

Une vraie « stack IA » chez Alibaba Cloud

Des puces (CPU XuanTie, accélérateurs Zhenwu…) aux modèles Qwen en passant par l’intégration avec son service de communication DingTalk, Alibaba Cloud se distingue par son approche « IA full-stack ». Gartner salue aussi sa gestion du cloud hybride dans le cadre de l’offre Apsara Stack. Ainsi que l’adéquation de son service de stockage CPFS (Cloud Parallel File Storage) aux workloads IA.

… mais des services aux disponibilités régionales variables

La « culture ingé » d’Alibaba Cloud influence son approche sectorielle. Elle tend à produire des métriques techniques souvent difficiles à rattacher à des indicateurs métier. Attention aussi à l’écosystème de partenaires limité hors d’Asie. Et à l’indisponibilité de certaines offres (Lingjun AI Cluster, Qoder, Dataworks…) en fonction des régions géographiques.

Un « pivot » multicloud salué chez AWS…

L’an dernier, Gartner avait acordé un bon point à AWS pour son niveau de maîtrise sur la stack GenAI… hors modèles maison. Il avait aussi salué sa  communauté, d’ampleur sans égale sur ce marché. Et son échelle opérationnelle, avec un historique de disponibilité favorable doublé d’une capacité robuste de fourniture de ressources, en particulier GPU.

Cette année, l’historique d’AWS est mis en avant sous un autre angle : la branche cloud d’Amazon est bien placée pour capitaliser sur l’IA. Gartner en veut pour preuve la « stack agentique » constituée autour de l’offre Bedrock. Il souligne aussi l’effet de réseau que la position de marché d’AWS engendre au niveau du réseau de partenaires et du vivier de compétences. Autre bon point : le « pivot » que représente la disponibilité générale de l’offre AWS Interconnect – multicloud.

… mais une architecture et une fiabilité remises en question

L’an dernier, le jugement sur le multicloud avait été moins favorable : prise en charge minimale, seules quelques briques pouvant réellement fonctionner hors du cloud AWS sans matériel spécifique. Gartner avait aussi fait remarquer le retard d’AWS sur le SaaS. Et le manque de compétitivité de ses modèles d’IA Nova.

Ce dernier élément reste d’actualité comme le retard sur le SaaS. Gartner questionne par ailleurs la fiabilité d’AWS, en citant la panne majeure survenue à l’automne 2025 et ressentie à une échelle mondiale. Il note aussi que certains endpoints, comme ceux de la marketplace, conservent des dépendances régionales.

Google a une pile agentique qui le « place à part »…

Comme Alibaba, Google est allé loin sur l’intégration verticale dans le domaine de l’IA. Gartner l’avait souligné l’an dernier. Il avait aussi salué un portefeuille « exhaustif » en matière de cloud souverain, entre contrôles locaux (Data Boundary), option air-gapped et régions dédiées opérées par des partenaires.

Cette année encore, Google est crédité d’un bon point pour ses options « souveraines ». Et pour sa stack IA « qui le place à part » (puces, services data, modèles Gemini, briques agentiques, intégrations SaaS). Il l’est aussi, d’une part, pour sa filiale DeepMind, véhicule R&D qui influence l’évolution de son offre cloud. D’autre part, pour sa contribution à l’open source (Gartner mentionne Kubernetes et TensorFlow).

… mais attention à l’approche Gemini-centric

Le legacy reste un point sensible malgré des progrès sous le prisme du partenariat avec VMware, avait expliqué Gartner l’an dernier. Il avait aussi pointé le manque d’intégration « explicite et claire » entre GCP et Google Workspace. Ainsi que la qualité inconsistante du support et de la gestion de compte ; en particulier pour les clients premium et pour les partenaires hors Amérique du Nord.

Cette année, l’écosystème de partenaires est présenté comme un point faible, en ce qu’il est moins fourni que chez AWS et Microsoft dans certains secteurs d’activité et certaines régions géographiques. Attention aussi à l’importance donnée à Gemini, sur lequel intégrations et incitations ont tendance à s’aligner. Plus globalement, l’innovation a tendance à se porter sur l’IA et la data, au détriment de l’infra pure.

Couche de contexte, modernisation et SDLC, points forts de Microsoft…

Microsoft apparaît comme le plus capable de mettre l’IA dans la main des utilisateurs finaux, avait déclaré Gartner l’an dernier. Il avait aussi salué l’intégration des services Azure avec le reste de son portefeuille. Et le niveau de prise en charge du multicloud (offres Azure Local, Azure Arc et Azure IoT).

Cette année, le cabinet américain s’attarde sur la « couche de contexte » Microsoft IQ, qu’il considère comme un élément différenciateur. Autre point forts : d’un côté, l’offre de modernisation .NET et Java, jugée « accessible et abordable ». De l’autre, la disponibilité d’un écosystème SDLC : assistant de codage (GitHub Copilot), hébergement de code (GitHub), environnements de développement (Visual Studio, VS Code) et intégration continue (Azure DevOps).

… dont les briques IA maison doivent encore faire leur trou

Sur Azure, les possibilités de gestion des dépenses sont limitées, avait expliqué Gartner l’an dernier. Il avait aussi rappelé les pénuries de capacité dans diverses régions. Et la dépendance encore nette à des tiers pour l’offre IA, à commencer par OpenAI.

Les contraintes de capacité restent d’actualité. Les équipes de Microsoft ont tendance à manquer de transparence à ce sujet, au risque de retards et de coûts supplémentaires. Pour ce qui est des modèles d’IA maison, ils doivent encore trouver leur place. Comme les puces Maia. Sur la partie « souveraineté », Azure Local manque de traction auprès du marché, tandis que Foundry Local demeure en preview.

Oracle se distingue toujours sur le multicloud…

L’an dernier, Oracle avait bénéficié d’un bon point sur le cloud « distirbué » et « souverain », de par sa capacité à maintenir une parité fonctionnelle et tarifaire avec le reste de l’offre. Autre élément positif : le niveau de prise en charge du multicloud. Tant sur les liens réseau (à l’époque, connexions privées entre OCI et Azure / GCP) que des bases de données (déploiement d’Exadata et d’Autonomous Database chez les « trois grands » clouders).

Le bon point sur parité fonctionnelle et tarifaire entre les modèles de déploiement demeure. Même chose pour celui sur le multicloud ; avec, cette année, un accent sur la partie base de données. Gartner y ajoute la stratégie IA d’Oracle, principalement à trois titres : rapport prix/performance, choix assumé de ne pas monopoliser de R&D sur des modèles maison et focus sur l’infrastructure OCI Supercluster pour l’entraînement à très grand échelle.

… moins sur l’alignement avec ses partenaires

Dans l’édition précédente de ce Magic Quadrant, Gartner avait pointé la gestion par Oracle de l’incident de début 2025 qui avait permis, entre autres, l’exfiltration d’authentifiants client. Il avait fait une autre remarque : contrairement à ses concurrents proposant des cas d’usage sectoriels directement sur leur plate-forme, l’entreprise de Larry Ellison livre séparément ses solutions (Fusion, Industry Applications), en ne positionnant OCI que comme un socle d’infrastructure.

Cette remarque perdure, même si exprimée sous une autre forme (approche sectorielle liée aux offres applicatives plutôt qu’intégrée nativement dans OCI). S’y ajoute un avertissement sur la transparence contractuelle : certains coûts secondaires ne sont spécifiés que tard dans le cycle de négociation. Attention aussi au manque d’alignement entre Oracle et ses partenaires, pour les ventes comme pour le support.

Illustration © Elnur Amikishiyev

The post Cloud public : dans la foule des « stacks IA », IBM s’efface appeared first on Silicon.fr.

Stockage d’entreprise : les disques durs en phase de regain

Dans le stockage d’entreprise, l’extrême volatilité de la chaîne d’approvisionnement redonne de l’allant aux disques durs.

Gartner le souligne dans la synthèse du dernier Magic Quadrant dédié à ce marché. Sur les 12 derniers mois, explique-t-il, le prix des SSD d’entreprise a augmenté 15 fois plus vite que celui des HDD nearline. Lesquels ont, par voie de conséquence, repris de l’importance sur les couches de stockage chaud, même si leurs délais de mise à disposition se sont allongés (plus d’un an pour certains).

La mise en production de l’IA engendre d’autres évolutions. En particulier, la généralisation des data fabrics avec namespace global, permettant d’exécuter des tâches – catalogage, vectorisation… – là où se trouvent les données.

Du côté des acheteurs, la sortie de VMware pousse à considérer des plates-formes flexibles au niveau des hyperviseurset gérant les environnements de conteneurs.
Cette année, il était d’ailleurs obligatoire, pour figurer dans le Magic Quadrant du stockage d’entreprise, de proposer un plug-in CSI.

Pour le reste, les critères à respecter sur le plan fonctionnel ont peu évolué par rapport à l’an dernier. Il s’agissait toujours, en premier lieu, de proposer du stockage bloc ainsi que du fichier ou de l’objet, y compris en STaaS. Il fallait aussi, entre autres, proposer au moins deux services de données (DR, cybersécurité, archivage, bases de données…) et avoir une présence sur AWS et/ou Azure.

Le namespace unique était facultatif. Même chose pour l’AIOps (télémétrie prédictive), la réduction des données (compression ou déduplication), le SDS et la protection contre les menaces.

8 fournisseurs… dont 6 « leaders »

Sur l’axe « exécution », censé refléter la capacité à répondre à la demande (expérience client, tarification, qualité des produits/services…), la situation est la suivante :

Rang Fournisseur Évolution annuelle
1 Everpure =
2 Huawei + 1
3 HPE + 1
4 NetApp – 2
5 Dell Technologies =
6 IBM =
7 Hitachi Vantara =
8 IEIT SYSTEMS + 1

Sur l’axe « vision », traduisant les stratégies (marketing, commerciale, sectorielle, produit…) :

Rang Fournisseur Évolution annuelle
1 Everpure =
2 HPE =
3 IBM =
4 Huawei + 1
5 NetApp – 1
6 Hitachi Vantara + 1
7 Dell Technologies – 1
8 IEIT SYSTEMS + 1

Dell a un portefeuille transversal…

PowerStore et PowerScale sont les principaux produits qui valent à Dell sa place dans le Magic Quadrant du stockage d’entreprise.

L’an dernier, Gartner avait apprécié la « stack IA complète » que procurait l’offre AI Factory avec NVIDIA. Il avait aussi salué la disponibilité de produits complémentaires (PowerMax, ObjectScale, PowerFlex) permettant de couvrir des cas d’usage spécifiques. Ainsi que l’ampleur de la supply chain, du support et des équipes commerciales.

Cette dernière remarque reste d’actualité. Dell a aussi un bon point pour une autre offre : AI Data Platform, dont PowerStore et PowerScale sont le socle, et qui favorise la gestion du cycle de vie de l’IA en un seul pipeline. Gartner souligne plus globalement l’exhaustivité de son portefeuille, « adapté à tous les workloads »  (structuré / non structuré, flash / hybride, cloud / sur site) et au HPC.

… mais a du retard sur l’IA embarquée et le cloud hybride

L’an dernier, Gartner avait pointé le manque d’une capacité native de détection des signatures de ransomware. Tout en affirmant que la détection d’anomalies était « minimale ». Le cabinet américain avait aussi noté un retard sur la concurrence s’agissant de la modularité de la plate-forme, de la standardisation du contrôleur logiciel et des SLA opérationnels. Il avait également fait remarque l’inconsistance du support client (procédures d’escalade longues, notamment).

Cette année aussi, il est question de retard sur la concurrence, mais sur un autre front. En l’occurrence, le silicium personnalisé, la gestion du cloud hybride et les microservices IA embarqués. Autre point de vigilance : l’existence d’architectures distinctes pour le structuré et le non structuré, ce qui complique l’optimisation de capacité. Attention aussi au déploiement, qui peut s’avérer complexe selon l’environnement (en plus d’un support technique inconsistant).

Une expérience client « exceptionnelle » chez Everpure…

FlashArray sont les principaux produits qui valent à Everpure sa place dans le Magic Quadrant du stockage d’entreprise.

L’an dernier, Gartner avait salué Everpure – alors encore appelé Pure Storage – pour l’efficacité de sa gestion de flotte. Il avait aussi apprécié la qualité du support et la gestion unifiée des données (bloc, fichier et objet réunis en un pool virtualisé).

Cette année, le cabinet américain salue plus globalement l’activité d’Everpure (historique, partenariats, garanties de disponibilité des produits…). Il évoque aussi une expérience client « exceptionnelle », portée essentiellement par l’automatisation de la maintenance. Autre bon point : la consommation prévisible que le modèle Evergreen/One garantit, tout en protégeant de la volatilité de la supply chain via des engagements de résultats basés sur les SLA.

… mais un coût élevé

L’offre FlashBlade (fichier / objet) n’est pas à parité fonctionnelle dans le cloud public, avait souligné Gartner l’an dernier. Il avait aussi pointé des coûts importants, tant sur l’investissement initial que sur la maintenance. Et recommandé de faire attention au niveau d’intégration entre supports de stockage et contrôleurs logiciels. La conséquence potentielle étant des coûts de renouvellement potentiellement plus élevés qu’avec des infrastructures composables.

Cette année encore, Gartner relève les coûts d’acquisition et de maintenance, élevés par rapport à ce que la concurrence propose, notamment sur disques durs. Il note aussi l’absence de prise en charge d’un namespace global. Et un retard de développement sur les marchés émergents par rapport à la concurrence.

HPE, à nouveau salué sur l’AIOps…

La gamme Alletra Storage MP vaut à HPE de figurer dans le Magic Quadrant

L’an dernier, Gartner avait salué la maturité de sa solution, jugée exhaustive sur le plan fonctionnel (avec un architecture scale-out efficace) en plus d’être intégrée dans plusieurs de ses offres d’infrastructure (Private Cloud AI, Morpheus VM Essentials). Il avait aussi apprécié le volet AIOps, entre optimisation des ressources et observabilité.

Mêmes points forts cette année, ou presque. HPE se distingue toujours par l’architecture de sa solution, qui regroupe bloc, fichier et objet sur une console unique. L’AIOps reste également un point fort, à renfort de multiples agents qui favorisent la remédiation prédictive et la gestion en langage naturel. La gamme Alletra Storage MP est par ailleurs à la base des produits HPE Data Services, qui sous-tendent à la fois Morpheus VM Essentials et Private Cloud AI.

… mais toujours limité sur le cloud hybride

L’an dernier, Gartner avait souligné des limites sur le non structuré : dépendance à des soutions tierces sur la partie fichier, ainsi que manque d’intégrations cloud et plus globalement d’écosystème. Autre point faible : une empreinte limitée dans le cloud hybride au-delà de la distribution d’Alletra Block Storage sur les marketplaces. Remarque complémentaire : le marché a tendance à négliger le positionnement de GreenLake en plate-forme unifiée de stockage, le percevant davantage comme du STaaS.

Le positionnement de GreenLake reste un problème : les acheteurs tendent à penser qu’aller sur une offre de stockage HPE implique une transition complète vers ce modèle. Par ailleurs, la traction sur le cloud hybride demeure limitée. Quant au système Alletra MP X10000, récent, il lui manque encore des fonctionnalités comme le failover automatique, la réplication multisite active-active et certaines capacités NFS v4.1.

Chez Huawei, les bénéfices de l’intégration verticale…

OceanStor Dorado et OceanStor Pacific Storage sont les principales offres qui valent à Huawei d’être classé dans le Magic Quadrant du stockage d’entreprise.

L’an dernier, les bons points étaient allés à la résilience et à la protection contre les ransomwares, à la gestion du cloud hybride (niveau d’automatisation de la gouvernance, notamment) et à la gestion par IA (atténuation des risques, isolation plus rapide des erreurs).

Cette année encore, Huawei se distingue sur la cyberrésilience. En particulier avec l’intégration des contrôles cryptographiques. Autres points forts : d’un côté, le niveau d’intégration verticale de la plate-forme, et par là même sa haute densité, qui minimise l’empreinte spatiale et énergétique ; de l’autre, sa capacité à simplifier les déploiements IA.

… mais un risque géopolitique persistant

La prise en main présente une certaine courbe d’apprentissage, avait affirmé Gartner l’an dernier. Il avait aussi pointé le risque géopolitique : dans le contexte des sanctions américaines, Huawei s’appuie sur des tiers pour exploiter son contrôleur logiciel chez les hyperscalers. Ce qui peut entraîner des complexités de gestion, de supervision et potentiellement de support.

Cette année encore, difficile d’éclipser les contraintes qui naissent des restrictions à l’export, tant en matière d’intégration que de support. En parallèle, Huawei est moins présent que la concurrence chez les hyperscalers « occidentaux ». Il est également moins avancé sur le support autonome.

IBM, bien placé sur la gestion agentique…

L’an dernier, IBM s’était distingué pour sa gestion cohérente du cloud hybride (architecture unique). Idem sur la cyberrésilience, à commencer par l’intégration avec Storage Defender pour superviser les baies FlashSystem. Lesquelles se différenciaient par leur modularité et leur scalabilité.

Cette année, encore, IBM a un bon point pour la cyberrésilience. Plus précisément pour la détection de ransomware native à ses modules flash. La gestion agentique du stockage est un autre point fort. Même chose pour la capacité à provisionner les données vectorisées directement dans les pipelines d’inférence.

… mais moins sur le support

L’an dernier, Gartner avait pointé la complexité de mise en place et de configuration. Il avait aussi signalé l’intégration étroite entre supports de stockage et contrôleur logiciel, susceptible de réduire la flexibilité sur site. Par ailleurs, IBM ne proposait pas son offre Storage Scale as a service alors que les principaux concurrents fournissaient du STaaS fichier, bloc et objet.

La complexité de mise en place demeure : résultant de l’intégration de produits distincts, la plate-forme manque d’unification. Dans le même temps, la courbe d’apprentissage pour les administrateurs peut être importante. Vigilance aussi sur les délais de résolution du support.

Une supply chain résiliente pour NetApp…

Les offres ONTAP et StorageGRID permettent à NetApp de figurer dans le Magic Quadrant du stockage d’entreprise.

L’an dernier, NetApp avait eu un bon point pour sa base installée, en plus d’un historique de couverture d’un large spectre de workloads. Gartner lui en avait donné un autre sur la gestion des données (classification, cache edge, protection niveau application, IAM…). Et noté l’ampleur de sa présence chez les clouders (bloc et fichier sur AWS + fichier sur Azure et GCP, y compris en STaaS).

Cette année encore, NetApp se distingue par l’intégration native de son stockage chez AWS, Azure et Google Cloud. Gartner salue aussi la capacité à exécuter des microservices IA directement sur les baies. Ainsi que le niveau de résilience de la supply chain (fabrication au Mexique et diversification des fournisseurs hors de Chine), aboutissant à des délais de livraison plus prévisibles que chez les concurrents.

… mais des coûts là aussi élevés

NetApp est en retard sur le STaaS, la gestion de flotte et les SLA, avait affirmé Gartner l’an dernier. Il avait aussi souligné l’utilisation, pour la haute disponibilité, d’une architecture héritée ne favorisant pas la mise à l’échelle séparée de la capacité et des performances. Il avait également évoqué les baies AFF, dont la mise en place et l’interface de gestion pouvaient s’avérer complexes.

Cette année, la remarque sur la complexité de l’interface de gestion demeure, mais elle est plus globale : le GUI peut s’avérer difficile à prendre en main, si bien que les admins doivent souvent utiliser la ligne de commande. Autre point de vigilance : le coût, élevé, y compris pour la maintenance. Attention aussi à la traduction objet-fichier avec ONTAP S3 : elle limite la mise à l’échelle et la distribution multirégionale.

Illustration générée par IA

The post Stockage d’entreprise : les disques durs en phase de regain appeared first on Silicon.fr.

ITSM : entre cœur fonctionnel et briques IA, le marché trouve un équilibre

En raison de « l’évolution des conditions de marché », le Magic Quadrant des plates-formes ITSM fait son retour.

La dernière édition datait de 2023. L’année suivante, Gartner avait basculé vers une forme plus « spécialisée ». Invoquant la standardisation du cœur fonctionnel, le cabinet américain avait déplacé son point focal des plates-formes vers les briques d’IA qui en tiraient parti. Plus précisément, celles dont les données et les métadonnées ITSM constituaient la source primaire.

Il avait reconduit cette approche en 2025, toujours en prenant en considération à la fois les « applications IA » autonomes et celles intégrées aux plates-formes ITSM ou utilisables en tant que modules complémentaires. En avait résulté la hiérarchie suivante :

  • Un « leader » (ServiceNow)
  • Un « challenger » (Moveworks)
  • Deux « visionnaires » (Aisera et BMC Helix)
  • Six « acteurs de niche » (Atlassian, Freshworks, Halo, ManageEngine, SymphonyAI et SysAid)

Le retour du Magic Quadrant « généraliste » ne semble pas signifier la fin du « spécialisé ». En tout cas si on se réfère à la manière dont Gartner présente la fameuse « évolution des conditions de marché » : certes, les acheteurs ont tendance à évaluer l’IA séparément du cœur fonctionnel, mais ils ne remplacent pas pour autant leur plate-forme ITSM, qui reste la « source de vérité ».

Plates-formes ITSM : 16 fournisseurs, 4 « leaders »

Le Magic Quadrant se structure en deux axes. L’un, dit « exécution », traduit la capacité à répondre à la demande (expérience client, tarification, qualité des produits/services…). L’autre, dit « vision », reflète les stratégies (commerciale, marketing, innovation…).

Sur l’axe « exécution », la situation est la suivante :

Rang Fournisseur
1 ServiceNow
2 Atlassian
3 Halo
4 BMC Helix
5 ManageEngine
6 Freshworks
7 TeamDynamix
8 Ivanti
9 Salesforce
10 EasyVista
11 SysAid
12 OpenText
13 TOPdesk
14 Xurrent
15 Matrix42
16 SymphonyAI

Sur l’axe « vision » :

Rang Fournisseur
1 ServiceNow
2 BMC Helix
3 Atlassian
4 Freshworks
5 Salesforce
6 Halo
7 ManageEngine
8 Ivanti
9 OpenText
10 TeamDynamix
11 Xurrent
12 EasyVista
13 SysAid
14 TOPdesk
15 Matrix42
16 SymphonyAI

Atlassian parvient à se différencier sur le plan fonctionnel…

Gartner salue le niveau d’investissement d’Atlassian sur la partie ITSM et son portefeuille de brevets. Il souligne aussi la grande notoriété de l’offre. Et la capacité à la différencier avec des fonctionnalités comme Rovo (IA agentique), Teamwork Graph (graphe de données unifié) et des passerelles DevOps.

… au détriment du cœur ITSM

Atlassian développe désormais plus rapidement la partie IA que le cœur fonctionnel ; au détriment de l’approche « prêt à l’emploi », estime Gartner. Attention aussi au licensing, qui a connu plusieurs changements dont la fin des offres Data Center et l’introduction d’une tarification à l’usage pour l’IA et certains assets. Vigilance également sur la relation client. Atlassian tend à focaliser ses gestionnaires sur les comptes stratégiques. Avec de potentielles conséquences pour les autres en matière de disponibilité, notamment pour l’implémentation et le support en direct.

Une roadmap « équilibrée » pour BMC Helix…

BMC se distingue par sa présence mondiale (clientèle, bureaux, partenaires, hébergement). Gartner apprécie aussi sa roadmap « équilibrée » qui propose des améliorations distinctives sur la gestion du changement, des problèmes et des configurations. Il salue également les « capacités avancées » fournies sur la partie IA et l’intégration avec l’offre Helix Operations Management pour l’observabilité.

… mais des dépendances sur plusieurs composantes

La plate-forme ITSM de BMC Helix présente une certaine complexité d’exploitation. En particulier, le déploiement des versions majeures exige beaucoup de préparation. Gartner relève aussi les dépendances à des tierces pour plusieurs composantes (LLM, iPaaS, reporting et certaines capacités de service management). Elles ne favorisent pas la différenciation face à la concurrence. Attention par ailleurs à la difficulté potentielle à travailler en direct avec BMC Helix lorsqu’on n’est pas une grande entreprise.

Freshworks, réactif sur le feedback client…

Avec les acquisitions de Device42 et FireHydrant, Freshworks a renforcé son cœur ITSM sur la cartographie des dépendances et la réponse aux incidents. Comme Atlassian, il bénéficie d’une grande notoriété et figure souvent sur les shortlists. Il se montre par ailleurs réactif sur le recueil des retours clients et leur traduction en fonctionnalités.

… mais pas à son avantage sur les SLA

Des add-on (IA, CMDB, intégration) sont nécessaires pour tirer pleinement parti de la solution. Il faut aussi noter que les sandbox et les journaux d’audit ne sont disponibles qu’au niveau de licence le plus élevé. Gartner y ajoute l’absence de délais garantis de réponse et de résolution sur le niveau de support standard. Il juge aussi que l’angle de communication ServiceOps adopté par Freshworks n’est pas le plus efficace pour atteindre ses cibles.

ServiceNow, fonctionnellement avancé…

Au-delà de sa présence globale (canaux de com, partenaires, utilisateurs…), ServiceNow parvient à se différencier sur des éléments comme la gestion des agents IA, le DEX natif, le process mining et l’optimisation de workflows. Gartner salue, sur le plan fonctionnel, le modèle de données unifié, la gouvernance granulaire et la flexibilité de l’automatisation.

… mais à bien budgétiser

Le modèle économique introduit en avril 2026 – avec ajout de diverses briques GenAI à chaque niveau de licence – peut se révéler moins avantageux que le précédent pour les nouveaux clients. Quant au ticket d’entrée (offre ITSM Foundation), il ne couvrira pas les besoins de la plupart des acheteurs, estime Gartner (pas de gestion du changement et des problèmes, notamment). Il faut par ailleurs budgéter des modules complémentaires lorsqu’on veut aller sur des capacités comme l’ITOM ou ajouter des approbateurs de workflows. Et garder à l’esprit que malgré l’existence de ressources en self-service, une part importante du customer success est réservée aux offres premium.

 

The post ITSM : entre cœur fonctionnel et briques IA, le marché trouve un équilibre appeared first on Silicon.fr.

UCaaS : la demande en IA ne suit pas l’offre

Sauf pour des scénarios spécifiques impliquant des métiers en contact avec la clientèle, l’IA n’est pas encore un critère fondamental dans le choix de solutions de communications unifiées (UCaaS).

Gartner l’avait souligné l’an dernier dans le Magic Quadrant dédié à ce marché. Le cabinet américain n’en dit pas moins cette année. Il relève toutefois que l’IA, désormais « normalisée » sur le volet réunions / collaboration, gagne à présent du terrain sur la partie téléphonie. Les fournisseurs la diffusent cependant peu au sein de leurs offres sur site. En la matière, Gartner mentionne une exception : Cisco, qui s’est « engagé à innover »…

UCaaS : 4 « leaders » parmi 9 fournisseurs

Comme l’an dernier, Cisco se classe parmi les « leaders » dans le Magic Quadrant de l’UCaaS. Trois autres fournisseurs – les mêmes qu’en 2025 – se trouvent au même rang : Microsoft, RingCentral et Zoom.

D’une année à l’autre, pas de nouvel entrant, mais deux sortants : Google et Sangoma.

Sur l’axe « exécution » du Magic Quadrant, qui reflète la capacité à répondre la demande (expérience client, tarification, qualité des produits/services…), la situation est la suivante :

Rang Fournisseur Évolution annuelle
1 Microsoft =
2 Cisco =
3 Zoom =
4 RingCentral =
5 8×8 =
6 GoTo + 1
7 Vonage + 1
8 Dialpad + 1
9 Wildix + 1

Sur l’axe « vision », qui traduit les stratégies (commerciale, géographique, innovation…) :

Rang Fournisseur Évolution annuelle
1 Microsoft =
2 Cisco =
3 Zoom =
4 RingCentral =
5 8×8 =
6 Dialpad =
7 GoTo =
8 Vonage =
9 Wildix + 1

Cisco garde l’avantage de l’écosystème…

L’an dernier, Gartner avait salué l’exhaustivité du catalogue de Cisco, un des rares à associer UCaaS, CCaaS (centre de contact) et CPaaS (intégration des communications dans les applications métier) en plus du matériel. Il avait aussi souligné ses investissements dans l’IA. Et sa stratégie sectorielle, à l’appui de certifications et de standards spécifiques.

Cette année, plutôt que l’exhaustivité, Gartner met en avant l’aspect « écosystème unifié » jusqu’aux outils d’administration. Il donne d’autres bons points à Cisco pour son réseau de partenaires (y compris pour la téléphonie analogique), la flexibilité de ses options de déploiement et le support des offres legacy.

… mais Webex reste perçu comme « orienté admins »

Le paramétrage initial de Webex et sa gestion ultérieure nécessitent plus de temps et d’efforts que chez les concurrents, avait noté Gartner l’an dernier. Il y avait ajouté une tarification potentiellement compliquée à comprendre et à négocier pour le mid-market (dans sa nomenclature, organisations de 100 à 1000 employés). Et souligné la tendance de beaucoup d’acheteurs à ne sourcer, chez Cisco, que la partie téléphonie.

Cette dernière remarque vaut toujours : Cisco fait face à une forte concurrence des fournisseurs orientés sur les fonctions collaboratives. Il n’est par ailleurs pas le plus généreux sur les dédommagements en cas de non-respect des SLA sur la téléphonie (crédits limités à 5 % du prix mensuel). Et s’il poursuit la maintenance de ses solutions legacy, un écart s’est créé avec les offres cloud, tant sur le volet fonctionnel (reporting / analytics, notamment) que sur l’UX. Webex reste, plus globalement, perçu comme un choix orienté sur les admins plutôt que sur les utilisateurs finaux, constate aussi Gartner.

Le TCO reste un atout chez Microsoft…

Quoique focalisé sur la partie réunions, le socle IA proposé avec Teams est robuste, avait affirmé Gartner l’an dernier. Le cabinet américain avait aussi salué un TCO « relativement faible » et l’étendue des ressources de support de Microsoft comme de ses partenariats telcos. Ainsi que la facilité d’usage de la solution et son intégration étroite avec les principales solutions UCaaS.

Cette année encore, Gartner évoque la « robustesse » de Teams, mais sous un prisme plus global (la collaboration). Il reprend l’aspect TCO, favorisé par l’inclusion de capacités UCaaS de base dans la plupart des licences Office. Le bon point pour les partenariats en téléphonie reste d’actualité.

… mais les limites sur l’administration graphique de Teams demeurent

La brique centre de contact de Dynamics 365 n’est pas fournie en natif avec Teams, avait regretté Gartner l’an dernier. Il avait aussi pointé, d’une part, les limites de l’administration graphique des terminaux. Et expliqué, d’autre part, que les fonctionnalités de collaboration avaient tendance à concurrencer la téléphonie.

Cette année encore, Microsoft a droit à une remarque sur l’administration, dans la lignée de celle de 2025 : la dépendance à PowerShell et à des outils tiers reste importante. Attention, par ailleurs, à la consommation de ressources de Teams sur les terminaux (PC et mobile). Gartner note également que les capacités IA sont livrées principalement via Copilot. Lequel exige une licence supplémentaire.

Facilité d’usage et UI intuitive chez RingCentral…

L’an dernier, Gartner avait apprécié le niveau d’intégration de l’IA dans l’offre de RingCentral, notamment avec la fonction de « réceptionniste virtuel ». Il avait aussi salué une autre intégration : celle établie avec les applications tierces. Tout en soulignant la richesse et l’intuitivité de la fonction téléphonie (transfert d’appels sur mobile, notamment).

Cette année encore, les intégrations d’applications tierces sont mises en avant, sous l’angle « plate-forme ouverte » favorisant notamment la personnalisation de la partie téléphonie. Gartner y ajoute la facilité d’usage et l’interface intuitive tant pour les administrateurs que pour les utilisateurs finaux. Il mentionne à nouveau le « réceptionniste virtuel », bien aligné sur les besoins des plus petites organisations.

… mais attention au support et à la tarification

L’an dernier, RingCentral avait eu un mauvais point sur le support (délais de réponse et de résolution). Gartner avait aussi pointé une tendance à augmenter les prix lors des renouvellements. Il avait ajouté que la brique centre de contact (RingEX) restait voice-centric. Et que les capacités natives d’analytics de l’offre UCaaS (RingCX) devaient progresser pour fonctionner à l’échelle.

Le « mauvais point support » demeure cette année. A fortiori sur la partie centre de contact (limites dans la prise en charge des besoins des grandes organisation). Quant à la tarification, Gartner ne parle plus des renouvellements, mais de prix au-dessus de la moyenne du marché, en particulier pour les métiers de la connaissance (mid-level knowledge workers, pour reprendre la terminologie du cabinet américain).

Zoom délivre en environnements complexes…

L’an dernier, Zoom avait eu un bon point pour la simplcité de mise en œuvre et de maintenance du centre de contact embarqué. Gartner lui en avait aussi donné un pour la qualité des services et du support. Et un autre pour l’exhaustivité de son Trust Center, assorti d’investissements notables sur la sécurité, la confidentialité et la conformité.

Cette année, Gartner salue l’extension des capacités du centre de contact. Il fait de même pour les fonctionnalités IA, au premier rang desquelles l’assistant ZoomMate. Autre bon point : la capacité à délivrer un service fiable et conforme dans des environnements complexes (régulations, connectivité ; Gartner donne l’Inde en exemple).

… mais la gestion du licensing reste délicate

Récemment ajoutés, calendrier, e-mail et traitement de texte peuvent manquer de compétivité, avait affirmé Gartner l’an dernier. L’UX peut se révéler complexe à prendre en main à mesure qu’on dépasse l’usage « réunions », avait-il ajouté. Tout en soulignant que le licensing de Zoom avait tendance à changer plus vite que chez la concurrence… au risque de se voir présenter, au renouvellement, des bundles susceptibles d’inclure des fonctionnalités non nécessaires.

Cette dernière remarque reste d’actualité. Il en résulte souvent des hausses de prix et des complexités de gestion financière, résume Gartner. Il réédite aussi son constat sur la compétitivité potentiellement encore limitée des briques de productivité. Même chose sur la complexification de l’UI à mesure qu’on adopte de nouvelles fonctionnalités, dont des capacités IA.

Illustration générée par IA

The post UCaaS : la demande en IA ne suit pas l’offre appeared first on Silicon.fr.

Devenu plus englobant, le SSE échappe à sa signification première

En étendant le périmètre d’une offre, on prend le risque de la détourner des véritables besoins des acheteurs.

Gartner perçoit cette tendance chez les principaux fournisseurs de solutions SASE. Il en fait part dans le dernier Magic Quadrant dédié à ce marché, évoquant une « surplateformisation ».

Logiquement, on retrouve le constat dans un autre Magic Quadrant, publié quasiment en parallèle : celui du SSE. C’est-à-dire de la partie « sécurité » du SASE, par opposition à la partie « réseau ».

Si Gartner maintient le distinguo, c’est que le sourcing de ces deux briques se fait encore majoritairement auprès de fournisseurs différents (65 % des achats en 2026, estime-t-il).

Un critère spécifique pour la protection des IA génératives

Le mouvement vers des offres SSE intégrées n’est pas nouveau. Au passage, de nombreuses composantes sont devenues des commodités :. RBI (isolation du navigateur à distance) et DLP (protection contre la perte de données) en font partie. Même chose pour les pare-feu cloud, qui « ne constituent plus un élément de différenciation ».

Dans ce contexte, les fournisseurs ont commencé à embarquer des produits qui, dans la terminologie de Gartner, relèvent d’autres marchés. Par exemple, l’EPP (protection des terminaux) et le DSPM (gestion de la posture de sécurité des données). Conséquence : il devient plus difficile de les comparer sur le cœur SSE, d’autant plus lorsque des liens fonctionnels se créent avec ces produits adjacents… et que les modèles de licence s’adaptent pour en encourager l’adoption.

Il reste encore des éléments de différenciation, dont la capacité à protéger les « applications d’IA générative ». Gartner en a fait un des critères à respecter pour prétendre figurer dans ce Magic Quadrant. Il fallait, en l’occurrence, proposer une visibilité et des contrôles de base (bloquer, autoriser, avertir) pour les données sensibles sur au moins trois services parmi ChatGPT, Claude, Copilot, DeepSeek, Gemini, Grok et Perplexity.

Bien que nombre d’offreurs aient désormais une console unifiée, cet élément était facultatif. Comme, entre autres, le firewall cloud, le RBI, l’UEBA (analyse comportementale) et la gestion de posture de sécurité du SaaS.

8 fournisseurs, 3 « leaders »

Des 9 fournisseurs qui figurent dans le Magic Quadrant du SASE, on en retrouve 7 dans celui du SSE. À l’exception de Cato Networks, tous ceux classés « leaders » dans le premier le sont aussi dans le second. Nommément, Netskope, Palo Alto Networks et Zscaler. Deux acteurs présents en 2025 ne le sont plus cette année : Fortinet et Versa Networks. À l’inverse, Cisco fait son entrée dans le Magic Quadrant du SSE.

La situation sur l’axe « exécution », qui traduit la capacité à répondre à la demande (expérience client, viabilité financière, qualité des produits/services…) :

Rang Fournisseur Évolution annuelle
1 Palo Alto Networks + 2
2 Netskope =
3 Zscaler – 2
4 Cisco nouvel entrant
5 Skyhigh Security + 1
6 Cloudflare + 1
7 iboss + 1
8 Broadcom + 1

Sur l’axe « vision », qui reflète les stratégies (perception du marché, innovation, développement produit…) :

Rang Fournisseur Évolution annuelle
1 Palo Alto Networks + 2
2 Zscaler =
3 Netskope – 2
4 Cloudflare =
5 iboss + 2
6 Cisco nouvel entrant
7 Skyhigh Security – 1
8 Broadcom =

Prix élevé et tarification complexe chez Netskope

L’an dernier, Gartner avait souligné la notoriété de Netskope, fréquemment présent sur les shortlists. Il avait salué ses capacités techniques (positionnement sur tous les compartiments du SSE) et sa compréhension du marché (couverture de la majorité des cas d’usage).
Le cabinet américain avait toutefois noté l’absence de localisation linguistique de la console, la relative lenteur de Netskope pour ajouter des fonctionnalités « avancées » et son ciblage non efficace du mid-market (organisations de 100 à 1000 employés).

Cette année encore, Netskope est salué pour sa visibilité. Il l’est aussi pour le niveau d’expérience client « au-dessus de la moyenne ». Et pour les perspectives qu’ouvre l’architecture AgentSkope.
Sa tarification est en revanche complexe et les prix ont tendance à être supérieurs à la moyenne. Le focus sur la sécurité et la gouvernance de l’IA acheteurs ne résonnera pas forcément auprès des SSE, ajoute Gartner. Plus globalement, la concurrence réduit l’écart.

L’IA, vecteur de « surplateformisation » chez Palo Alto Networks

L’an dernier, Gartner avait souligné la viabilité de financière de Palo Alto Networks. Ainsi que ses innovations (en particulier sur l’IA) et son intégration avec les firewalls sur site.
Le cabinet américain avait pointé une tarification complexe et élevée et une brique RBI ne couvrant efficacement qu’un moindre ensemble de cas d’usage. Il avait aussi signalé que la localisation du support, de l’interface et de la documentation technique était largement limitée à l’anglais.

Cette année encore, Palo Alto Networks a droit à un bon point pour sa viabilité financière. Gartner y ajoute la visibilité (présence fréquente sur les shortlists SSE). Et la compréhension globale du marché, que ce soit dans l’équilibre entre SSE autonome et SASE ou dans la réduction des complexités d’administration.
La tarification complexe et élevée demeure. Quant aux innovations planifiées, à l’image de la défense autonome axée sur l’OT et le legacy, elles s’alignent davantage sur les plates-formes SASE que sur le seul segment SSE. On surveillera aussi le mouvement de « plateformisation », qui exige des acheteurs qu’ils investissent dans des outils hors périmètre SSE traditionnel, comme la protection des runtimes IA et la gestion des identités non humaines.

Chez Zscaler vigilance sur le packaging

L’an dernier, Zscaler avait été salué pour sa visibilité, ainsi que son pricing « simplifiant l’achat pour les nouveaux clients ». Gartner avait aussi apprécié le niveau global de compréhension du marché, additionné d’un historique de livraison anticipée
Zscaler reste un des fournisseurs les plus chers, avait tempéré le cabinet américain. Il avait aussi signalé des problèmes de performance plus fréquents que chez les concurrents. Et alerté quant à la diversification sur le SecOps… et à son éventuel impact sur la stratégie SSE.

Le bon point « visibilité » vaut toujours cette année. Zscaler en a droit à un autre sur le volet IA. À la fois pour son intégration au sein de ses solutions et pour les capacités de contrôle de son usage. Gartner y ajoute les innovations sur le front AgenticOps et le développement d’une plate-forme distincte pour la sécurité de l’IA.
« Sous la moyenne » en matière d’expérience client, Zscaler a par ailleurs tendance à packager des capacités issues de segments adjacents et à exiger des add-on pour certaines fonctionnalités « avancées » du cœur SSE.

Illustration © valerybrozhinsky – Adobe Stock

The post Devenu plus englobant, le SSE échappe à sa signification première appeared first on Silicon.fr.

Le SASE, un marché sujet à « surplateformisation »

Le périmètre fonctionnel des solutions SASE continue à s’élargir… au risque d’une « surplateformisation ».

Gartner met le phénomène en avant dans la synthèse du dernier Magic Quadrant dédié à ce marché. Ce n’est pas, et de loin, la première année que le cabinet américain constate la tendance à inclure des briques relevant d’autres segments (NDR et XDR, notamment). Mais jamais il ne l’avait assimilée à une « surplateformisation »… susceptible, selon lui, de détourner l’offre des véritables besoins des acheteurs de SASE.

Toujours est-il que ces derniers utilisent rarement toutes les fonctions des plates-formes SASE. Ils sourcent encore majoritairement à part le réseau (SD-WAN) et la sécurité (SSE ; essentiellement le trio SWG-CASB-ZTNA). L’approche monofournisseur gagne toutefois du terrain (35 % des achats en 2026 selon Gartner, qui table sur 75 % à l’horizon 2029). L’intérêt est par ailleurs croissant pour l’aspect « souveraineté » (où passe le trafic, où s’appliquent les politiques, où se fait le chiffrement, où sont stockés les journaux…).

Fortinet n’est plus « leader » du SASE, Zscaler le devient

Trois des quatre « leaders » de 2025 le restent : Cato Networks, Netskope et Palo Alto. Le quatrième n’est plus Fortinet (qui rétrograde chez les « challengers »), mais Zscaler.

Le Magic Quadrant se structure en deux axes. L’un, dit « exécution », traduit la capacité à répondre à la demande (expérience client, tarification, qualité des produits/services…). L’autre, dit « vision », reflète les stratégies (commerciale, géographique, R&D…).

La situation sur l’axe « exécution » :

Rang Fournisseur Évolution annuelle
1 Netskope + 1
2 Cato Networks + 2
3 Palo Alto Networks – 2
4 Fortinet – 1
5 Zscaler + 2
6 Cisco =
7 Versa Networks – 2
8 HPE + 2
9 Cloudflare =
10 iboss nouvel entrant
11 Sangfor Technologies nouvel entrant
12 Check Point Software Technologies – 4

Sur l’axe « vision » :

Rang Fournisseur Évolution annuelle
1 Palo Alto Networks + 3
2 Zscaler =
3 Netskope – 2
4 Cato Networks – 1
5 Cloudflare + 1
6 Cisco + 2
7 Fortinet – 2
8 iboss nouvel entrant
9 Versa Networks – 2
10 Sangfor Technologies nouvel entrant
11 Check Point Software Technologies – 2
12 HPE – 1

SASE modulaire vs plate-forme unifiée : une « incohérence » chez Cato Networks ?

Cato Networks est « au-dessus de la moyenne » en matière d’expérience client. Il a démontré sa capacité à répondre aux tendances du marché (zero trust « universel », sécurité DNS sans agent, macrosegmentation des réseaux locaux…). Gartner apprécie aussi ses avancées dans la prévention des vulnérabilités agentiques.

Outre un profil financier que Gartner dit moins favorable que chez la plupart des autres fournisseurs, Cato Networks tend à être plus cher. Le cabinet américain relève aussi une « incohérence » entre la proposition de valeur de sa plate-forme unifiée et la tendance à aller vers du SASE modulaire.

La sécurité de l’IA pousse Netskope à la « surplateformisation »

Gartner salue la profondeur fonctionnelle de l’offre de Netskope, robuste en particulier sur le SD-WAN, les contrôles inline, la visibilité du SaaS et l’accès adaptatif. Bons points également pour l’expérience client (« au-dessus de la moyenne ») et l’infrastructure de points de présence.

Comme Cato Networks, Netskope n’est pas à son avantage sur la tarification. Ni d’ailleurs sur le profil financier. Gartner estime aussi qu’il se concentre trop sur la sécurité de l’IA, favorisant la fameuse « surplateformisation ».

Palo Alto Networks, limité sur la partie on-prem

Palo Alto Networks a un profil financier plus favorable. Il fait preuve d’une compréhension « solide » des dynamiques du marché (simplification des solutions, contrôles souverains, cryptographie post-quantique…). Gartner salue aussi ses avancées sur la sécurisation du trafic agentique et la gestion assistée par IA.

Comme Cato Networks et Netskope, Palo Alto Networks est dans le haut du panier en matière de tarification. En termes d’expérience client, il est « sous la moyenne ». Quant à ses options de sécurité on-prem, elles sont plus dépendantes du cloud – en particulier pour l’IPS et le filtrage de contenu – que chez les autres fournisseurs.

… comme Zscaler

Profil financier également favorable pour Zscaler, qui se distingue aussi sur son infrastructure de points de présence. Gartner apprécie aussi les avancées sur le réseau, la gestion assistée par IA et l’extension du zero trust aux agents.

Comme Palo Alto Networks, Zscaler est « sous la moyenne » en matière d’expérience client. Lui aussi est plus limité que les principaux concurrents sur la partie on-prem, tant pour le réseau que pour la sécurité. Il est par ailleurs arrivé relativement tard sur le segment du SASE monofournisseur, et tend à se focaliser davantage sur les cas d’usage axés sécurité.

Illustration générée par IA

The post Le SASE, un marché sujet à « surplateformisation » appeared first on Silicon.fr.

Infrastructures IA : Gartner met OVHcloud et Scaleway sur sa carte mondiale

C’est de saison : il existe désormais un Magic Quadrant des « infrastructures cloud pour l’IA ».

L’issue était prévisible. Le dernier Magic Quadrant du cloud public d’infrastructure (IaaS + PaaS), paru à l’été 2025, avait donné le ton. Gartner y avait largement mis en avant la composante IA, de la dépendance de Microsoft à OpenAI au manque de compétitivité des modèles génératifs d’AWS.

En parallèle, le Magic Quadrant des « services cloud d’IA pour les développeurs » avait laissé place à celui, plus englobant, des « plates-formes de développement d’applications IA ». La majorité des fournisseurs classés dans l’un s’étaient retrouvés dans l’autre.

OVHcloud en « challenger », Scaleway en « acteur de niche »

Chose rare dans un même Magic Quadrant : la présence de deux fournisseurs français.

OVHcloud est suffisamment avancé sur l’axe dit « exécution » (qui reflète la capacité à répondre à la demande) pour se hisser chez les « challengers ». Gartner apprécie un avantage singulier dans le paysage concurrentiel : l’absence de frais de sortie. Il salue également la maîtrise qu’OVHcloud a sur la fabrication de ses serveurs ; ainsi que, plus globalement, son activité désormais profitable.

OVHcloud n’a pas les capacités réseau avancées de ses principaux concurrents. Ce qui limite les possibilités pour les workloads distribués. Il lui manque aussi des fonctionnalités de gestion opérationnelle, notamment pour la gouvernance des coûts. Il n’a pas non plus le même catalogue d’options serverless, de services MLOps et d’intégrations PaaS. Cela peut supposer des efforts d’intégration supplémentaires.

Par rapport aux autres fournisseurs classés « acteurs de niche », Scaleway a un portefeuille plus diversifié (VM, bare metal, PaaS, serverless…). Gartner y voit un moyen de minimiser la latence et les coûts de transfert entre « composants IA et non IA ». Il salue aussi des datacenters efficaces sur le plan énergétique. Et la disponibilité de services managés (Kapsule, Managed inference…) qui réduisent le besoin en compétences MLOps.

Scaleway n’a de régions cloud qu’en Europe : difficile de le sélectionner pour des workloads globaux qui nécessitent une faible latence. Comme pour OVHcloud, la gamme PaaS native et le catalogue d’intégrations sont moins fournis que chez les principaux hyperscalers. Par ailleurs, si la tarification de base est « transparente », la facturation séparée du stockage, des instances et de la bande passante peut compliquer la gestion des coûts.

17 fournisseurs, 6 « leaders »

Gartner dégage 6 « leaders » sur ce segment des infrastructures cloud pour l’IA. Nommément, Alibaba Cloud, AWS, Google, Huawei Cloud, Microsoft et Oracle.

Sur l’axe « exécution », la situation est la suivante :

Rang Fournisseur
1 Google
2 AWS
3 Alibaba Cloud
4 Microsoft
5 Oracle
6 Huawei
7 Tencent Cloud
8 OVHcloud
9 Vultr
10 Lambda
11 CoreWeave
12 Nebius
13 Nscale
14 Crusoe
15 IBM
16 Cloudflare
17 Scaleway

Sur l’axe « vision », qui traduit les stratégies (commerciale, marketing, innovation…) :

Rang Fournisseur
1 Google
2 AWS
3 Microsoft
4 Alibaba Cloud
5 Huawei Cloud
6 CoreWeave
7 Crusoe
8* Oracle
8* Nebius
10 IBM
11 Tencent Cloud
12 Lambda
13 Nscale
14 Vultr
15 Cloudflare
16 OVHcloud
17 Scaleway

Interface et documentation complexes chez Alibaba Cloud

Alibaba Cloud se distingue par l’exhaustivité de son portefeuille, entre infra, outils de développement et modèles de fondation. Gartner apprécie la capacité de la plate-forme PAI-Lingjun à soutenir des workloads à grande échelle sur des architectures hétérogènes. Il mentionne aussi l’outillage open source d’Alibaba Cloud (EasyNLP, EasyCV, PAI-DSW, SONiC…) et le support communautaire qui va avec. Ainsi que la popularité des modèles open-weight Qwen.

Au-delà des inquiétudes de conformité et de souveraineté que peuvent soulever la nationalité chinoise d’Alibaba, l’interface et documentation peuvent s’avérer plus complexes à maîtriser que chez les concurrents américains. La situation géopolitique le prive par ailleurs de l’accès à certaines technologies, à commencer par des puces accélératrices.

AWS n’a pas l’architecture d’entraînement la plus efficace

AWS peut s’appuyer sur une infrastructure cloud mature dont Gartner souligne le reach, la résilience et le niveau de sécurité/conformité (il cite, sur ce point, l’hyperviseur Nitro et la certification ISO 42001). Bon point également pour la variété des options d’infrastructure managée, de Bedrock à SageMaker HyperPod.

Revers de la médaille : cette variété, avec les niveaux d’abstraction, de contrôle et de responsabilité qu’elle implique, peut compliquer la standardisation à l’échelle des organisations. AWS a plus globalement du mal à inscrire ses services dans un narratif clair et cohérent, selon Gartner. Les cycles de déploiement peuvent s’en trouver allongés. Le cabinet américain note aussi que l’architecture du réseau et des clusters d’entraînement est moins efficace que chez d’autres fournisseurs. Le recours à ses puces Trainium peut en outre supposer des efforts d’optimisation logicielle.

Un risque de verrouillage chez Google…

Au-delà de ses TPU, Google se distingue avec l’architecture AI Hypercomputer, qui associe ces puces aux GPU en une architecture avec réseau et stockage optimisés. Gartner relève aussi les ressources disponibles : il estime qu’au quatrième trimestre 2025, Google possédait environ 25 % de la capacité de calcul IA mondiale.

Cela n’empêche pas que l’accès à cette capacité – plus particulièrement les GPU NVIDIA – peut se révéler difficile. De plus, bien que Google ait étendu sa prise en charge de frameworks comme Jax et PyTorch, l’optimisation pour les TPU est susceptible de compromettre la portabilité des charges de travail. Attention aussi à la tarification : la combinaison de la facturation au token, des coûts d’infrastructure, des choix de déploiement et des modèles d’engagement peut compliquer l’attribution et la prévision des coûts.

… comme chez Huawei

Huawei a l’avantage de maîtriser sa pile (NPU Ascend, CPU Kungpeng, architecture CANN, framework MindSpore) et par là même son rapport coût-performance. Il a aussi pour lui son studio de développement ModelArts, qui favorise une approche par cas d’usage à partir de jeux de données sectoriels pour ajuster les modèles Pangu. Gartner apprécie aussi la mesure dans laquelle il a inscrit dans sa stratégie commerciale les déploiements hybrides et privés.

Comme pour Alibaba Cloud, la nationalité chinoise de Huawei est un obstacle à l’adoption de ses technologies, en tout cas dans le monde occidental. Quant à sa stack maison, elle est susceptible de créer un verrouillage. Ou tout au moins d’accroître la courbe d’apprentissage pour qui est habitué à des standards comme CUDA. Vigilance également sur l’empreinte géographique de l’infrastructure IA, plus limitée que chez les autres hyperscalers.

Chez Microsoft, attention à la gouvernance des coûts

Gartner salue la « proposition de valeur unique » que Microsoft s’est construite dans la GenAI à renfort de partenariats. Il fait aussi remarquer le liant créé entre son infrastructure IA et le reste d’Azure. Ainsi que l’exhaustivité du catalogue de services managés. Il mentionne, à ce sujet, Microsoft Foundry et Azure AI Landing Zone, qui réduisent le besoin en compétences MLOps.

Comme les autres hyperscalers, Microsoft fait face à des contraintes d’approvisionnement de capacité. S’il a lui aussi ses propres accélérateurs IA (Maia, pour l’inférence), elle ont pour le moment une place limitée dans son offre, encore largement dépendante de puces tierces. Et les couches de services qui composent son catalogue compliquent la gouvernance et la prévision des coûts.

L’outillage d’Oracle manque de maturité

Oracle se distingue par la performance et l’élasticité de son architecture OCI Supercluster. Bon point également pour la flexibilité de déploiement (Dedicated Region, Cloud@Customer, Oracle Database@…). Et pour l’intégration avec ses autres produits (Oracle Fusion Cloud Applications, AI Data Platform, Autonomous Database…).

Oracle propose moins d’intégrations et de ressources communautaires que ses concurrents ; ce qui peut imposer des développements personnalisés. Si l’infra IA est robuste, l’outillage pour la gérer (orchestration, observabilité…) est moins mature et moins complet. Il peut par ailleurs être délicat de parcourir la documentation. Et les temps de réponse du support peuvent varier.

Illustration générée par IA

The post Infrastructures IA : Gartner met OVHcloud et Scaleway sur sa carte mondiale appeared first on Silicon.fr.

RPA : un intérêt déclinant pour le « développement citoyen »

Dans le domaine de la RPA, le « développement citoyen » n’a plus la cote.

Gartner observe en tout cas un net déclin d’intérêt. Il en fait part dans la synthèse du dernier Magic Quadrant consacré à ce marché. Constat : sans une gouvernance technique centralisée et des communautés de pratique, ces populations créent rarement des automatisations durables, scalables et sécurisées.

L’intérêt décline aussi pour la RPA assistée (déclenchée manuellement depuis le poste de travail). Elle est certes moins chère que la RPA autonome (exécutée sur serveur), mais moins scalable et moins sécurisée, affirme le cabinet américain.

Le marché n’est plus sur les taux de croissance à deux chiffres qu’il enregistrait par le passé. Mais il continue à progresser en valeur (3,9 Md$ en 2025, soit 9,1 % de plus qu’en 2024). Gartner l’explique par l’indisponibilité d’une alternative fiable pour l’automatisation UI des applications natives. Certes, il y a l’émergence du computer use. Mais les technologies regroupées sous cette bannière sont pour le moment « lentes, chères, imprécises et pas fiables sur les environnements Citrix/RDP ». Gartner estime tout de même que d’ici à 2028, elles deviendront viables pour l’automatisation des applications web.

Autre tendance : l’exode de « gros » fournisseurs qui n’étaient pas des pure players et qui se sont construit une offre par des acquisitions. Ils semblent prêts à abandonner le marché de la RPA autonome pour se focaliser, en premier lieu, sur le BOAT (Business Orchestration and Automation Technologies). Autrement dit, sur des plates-formes d’automatisation plus larges, incluant des briques telles que l’iPaaS, le LCAP (développement d’applications sans code) et l’IDP « traitement intelligent de documents »).

IBM, Salesforce et SAP sortent du Magic Quadrant de la RPA

Cet exode se traduit dans le Magic Quadrant, dont Gartner a notamment exclu les fournisseurs ayant annoncé qu’ils abandonneraient la RPA d’ici à fin 2026. Classé « challenger » l’an dernier, SAP disparaît des tablettes. Même chose pour Salesforce et IBM, qui étaient respectivement chez les « visionnaires » et les « acteurs de niche ».

Des 4 « leaders » de 2025, il en reste 3 : Automation Anywhere, Microsoft et UiPath. SS&C Blue Prism recule chez les « visionnaires ». La conséquence d’une activité en retrait par rapport aux années précédentes, tant sur la contractualisation qu’en termes d’intérêt client. Le coût de ses solutions en est un facteur. Comme la cadence d’innovation, inférieure à celle des principaux concurrents. SS&C Blue Prism a par exemple tardé à intégrer du computer use. Et il ne propose pas d’outils natifs de gestion de projet agile ou de backlog.

Le Magic Quadrant se structure en deux axes. L’un évalue l’« exécution » ; c’est-à-dire la capacité à répondre à la demande (expérience client, tarification, qualité des produits/services…). L’autre, la « vision » (stratégies commerciale, marketing, innovation…).

La situation sur l’axe « exécution » :

Rang Fournisseur Évolution annuelle
1 UiPath =
2 Automation Anywhere =
3 Microsoft =
4 Appian + 2
5 Pegasystems =
6 SS&C Blue Prism – 2
7 ServiceNow + 1
8 EvoluteIQ + 5
9 Laiye + 2
10 Samsung SDS – 1

Sur l’axe « vision » :

Rang Fournisseur Évolution annuelle
1 UiPath + 1
2 Microsoft – 1
3 Automation Anywhere =
4 SS&C Blue Prism + 2
5 ServiceNow – 1
6 Pegasystems + 4
7 Appian =
8 EvoluteIQ + 3
9 Laiye =
10 Samsung SDS + 2

 

Chez Automation Anywhere, l’agentique prend le pas sur le cœur RPA

Gartner salue le modèle de support et de gestion de compte d’Automation Anywhere, en particulier les revues trimestrielles et l’outil de gouvernance fourni aux centres d’excellence RPA. Sur le plan fonctionnel, il apprécie l’exploitation des modèles de vision au niveau de l’enregistrement des automatisations, ainsi que la capacité d’embarquer des agents distants dans les environnements Citrix, VMware et Microsoft Remote Desktop. Bon point également pour la tarification à l’usage et les méthodologies de passage à l’échelle.

L’an dernier, Gartner avait souligné que l’agentique orientait les stratégies commerciales – voire les roadmaps – des fournisseurs RPA. Il n’en dit pas moins cette année… et Automation Anywhere est concerné. Il n’a pas caché son intention de réduire la R&D sur le cœur RPA, dont on suivra donc d’autant plus l’évolution. À surveiller également, les éventuelles avancées sur la génération automatisée de scénarios, que l’offre ne couvre pas pour le moment. Automation Anywhere n’a pas non plus de brique native pour l’automatisation des apps mobiles. Par ailleurs, les plus petites entreprises (moins de 1000 salariés) trouveront potentiellement le prix et les fonctionnalités excessifs.

Microsoft garde une étiquette de fournisseur secondaire

En plus de proposer dans Windows une version de Power Automate gratuite pour un usage personnel, Microsoft est généralement 20 à 40 % moins cher que ses principaux concurrents. Il lui arrive, de plus, de subventionner partiellement les migrations depuis d’autres solutions. Autre avantage : le niveau d’intégration avec son écosystème logiciel ; à commencer par les applications Office, cible majeure d’intégration RPA chez la plupart des fournisseurs.

Au-delà de l’absence de version gratuite pour un usage en entreprise, le licensing est complexe. D’une part, les droits varient entre Windows, Microsoft 365 et Dynamics. De l’autre, il y a, pour la plupart des clients, des frais supplémentaires pour Dataverse et l’orchestration Azure. S’y ajoutent, selon certains, des problèmes de performance et de fiabilité qui limitent la capacité à passer à l’échelle. Power Automate apparaît plus globalement comme un outil RPA secondaire dans les grandes entreprises, qui tendent à l’utiliser pour automatiser les applications Microsoft, porter des démarches de « développement citoyen »… ou comme de levier de négociation face à leur fournisseur principal.

Tarification, modèle commercial, marketing… Des basculements à absorber chez UiPath

Sur le segment de la RPA autonome, UiPath a un volume d’activité sans égal en termes de chiffre d’affaires et demandes clients. L’ampleur de sa présence géographique se manifeste tant dans ses quelque 6500 revendeurs que dans ses 8 régions d’hébergeement cloud et dans les 10 langues que gèrent ses interfaces de développement. Sur le volet fonctionnel, Gartner apprécie le niveau d’intégration du computer use et du développement en langage naturel. Ainsi que la couche de gouvernance et de masquage des données sensibles.

Le basculement du marketing de UiPath vers la notion de « plate-forme d’orchestration d’entreprise » peut porter à confusion, estime Gartner. Le passage à un modèle orienté résultats est un autre élément potentiellement perturbateur, qui exige la définition préalable de business cases. Il y a aussi l’adoption d’une structure de pricing unifié autour de crédits (Platform Units). Elle peut nécessiter des adaptations pour les clients existants, auxquels UiPath a par ailleurs tendance à vendre des capacités agentiques non sollicitées.

Illustration © Murrstock – Adobe Stock

The post RPA : un intérêt déclinant pour le « développement citoyen » appeared first on Silicon.fr.

Observabilité : une télémétrie à canaliser

Pas classé, mais souvent cité : telle est la situation de ClickHouse dans le dernier Magic Quadrant des plates-formes d’observabilité.

Depuis l’an dernier, l’entreprise américaine évolue sur ce marché. Capitalisant sur l’acquisition d’HyperDX, elle a effectivement lancé l’offre ClickStack, intégrée à son moteur de base de données. Début 2026, une autre acquisition – Langfuse – y a apporté des capacités de monitoring spécifiques aux applications et agents IA.

Ce produit lui vaut une « mention honorable ». Gartner en accorde aussi une à Dash0, fondé par les créateurs d’Instana… et dont la plate-forme est construite sur ClickHouse. Même distinction pour groundcover, dont l’architecture « bring your own cloud » permet de stocker la télémétrie sur des instances ClickHouse privées.

Un nouveau critère – facultatif – de filtrage de la télémétrie

D’une année à l’autre, la liste des critères fonctionnels à respecter pour figurer dans le Magic Quadrant de l’observabilité a peu évolué. Étaient toujours impératifs :

  • Ingestion, stockage et analyse de télémétrie
  • Identification et analyse du comportement des applications, des services et de l’infra
  • Enrichissement de la télémétrie, notamment par cartographie des dépendances et des relations entre services

Gartner y a ajouté la collecte de télémétrie de fournisseurs de cloud public « comme AWS et Azure ». Ainsi que la découverte et la cartographie automatisées des composants et des services infra/réserau/applicatifs liés.

Ce dernier élément était facultatif l’an passé. Il faisait plus précisément partie d’un ensemble de critères dont les fournisseurs devaient en couvrir au moins quatre. Cette exigence n’est plus d’actualité : les critères en question sont restés, mais étaient simplement « facultatifs ». Parmi eux :

  • Intégration d’outils de type ITSM, CMDB, automatisation, DevOps…
  • Gestion des coûts
  • Observabilité des workloads IA
  • Automatisation des modifications de code et de configuration
  • Identification des vulnérabilités et blocage des tentatives d’exploitation

Cette année, Gartner y a ajouté le filtrage/échantillonnage de la télémétrie. En toile de fond, une tendance qu’il pointe depuis plusieurs éditions de ce Magic Quadrant : la difficulté à gérer les coûts. Plusieurs fournisseurs classés « leaders » ont droit à des remarques à ce sujet, parfois positives, parfois négatives.

Splunk n’est plus « leader » de l’observabilité

Les fournisseurs ont été évalués sur deux aspects. L’un, dit « exécution », traduit leur capacité à répondre à la demande (expérience client, tarification, qualité des produits/services…). L’autre, dit « vision », reflète les stratégies (produit, innovation, marketing…).

La situation sur l’axe « exécution » :

Rang Fournisseur Évolution annuelle
1 Datadog + 1
2 Dynatrace – 1
3 Grafana Labs =
4 Elastic + 2
5 AWS =
6 Microsoft + 2
7 New Relic – 3
8 Chronosphere + 2
9 Splunk – 2
10 LogicMonitor + 1
11 IBM – 2
12 Alibaba Cloud nouvel entrant
13 Honeycomb =
14 BMC Helix + 3
15 ScienceLogic =
16 SolarWinds + 3
17 HPE nouvel entrant
18 Apica + 2

Sur l’axe « vision » :

Rang Fournisseur Évolution annuelle
1 Grafana Labs =
2 Datadog =
3 Coralogix + 5
4 Dynatrace – 1
5 New Logic – 1
6 Honeycomb – 1
7 Elastic – 1
8 Chronosphere – 1
9 IBM =
10 LogicScience + 4
11 AWS + 5
12 Alibaba Cloud nouvel entrant
13 Microsoft =
14 Splunk – 4
15 HPE nouvel entrant
16 Apica – 5
17 ScienceLogic – 5
18 SolarWinds =

7 des 8 « leaders de l’an dernier le restent » (Chronosphere, Datadog, Dynatrace, Elastic, Grafana Labs, IBM et New Relic). Splunk fait exception, rétrogradant chez les « challengers » en conséquence d’un recul sur l’axe « vision ». Coralogix le remplace. Il figurait, en 2025, parmi les « visionnaires ».

Classés « acteurs de niche » l’an dernier, ITRS et Sumo Logic sortent du Magic Quadrant. Même sort pour Oracle, qui était « challenger ». HPE fait son entrée chez les « acteurs de niche » ; Alibaba Cloud, chez les « challengers ».

Chronosphere acquis par Palo Alto Networks : une intégration à suivre

Chronosphere appartient depuis janvier 2026 à Palo Alto Networks, qui entend le maintenir en tant qu’offre autonome. Il se distingue sur sa capacité à gérer de la télémétrie à fort volume tout en conservant le contrôle des coûts. Gartner salue aussi ses dernières innovations dans l’IA agentique pour l’identification des problèmes. Et note ce que l’acquisition par Palo Alto apporte en matière d’opportunités commerciales et d’assise financière.

On surveillera l’impact de cette acquisition sur l’activité de Chronosphere. Notamment sur son modèle de support, dont il a fait un élément distinctif. À voir également si le passage dans le giron de Palo Alto permettra d’étendre la présence en direct, actuellement largement concentrée en Amérique du Nord. Gartner note aussi que Chronosphere n’est pas forcément le plus recommandable pour les besoins d’APM legacy (Java, .NET).

Chez Coralogix, le client est responsable de l’infra S3

Chez Coralogix, Gartner apprécie l’analyse de la télémétrie en flux et les économies potentielles qui en découlent (possibilité d’exploiter des classes de stockage à plus bas coût). Comme chez Chronosphere, il souligne les innovations dans le domaine de l’IA agentique (agent Olly, serveur MCP, intégrations Slack et GitHub). Il y ajoute la gestion granulaire des coûts par type de télémétrie avec des niveaux de priorité.

Coralogix pâtit d’une notoriété limitée et son produit reste perçu comme « log-first ». Sa présence en direct demeure plus limitée que celle des autres « leaders » en Asie-Pacifique et en Amérique latine. Attention aussi à l’infrastructure S3 sous-jacente, dont le client doit assurer la gestion (usage et coûts).

OpenTelemetry, pas au cœur de la proposition de valeur de Datadog

La profondeur du portefeuille de Datadog (« plus de 20 produits » en une interface) fait mouche auprès de Gartner. Même chose pour la brique Bits AI SRE, qui témoigne d’une « maturité » dans la mise en œuvre de la GenAI. Et pour le marketing, avec en point d’orgue sa propre conférence annuelle DASH.

La granularité de la tarification sur l’ingestion, l’indexation, les hôtes et les conteneurs exige une supervision attentive. Par ailleurs, si Datadog gère OpenTelemetry, sa proposition de valeur reste encore largement dépendante de son agent propriétaire. Quant à l’option « bring your own cloud », elle couvre les logs, mais pas les métriques ni les traces.

Dynatrace et sa courbe d’apprentissage

Le focus conformité de Dynatrace lui vaut un bon point. Mêmechose pour les capacités de cartographie temps réel des dépendances, à l’appui d’un framework déterministe qui automatise l’isolation des causes racines. Gartner apprécie aussi la couche IA qui permet de définir des objectifs cadrés par des garde-fous organisationnels.

Attention à l’onboarding : tirer pleinement parti de la plate-forme de Dynatrace suppose une courbe d’apprentissage importante. Gartner conseille par ailleurs de suivre les discussions en cours avec un « investisseur activiste » (Starboard Value, qui a acquis une participation majoritaire en avril). Et regrette un marketing de l’IA susceptible d’embrouiller les acheteurs.

Du travail de tuning avec Elastic

Le triptyque recherche-sécurité-observabilité demeure intéressant – notamment du point de vue économique – pour qui est déjà dans l’écosystème Elastic. Autre point fort : le niveau d’intégration d’OpenTelemetry, entre catalogue de collecteurs communautaires et distributions spécifiques. Gartenr salue aussi les avancées sur l’IA agentique (constructeur d’agents, bibliothèque de skills).

Elastic reste souvent perçu comme fournissant d’abord un moteur de recherche. Son langage de requête nécessite beaucoup de configurations pour être fonctionnellement équivalent à la concurrence sur des fonctionnalités comme la cartographie de topologie et la remédiation automatique. Attention aussi au contrôle des coûts, en particulier sur les déploiements autogérés, dès l’instant où on traite des index volumineux.

Avec Grafana Labs, la souplesse peut créer de la complexité

L’héritage open source de Grafana Labs et son « association forte » avec les environnements Kubernetes fournissent un « point d’entrée sans friction », pour reprendre les mots de Gartner. Le cabinet américain salue aussi les capacités de filtrage automatisé de la télémétrie et sa contextualisation grâce à un graphe de connaissances.

Grafana donne de la souplesse pour constituer des stacks d’observabilité, mais il exige de l’expertise sur Prometheus et OpenTelemetry. Le fait qu’il utilise plusieurs back-ends (Mimir pour les métriques, Loki pour les logs…) peut créer une complexité architecturale. Gartner y ajoute la cyberattaque dont l’entreprise a récemment été victime (intrusion dans son GitHub après vol d’un identifiant dans le cadre de la campagne Mini Shai-Hulud).

IBM n’a pas encore unifié Instana, Turbonomic et SevOne

Au-delà des opportunités commerciales que présente sa base installée sur d’autres marchés, IBM se distingue par l’intégration de Kubecost, qui donne un angle FinOps à Instana. Gartner apprécie aussi son « approche transparente » consistant à appliquer uniquement des modèles déterministes pour identifier les problèmes en réservant les modèles génératifs pour les explications et les recommandations.

Sous la marque Concert, IBM promet une expérience plus unifiée entre Instana, Turbonomic et SevOne… qui restent pour le moment des produits distincts, avec chaque son installation et son administration. Gartner pointe aussi le risque de « dilution » de la marque Instana dans le portefeuille du groupe. Et un licensing « souvent complexe » lorsqu’il s’inscrit dans les accords d’entreprise d’IBM.

New Relic : avec l’IA, un modèle économique à bien étudier

New Relic est de ceux que Gartner crédite d’un bon point pour leur couche d’IA agentique (ici, pour l’automatisation de l’analyse de cause racine et le résumé des logs). Il est aussi salué pour ses capacités de filtrage et d’échantillonnage de la télémétrie. Et pour ses partenariats (Accenture et NTT Data sont cités), qui lui ont permis d’étendre son reach.

New Relic a tendance à perdre son avance sur la concurrence dans le domaine de l’IA. Il lui manque aussi un événement référent, même s’il a annoncé que sa conférence annuelle reprendrait en 2026. Attention aussi à bien étudier les implications du système de crédits (Compute Capacity Units) introduit pour les fonctionnalités IA.

Illustration © ArtemisDiana – Adobe Stock

The post Observabilité : une télémétrie à canaliser appeared first on Silicon.fr.

En BI, le rapport standardisé devient l’exception

Interactif, embarqué, agentique… Dans le champ de l’ABI (analytics & BI), les offreurs ne sont plus rares à privilégier ces modes de consommation aux dépens des rapports formatés.

Google, Salesforce et ThoughtSpot en font partie, d’après Gartner, qui les a désignés « leaders » dans l’édition 2026 du Magic Quadrant dédié à ce marché.

Oracle n’est plus « leader » de l’ABI ; AWS le devient

Moins détaillés que l’an dernier, les critères fonctionnels à respecter impérativement ont peu évolué. Ils s’agissait, dans les grandes lignes, de proposer des briques de :

  • Gouvernance (contrôle des accès, certification du contenu, suivi de l’utilisation…)
  • Préparation de données (avec glisser-déplacer et création de modèles analytiques)
  • Insights agentiques (faire remonter de manière (semi-)automatique des anomalies, des clusters, des prévisions, etc.)
  • Anayse en langage naturel
  • Modélisation sémantique (édition code ou visuelle de la logique métier)

La gestion de l’analyse embarquée (applications, sites, portails…) était facultative. Comme, entre autres, la fourniture d’un catalogue d’analytics (bibliothèque d’assets).

Le Magic Quadrant se structure en deux axes. L’un, dit « exécution », restranscrit la capacité à répondre à la demande (expérience client, qualité des produits/services…). L’autre, dit « vision », reflète les stratégies (ventes, marketing, innovation…).

La situation sur l’axe « exécution » :

Rang Fournisseur Évolution annuelle
1 Microsoft =
2 AWS =
3 Salesforce (Tableau) =
4 Google =
5 Qlik =
6 Alibaba Cloud + 1
7 ThoughtSpot + 2
8 Domo – 2
9 SAP + 1
10 Oracle – 2
11 Zoho + 2
12 Strategy – 1
13 Sigma – 1
14 Databricks nouvel entrant
15 SAS + 2
16 ServiceNow (Pyramid Analytics) – 2
17 GoodData.AI + 1
18 Incorta + 1
19 IBM – 4
20 Tellius =

Sur l’axe « vision » :

Rang Fournisseur Évolution annuelle
1 ServiceNow (Pyramid Analytics) + 1
2 Databricks nouvel entrant
3 Oracle + 1
4 Microsoft – 3
5 ThoughtSpot + 1
6 SAP – 3
7 Salesforce – 2
8 Google – 1
9 Strategy =
10 Qlik – 2
11 SAS – 1
12 IBM – 1
13 AWS + 1
14 GoodData.AI + 2
15 Tellius – 3
16 Alibaba Cloud – 3
17 Domo =
18 Zoho – 3
19 Sigma =
20 Incorta – 2

Cinq des « leaders » de l’an dernier le sont toujours : Google, Salesforce et ThoughtSpot, donc, ainsi que Microsoft et Qlik. Oracle est l’exception : ayant rétrogradé en « exécution », il est passé chez les « visionnaires ». Gartner note, en particulier, le peu de visibilité de son offre Oracle Analytics Cloud. Et son adoption peu fréquente en tant que solution autonome, « détachée » du reste de l’écosystème Oracle.

AWS, salué sur les workflows agentiques…

AWS, au contraire, passe de « challenger » à « leader » avec Amazon Quick. Il se distingue par l’intégration de cette offre au reste de sa pile data & analytics, favorisant les déploiements à grande échelle et la gestion centralisée. Autres bon points : la tarification, jugée transparente, et le niveau de gestion des workflows agentiques, y compris en connexion avec des systèmes externes (Gartner mentionne Jira et ServiceNow en plus des intégrations OpenAPI et MCP).

… mais pas sur l’administration

S’il peut se connecter aux principaux clouders, Amazon Quick propose des flux plus riches avec AWS (sources de données et services). Il a par ailleurs une plus petite communauté d’utilisateurs que les principaux concurrents : attention à la disponibilité de compétences. Gartner pointe également une administration fragmentée : le monitoring, l’audit et la gestion des coûts passe par des services AWS externes à Amazon Quick.

Une gouvernance exhaustive chez Google…

Sur Looker, Gartner apprécie le moteur de raisonnement à base de Gemini 3. Il salue aussi les capacités de création de modèles de données sémantiques avec le langage LookML. Et les possibilités de gouvernance (cadre de certification des assets, audit « exhaustif », contrôle de version natif basé sur Git, agents de monitoring personnalisables…)

… mais une perception « dev-centric » qui demeure

Malgré l’ajout de fonctionnalités en self-service et en langage naturel, Looker demeure perçu avant tout comme un outil pour les développeurs et les data engineers. Il est par ailleurs vendu essentiellement comme composante de la pile analytics de Google Cloud : utilisé avec d’autres clouders, ses arguments différenciants sont moindres. Par ailleurs, comme sus-évoqué, la gestion du reporting standardisé est limitée, au profit de l’interactif et de l’embarqué.

Microsoft Fabric, un avantage…

La part de marché de Power BI favorise l’accès à des compétences, à du support et à des ressources de formation. Son intégration « profonde » avec des applications comme Teams et Excel est un avantage pour qui a standardisé sa productivité sur Office. Autre point distinctif : l’offre Microsoft Fabric, qui unifie data engineering, warehousing et BI en un SaaS, minimisant ainsi l’effort d’intégration.

… autant qu’un inconvénient

Revers de la médaille : difficile de faire sans Microsoft Fabric si on veut tirer le maximum de Power BI. Attention par ailleurs au risque de prolifération d’espaces de travail et de contenu, tant il est simple d’en créer (risque de doublons et de fragmentation des modèles sémantiques). Gartner pointe aussi le système des « capacités Fabric Copiot », destiné à collecter et facturer l’utilisation de Copilot par des groupes spécifiques d’utilisateurs. Il exige un suivi actif pour maîtriser la consommation et maintenir les performances.

Le moteur in-mem, point fort de Qlik…

Qlik a droit à un bon point pour son architecture de type « essaim d’agents ». Et pour ce qu’elle apporte tant en matière d’analyse que de routage des alertes et de déclenchement d’actions. Autre point fort : le moteur d’analyse en mémoire, qui favorise le passage à l’échelle en permettant une exploration libre sans chemins de requête prédéfinis. Gartner y ajoute les options de déploiement (sur site, en cloud ou hybride, en plus d’une « large gamme » d’intégrations de sources de données et de systèmes d’entreprise).

… mais source potentielle de compromis

Contrairement à ses principaux concurrents, Qlik n’a pas de cloud d’infrastructure ou de suite logicielle d’entreprise référente. Il s’appuie beaucoup sur son cache in-memory propriétaire, ce qui suppose de mesurer le compromis pour qui a une stratégie de requête directe. À noter aussi la possibilité d’apporter ses propres LLM… mais l’absence d’outils natifs pour les gouverner.

Une grande communauté pour Tableau…

Les ressources que produit la vaste communauté de Tableau favorisent la prise en main de la solution, dont le déploiement s’avère par ailleurs flexible (version cloud managée, autogestion sur site ou en environnement IaaS, ou modèle hybride). Gartner apprécie aussi les capacités visuelles de préparation de données, avec une carte interactive du pipeline.

… mais la crainte de dépendances à Salesforce-

La tarification et le packaging des capacités entre les niveaux Standard, Enterprise et Tableau+ ne sont pas sans soulever des questions. La dépendance à la pile Salesforce non plus. La tendance chez les acheteurs est à considérer que les fonctionnalités agentiques « avancées » délivrées via Agentforce et Data Cloud peuvent créer un verrouillage. De plus, comme Looker, Tableau se révèle limité sur le reporting standardisé. Il lui favorise les visualisation interactives et l’exploration agentique.

ThoughtSpot se distingue sur le conversationnel…

ThoughtSpot se distingue positivement sur l’aspect conversationnel, avec son agent Spotter comme emblème. Gartner salue plus globalement les capacités d’orchestration de workflows agentiques. Et les possibilités de connexion à des couches sémantiques externes (dbt et Looker via Open SQL, notamment).

… mais moins qu’il fut un temps

Avec l’option de licence à la consommation, la prévision des coûts peut se compliquer à mesure que l’usage croît. ThoughtSpot n’a par ailleurs plus son avantage historique sur le traitement du langage naturel. Et donc, comme Google et Salesforce, il ne se concentre pas sur le reporting standardisé, à tel point que des outils complémentaires peuvent s’avérer nécessaires.

De la BI à la DI, une évolution surtout terminologique ?
Début 2026, Gartner a publié son premier Magic Quadrant de la DI (Decision Intelligence), segment qu’il estime « sur la fin de sa phase d’émergence ».

Le cabinet américain s’est ainsi emparé d’une opposition terminologique qui s’est structurée dans le jargon de l’informatique décisionnelle : le descriptif d’un côté, le prescptif de l’autre. Le premier trouvant une continuité dans le second, avec la promesse de combler l’écart entre les insights et les actions qui en découlent.

Illustration générée par IA

The post En BI, le rapport standardisé devient l’exception appeared first on Silicon.fr.

De l’IAM à l’IaC, des angles morts dans les solutions de sauvegarde

Vaut-il mieux être suiveur ou retardataire ?

Dans le Magic Quadrant 2025 de la sauvegarde, Dell et Veeam avaient eu droit au premier qualificatif. Gartner estimait qu’ils avaient l’un et l’autre tendance à lancer des offres en réponse à des initiatives de concurrents. Cette année, pas d’étiquette « suiveur », mais un accent sur leurs retards respectifs dans la protection des applications cloud et des identités.

11 fournisseurs, 6 « leaders »

Dell et Veeam font tout de même partie des fournisseurs que le cabinet américain classe « leaders ». Ils l’étaient déjà l’an dernier. Même chose pour Cohesity, Commvault, Druva et Rubrik.

D’une année à l’autre, les critères obligatoires pour figurer au Magic Quadrant de la sauvegarde ont peu évolué. Il s’agissait toujours de proposer, dans les grandes lignes :

  • Sauvegarde en environnement hybride, avec prise en charge d’au moins 2 IaaS et 2 SaaS majeurs
  • Intégration avec du stockage immuable
  • Détection basique de cyberattaques (post-sauvegarde)
  • Console de gestion centralisée

Couvrir PaaS et systèmes IAM était facultatif. Comme l’automatisation à base d’IA. Il n’était pas non plus nécessaire, entre autres, d’avoir des fonctionnalités de sécurité « avancées » (MFA, RBAC, intégration SIEM/SOAR), de fournir une cleanroom ou d’orchestrer la restauration après sinistre.

L’axe « exécution » du Magic Quadrant traduit la capacité des offreurs à répondre à la demande (expérience client, tarification, qualification des produits services…). La situation :

Rang Fournisseur Évolution annuelle
1 Veeam =
2 Commvault =
3 Cohesity + 1
4 Rubrik – 1
5 Druva + 1
6 Huawei + 1
7 Dell Technologies – 2
8 IBM =
9 HYCU =
10 Arcserve =
11 OpenText + 1

Sur l’axe « vision », qui reflète les stratégies (innovation, modèle économique, déploiement géographique…) :

Rang Fournisseur Évolution annuelle
1 Rubrik =
2 Commvault + 1
3 Veeam + 1
4 Cohesity – 2
5 Druva =
6 IBM =
7 HYCU =
8 Dell Technologies =
9 Huawei =
10 Arcserve =
11 OpenText + 1

Cohesity salué sur l’automatisation de la restauration…

L’an dernier, Cohesity avait été salué pour l’acquisition de Veritas, qui avait élargi tant son portefeuille que sa couverture géographique. Gartner avait aussi apprécié ses services de réponse aux incidents.

Cette année, Cohesity a un bon point pour sa brique RecoveryAgent, qui automatise l’orchestration de la restauration. Il en a un autre pour ses intégrations cyber, notamment avec Sophos et Google Threat Intelligence pour la détection de menaces. Autre point positif : la couverture fonctionnelle du plan de contrôle Helios (qui gère à la fois DataProtect et NetBackup), assortie d’un licensing flexible qui permet d’utiliser une seule des deux solutions.

… mais pointé pour ses dépendances

L’an dernier, Gartner avait soulevé le risque de ralentissement du delivery dans le contexte de la fusion avec Veritas. Il avait aussi souligné que Cohesity pratiquait des prix plus élevés que la moyenne lors des négociations initiales. Tout en pointant ses limites en matière de restauration des applications cloud (capture de l’IaC et des configs, entre autres)..

Cette fois, Gartner pointe une protection SaaS limitée : pas de Dynamics 365, de Power Platform, d’Azure DevOps, de GitHub, ni d’Okta. Il évoque aussi la dépendance de Cohesity à des intégrations tierces, par exemple sur la découverte/classification de données (Cyera) et la restauration de forêts AD (Semperis). Attention également à la complexité potentielle de déploiement et d’intégration dans les environnements hybrides.

L’assistance IA s’est diffusée chez Commvault…

L’an dernier, Gartner avait distingué Commvault pour sa couverture exhaustive des workloads, cloud en particulier (IaaS & PaaS). Il avait aussi noté les apports, dans ce même domaine, de l’acquisition d’Appranix. Et mentionné les capacités de restauration de forêts AD.

Cette année, l’un des bons points va à l’orchestration de la restauration, avec des cleanrooms à la demande sur AWS ou Azure. Un autre va à la fonciton Synthetic Recovery, qui construit un point de restauration « idéal » à partir de plusieurs sauvegardes. Gartner salue aussi l’extension des cas d’usage de l’assistant IA Arlie : identification des données potentiellement exposées, recommandations d’optimisation de configuration, aide à l’identification de points de restauration « propres », etc.

… toutefois en retard sur la protection de Microsoft 365

La configuration initiale est complexe et il peut être difficile de trouver la bonne documentation pour le dépannage, avait expliqué Gartner l’an dernier. Il avait aussi pointé le manque d’expertise au support et la transition non finalisée de Commvault Command Center vers une console Java.

Cette année encore, vigilance sur le support, plus particulièrement de niveau 1. Des clients le jugent inégal, lent et trop procédurier pour les escalades. D’autres regrettent un licensing complexe qui exige de bien connaître les produits. Commvault est par ailleurs en retard sur les capacités natives de protection et de restauration des données Microsoft 365.

Dell se distingue avec l’assistance IA sur site…

L’an dernier, Dell avait eu un bon point pour l’intégration de son offre de sauvegarde avec le reste de son portefeuille (PowerStore, PowerMax et AI Factory notamment). Il en avait eu un autre pour sa brique MDR exploitant CrowdStrike Falcon.

Le « bon point intégration » reste d’actualité, avec un exemple d’apport : la détection d’anomalies en temps « quasi réel » dans les snapshots PowerStore. Gartner y ajoute l’efficacité de la brique Cyber Recovery, qui valide les données en vue de leur récupération après cyberattaque. Il mentionne aussi la possibilité d’exploiter l’assistance IA sur site, avec une option bring your own LLM.

… mais pas sur la découverte des données sensibles

Attention à l’administration, qui peut s’avérer complexe, avait signalé Gartner l’an dernier. Il avait aussi souligné le retard de Dell sur la protection des applications cloud et sur la détection de données sensibles au sein des sauvegardes. Autre limite : la nécessité d’implémenter plusieurs offres (PowerProtect Cyber Recovery et CyberSense) pour bénéficier d’une cyberdétection exhaustive.

Cette année encore, Gartner évoque le cas des données sensibles : PowerProtect Data Manager « manque d’insights » pour aider à les identifier et à optimiser les politiques de protection. Il mentionne également à nouveau la protection des applications cloud (retard sur la découverte des dépendances et l’identification des écarts de configurations). Il y ajoute la complexité potentielle du déploiement et de l’exploitation.

Chez Druva, des choix d’architecture distinctifs…

L’an dernier, Gartner avait salué la capacité de Druva à délivrer offres et intégrations (sauvegarde de VM EC2 sur Azure, backup sans agent pour Azure SQL, etc.). Il avait aussi apprécié l’assistance par IA (reporting, dépannage, analyses de sécurité) et la défense contre les ransomwares (service managé natif sans surcoût).

Cette année encore, Druva se distingue sur le volet IA, avec des agents pour l’analyse forensique, le dépannage, la validation de la restauration et le résumé d’incidents techniques. Autre point distinctif : l’exploitation des métadonnées des backups au sein d’un graphe qui permet de contextualiser les restaurations. Gartner note aussi le recours à une architecture qui limite la surface d’attaque en isolant du réseau primaire les données des sauvegardes et les authentifiants.

… mais les contraintes du modèle BaaS

L’an dernier, Gartner avec pointé la dépendance de Druva à AWS pour sa couche de gestion et d’orchestration. Il avait aussi noté l’absence de sauvegarde de MongoDB et de Cassandra. Ainsi qu’une prise en charge de GCP pas au niveau des autres hyperscalers sur la partie PaaS.

Cette année encore, Gartner mentionne les capacités limitées sur GCP – en ajoutant le IaaS. Il note que des agents et des workflows d’exportation sont nécessaires pour protéger des workloads comme GCE, Cloud SQL et BigQuery. Autres points faibles : un retard sur les autres fournisseurs pour la prise en charge de Kubernetes et les contraintes liées au BaaS, seule option de déploiement disponible (pas de possibilité d’apporter son propre stockage, par exemple).

Rubrik, avancé sur la protection des identités…

En 2025, Rubrik avait eu un bon point pour son RAG Annapurna. Il en avait aussi eu pour sa licence USL, disponible par utilisateur et transférable entre ses produits SaaS. Gartner avait également salué les possibilités en matière de cyberrésilience (protection des identités, détection d’anomalies, récupération en environnement hybride).

Cette année, la protection des identités est à nouveau évoquée, pour son périmètre (AD, Entra ID, Okta) et sa couverture fonctionnelle. Rubrik se distingue aussi par sa capacité à maintenir une interface d’administration intuitive malgré l’extension de son offre. Il a par ailleurs su introduire du monitoring et du rollback agentiques.

… plus que sur la restauration d’applications cloud

L’an dernier, les limites sur le reporting avaient valu un mauvais point à Rubrik. Comme l’absence de restauration entre hyperviseurs et la présence géographique limitée hors Amérique Nord et EMEA.

Cette fois, Gartner souligne l’absence de cleanroom native. Il pointe aussi les limites de l’offre BaaS (qui exige une infra gérée par le client pour fonctionner sur AWS et Azure). Et celles de la restauration d’applications cloud (pas d’orchestration native, ce qui impose de gérer les composants IaC séparément des sauvegardes).

Bon point pour l’appliance Linux de Veeam…

Salué l’an dernier pour sa présence sur ce marché (niveau d’adoption de ses solution et réseau de partenaires), Veeam avait aussi eu droit à un bon point sur le volet cyberrésilience (scan inline à base d’IA, programme de support Cyber Secure…). Gartner avait également apprécié la « versatilité » de la restauration (entre hyperviseurs, et directement vers AWS / Azure / GCP depuis des infras sur site).

Cette année, est mise en avant la Veeam Backup Appliance, qui offre une alternative préconfigurée, plus simple à gérer… et indépendante de Windows. Autre point fort : les services de réponse aux incidents (24/7, avec SLA de 15 minutes). Gartner ajoute l’acquisition de Securiti AI, qui apporte une gestion de la posture de sécurité des données.

… mais pas pour la couverture SaaS

Au-delà d’attribuer à Veeam l’étiquette de « suiveur », Gartner avait, l’an dernier, noté le périmètre limitée de la protection SaaS hors Microsoft 365 et Salesforce. Il avait aussi souligné la dépendance à Microsoft (déploiement de Veeam Data Cloud dans Azure) et le manque de flexibilité pour stocker les sauvegardes chez d’autres clouders.

La critique de la couverture SaaS vaut toujours (pas de Dynamics 365, de Power Apps, d’Azure DevOps, de Jira, de Google Workspace…). Gartner y ajoute un retard sur la protection des identifiés (pas de gestion d’Okta ni de la restauration des forêts AD) et l’absence d’une console de gestion unifiée (Veeam Data Plaform vs Veeam Data Cloud).

Illustration générée par IA

The post De l’IAM à l’IaC, des angles morts dans les solutions de sauvegarde appeared first on Silicon.fr.

Data science : l’IA, facteur de décentralisation

Pour les fournisseurs de plates-formes DSML (data science & machine learning), il y a des opportunités dans la combinaison prédictif-génératif.

Gartner l’avait souligné l’an dernier dans la synthèse du Magic Quadrant dédié à ce marché. Le cabinet américain y percevait notamment une capacité à cibler davantage de profils d’utilisateurs.

Cette tendance à la décentralisation des activités de data science s’est accentuée, affirme-t-il désormais. Les interfaces low code, les outils en langage naturel et les assistants IA la favorisent.

Plates-formes DSML : 18 fournisseurs, 7 « leaders »

D’une année à l’autre, les caractéristiques fonctionnelles obligatoires pour figurer au Magic Quadrant des plates-formes DSML ont peu évolué. Le principal changement est sur l’importation ou la connexion de données. Le critère est devenu plus englobant : exit les seules données tabulaires, place à « une variété de données structurées, semi-structurées ou non structurées ».

Catalogage et lignage sont restés facultatifs. Même chose, entre autres, pour la prise en charge des outils et process MLOps, la gestion des GPU et les interfaces low code. Gartner y a ajouté le développement à base de LLM et de RAG.

Des 8 fournisseurs classés « leaders » en 2025, 7 le sont restés. Il s’agit d’AWS, Databricks, Dataiku, DataRobot, Google, IBM et Microsoft. L’exception s’appelle Altair. C’est la conséquence de son passage dans le giron de Siemens, qui entend le combiner à Mendix (acquis en 2018).

Le positionnement des fournisseurs dans le Magic Quadrant résulte d’une évaluation sur deux axes. L’un, dit « exécution », traduit la capacité à répondre à la demande (expérience client, tarification, qualité des produits/services…). L’autre, dit « vision », reflète les stratégies (commerciale, marketing, sectorielle, géographique…).

La situation sur l’axe « exécution » :

Rang Fournisseur Évolution annuelle
1 Databricks =
2 Google + 1
3 AWS – 1
4 Microsoft =
5 IBM + 2
6 Alibaba Cloud + 3
7 Dataiku – 2
8 DataRobot – 2
9 Snowflake + 2
10 SAS =
11 Cloudera + 2
12 Teradata nouvel entrant
13 Siemens (Altair) – 5
14 Domino Data Labs – 2
15 H2O.ai =
16 Posit nouvel entrant
17 Red Hat nouvel entrant
18 MathWorks – 2

Sur l’axe « vision » :

Rang Fournisseur Évolution annuelle
1 Databricks =
2 Dataiku =
3 Google =
4 Microsoft =
5 AWS + 1
6 Snowflake + 3
7 H2O.ai + 1
8 Siemens (Altair) – 3
9 DataRobot – 2
10 IBM + 1
11 Domino Data Labs – 1
12 Red Hat nouvel entrant
13 SAS =
14 Cloudera – 2
15 Teradata nouvel entrant
16 Alibaba Cloud – 2
17 Posit nouvel entrant
18 MathWorks – 2

AWS salué pour Bedrock AgentCore…

L’an dernier, Gartner avait salué SageMaker Unified Studio. À la fois pour son statut d’offre intégrée favorisant la collaboration et pour la possibilité qu’ont les fournisseurs tiers d’y intégrer leurs produits sans fournir ou exploiter d’infra. Un autre bon point avait été accordé à Bedrock Guardrails et sa vérification par raisonnement automatique (validation mathématique de la précision des réponses).

Cette année, l’accent est mis sur l’offre Bedrock AgentCore et sur ses apports en matière de développement de systèmes agentiques. AWS a aussi pour lui un réseau de partenaires exhaustif qui favorise l’intégration de solutions avec SageMaker AI et Bedrock. Il continue par ailleurs à investir dans l’infrastructure, que ce soit avec ses propres offres (puces Trainium3, clusters SageMaker HyperPod…) ou en s’appuyant sur celles de tiers comme Cerebras.

… mais toujours pas sur la gestion des coûts

Le catalogue de modèles de fondation d’AWS n’est pas déterminant dans le choix de son offre DSML, avait expliqué Gartner l’an dernier. Il avait ajouté que la gestion des coûts restait un défi, tant sur les services que sur l’infra IA. Autre reproche : SageMaker Unified Studio pouvait progresser en matière d’intégration avec les autres clouds.

Cette année encore, la gestion des coûts vaut un mauvais point à AWS : la tarification est souvent complexe, en particulier pour les gros workloads (échelle ou durée). Autre point de vigilance : Bedrock et SageMaker AI demeurent des produits essentiellement séparés, au risque de compliquer le delivery. Des outils tiers peuvent par ailleurs s’avérer nécessaire pour la gouvernance de l’IA.

La popularité de Databricks ne se dément pas…

En 2025, Gartner avait signalé la popularité de l’offre de Databricks chez les publics visés – ce qui accroissait le vivier de compétences. Il avait aussi noté la stabilité de l’équipe dirigeante. Et apprécié la vision d’un écosystème agentique (adapté en particulier à la finance et à la gestion de réputation).

Cette année encore, Gartner salue le niveau d’adoption, qui se reflète jusque dans les communautés open source. Il mentionne à nouveau la stabilité de l’équipe dirigeante, en plus de la croissance des revenus et des effectifs (ingénierie, delivery, support). Il y ajoute la cadence d’innovation, axée sur l’unification de la data et de la gouvernance pour les agents IA.

… mais tout n’est pas natif

Il existe une certaine courbe d’apprentissage pour utiliser la plate-forme, avait prévenu Gartner l’an dernier. Il avait aussi évoqué la concurrence accrue sur l’approche unifiée lakehouse + DSML. Et l’absence de fonctionnalités infra disponibles chez les CSP, comme les GPU serverless.

Cette année, pas d’évocation de la courbe d’apprentissage, mais de la documentation parfois incomplète qui peut contribuer à allonger les déploiements. Le même risque peut découler du volume important de mises à jour. Autre point de vigilance : la combinaison ML-GenAI implique du code plutôt que des workflows préconstruits. Et certaines techniques, comme la simulation, ne sont pas natives (elles exploitent des intégrations open source). Attention aussi à l’absence d’options de déploiement sur site.

Dataiku, flexible sur l’orchestration et la gouvernance…

En 2025, Gartner avait salué l’initiative LLM Mesh, notamment pour ce qu’elle apportait en matière de gouvernance. Il avait aussi mentionné la constance du support client. Et le fait que Dataiku n’avait pas perdu de vue le cœur data science, tout en lançant des éléments comme une brique de data storytelling.

Avec ses nouveaux systèmes de raisonnement, Dataiku démontre une compréhension avancée de la convergence entre décisionnel et DSML, explique Gartner cette année. Il évoque aussi la flexibilité que Dataiku apporte en se positionnant comme une couche d’orchestration agnostique des données et des plates-formes. Bon point également sur la gouvernance de l’IA, adaptée à différents profils d’utilisateurs.

… mais questionnable sur le plan financier

L’an dernier, Gartner avait pointé un manque de notoriété, au sens où les clients tendaient à avoir un usage « tactique » de l’offre pour des besoins spécifiques. Il avait aussi rappelé que Dataiku fonctionnait au-dessus des produits d’autres fournisseurs… proposant souvent des fonctionnalités concurrentes.

Cette dernière remarque vaut toujours. Gartner y ajoute le coût global et les modèles de licence, qui sont souvent des « facteurs limitants » lors des renouvellements. Il ajoute que Dataiku pourrait communiquer plus efficacement sur sa proposition de valeur, à l’heure où des alternatives à plus bas coût offrent des chemins d’adoption plus simples pour qui a des cas d’usage IA basiques.

Chez DataRobot, un support de qualité…

En 2025, Gartner avait salué le repositionnement de DataRobot vers un écosystème agentiques d’applications métier. Une vision que porterait notamment l’acquisition d’Agnostiq et sa plate-forme d’orchestration d’infrastructure Covalent.

Cette année, les bons points dont à l’expérience client (qualité du support sur toutes les phases d’adoption), à la flexibilité de déploiement (jusqu’aux environnements déconnectés, avec Nebius en alternative aux hyperscalers) et aux partenariats (particulièrement avec NVIDIA autour de son Enterprise AI Factory).

… mais attention au travail d’intégration

Les mises à jour fréquentes ont rendu les interfaces – avec et sans code – difficiles à utiliser, avait constaté Gartner l’an dernier. Il avait aussi signalé que l’offre était perçue comme peu adaptée aux besoins des data scientists. Et soulevé la question de l’adhésion des éditeurs au pivot agentique.

Cette année, DataRobot a droit à une remarque sur ses prix ; particulièrement « aux extrêmes », c’est-à-dire pour les plus petits et les plus gros déploiements. Autre élément : par rapport aux concurrents, moins de possibilités pour les clients de communiquer leurs retours – ce qui réduit la capacité d’autoremédiation. Attention aussi au niveau d’intégration que la plate-forme peut exiger pour qui veut la positionner comme centrale agentique entre applications.

Google, très avancé sur l’intégration verticale…

L’an dernier, les capacités de gouvernance qu’apporte l’intégration de Dataplex à Vertex AI avaient fait mouche auprès de Gartner. Même chose pour les avancées dans le RAG (ancrage sur Google Search et sur les données d’entreprise, gestion du structuré et du non structuré…). Et pour la co-innovation avec certains clients.

Cette année, Gartner souligne le niveau d’intégration verticale de Vertex AI (officiellement rebaptisé Gemini Enterprise Agent Plaform), qui a permis à Google de minimiser les dépendances. Dans le même temps, il se distingue par son focus sur l’interopérabilité à travers le protocole A2A. Et par les nombreux agents qu’il fournit aux métiers de la data science.

… mais pas sans chevauchements

Le support tiers de l’offre DSML de Google n’est pas aussi important que chez la concurrence, avait fait remarquer Gartner l’an dernier. Il avait ajouté que le cœur de Vertex AI pouvait se révéler difficile à utiliser sans couches d’abstraction. Et souligné la confusion qu’était susceptible d’entraîner la multiplicité des solutions RAG.

L’extension rapide du portefeuille a engendré des chevauchements fonctionnels entre produits (Vertex AI Search, Vertex AI Agent Engine, Antigravity, Agentspace…) et l’ombrelle Vertex AI Agent Builder. Quand aux coûts, ils s’avèrent souvent imprévisibles, et le système de tarification par paliers complique les prévisions. Par ailleurs, avec l’accent mis sur les LLM, exploiter des techniques IA traditionnelles peut se révéler plus délicat que sur d’autres plates-formes.

IBM, salué sur la gouvernance…

En 2025, outre l’exhaustivité de la gamme d’outils d’IBM (frameworks, modèles de fondation, infrastructure), Gartner avait rappelé les bénéfices liés à l’acquisition de DataStax sur la partie RAG. Il lui avait aussi donné un « bon point innovation », notamment pour ses LLM Granite et ses implémentations d’AutoRAG et d’InstructLab.

Cette année, la remarque sur le RAG est plus globale : les multiples techniques proposées favorisent les cas d’usage en recherche approfondie. IBM a aussi pour lui de nombreux modèles maison (spécialisés et multimodaux). Et sa brique de gouvernance, qui s’étend au-delà des modèles et agents bâtis sur watsonx.

… plutôt que sur l’orchestration

L’an dernier, Gartner avait pointé le manque de notoriété d’IBM sur ce segment, surtout vis-à-vis des fournisseurs ayant aussi des produits grand public. Il avait aussi expliqué que le niveau d’intégration avec GCP n’était pas le même qu’avec AWS et Azure. Et regretté qu’IBM mette peu en avant le potentiel de SSPS comme cœur data science au sein de watsonx.

Les remarques sont différentes cette année. Parmi elles, il y a l’absence d’agents dédiés pour la modélisation et l’opérationnalisation. Il y a aussi la difficulté potentielle, pour qui exploite la plate-forme watsonx, à bien cerner quel produit apporte quoi. Autre limite : les solutions de développement et d’orchestration d’agents sont limitées pour ce qui d’intégrer une couche de contexte couvrant sémantique et graphes de connaissances.

Chez Microsoft , une couche de contexte notable…

En 2025, Gartner avait salué le niveau d’innovation au sein d’Azure ML (modèles, options de déploiement, licensing), avec comme emblème Azure AI Foundry Labs, destiné à l’expérimentation de frameworks IA. Il avait aussi signalé l’exhaustivité de l’écosystème de partenaires et la tarification flexible de la GenAI.

Cette année, Microsoft a un bon point pour la capacité d’Azure ML à toucher un large évental de profils d’utilisateurs. Il en d’autres pour sa couche de contexte Fabriq IQ et pour son catalogue de modèles et connecteurs.

… mais des previews qui se prolongent

Les rebrandings fréquents, doublés de « multiples itérations d’offres d’IA », avaient déplu à Gartner l’an dernier. Il avait aussi noté la diffusion très progressive de Copilot pour la data science (au départ, uniquement dans les notebooks). Et la réduction de l’écart de performance entre les modèles d’OpenAI et ceux des autres fournisseurs.

Cette année, on parle de la négociation contractuelle : les retours à son propos sont globalement plus négatifs que chez les concurrents. Gartner note aussi que beaucoup de fonctionnalités touchant à l’IA ont tendance à rester longtemps en version expérimentale. Et évoque un risque de confusion naissant du fait que Microsoft promeut Foundry comme plate-forme par défaut pour ses agents IA tout en continuant à mettre Azure ML en avant pour le MLOps.

Illustration © Gaihong – Adobe Stock

The post Data science : l’IA, facteur de décentralisation appeared first on Silicon.fr.

Gestion du SaaS : l’Europe est devenue un point focal

Chez les fournisseurs de solutions autonomes de gestion du SaaS, l’Europe suscite les convoitises.

Le dernier Magic Quadrant dédié à ce se dénote la tendance. Ils sont, selon Gartner, beaucoup à avoir adapté leurs stratégies de mise sur le marché à cette plaque géographique. Et la « spécialisation » va continuer à s’accroître dans un horizon de 12 à 18 mois. En toile de fond, notamment, les réglementations – DORA, NIS 2, CRA, TIBER-EU… – qui impliquent visibilité et analyse de risque sur les patrimoines applicatifs.

Sous 12 à 18 mois devraient aussi apparaître davantage d’offres managées. Peu de fournisseurs en ont pour le moment. L’opportunité semble grande face au manque de compétences. Encore faut-il que les acheteurs ne soient pas réticents à « ajouter un autre outil ». Gartner avait déjà pointé ce phénomène l’an dernier : les solutions dédiées à la gestion du SaaS n’apparaissent pas comme un choix évident face au SAM (gestion des actifs logiciels). On leur substitue parfois aussi des solutions de sécurité (SSE, CASB, SSPM) capables d’identifier le trafic vers les SaaS.

Dans tous les cas, le marché reste peu mature. La stabilité de la plupart des fournisseurs restant incertaine, on préférera ne pas contractualiser sur plus de 2 ans.

Trois « acteurs de niche » devenus « leaders »

D’une année à l’autre, les critères fonctionnels à satisfaire pour figurer au Magic Quadrant de la gestion du SaaS ont peu évolué. Il s’agissait toujours, entre autres, de permettre la découverte des usages via au moins trois méthodes parmi :

  • Extensions de navigateur
  • Agents
  • Systèmes de gestion financière ou des dépenses
  • SSO/IdP
  • OAuth
  • Outils de gestion des terminaux
  • Messageries électroniques
  • Connexions API directes

Une option a été ajoutée à la liste : les outils de sécurité, au sens large (SIEM, EDR, SASE…). Il fallait sinon toujours assurer un minimum d’orchestration de workflows sans code pour l’automatisation de tâches courantes (onboarding employé, redistribution des licences…), permettre la gestion des dépenses sur au moins 20 SaaS et proposer un système de délégation de responsabilité aux métiers.

Les intégrations ITSM sont demeurées facultatives. Comme les catalogues et les formulaires de demandes d’applications, le scoring de risque, la gouvernance des identités et l’extensibilité par API.

Les 5 fournisseurs classés « leaders » l’an dernier le sont restés. Nommément, BetterCloud, Flexera, Torii, Zluri et Zylo. Ils sont rejoints par un ex-«challenger» (1Password) et trois ex-«acteurs de niche» (Calero, CloudEagle.ai, ServiceNow).

16 fournisseurs… dont 2 français

Dans la structure du Magic Quadrant, les « challengers » sont des fournisseurs plus avancés sur l’axe dit « exécution » que sur celui dit « vision ». Le premier traduit la capacité à répondre à la demande (expérience client, tarification, qualité des produits/services…). Le second reflète les stratégies (modèle économique, innovation, déploiement géographique…).

La situation sur l’axe « exécution » :

Rang Fournisseur Évolution annuelle
1 Torii + 1
2 Zylo – 1
3 Flexera =
4 ServiceNow + 4
5 1Password + 1
6 BetterCloud – 2
7 Zluri – 2
8 CloudEagle.ai + 2
9 Calero =
10 Josys + 4
11 Axonius + 2
12 Auvik – 1
13 USU – 1
14 Corma + 1
15 Matrix42 + 1
16 Avanoo nouvel entrant

Sur l’axe « vision » :

Rang Fournisseur Évolution annuelle
1 Zylo =
2 Torii =
3 Flexera + 1
4 BetterCloud – 1
5 CloudEagle.ai + 4
6 Calero + 1
7 1Password + 1
8 Zluri – 3
9 Axonius + 4
10 ServiceNow =
11 Josys + 1
12 Matrix42 – 1
13 Corma + 3
14 USU + 1
15 Auvik – 1
16 Avanoo nouvel entrant

11 des 16 fournisseurs classés sont nord-américains (9 basés aux États-Unis, 2 au Canada). Les 5 autres sont tous « acteurs de niche ». Parmi eux, un japonais (Josys), deux allemands (Matrix42, USU)… et deux français. D’une part, Avanoo, nouvel entrant dans le Magic Quadrant de la gestion du SaaS. De l’autre, Corma, qui avait fait son entrée l’an dernier.

1Password, fonctionnellement exhaustif…

Né en 2005, 1Password a lancé son offre de gestion du SaaS en 2021.

Gartner en apprécie les capacités de découverte des usages, alimentées par un écosystème d’intégrations exhaustif. Il la juge également efficace sur l’optimisation des dépenses et le suivi de l’usage de l’IA. Ainsi que l’automatisation sans code. Bons points aussi pour le catalogue d’applications et la gestion des contrats/portefeuilles.
1Password se distingue par ailleurs sur la cadence des mises à jour fonctionnelles. Il est de ceux qui ont accéléré sur la région EMEA (Europe, Moyen-Orient, Afrique), via l’augmentation de ses effectifs sur place.

… mais pas sur l’IA

Malgré un volume de production de contenus en hausse et des partenariats de sponsoring, 1Password manque encore de notoriété sur ce marché. Il utilise moins l’IA/ML que ses concurrents, ce qui accroît l’effort nécessaire pour exploiter sa solution. Celle-ci, note Gartner, n’est vendue comme autonome que depuis peu (elle était auparavant distribuée dans le cadre d’une plate-forme de gestion unifiée des accès). La transition, en cours, peut poser des difficultés d’alignement sur les besoins, estime le cabinet américain.

BetterCloud : l’expérience d’un « ancien »…

Né en 2011, BetterCloud a lancé son offre de gestion du Saas en 2016.

Relativement « ancien » par rapport à la moyenne du marché, il sait d’autant mieux appréhender les besoins. Son acquisition par CoreStack (mars 2026) ouvre des perspectives dans le cadre d’un nouvel ensemble en bonne santé financière et disposant d’une clientèle diversifiée (objectif : fournir un « OS de gouvernance agentique »…).
Contrairement à 1Password, BetterCloud ne manque pas de notoriété sur ce segment, entre sa conférence annuelle, son rapport State of SaaS et plus globalement son volume de production de contenus.

… qui reste toutefois centré sur les États-Unis

L’activité de BetterCloud reste centrée sur les USA. Outre l’absence d’options de résidence des données, le support est aligné sur cette plaque géographique (9 heures – 20 heures EST du lundi au vendredi ; chatbot le reste du temps). Quant à la tarification, elle reste « relativement élevée » par rapport à la concurrence. Et sur la gestion des dépenses, les capacités de suivi de la facturation à l’usage sont « légères » (pas de contrôle de la consommation de tokens, en particulier).

Calero et son approche englobante…

Né en 1995, Calero a lancé son offre de gestion du SaaS en 2021.

Son historique lui a permis de développer des présences régionales adaptées doublées d’un grand réseau de partenaires. Il a aussi l’avantage d’une approche qui englobe SaaS, télécoms et mobilité, déployée auprès des grandes entreprises avec un focus sur la gestion financière (contrôle des renouvellements, automatisation des opérations, gouvernance de portefeuille…).

… qui dilue l’aspect gestion du SaaS

L’approche globale de Calero a pour revers de « diluer » la communication sur la partie SaaS : peu de retours clients et peu de cas d’étude spécifiques. Comme chez 1Password, l’usage de l’IA/ML est moins développé que la moyenne. Et le sentiment client s’avère parfois négatif sur l’implémentation comme sur le support.

CloudEagle.ai, avancé sur l’automatisation agentique…

Né en 2021, CloudEagle.ai a lancé son offre de gestion du SaaS la même année.

Lui utilise au contraire l’IA de manière exhaustive, de la comparaison de prix à la gouvernance. Il donne aussi dans l’automatisation agentique (onboarding employé, récupération de licences, renouvellements…).Et propose un suivi financier « robuste » de son usage (facturation à l’usage / au token). Gartner salue aussi sa cadence de release et l’adéquation de sa roadmap avec le besoin client.

… mais lui aussi peu développé au-delà des USA

Même s’il a accru son effectif, CloudEagle.ai reste un « petit » acteur sur ce marché. Sa notoriété demeure plus globalement limitée. Et son activité reste centrée sur les USA. Au-delà des options d’hébergement et des labels de conformité, elle est peu adaptée aux autres régions géographiques.

Maturité et présence globale pour Flexera…

Né en 1987, Flexera a lancé son offre de gestion du SaaS en 2016.

Son ancienneté est synonyme de présence mondiale, appuyée par un écosystème de partenaires mature et un hébergement Azure flexible. Elle s’assortit d’une grande notoriété, renforcée par divers rapports souvent repris, comme State of the Cloud. Autres éléments distinctifs : les multiples méthodes de découverte de l’usage du SaaS (qui permet la couverture de patrimoines logiciels complexes) et le niveau d’intégration avec les solutions ITAM/SAM.

… mais support de qualité inégale

En plus d’un support de qualité inégale, le paramétrage de la solution et des intégrations peut se révéler compliqué. Quantité de connecteurs sont en lecture seule et certaines gammes d’outils ne sont que partiellement couvertes (observabilité, sécurité, gestion des terminaux). Par rapport aux autres fournisseurs classés dans le Magic Quadrant, les fonctionnalités IA « avancées » (comprendre l’agentique) sont limitées.

ServiceNow a su localiser ses activités…

Né en 2004, ServiceNow a lancé son offre de gestion du SaaS en 2019.

Le périmètre d’activité de ServiceNow garantit un grand réseau de partenaires, des équipes et des contenus localisés et une variété de certifications. Des workflows agentiques sont venus enrichir des aspects tels que la récupération de licences (en complément aux intégrations CMDB) et la gouvernance des coûts. Gartner recense aussi des améliorations sur la gestion du risque fournisseur et sur la scalabilité.

… mais pas accélérer son delivery

La solution de gestion du SaaS s’avère plus intéressante pour qui exploite le reste de la plate-forme ServiceNow. Dans tous les cas, cela n’enlève pas la complexité d’implémentation et de prise en main. Vigilance aussi sur la cadence de livraison de fonctionnalités : 2 fois par an (ou 4 fois sur la gestion des licences), sous la moyenne du marché.

Torii, profond sur l’analyse des usages…

Né en 2017, Torii a lancé son offre de gestion du SaaS la même année.

Au contraire de ServiceNow, il se distingue positivement sur la cadence de livraison, en plus d’une feuille de route bien alignée sur les besoins. Gartner apprécie aussi la profondeur de l’analyse d’usage du SaaS et le niveau d’automatisation de la gestion des licences. Ainsi que l’exploitation de la GenAI pour fluidifier la découverte d’applications et l’enrichissement de leurs profils.

… mais cher sur son plus haut niveau d’offre

Sur le plus haut niveau d’offre (Enterprise), les prix publics sont au-dessus de la moyenne du marché. Torii ne propose en outre pas d’option de résidence des données hors des États-Unis. Son delivery centralisé sur place susceptible de limiter sa compétitivité dans le reste du monde, souligne Gartner : il peut être difficile d’obtenir du support localisé.

Zluri salué sur l’orchestration…

Né en 2020, Zluri a lancé son offre de gestion du SaaS la même année.

Au-delà de sa cadence de livraison rapide, il se distingue sur le niveau d’automatisation et d’orchestration sans code, à renfort d’une couche data orientée identités. Gartner salue les possibilités offertes en matière de gestion du shadow AI.

… moins sur la gestion financière

Zluri n’a pas de présence directe en région EMEA, ainsi qu’en Asie si on excepte l’Inde. Comme BetterCloud, il n’est pas le plus avancé sur la gestion financière. La gestion du SaaS a plus globalement perdu du poids dans sa communication, en conséquence d’un recentrage sur la gouvernance des identités.

Support « exceptionnel » chez Zylo…

Né en 2016, Zylo a lancé son offre de gestion du SaaS la même année.

Gartner salue la qualité « exceptionnelle » de son support et les réussites affichées en matière de gestion des coûts (beaucoup de cas clients disponibles). Il apprécie aussi la diffusion de l’IA au sein de l’offre, du serveur MCP à l’assistant Clarity AI pour optimiser les dépenses et gérer les renouvellements. Autres bons points : sa bibliothèque propriétaire d’applications SaaS et sa capacité à cibler différents profils d’acheteurs.

… mais attention au modèle de delivery

Zylo est de ceux qui ne proposent pas de résidence des données hors des USA. Tout son effectif est sur place (pas de présence internationale en direct, donc). Attention aussi au modèle de livraison axée sur la valeur : il peut impliquer, pour le client, une augmentation d’effectif à mesure que le patrimoine SaaS s’étend.

Illustration générée par IA

The post Gestion du SaaS : l’Europe est devenue un point focal appeared first on Silicon.fr.

Sécurité de la supply chain logicielle : des outils complexes à mettre en action

Se limiter à une vingtaine de fournisseurs ne convient plus pour analyser le marché de l’AST (tests de sécurité applicative).

Gartner en a jugé ainsi. Il considère que ce marché s’est trop étendu pour entrer dans la grille d’analyse de son Magic Quadrant, qui impose la limite en question. Il a donc « zoomé » sur un sous-segment : la sécurité de la chaîne d’approvisionnement logicielle.

Son évaluation s’est centrée sur trois composants fonctionnels : SCA, SBOM et threat intelligence. De nombreuses briques n’étaient pas obligatoires pour figurer dans ce Magic Quadrant. Entre autres :

  • Intégration dans les gestionnaires de code source et les outils de build
  • Protection contre les composants IA tiers (LLM et serveurs MCP)
  • Analyse des extensions dans les IDE
  • Gouvernance de la posture de sécurité des pipelines de livraison
  • Gestion du cycle de vie des SBOM

18 fournisseurs, 8 « leaders »

Deux axes déterminent le positionnement des fournisseurs. L’un, dit « exécution », traduit la capacité de réponse à la demande (expérience client, tarification, qualité des produits/services…). L’autre, dit « vision », reflète les stratégies (géographique, sectorielle, innovation…).

La situation sur l’axe « exécution » :

Rang Fournisseur
1 JFrog
2 Sonatype
3 Checkmarx
4 Black Duck
5 Chainguard
6 Cycode
7 Apiiro
8 OX Security
9 ReversingLabs
10 Endor Labs
11 GitHub
12 Lineaje
13 RapidFort
14 Mend.io
15 Arnica
16 FOSSA
17 ActiveState
18 Veracode

Sur l’axe « vision » :

Rang Fournisseur
1 Chainguard
2 JFrog
3 Black Duck
4 Checkmarx
5 Apiiro
6 OX Security
7 Endor Labs
8 Cycode
9 ReversingLabs
10 Lineaje
11 Sonatype
12 Mend.io
13 RapidFort
14 GitHub
15 Arnica
16 ActiveState
17 Veracode
18 FOSSA

Sur les 18 fournisseurs classés, 8 se trouvent dans le carré des « leaders » : Apiiro, Black Duck, Chainguard, Checkmarx, Cycode, JFrog, OX Security et Sonatype.

Apiiro, pas simple à prendre en main

Chez Apiiro, Gartner apprécie l’intégration du SCA dans un modèle à base de graphes, qui aide à prioriser les vulnérabilités sur la base de leur exploitabilité et de leur impact. Bon point également pour ce que la brique Guardian Agent apporte en matière de détection et de remédiation à travers IDE, CI/CD et agents de codage. Apiiro est plus globalement parvenu à adapter ses fonctions de gouvernance au développement assisté par IA.

Par rapport aux solutions concurrentes, la plate-forme d’Apiiro est plus complexe à prendre en main. Surtout lorsque la responsabilité sur les diverses parties du cycle de développement logiciel échoit à différentes équipes. Attention aussi pour qui a des infrastructures SDLC simples ou une adoption limitée de l’IA : le coût de la solution et l’effort pourraient ne pas se justifier.

Axé gouvernance, Black Duck risque de s’aliéner les développeurs

Gartner note la qualité des bulletins de sécurité de Black Duck. Il souligne aussi son positionnement sur les environnements régulés, entre SBOM opposables, gestion de conformité des licences et workflows de divulgation de vulnérabilités. Ainsi que sa capacité à couvrir des cas d’usage au-delà du cloud-native (firmwares, systèmes embarqués, logiciels distribués uniquement sous forme de binaires…) avec un même SCA.

Centrés sur la gouvernance et par là même très structurés, les workflows de Black Duck sont susceptibles de ne pas convenir à qui souhaite donner la main à des développeurs. Attention aussi à l’effort d’onboarding. Et à ce que l’exhaustivité des analyses implique en matière de durée des scans, de volume de données et de complexité des processus.

Chez Chainguard, un risque de verrouillage

L’approche de Chainguard consiste à livrer des bibliothèques et des images (conteneurs, VM) sécurisées par défaut, reconstruites à partir des sources. Gartner apprécie cette forme de « protection en amont », d’autant plus que les artefacts produits peuvent être consommés via des formats standards.

Revers de la médaille : ce modèle procure peu de flexibilité pour consommer des dépendances arbitraires et soulève un risque de verrouillage. Par ailleurs, Chainguard est limité dans ses capacités d’inspection et de remédiation au sein des IDE.

Checkmarx, à calibrer avec précaution

Au contraire de Chainguard, Checkmarx s’intègre profondément dans les IDE, avec de la remédiation assistée par IA. Il a centralisé la gouvernance de plusieurs moteurs de sécurité, favorisant la normalisation des signaux et l’application cohérente des politiques. Gartner apprécie aussi les capacités de corrélation des vulnérabilités avec le contexte du code applicatif.

À l’abonnement comme à l’usage, la tarification de Checkmarx est plus élevée que la moyenne sur ce segment. La granularité du contrôle des politiques suppose une calibration précautionneuse pour s’aligner sur le niveau de risque toléré. Vigilance aussi sur l’onboarding, d’autant plus que Checkmarx cible avant tout les cas d’usage des grandes entreprises.

Avec Cycode, une mise en action potentiellement longue

Cycode se distingue par son focus sur les menaces spécifiques aux briques IA et au codage agentique. Gartner note qu’il a adapté son offre aux récentes attaques telle Shai-Hulud, en proposant notamment une protection des pipelines à l’exécution.

Tant en termes de clientèle que de présence et d’effectif dédié, Cycode est un « petit » acteur sur ce segment. Il lui manque aussi des certifications comme FedRAMP. De plus, la mise en action de sa solution peut se révéler longue chez qui a des environnements de build hérités ou hautement personnalisés. Attention aussi aux volumes d’alertes.

JFrog, plus cher que la moyenne

Gartner apprécie l’approche policy-as-code de JFrog, qui automatise la collecte et la preuve de conformité en attachant des attestation de sécurité aux paquets logiciels. Ses SLA régionaux sont un autre point fort. Comme, plus globalement, le niveau d’automatisation (sur la substitution de vendeurs, par exemple), qui favorise le maintien de la cadence des workflows de développement.

Sur le pricing, même remarque que pour Checkmarx : plus élevé que la moyenne. Cela s’accompagne d’une tendance à modifier chaque année la tarification publique et les remises… en contraste avec la dynamique générale du marché. Gartner y ajoute une prise en charge IDE limitée aux environnements Visual Studio Code. Et souligne que les contrôles de sécurité pour les skills agentiques ne sont que récemment sortis de PoC.

Chez OX Security, des problèmes avec le reporting

Gartner salue la brique OX VibeSec, qui s’intègre directement dans les workflows de génération de code. Il apprécie aussi les capacités en matière de gestion de la posture de sécurité des pipelines, avec notamment une extension propriétaire du SBOM. Autre bon point : l’abonnement est moins cher que chez la plupart des autres fournisseurs classés dans ce Magic Quadrant.

OX Security n’a pas de certification FedRAMP. Ni d’analyse de binaires (fonctionnalité qui devient un élément de différenciation important, en complément au SCA niveau manifestes). Des clients ont signalé des problèmes avec le reporting et les alertes. En particulier, des historiques limités et un manque d’options de personnalisation.

Des manques fonctionnels chez Sonatype

Sonatype se distingue par le niveau d’unification de ses outils et son approche de remédiation associant règles déterministes et GenAI. Il a aussi pour lui sa brique interactive Guide, qui fournit aux développeurs un retour sur la sécurité, la qualité et la conformité des licences. Bon point également pour le support.

Pas de FedRAMP non plus pour Sonatype, et une transition vers du pricing à l’usage qui peut entraîner de la confusion. Il lui manque par ailleurs des fonctionnalités telles que la gestion de posture de sécurité des pipelines, la sécurisation des workspaces développeurs et la détection des secrets.

Illustration © Molodec – Shutterstock.com

The post Sécurité de la supply chain logicielle : des outils complexes à mettre en action appeared first on Silicon.fr.

DevSecOps : la « plate-forme », une notion relative

Google a-t-il une offre qualifiable de « plate-forme DevSecOps » ?

Gartner considère que oui. Il l’a d’ailleurs classé dans le Magic Quadrant consacré à ce segment de marché. C’en est la quatrième édition… mais la première à intégrer la composante sécurité dans son intitulé – auparavant, le cabinet américain s’en tenait au DevOps – et dans la liste des critères obligatoires. Il fallait, en l’occurrence, pouvoir orchestrer des fonctionnalités telles que l’analyse de code, la modélisation des menaces et la protection des API.

Google avait figuré dans la première édition (2023). Il avait ensuite disparu des tablettes, faute de proposer une offre relevant de la plate-forme. Gartner estime que les choses ont changé. Pas radicalement, néanmoins : on est plutôt sur une « collection d’outils »* pas spécifiquement conçus pour le DevSecOps et combinés sans stratégie produit globale.

Dans ce contexte, Google se positionne parmi les « acteurs de niche ». Il côtoie, dans cette zone du Magic Quadrant, Buildkite, CircleCI, CloudBees, JetBrains et Octopus, qui y étaient déjà tous l’an dernier. Ainsi qu’OpenText, qui fait quant à lui partie des nouveaux entrants. Comme IBM et HCLSoftware, classés pour leur part chez les « visionnaires ».

Plates-forme DevSecOps : 13 fournisseurs, 4 « leaders »

Selon la terminologie du Magic Quadrant, sont « visionnaires » les fournisseurs qui se trouvent dans la partie basse sur l’axe dit « exécution »… et dans la partie haute sur celui dit « vision ». Le premier traduit la capacité à répondre à la demande (expérience client, tarification, qualité des produits/services…). Le second reflète les stratégies (ventes, innovation, déploiement sectoriel et géographique…). Les offreurs au positionnement inverse sont dits « challengers ». Ceux suffisamment bien placés sur les deux axes sont « leaders ». À l’opposé, il y a les « acteurs de niche ».

La situation sur l’axe « exécution » :

Rang Fournisseur Évolution annuelle
1 Atlassian =
2 Harness =
3 GitLab =
4 Microsoft =
5 HCLSoftware nouvel entrant
6 Buildkite + 1
7 CloudBees + 1
8 IBM nouvel entrant
9 Octopus – 3
10 Google nouvel entrant
11 JetBrains – 2
12 CircleCI -2
13 OpenText nouvel entrant

Sur l’axe « vision » :

Rang Fournisseur Évolution annuelle
1 Harness + 1
2 Microsoft + 3
3 GitLab =
4 Atlassian – 3
5 IBM nouvel entrant
6 HCLSoftware nouvel entrant
7 CloudBees =
8 Google nouvel entrant
9 OpenText nouvel entrant
10 Buildkite – 4
11 JetBrains – 1
12 CircleCI – 4
13 Octopus – 4

Les quatre « leaders » de l’an dernier le restent :

  • Atlassian (progresse en exécution, recule en vision)
  • GitLab (progresse en exécution, stable en vision)
  • Harness (progresse sur les deux axes)
  • Microsoft (progresse sur les deux axes)

Atlassian a acté la fin de l’option on-prem

Gartner apprécie les SLA et le niveau de sécurité de l’offre SaaS d’Atlassian, ainsi que les options de résidence des données. Il salue le niveau d’unification de la plate-forme, tout comme la diffusion de l’IA en son sein et sa capacité à répondre aux besoins des différentes parties prenantes du SDLC.

Quoique techniquement unifiée, la plate-forme ne l’est pas sur le plan commercial – pas de SKU unique – sauf pour les plus gros clients. Atlassian propose par ailleurs moins de briques de sécurité natives que les autres « leaders ». Il est aussi le seul à ne pas avoir d’option viable pour qui a besoin d’une solution sur site, affirme Gartner. En toile de fond, l’annonce, l’an dernier, de la fin de la gamme Datacenter pour 2029, sauf Align et Bitbucket.

Chez GitLab, une restructuration qui laisse des traces

Chez GitLab, SaaS et on-prem sont à parité fonctionnelle, y compris pour les composantes IA. Ses SLA ont été renforcés, égalant voire dépassant ceux de la concurrence. Il propose globalement, en natif, la plupart des capacités qu’on peut attendre d’une plate-forme DevSecOps, d’après Gartner.

Au contraire d’Atlassian, GitLab manque d’une empreinte d’ensemble sur le SDLC, au-delà des métiers de l’ingénierie logicielle. Son business indirect délivre des résultats limités sur la plaque Asie-Pacifique et la restructuration récemment engagée au nom de l’IA ne suscite pas l’adhésion de tous ses employés.

Harness, pas au niveau de la concurrence sur les SLA

Harness parvient à intégrer efficacement les solutions open source, mais aussi les entreprises qu’il acquiert. Gartner salue sa proposition de valeur sur la sécurité, le MLOps et l’IA agentique. Il apprécie aussi l’approche de vente modulaire de la plate-forme.

En fonctions des géographiques, les services et le support que fournissent les partenaires s’avère inégal. Les SLA n’atteignent pas ceux de la concurrence, que ce soit sur la disponibilité ou le temps de réponse. Le marketing de Harness demeure par ailleurs assez éloigné de la population des cadres dirigeants (C-suite).

Sur GitHub, Microsoft priorise l’IA au cœur fonctionnel

Au-delà de sa présence mondiale (ventes, support, R&D, datacenters…) et plus généralement de la viabilité de son activité, Microsoft a su constituer un vaste écosystème autour de son offre. Gartner la juge fonctionnellement riche, tout en notant les passerelles établies avec d’autres solutions DevSecOps. Il salue aussi la manière dont l’IA s’y diffuse.

Ce focus sur l’IA a tendance à ralentir la cadence d’innovation sur le cœur fonctionnel de GitHub. En parallèle, la transition du modèle au siège vers la facturation à l’usage complique la gestion des coûts. Et l’offre Azure DevOps reste au catalogue, imposant d’évaluer la complémentarité et/ou les chevauchements avec GitHub.

* Cloud Build, Cloud Deploy, Artifact Registry, Gemini Code Assist, Gemini Cloud Assist, Security Command Center, Secret Manager, Google Cloud Observability, Gemini Enterprise

Illustration © ArtemisDiana – Adobe Stock

The post DevSecOps : la « plate-forme », une notion relative appeared first on Silicon.fr.

Gestion de l’expérience employé numérique : un marketing à recadrer ?

On peut être « leader » sur un marché tout en manquant de notoriété.

Cela se vérifie sur les solutions de gestion de l’expérience employé numérique (DEX). Tout du moins d’après la grille de lecture que Gartner en donne dans le cadre de son Magic Quadrant.

Riverbed fait partie des fournisseurs concernés. Bien que placé dans le peloton de tête, il manque de visibilité du fait d’un marketing qui tend à englober des segments adjacents. Chez Lakeside Software et Omnissa, il est au contraire restrictif, le discours se centrant sur les use cases IT.

15 fournisseurs, 7 « leaders »

HP aussi pâtit d’une notoriété limitée. Analystes et acheteurs le mentionnent peu par rapport aux concurrents. Cela n’a pas empêché Gartner de le classer parmi les « leaders » du DEX. Il rejoint, dans cette catégorie, six fournisseurs qui l’étaient déjà l’an dernier : ControlUp, Lakeside Software, Nextthink, Omnissa, Riverbed et TeamViewer.

Le Magic Quadrant se structure en deux axes. L’un, dit « exécution », traduit la capacité à répondre à la demande (expérience client, tarification, qualité des produits/services…). L’autre, dit « vision », reflète les stratégies (business model, partenariats, innovation…).

La situation sur l’axe « exécution » :

Rang Fournisseur Évolution annuelle
1 Nextthink =
2 ControlUp + 1
3 Riverbed + 1
4 TeamViewer – 2
5 Lakeside Software =
6 HP Inc. + 1
7 Omnissa – 1
8 ServiceNow + 3
9 Tanium – 1
10 Ivanti – 1
11 Nanoheal – 1
12 ManageEngine nouvel entrant
13 Flexxible =
14 Progressive Techserve =
15 HCLSoftware – 3

Sur l’axe : « vision » :

Rang Fournisseur Évolution annuelle
1 Nextthink =
2 Riverbed + 1
3 ControlUp – 1
4 ServiceNow + 6
5 Lakeside Software + 2
6 HP Inc. =
7 TeamViewer – 3
8 Omnissa – 3
9 Tanium – 1
10 Ivanti – 1
11 Nanoheal =
12 ManageEngine nouvel entrant
13 Progressive Techserve =
14 HCLSoftware – 2
15 Flexxible – 1

De l’administration au dépannage en self-service, ControlUp a avancé sur l’IA…

L’an dernier, Gartner avait salué l’accroissement de l’usage d’IA chez ControlUp, en plus du mouvement amorcé vers la gestion autonome d’endpoints. Cette année, le cabinet américain s’arrête plus particulièrement sur les briques IA pour l’administration et le dépannage en self-service. Il y ajoute les avancées sur Android et les communications unifiées, respectivement en partenariat avec Telchemy et B2M Solutions.

Au-delà de sa situation financière, de l’échelle de son activité et de sa capacité à s’adapter aux évolutions du marché, ControlUp articule clairement sa proposition de valeur.

… mais faire la correspondance entre offres et cas d’usage est difficile

Par rapport à l’an dernier, il n’est plus question de manque de notoriété. Mais le marketing reste souvent centré sur les produits ou les fonctionnalités. Et il différencie peu la valeur en fonction des profils d’utilisateurs comme des niveaux de maturité.

Selon les régions, le channel varie en profondeur, ainsi que dans ses approches commerciales et ses tarifications. Plus généralement, il est difficile d’associer des offres à des cas d’usage et de modifier le coût total. Gartner donne là une observation moins favorable qu’en 2025 (il avait mis l’accent sur la simplification du packaging).

HP maîtrise les spécificités régionales…

Du fait de son historique de présence mondiale, HP a une capacité à appréhender les spécificités régionales. Et à adapter, en conséquence, ses fonctionnalités, ses ventes et son marketing. Cet historique lui permet aussi de capitaliser sur ses contrats dans le hardware et les services technologiques. La roadmap est claire et la cadence de delivery, adéquate, ajoute Gartner.

… mais manque de maturité sur le DEX

Malgré des investissements multicanaux, la notoriété de HP sur le DEX demeure, comme sus-évoqué, limitée. Il faut dire que son offre, en GA depuis à peine 2 ans, est moins mature que celle des principaux concurrents. Il manque d’ailleurs de cas clients et partenaires spécifiques au DEX.

Lakeside Software se développe via son channel

L’an dernier, Gartner avait salué ControlUp pour l’alignement de son DEX sur les besoins du marché. Cette année, il souligne, en particulier, son adaptation aux cas d’usage IT.

D’une année à l’autre demeure le constat de retours clients positifs quant aux capacités de collecte et de conservation des données. Elles favorisent le développement de fonctionnalités IA et contribuent aussi, notamment, à l’analyse de cause racine.

Autre point fort signalé en 2025 et à nouveau mentionné cette fois-ci : l’inclusion des services customer success dans la licence de base. Gartner y ajoute la stratégie channel, qui donne de l’échelle à ControlUp, compensant son effectif organique limité.

… mais se reconstruit en interne

La base installée, elle, reste moins importante que chez les concurrents. Et la satisfaction employé demeure mitigée. ControlUp – dont l’équipe dirigeante a changé en 2025, à commencer par le retour du fondateur – n’est par ailleurs toujours pas rentable.

L’équipe marketing aussi a été reconstruite. Le narratif avec ; centré, donc, sur les use cases IT, au risque de s’aliéner certains acheteurs. Attention, en parallèle, au licensing, qui alterne entre des options facturées par appareil et par utilisateur.

Nextthink garde une longueur d’avance…

Comme l’an dernier, Nextthink est salué pour les extensions apportées à la gestion de l’expérience de virtualisation. S’y ajoutent, cette année, la gestion d’Android (en bêta) et un agent IA pour les employés. Gartner ne fait plus la remarque sur l’éventail d’endpoints plus restreint que chez la concurrence.

Autre constat renouvelé : celui d’un marketing efficace. Entre conférences et podcasts, Nextthink est le fournisseur DEX le plus souvent mentionné tant par les acheteurs que par les concurrents. L’extensibilité de sa plate-forme lui vaut une fois encore un bon point, tant en termes de nombre de terminaux gérables par client que d’options de localisation de données (partout où AWS a des datacenters).

… qui a un prix

L’an dernier, Gartner avait signalé que le bundle complet était plus cher que la plupart des outils DEX. Cette année, il est plus générique sur la tarification, dite « plus élevée » que chez beaucoup d’autres fournisseurs. Nextthink a de plus introduit une part de facturation à l’usage, avec de nouvelles structures de remises.

Comme souvent lors du changement de propriétaire, Gartner exprime une incertitude sur l’évolution de la roadmap, des prix et du support. Nextthink est effectivement tombé dans l’escarcelle de la société d’investissement Vista Equity Partners.

Omnissa, efficace sur la GenAI…

L’an dernier, Omnissa avait eu un bon point pour son usage efficace de la GenAI. Il en bénéficie à nouveau, en particulier au titre de la détection d’anomalies et de la génération de scripts et de capteurs. Ainsi que de l’assistance des utilisateurs finaux dans Teams et Slack.

À la présence géographique et au réseau de partenaires, salué l’an dernier, Gartner ajoute le niveau de croissance du CA et des effectifs (innovation, support, channel). Il salue à nouveau l’intégration du DEX d’Omnissa avec ses autres produits (Workspace ONE UEM, Horizon, Freestyle Orchestrator…).

… mais en peine de traction

Reflet potentiel de sa proposition de valeur orientée sur les cas d’usage IT, Omnissa voit sa base clients croître moins vite que la moyenne du marché. Il en récupère peu à la concurrence. Comme HP, il manque de user stories… et d’évaluations sur les Peer Insights de Gartner.

Riverbed, distingué sur l’approche « observabilité »…

Riverbed aussi a droit au bon point pour la roadmap adaptée aux besoins du marché. Gartner y ajoute le triplement de son effectif DEX et l’extension de son réseau de partenaires. Il distingue aussi son approche « observabilité » qui rapproche le DEX du monitoring réseau et applicatif.

Autre point fort : les capacités agentiques, qui permettent d’adapter insights, investigations et actions aux profils des utilisateurs. En la matière, on nous mentionne :

  • Pulse (flux d’observabilité avec apprentissage par renforcement)
  • Aternity Replay (rejeu de sessions)
  • Skills publiables sur Copilot Studio (pour du self-service sur Teams)

… moins sur la facilité d’usage

Au-delà du manque de notoriété sus-évoqué, Riverbed enregistre une croissance d’ARR inférieure à la moyenne du marché. Comme Omnissa, il récupère peu de clients à la concurrence (ses solutions tendent à compléter d’autres outils plutôt qu’à les remplacer).

Les services customer success sont limités à certains comptes, avait noté Gartner l’an dernier. Cette fois, il explique que les services « avancés » fournis peuvent varier selon la taille des comptes. Il alerte aussi quant à la complexité d’usage que signalent certains utilisateurs.

Services, support et SLA, à parité régionale chez TeamViewer…

Soulignée l’an dernier, l’élasticité du DEX de TeamViewer l’est à nouveau cette année. Avec, en référence, un client qui compte 600 000 agents actifs.

TeamViewer est un des rares « leaders » salués sur le marketing (renforcement de l’effectif, investissements accrus, publication d’un livre, sponsoring sportif…). Il l’est aussi pour l’homogénéité des services et du support – ainsi que des SLA – entre plaques géographiques.

… qui a du mal à digérer 1E

TeamViewer ne tire qu’une petite partie du son CA du DEX, segment sur lequel son ARR recule. Comme chez Lakeside Software, le sentiment des employés est mitigé.

L’acquisition de 1E, que Gartner avait vantée l’an dernier comme une opportunité de cross-selling et de passage à l’échelle, a entraîné du turnover. Additionnée à la variabilité des dépenses du gouvernement américain (un client important), elle a affaibli la position concurrentielle de TeamViewer. Elle suppose aussi un chantier d’unification UX, pas encore mené à terme (il faut aussi intégrer une autre acquisition : Exposure, qui vient renforcer la partie monitoring).

Illustration générée par IA

The post Gestion de l’expérience employé numérique : un marketing à recadrer ? appeared first on Silicon.fr.

Assistants de codage : au régime agentique, un autre paysage concurrentiel

À matière première plus chère, produits plus chers.

À l’été 2025, le phénomène s’était manifesté chez Cursor. La « matière première » en question : les LLM d’Anthropic.

Leur coût augmentant, Cursor avait fini par basculer ses forfaits individuels vers un modèle au token, celui basé sur les requêtes n’étant plus jugé tenable.

Quelques semaines plus tard, Gartner avait mentionné l’épisode dans la synthèse de son Magic Quadrant consacré aux assistants de codage. Anthropic, avait-il souligné, représentait une menace d’autant plus grande qu’il s’était lui-même positionné sur ce marché, avec Claude Code. Le symbole d’une tendance plus globale des fournisseurs de LLM à développer leurs propres assistants de codage, avait expliqué le cabinet américain.

Il n’en dit pas moins cette année. Il approfondit même le sujet. Constat : les fournisseurs de modèles de fondation concurrencent désormais directement les éditeurs dont ils n’étaient jusque-là que les fournisseurs. Avec un avantage en particulier : celui de pouvoir optimiser conjointement leurs modèles et leurs harnais agentiques. La concurrence est d’autant plus forte qu’en réaction, ces éditeurs se sont mis à développer leurs propres modèles. Exemple avec Cursor, qui exploite pour cela les ressources de calcul de SpaceX.

Des « assistants » aux « agents » : GitLab sort du Magic Quadrant

L’an dernier, le Magic Quadrant avait porté sur les « assistants de codage ». Gartner avait intégré l’aspect agentique dans son évaluation, mais pas parmi les critères à respecter impérativement (saisie semi-automatique multiligne avec suggestions en langage naturel, génération de tests unitaires et de documentation, connaissance du contexte des dépôts de code internes, etc.).

Cette année, place aux « agents de codage ». Les critères d’évaluation s’en ressentent. Dans les grandes lignes, étaient obligatoires :

  • Exécution autonome de tâches à partir d’instructions en langage naturel
  • Vérification et autocorrection itératives (build, test, validation, débogage, refactorisation)
  • Intégration avec outils et environnements de développement
  • Gestion automatique du contexte (identification, sélection, réutilisation…)
  • Prise en charge de MCP
  • Mécanismes de supervision humaine, de traçabilité et d’audit
  • Analyse de l’usage
  • Gestion des utilisateurs, des accès et de l’exclusion de code
  • Garantie de non-exploitation du code et de la documentation des clients à des fins d’entraînement de modèles

L’orchestration multi-agents était optionnelle. Comme, entre autres :

  • Création de sous-agents personnalisés
  • Déclenchement de workflows sur la base d’événements
  • Gestion des skills (modèles d’instructions)
  • Orchestration unifiée du contexte (constitution d’une base de connaissances structurée)
  • Workflows spec-driven
  • Agents spécialisés pour la modernisation et la traduction de code
  • Assistance à la revue de code
  • Gestion des coûts
  • Multiples modèles de déploiement

Des 14 fournisseurs classés l’an dernier, 6 ne le sont plus cette année : Augment Code, Harness, IBM, Qodo, Tencent Cloud… et GitLab, que Gartner avait pourtant positionné parmi les « leaders ». Non sans affirmer qu’il n’était pas en avance sur le marché en ce qui concernait un certain nombre de briques, dont le chat, les tableaux de bord analytiques et les options d’autohébergement.

Amazon, Cognition et Google ne sont plus des « leaders »

Le Magic Quadrant se structure en deux axes. L’un, dit « exécution », traduit la capacité à répondre effectivement à la demande. L’autre, dit « vision », reflète les stratégies (commerciale, marketing, sectorielle, géographique…).

Trois « leaders » de l’an dernier ont rétrogradé chez les « challengers », en conséquence d’un recul en « vision » : Amazon, Cognition et Google.

Amazon, estime Gartner, a un produit moins différencié que ceux de ses principaux concurrents, en particulier pour qui recherche un fonctionnement agentique asynchrone. Au moment de l’évaluation (bouclée le 2 mars 2026), l’exécution parallèle des agents n’était pas disponible. La tarification et le packaging restaient par ailleurs en évolution (gestion du pooling et des populations d’utilisateurs mixtes, notamment). Quant à Kiro, son approche spec-driven ne correspond pas systématiquement aux besoins et aux méthodes de travail.

Chez Cognition, la proposition de valeur est susceptible de passer moins facilement à l’échelle que chez les concurrents, en ce qu’elle exige beaucoup de travail d’intégration et de personnalisation. Autre point de vigilance : l’unité de facturation (ACU, Agent Compute Units), qui reste abstraite. Gartner questionne plus globalement la viabilité de Cognition, vu ses faibles taux de conversion et d’adoption en self-service.

Chez Google, les modèles de fondation et les harnais agentiques manquent encore de cohésion. Les outils de codage agentique, multiples, ont des fonctionnalités qui se chevauchent. Et la stratégie sectorielle à l’appui du réseau de partenaires manque de clarté.

Anthropic, Cursor et OpenAI rejoignent GitHub chez les « leaders »

Parallèlement aux 5 fournisseurs sortants, le Magic Quadrant enregistre 4 entrants : Anthropic, Atlassian, BytePlus et OpenAI.

La situation sur l’axe « exécution » :

Rang Fournisseur Évolution annuelle
1 GitHub =
2 Cursor + 2
3 Anthropic nouvel entrant
4 OpenAI nouvel entrant
5 Cognition – 2
6 Google + 1
7 AWS – 5
8 Alibaba Cloud – 3
9 Atlassian nouvel entrant
10 Tabnine =
11 BytePlus nouvel entrant
12 JetBrains + 2

Sur l’axe « vision » :

Rang Fournisseur Évolution annuelle
1 Cursor + 9
2 OpenAI nouvel entrant
3 Anthropic nouvel entrant
4 GitHub – 3
5 Tabnine + 3
6 AWS – 3
7 Cognition – 5
8 Alibaba Cloud + 3
9 Atlassian nouvel entrant
10 Google – 5
11 JetBrains + 2
12 BytePlus nouvel entrant

Anthropic : une maturité opérationnelle à valider après les incidents de début 2026

Anthropic est parvenu à traduire son élan dans les modèles de fondation en l’un des produits de codage les plus populaires, aligné sur la demande, note Gartner. Il est parvenu à les intégrer étroitement avec son harnais agentique Claude Code, obtenant ainsi un avantage structurel en termes de performance et d’expérience utilisateur. La stratégie CLI-first assortie d’une extension aux IDE a par ailleurs permis de toucher les développeurs là où ils se trouvaient.

Début 2026, Anthropic a connu des perturbations de service et des problèmes de release. Sa communication post-incident a été inégale. Dans ce contexte, attention à la maturité opérationnelle pour les workflows critiques, avertit Gartner. Le cabinet américain souligne aussi l’aspect intégration verticale : les utilisateurs sont limités à des modèles Claude hébergés chez Anthropic.

Cursor peut progresser sur le support d’entreprise

Cursor se distingue sur la profondeur de son produit, de l’exécution parallèle et asynchrone à l’extension des capacités en matière de test et de revue de code. Gartner apprécie la possibilité d’exploiter des modèles tiers « à l’état de l’art », combinée aux investissements croissants de Cursor sur ses propres modèles. Il relève aussi sa part de marché significative en entreprise, à renfort d’une stratégie commerciale efficace (extension des équipes de ventes, du réseau de partenaires et de la présence géographique).

Sur un marché où se côtoient hyperscalers et « gros » fournisseurs (OpenAI, Anthropic), Cursor reste exposé à la pression des marges. Son support d’entreprise reste par ailleurs en évolution. En l’état, son réseau de partenaires apparaît comme un canal de vente indirecte plutôt que comme un levier de delivery. Quant au délai avant première réponse, fixé à 6 heures, il est supérieur à ce sur quoi s’engagent d’autres « leaders » du marché.

GitHub, en perte de notoriété chez les devs

IDE, CLI, version web, CI, sécurité… GitHub a pour lui la dimension plate-forme, qui lui permet d’opérationnaliser ses agents comme ceux de tiers. Gartner salue aussi son intégration efficace de l’outillage agentique dans les workflows existants. Il note également l’exhaustivité des contrôles en matière de gouvernance et de conformité, tout en rappelant que GitHub bénéficie de l’apport de sa maison mère Microsoft.

Le leadership de GitHub sur les agents de codage est moins clair que sur les assistants de codage, fait remarquer Gartner. En particulier pour ce qui est des workflows orientés événements, de l’exécution asynchrone et de l’orchestration des agents préconfigurés. De plus, la notoriété chez les devs s’est affaiblie. Et le focus gouvernance-contrôle ne résonne pas forcément auprès de qui recherche avant tout du fonctionnel.

Incertitudes juridiques et réglementaires persistantes pour OpenAI

Comme Anthropic, OpenAI tire un avantage structurel en alignant les capacités de ses modèles et de son harnais Codex. Il se distingue aussi sur la gouvernance, entre isolation des agents au niveau OS, portes d’approbation, RBAC et audits au niveau des espaces de travail. Bon point également sur la commercialisation en direction des entreprises, portée par un déploiement flexible et un gros écosystème de connecteurs et de partenaires.

Codex étant optimisé pour les modèles GPT, on validera les performances avec des modèles tiers. On se souviendra aussi qu’OpenAI est arrivé sur ce marché plus tard que d’autres fournisseurs… et on vérifiera ainsi si les extensions et les intégrations souhaitées sont suffisamment matures. On gardera aussi à l’esprit les incertitudes juridiques et réglementaires qui entourent OpenAI, entre procès sur le droit d’auteur, litiges de privacy et enquêtes de concurrence.

Illustration générée par IA

The post Assistants de codage : au régime agentique, un autre paysage concurrentiel appeared first on Silicon.fr.

Protection des terminaux : des écarts se créent sur le cœur des offres

DLP, sécurité du navigateur, contrôle des usages de l’IA, durcissement juste-à-temps… Autant de capacités que les fournisseurs de plates-formes de protection des terminaux (EPP) ont tendance à prioriser aux dépens de l’innovation sur le cœur de leur offre.

Gartner le souligne dans son dernier Magic Quadrant consacré à ce marché. Dans ce contexte, explique-t-il, des écarts se creusent, entre autres, sur :

  • Collecte de la télémétrie
  • Empreinte des agents
  • Personnalisation des fonctions d’administration et de la logique de détection
  • Couverture fonctionnelle hors des environnements Windows

L’an dernier, le cabinet américain avait déjà noté cette propension à axer la R&D sur des produits annexes. Ainsi que sur l’intégration de l’IA. Y compris générative, même si son usage demeurait embryonnaire. Elle apportait en effet essentiellement une assistance administrative (résumé d’incidents, découverte de documentation, traduction texte-code et vice versa).

Quasiment un an plus tard, le constat demeure. Quant à l’IA agentique, les roadmaps associées s’orientent principalement sur l’automatisation de tâches répétitives telles que le tri des alertes, la création de requêtes/playbooks et l’analyse des malwares. L’extension du périmètre d’action aux produits tiers reste une perspective.

Combinée à la structuration des processus SecOps et à la consolidation des stacks, la maturité du marché favorise l’upselling : 25 % des organisations achètent, auprès de leur fournisseur EPP, des produits adjacents de TIDR (détection des menaces et réponse aux incidents).

13 fournisseurs, 6 « leaders »

L’an dernier, 15 fournisseurs figuraient au Magic Quadrant des plates-formes de protection des terminaux. Tous y demeurent cette année, à l’exception de Cisco et Cybereason. Pas de changement dans le carré des « leaders », qu’occupent toujours CrowdStrike, Microsoft, Palo Alto Networks, SentinelOne, Sophos et TrendAI (ex-Trend Micro).

Sur l’axe dit « exécution » et traduisant la capacité à répondre effectivement à la demande (qualité des produits/services, expérience client, historique sur le marché…), la situation est la suivante :

Rang Fournisseur Évolution annuelle
1 CrowdStrike =
2 Microsoft =
3 SentinelOne =
4 Sophos + 2
5 TrendAI =
6 Palo Alto Networks – 2
7 ESET =
8 Bitdefender + 1
9 Check Point + 2
10 Fortinet =
11 Trellix – 3
12 WithSecure =
13 Broadcom + 1

Sur l’axe « vision », qui reflète les stratégies (commerciale, géographique, sectorielle…) :

Rang Fournisseur Évolution annuelle
1 CrowdStrike =
2 Microsoft =
3 Palo Alto Networks + 1
4 SentinelOne – 1
5 TrendAI =
6 Bitdefender =
7 Sophos =
8 Check Point =
9 Fortinet =
10 Trellix + 3
11 ESET – 1
12 WithSecure + 2
13 Broadcom + 2

CrowdStrike avance sur la sécurité des données…

L’an dernier, Gartner avait accordé des bons points à CrowdStrike pour l’efficacité de son EDR, sa gestion cloud et ses intégrations TIDR. Il avait aussi apprécié la légèreté de l’agent, les capacités de collecte de télémétrie et les options de contrôle des mises à jour de contenu. Tout en signalant la notoriété du fournisseur auprès des acheteurs et son importante part de marché.

Cette fois encore, le cabinet américain salue EDR, gestion cloud et légèreté de l’agent. Il souligne aussi la « maturité croissante » de CrowdStrike sur la sécurité des données. Bons points également sur l’expérience client (gestion de compte, support technique, services managés) et sur la stratégie produit (investissement soutenu, console unique…).

… mais reste plus cher que la moyenne

La tarification de CrowdStrike est de plus en plus difficile à comprendre, tout en étant l’une des plus élevées, avait constaté Gartner en 2025. Il avait aussi pointé la localisation linguistique minimale de la console d’admin (anglais et japonais) et le nombre de points de présence SaaS inférieur à celui des autres « leaders ». Tout en soulignant l’inadéquation de l’offre pour qui aurait besoin d’une gestion sur site ou hybride.

Autant Gartner ne parle désormais plus de tarification difficile à comprendre, autant il maintient qu’elle reste de l’ordre du premium. Le point sur la gestion sur site ou hybride reste d’actualité, assortie d’une remarque plus globale : l’offre n’est pas idéale pour qui recherche une souveraineté opérationnelle et technologique complète hors des USA… Hors de cette région géographique, les options d’hébergement se limitent à l’Allemagne.

Microsoft, salué sur le prédictif…

L’an dernier, Microsoft s’était distingué sur l’EDR et la gestion cloud, ainsi que sur l’intégration avec les solutions de protection de l’espace de travail. Gartner avait aussi apprécié sa roadmap, notamment en matière de réduction de la surface d’attaque. Il avait également relevé, comme chez CrowdStrike, la notoriété et la part de marché.

Cette année encore, EDR, gestion cloud, notoriété et part de marché valent de bons points à Microsoft.  Comme les intégrations avec le reste de la suite Defender et la « maturité croissante » sur la sécurité des données. La stratégie produit fait aussi mouche auprès de Gartner, en particulier sur la protection prédictive.

… moins sur le support et le licensing

En 2025, Gartner avait relevé des progrès à faire sur l’expérience client, entre déploiement initial, configuration et relative lenteur du support. Il avait aussi pointé une sous-utilisation des bundles de Microsoft, celui-ci tendant en parallèle à se montrer moins généreux sur les remises lors des renouvellements.

Cette année encore, l’expérience client est d’un niveau variable, tout au mois sur la facilité d’usage et la qualité du support technique. Le licensing s’avère complexe et la brique Defender for Servers n’est pas incluse dans des offres populaires comme Microsoft 365 E3 et E5. Comme chez beaucoup d’autres, il n’y a pas d’option sur site et la fameuse « souveraineté opérationnelle et technologique complète » hors des USA n’est pas envisageable.

Palo Alto Networks, apprécié du DLP à la protection des pilotes noyau…

Comme CrowdStrike, Palo Alto Networks avait été salué, l’an dernier, pour l’EDR, la gestion cloud et les intégrations TIDR. Sa roadmap avait aussi plu à Gartner, qui l’avait jugée « alignée sur les besoins émergents ». Autres points forts de Palo Alto : son financement, sa présence mondiale et la croissance de ses revenus, supérieure à celle du marché.

À l’efficacité de la brique EDR, Gartner ajoute cette année sa parité fonctionnelle sur les différentes plates-formes couvertes. Il mentionne à nouveau la maturité de la gestion cloud. Ainsi que la roadmap, en particulier sur la sécurité de l’IA. Il y ajoute la souplesse de la personnalisation et de l’automatisation, l’extension du DLP et la protection comportementale des pilotes noyau.

… mais lui aussi plus cher que la moyenne

La part de marché de Palo Alto Networks n’est pas au niveau de celle des autres « leaders », avait affirmé Gartner l’an dernier. Il avait aussi souligné le coût élevé de ses solutions. Et, à nouveau, leur inadéquation pour qui recherchait une gestion sur site ou en air-gap.

La remarque sur les coûts demeure, d’autant plus qu’ils tendent à la hausse au renouvellement. Même chose sur la gestion on-prem, toujours absente ; et pour la part de marché, qui reste inférieure à celle des autres « leaders ».

SentinelOne se distingue sur sa stratégie produit…

En 2025, SentinelOne n’avait pas fait exception aux bons points sur l’EDR et la gestion cloud (+ hybride). Il avait aussi pour lui la facilité d’usage de ses solutions. Jusqu’à la console, dont l’UX « se [différenciait] sur le marché ».

Cette année, Gartner salue la part de marché de SentinelOne. Il note aussi sa compréhension de ce marché, dont témoignent des acquisitions comme celle de Prompt Security (contrôle de l’usage de la GenAI). Bon point également sur la stratégie produit, entre extension de la visibilité sur la télémétrie réseau, roadmap DLP et parité fonctionnelle entre OS.

… mais apparaît moins sur les shortlists

La localisation linguistique du dashboard admin de SentinelOne se limite à l’anglais et au japonais, avait expliqué Gartner en 2025. Il avait aussi noté une présence limitée au-delà des USA par rapport aux autres « leaders », en plus d’ une tarification « relevant du premium » et d’une tendance à axer la R&D sur des produits adjacents de type automatisaiton et orchestration.

La remarque sur la pénétration limitée hors USA demeure. Par ailleurs, SentinelOne figure moins souvent sur les shortlists que par le passé. Et ses dernières avancées (extension de la télémétrie DNS, atténuation des mouvements latéraux…) ne relèvent pas de l’innovation par rapport au reste du marché.

Sophos a accru son reach

En 2025, Sophos s’était distingué tant par son historique sur ce marché que par la croissance régulière de ses revenus. Gartner avait aussi salué les licences par utilisateur, susceptibles d’être compétitives dans les organisations où les employés ont plusieurs terminaux. Il avait également évoqué les perspectives que l’acquisition de Secureworks ouvrait en matière de TIDR, parallèlement à l’extension du reach commercial.

Le duo présence marché – croissance régulière du CA vaut à nouveau un bon point à Sophos. Idem pour ses licences par utilisateur. Et pour l’acquisition de Secureworks, qui a effectivement accru la présence mondiale de Sophos. Autre point positif : l’augmentation de l’effectif sur la partie assurance qualité.

… mais a peu innové

Hormis l’inadéquation aux besoins de gestion sur site, Garrner avait pointé, l’an dernier, une consommation importante de ressources lors des scans, doublée de workloads « inefficaces » dans Sophos Central. Autre point de vigilance : une R&D qui s’était déportée du cœur de l’offre pour se focaliser notamment sur l’intégration de Taegis XDR.

Ces derniers temps, la R&D s’est moins concentrée sur l’innovation que sur la résorption de manques (performance de l’agent, résumé d’alertes par IA…). Comme SentinelOne, Sophos figure rarement sur les shortlists par rapport aux autres « leaders ». Comme la plupart d’entre eux, en revanche, il ne propose pas d’option sur site.

De Trend Micro à TrendAI, la tarification reste compétitive…

L’an dernier, prévention et gestion (cloud + hybride) avaient valu un bon point à Trend Micro, devenu depuis TrendAI. Gartner avait aussi salué l’exhaustivité des OS pris en charge, la techno de virtual patching et, plus globalement, des capacités de protection « bien différenciées ». Ainsi que les innovations sur la protection comportementale, le contrôle des mises à jour de contenu et la détection de deepfakes.

La remarque sur le support OS reste valable. Celle sur la prévention et la gestion aussi. Gartner y ajoute les améliorations sur la sécurité des données et des espaces de travail. Ainsi que la roadmap sur la réduction de la surface d’attaque et la protection contre les injections de prompts dans le navigateur. Il mentionne également la tarification, « généralement compétitive ».

… mais le modèle à base de crédits manque toujours de clarté

L’expérience client peut être dégradée par le gros volume d’alertes et la consommation de ressources lors du scan, avait averti Gartner l’an dernier. Il avait aussi souligné le manque de clarté du modèle de licensing par crédits. Et noté une croissance de revenus plus lente que celle des autres « leaders ».

Un an plus tard, ces trois remarques valent toujours. Elle s’accompagnent de problèmes de qualité du support, d’après les retours de certains clients.

Illustration © Emanuel Corso – Adobe Stock

The post Protection des terminaux : des écarts se créent sur le cœur des offres appeared first on Silicon.fr.

❌