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Comment Cisco a doté ses 90 000 salariés d’un agent IA

Cisco a mis à disposition de la quasi-totalité de ses 90 000 salariés un agent IA individuel dès le lancement de son exercice fiscal 2027. Il ne s’agit pas d’une expérimentation limitée à quelques directions, mais d’un déploiement uniforme, présenté en interne comme une brique d’infrastructure durable plutôt que comme un projet pilote.

Baptisé MyAgent, l’outil est accessible depuis une application de bureau ou mobile et s’intègre à Webex, la plateforme de visioconférence maison, ainsi qu’à Outlook, Jira et SharePoint, selon les précisions apportées par Cisco .

L’outil repose sur Circuit, une plateforme d’IA interne que Cisco décrit comme sécurisée, gouvernée et agnostique vis-à-vis des modèles utilisés, censée donner aux salariés un accès maîtrisé aux LLM approuvés, aux agents et aux données de l’entreprise.

Chaque instance est strictement personnelle et ne reçoit d’instructions que de l’utilisateur auquel elle est rattachée. Toute action ayant un effet à l’extérieur du système nécessite une validation humaine explicite.

Myagent fonctionne selon un modèle piloté par l’intention. L’utilisateur définit un objectif, un contexte et un résultat attendu et MyAgent détermine seul l’enchaînement des étapes nécessaires pour y parvenir. Il dispose également d’une mémoire persistante, censée conserver les préférences et l’historique des interactions d’un salarié dans la durée.

Cisco indique par ailleurs que les interactions agentiques sur sa plateforme Circuit ont progressé de près de 350 % d’un trimestre sur l’autre avant le lancement généralisé de MyAgent ( fin juillet).

Un routage multi-modèles pensé pour maîtriser les coûts

Pour éviter une explosion de la facture liée aux modèles d’IA les plus puissants, Cisco a construit une couche d’orchestration interne qui répartit chaque requête vers le modèle jugé le plus pertinent selon la nature de la tâche, la latence tolérée et le niveau de fiabilité requis.

Selon les informations disponibles :

  • entre 50 % et 60 % des requêtes sont traitées par des modèles « open-weight », hébergés en interne sur des serveurs GPU appartenant à Cisco ;
  • entre 20 % et 30 % relèvent d’automatisations logicielles classiques, sans recours à un modèle génératif ;
  • seule une part résiduelle des appels sollicite des modèles de fondation externes, tels qu’Azure OpenAI, Claude d’Anthropic ou Gemini de Google.

« Cela ne va pas brûler une tonne de tokens avec des modèles frontier », assure Mark Patterson, son directeur financier, dans une interview à Fortune, revendiquant cette architecture comme un levier de discipline budgétaire autant que technique.

Le suivi de la consommation de tokens repose, lui, sur un outil de supervision issu de Splunk,  rachetée par Cisco en 2023.

Gouvernance et sécurité des accès

MyAgent n’est pas censé disposer d’un accès sans restriction au SI. Cisco l’inscrit dans une architecture de gouvernance qui détermine quels modèles, systèmes et données l’agent peut utiliser et quelles actions il peut effectuer. L’objectif est de dissocier la capacité de l’agent à décider des étapes d’une tâche de son autorisation à exécuter effectivement ces opérations.

Cette couche de contrôle est complétée par les mécanismes de sécurité de Cisco, regroupés notamment sous la marque AI Defense, destinés à surveiller les interactions entre les utilisateurs, les modèles et les agents. L’enjeu est notamment de détecter des tentatives de manipulation des instructions, des comportements malveillants ou encore des transferts de données vers des ressources non autorisées.

Des usages concentrés sur la finance et le reporting réglementaire

Les cas d’usage mis en avant par la direction de Cisco se situent en priorité dans des fonctions à forte valeur ajoutée documentaire :

  • Rédaction réglementaire. Selon Mark Patterson, entre 80 % et 90 % de la première version de la section « Management’s Discussion and Analysis » (MD&A) des documents déposés auprès du régulateur boursier américain (SEC) est désormais générée par l’IA.
  • Pilotage financier. Le directeur financier utilise un tableau de bord baptisé « CFO cockpit », alimenté par l’IA, qui agrège les performances par produit, zone géographique et segment client, et suggère des actions correctives.
  • Veille concurrentielle. L’agent personnel de Mark Patterson compare automatiquement les performances de Cisco à celles de ses pairs sur des indicateurs comme la croissance du chiffre d’affaires, le bénéfice par action (EPS) ou les dépenses de recherche et développement.
  • Gestion de la messagerie. De façon plus transversale, les salariés s’appuient sur leur agent pour résumer leurs e-mails, filtrer les messages indésirables et pré-rédiger des réponses.
  • Analyse de marché. Certains agents sont également mobilisés pour synthétiser l’actualité financière et esquisser des anticipations de mouvements boursiers.

Un « client zéro » pour les offres IA de Cisco

Au-delà de l’usage interne, ce déploiement sert également de vitrine commerciale. Cisco se positionne comme son propre client de référence à grande échelle pour ses offres d’agents IA ( notamment Webex AI Agents) ainsi que pour son infrastructure réseau et sécurité optimisée pour l’intelligence artificielle.

Mais plusieurs questions restent en suspend.

D’abord sur le coût du programme. Des estimations non confirmées  évoquent une facture annuelle de l’ordre de 900 millions de $ en consommation de tokens, soit environ 200 $ par salarié et par semaine. Un chiffre à prendre avec toutes les réserves qui s’imposent en l’absence de confirmation officielle.

Ensuite, sur l’impact à moyen terme sur l’emploi. La direction dément tout lien direct entre le déploiement des agents et les 4 000 suppressions de postes annoncées en mai dernier présentées par Cisco comme une opération de « réallocation des ressources » vers les segments jugés stratégiques

Mais la séquence des annonces, combinée aux déclarations d’autres dirigeants du secteur sur des sujets comparables, laisse ouverte la question d’une transformation plus profonde des métiers au sein du groupe.

Photo : Mark Patterson, CFO de Cisco
© DR

 

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Yuka monte en puissance avec Symfony 7

Avec une équipe technique de  5 personnes, l’application Yuka qui évalue la qualité des produits alimentaires et cosmétiques, gère plus de 70 scans par seconde et 68 millions d’utilisateurs à travers le monde.

Alors que l’application mobile ne cesse de croître avec plus de 5 millions de produits référencés dans 13 pays, sa plateforme technique vient de franchir une étape majeure en passant de Symfony 4 à Symfony 7, avec l’aide de SensioLabs à l’origine de Symfony.

Trois enjeux majeurs ont dicté cette modernisation :

  • Optimiser les performances  en intégrant les derniers standards du langage PHP et de Symfony. Yuka a mis en place des systèmes de mise en cache avancés réduisant drastiquement le nombre de requêtes serveurs et les coûts d’infrastructure.
  • Garantir la sécurité de l’application avec les derniers correctifs de sécurité et un support garanti jusqu’à fin 2028.
  • Faciliter le recrutement en évoluant sur les technologies les plus récentes du marché pour attirer plus facilement les meilleurs talents.

Une montée de version étape par étape

Selon SensioLabs, la migration ne s’est pas faite en une seule fois.

Initialement bâtie sur Symfony 4 et sur EasyAdmin 1 pour son interface d’administration, l’application a gravi les versions une à une : Symfony 5, puis 6, puis 7 avec en parallèle une montée d’EasyAdmin jusqu’à sa version 4.

Ce chantier s’est accompagné d’une mise à jour de tout l’environnement technique, avec le passage de PHP 7.4 à PHP 8.3 et celui de l’ORM Doctrine, passé de sa version 2 à sa version 3.

Ce séquençage précis a permis de suivre les bonnes pratiques recommandées par Symfony et d’éviter les mauvaises surprises, alors que le passage aux dernières versions de Symfony et d’EasyAdmin nécessitait un travail important de refactoring du code, du fait de l’évolution des standards et de la nécessité d’adapter les personnalisations d’EasyAdmin.

Une occasion d’outiller et de fiabiliser le code

Au-delà de la seule montée de version, ce chantier a aussi été l’occasion pour Yuka de renforcer ses pratiques de développement.

Toujours selon SensioLabs, l’équipe a notamment mis en place une chaîne d’intégration continue (CI) qui n’existait pas auparavant, harmonisé ses pratiques de code grâce aux outils PHPStan, Rector et PHP CS Fixer, et renforcé sa couverture de tests.

Des revues de code régulières et des tests de non-régression ont également été instaurés pour garantir la performance et la qualité du code sur le long terme.

Cette modernisation a aussi été l’occasion pour Yuka de contribuer concrètement à l’écosystème open source. Les contributions ont porté sur plusieurs bundles tiers, dont NzoUrlEncryptorBundle, kreait/firebase-bundle et algolia/search-bundle, ainsi que sur EasyAdminBundle lui-même.

« Il était essentiel pour nous de ne pas rester bloqué sur une version vieillissante. Grâce à l’architecture de Symfony, nous avons pu moderniser simplement notre socle technique et  propulser notre application à l’échelle mondiale », résume François Martin, cofondateur et CTO de Yuka.

Photo : François Martin © DR

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Comment Gentilly a remplacé son intranet SharePoint par Jamespot

La ville de Gentilly (Val de Marne – 94) s’appuyait depuis longtemps sur un environnement construit autour des outils Microsoft, aussi bien pour la bureautique que pour l’intranet, sous SharePoint.

Dès 2020, la collectivité entame une réflexion sur la réduction de sa dépendance aux solutions extra-européennes. Le chantier avance progressivement, au rythme d’un inventaire des outils et applications utilisés par les services.

« Nous avons progressivement engagé une réflexion globale sur notre système d’information afin de privilégier des solutions que nous maîtrisons davantage et qui répondent mieux à nos enjeux de souveraineté », indique Dominique Joseph-Eugène, DSI de la Ville de Gentilly.

Une cyberattaque comme point de bascule

En 2025, une cyberattaque touche une partie du système d’information de la collectivité et le paralyse pendant plusieurs mois. L’incident pousse la Ville à relancer et accélérer plusieurs chantiers déjà engagés, dont celui des outils collaboratifs.

« Cet épisode a été un véritable électrochoc. Il nous a obligés à remettre à plat notre environnement numérique et à accélérer certaines transformations déjà engagées », ajoute Dominique Joseph-Eugène.

Remplacer SharePoint

La collectivité choisit de remplacer son intranet SharePoint par Jamespot, une plateforme collaborative hébergée en France.

Le projet, relancé après la cyberattaque, est mis en service fin 2025. Il fait passer l’intranet d’un fonctionnement essentiellement descendant à un espace intégrant une dimension de réseau social d’entreprise, où les agents peuvent commenter et partager l’information, en plus d’y accéder.

« Nous sommes passés d’un intranet essentiellement descendant à une véritable plateforme collaborative. L’information circule mieux, mais surtout, les agents peuvent désormais participer et contribuer. Cela change profondément la manière de travailler », souligne Axel Burklé, chargé de communication interne.

Un projet parti des besoins du terrain

Avant de choisir un outil, la ville de 19 000 habitants a mené un diagnostic auprès de ses équipes pour identifier leurs besoins réels. Les demandes qui en sont ressorties portaient sur davantage d’échanges, des outils plus interactifs et une information moins descendante.

« Le projet n’est pas parti d’un outil, mais d’un besoin. Les agents ont exprimé ce qui leur manquait au quotidien, et cela a fortement facilité l’adhésion », précise Axel Burklé.

Environ 480 agents, soit près de 60 % des effectifs concernés, sont aujourd’hui connectés à la plateforme Jamespot. L’adoption reste progressive, en particulier du côté des agents de terrain, moins équipés en accès numériques que les postes administratifs.

Une transition qui reste partielle

Le remplacement de l’intranet s’inscrit dans une démarche plus large de reprise en main du système d’information. La collectivité dit privilégier désormais des solutions françaises ou européennes pour une partie croissante de ses outils, avec l’objectif de gagner en interopérabilité et de réduire sa dépendance à un écosystème unique.

Certaines briques Microsoft restent toutefois encore en place, la bascule se faisant progressivement plutôt que d’un bloc.

« La souveraineté est devenue un enjeu très concret pour les collectivités. Il ne s’agit plus seulement d’un principe, mais d’une réalité opérationnelle qui impacte directement notre architecture, nos choix technologiques et notre capacité à maîtriser nos données », conclut Dominique Joseph-Eugène.

Photo : © DR

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Atos déploie Microsoft 365 Copilot pour tous ses salariés

Atos va déployer Microsoft 365 Copilot à l’ensemble de ses 56 000 salariés répartis dans 54 pays.

Le socle technologique retenu est Microsoft 365 E7, une suite qui réunit en une seule solution Microsoft 365 Copilot, les fonctionnalités de sécurité et de conformité de Microsoft 365 E5, ainsi que Microsoft Agent 365.

Atos devient ainsi le premier intégrateur de systèmes français d’envergure mondiale à déployer cette solution, et l’une des premières entreprises au monde à opérer entièrement la suite Microsoft 365 E7 depuis sa disponibilité générale. Un positionnement de « client zéro » assumé, qui vise autant à transformer le groupe en interne qu’à crédibiliser son offre auprès de ses clients.

« C’est l’investissement technologique le plus significatif qu’Atos ait réalisé dans ses équipes depuis une génération », affirme Frédéric Aubrière, directeur numérique et information du groupe( photo).

Gouvernance des agents, un enjeu central

Au-delà de Copilot dans les outils du quotidien ( Outlook, Teams, Word, Excel, PowerPoint, SharePoint), Atos déploie également Microsoft Copilot Studio et Microsoft Foundry pour concevoir et exploiter des agents dédiés à ses services IT, à ses fonctions métier et à ses clients.

La gouvernance de ces agents constitue l’un des points névralgiques du dispositif. Via Microsoft Agent 365, Atos entend gérer une population déjà estimée à 19 000 agents IA au sein d’une solution unique, couvrant aussi bien les agents agissant au nom des utilisateurs que ceux opérant avec leurs propres identifiants. L’ensemble est intégré aux flux de travail de sécurité déjà en place dans le groupe.

Pour une entreprise présente dans des secteurs hautement réglementés ( défense, services financiers, santé, administration publique), cette consolidation de l’identité, de la sécurité et de la conformité en un plan de contrôle unifié est une condition sine qua non du déploiement.

La stratégie d’Atos repose sur trois piliers : l’IA agentique pour les environnements critiques, la souveraineté numérique et la cybersécurité. En se transformant d’abord lui-même, le groupe entend industrialiser ces capacités avant de les proposer à ses clients, notamment dans les secteurs réglementés où la confiance dans l’infrastructure est non négociable.»

Ces capacités seront intégrées aux studios d’IA agentique souveraine qu’Atos est en train de constituer, avec pour ambition déclarée de mettre l’IA en production en toute sécurité dans des organisations complexes.

Photo: © DR

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Alstom : dix ans de migration vers le Zero Trust

Dix ans après avoir entamé sa transition vers une architecture Zero Trust, Alstom annonce l’extension de son partenariat avec Zscaler. L’occasion pour le groupe, spécialisé dans la mobilité ferroviaire, de revenir sur un chantier technologique de fond et d’en détailler les prochaines étapes.

D’une infrastructure héritée à un modèle distribué

Au départ, le constat est classique pour un groupe de cette taille : une infrastructure de sécurité périmétrique reposant sur des VPN, des pare-feu et des environnements VDI, difficile à faire évoluer au rythme des opérations internationales.

« La transformation de notre sécurité a commencé avec un objectif clair : offrir à tous nos collaborateurs, où qu’ils soient, un accès sécurisé aux applications d’entreprise », résume Yann Barera, Global Head of Network chez Alstom.

La complexité s’est encore accentuée au fil des fusions-acquisitions et cessions qui ont rythmé la vie du groupe ces dernières années, rendant la gestion d’une infrastructure centralisée d’autant plus difficile à tenir. Le passage à une architecture ZTNA (Zero Trust Network Access) a permis à Alstom de remplacer progressivement ces mécanismes d’accès hérités et de standardiser les connexions aux applications métier, quel que soit le lieu de travail des collaborateurs.

Des besoins qui s’élargissent : sites industriels, terrain, IA

Au-delà de la sécurisation des postes de travail, Alstom étend aujourd’hui son usage à d’autres périmètres. Les agences et usines font l’objet d’un déploiement spécifique pour connecter et sécuriser les équipements IoT et OT dans le cadre des politiques de sécurité du groupe.

Côté terrain, le développement de l’activité de maintenance impose de nouvelles contraintes. Les techniciens intervenant dans des environnements sans Wi-Fi stable doivent pouvoir accéder aux systèmes d’information via le réseau mobile. Alstom a pour cela déployé une solution de connectivité cellulaire sécurisée (Z-SIM).

L’essor des outils d’intelligence artificielle en entreprise ouvre un nouveau front. « Avec la montée en puissance de l’IA, il nous fallait des fonctionnalités supplémentaires pour encadrer les nouveaux usages », indique Yann Barera. Alstom a ainsi adopté un module de prévention des fuites de données spécifiquement orienté vers les usages GenAI, dans l’objectif de maintenir une visibilité sur les flux et de protéger la propriété intellectuelle.

Monitoring de l’expérience réseau en temps réel

Pour réduire les délais de résolution lors d’incidents réseau, les équipes IT d’Alstom s’appuient sur un outil de supervision qui agrège des indicateurs en temps réel sur l’état du réseau et des terminaux. « Nous nous appuyons également sur les fonctions de monitoring pour améliorer en continu la qualité de notre réseau », précise Yann Barera.

L’ensemble de ces déploiements témoigne d’une évolution progressive mais cohérente : partir d’une problématique d’accès sécurisé pour les collaborateurs, puis étendre le modèle aux sites, aux équipements industriels et désormais aux usages IA. Le tout sans reconstruire l’infrastructure à chaque fois.

Photo : © DR

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Avignon Tourisme fait évoluer son réseau vers une infrastructure multi‑sites

Avignon Tourisme gère un périmètre particulièrement vaste : Palais des Papes, Pont d’Avignon, Office de Tourisme, Centre des Congrès et Parc des expositions. Autant de lieux où l’accès à la connectivité est devenu aussi central que l’organisation même des visites ou des événements. Avec près d’un million de visiteurs chaque année et des pics estivaux très marqués, la fiabilité du réseau conditionne directement l’expérience sur le terrain.

Une infrastructure qui a dû changer d’échelle

À l’origine, l’infrastructure réseau se limitait à un périmètre restreint, principalement centré sur les besoins internes. Au fil du temps, l’arrivée de la fibre, la centralisation de certains services et la montée en puissance du digital dans le tourisme ont poussé l’organisation à reprendre son architecture de fond en comble. Il s’agissait désormais de relier des sites distants, de supporter des usages plus intensifs et de garantir une continuité de service quasi systématique.

Le développement du tourisme d’affaires et la tenue de grands événements ont ensuite accéléré le besoin de montée en capacité. Les salles de congrès, les espaces d’exposition ou les aires de visite doivent aujourd’hui pouvoir encaisser des milliers de connexions simultanées, entre professionnels, visiteurs et systèmes internes, sans dégrader la qualité de service.

Une architecture unifiée basée sur NETGEAR

Pour structurer cette évolution, Avignon Tourisme a retenu les solutions NETGEAR, intégrées progressivement à chaque étape de la transformation. L’infrastructure compte aujourd’hui environ 75 équipements répartis sur l’ensemble des sites, formant une architecture cohérente du cœur du réseau jusqu’aux points d’accès locaux.

Les switches de cœur et d’agrégation soutiennent la montée en débit et la transition vers des architectures 10 Gigabit, tandis que les couches de distribution et d’accès assurent une couverture adaptée aux contraintes de chaque lieu. La standardisation sur une même gamme permet de simplifier la supervision, de limiter la diversité des outils et de réduire la complexité d’exploitation sur un environnement multi‑sites.

Le choix d’une évolution progressive a eu un avantage majeur : la stabilité du service. L’infrastructure a été modernisée sans rupture technologique majeure, ce qui a permis de maintenir une continuité de service importante pour les utilisateurs finaux. Dans un contexte où chaque incident réseau peut impacter des événements ou des flots de visiteurs, cette continuité est un facteur clé.

Un déploiement progressif

Comme l’explique Pascal Borel, responsable informatique d’Avignon Tourisme, les équipements ont été adoptés au fur et à mesure de l’évolution des activités. Cette logique progressive a permis de conserver les investissements déjà réalisés tout en accompagnant les nouveaux besoins.

Aujourd’hui, le réseau n’est plus vu seulement comme un support technique, mais comme un maillon direct de l’expérience visiteur. À l’horizon 2026, la digitalisation du parcours de visite du Palais des Papes devrait illustrer cette mutation, en s’appuyant sur l’infrastructure déjà en place. Visites interconnectées, contenus numériques, guides mobiles ou services temps réel devront tous reposer sur une connectivité stable et homogène.

 

Photo : © DR

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Comment La Centrale a passé sa plate-forme GenAI du mono au multi-agent

DynamoDB pour gérer le contexte, S3 pour centraliser les configurations d’agents, Lambda pour orchestrer les outils et l’observabilité… À l’origine, il y avait un peu de tout ça dans la plate-forme GenAI de La Centrale.

Cette v1 a permis la mise en prod d’une vingtaine de cas d’usage. Parmi eux, la création de descriptions à partir des données de véhicules pour rendre les annonces plus attractives. Ou l’aide au pricing pour les vendeurs professionnels. Elle s’est cependant révélée inadaptée pour faire du multi-agent. Et, dans une certaine mesure, du multifournisseur. Il fallait en tout cas un certain « effort d’implémentation » pour sortir de l’écosystème Bedrock et se brancher en direct avec OpenAI, par exemple.

Quoique flexible (couche applicative au-dessus de l’API Converse), cette plate-forme était par ailleurs de moins en moins pertinente à mesure que les frameworks du marché gagnaient en maturité, selon Fabien Roussel, head of architecture chez Groupe La Centrale.

plateforme v1

Des agents en tant qu’outils

Pour la v2, La Centrale a basculé sur AgentCore, en y associant Strands Agents, un SDK open source (Python, NodeJS) made in AWS.

Fabien Roussel La Centrale
Fabien Roussel – © DR

« On peut faire du multi-agent sans faire nous-mêmes le code de collaboration », explique Fabien Roussel. Il ajoute que Strands Agents fournit des intégrations natives avec OpenAI & Cie. Ainsi qu’avec AgentCore (exemple avec la brique de gestion de la mémoire : « Ce n’est pas nous qui allons coder le GET et le PUT »).

Ce socle a permis d’améliorer l’assistant de recherche de véhicules que La Centrale avait déployé en 2024. Notamment grâce au pattern agent as tool : Strands Agents peut encapsuler des agents en tant qu’outils.

Sur cet assistant de recherche, l’agent principal (l’orchestrateur) qualifie la demande de l’utilisateur, y répond s’il le peut et délègue sinon à des agents spécialisés… traités, donc, en tant qu’outils. D’une part, Caraguide, spécialisé dans le conseil auto, à l’appui d’un RAG basé sur Caradisiac, le site éditorial du groupe. De l’autre, Free Text Search, qui normalise les données véhicule puis appelle l’API de recherche.

Chaque agent est déployé dans son runtime, avec une mémoire à court et long termes.

Agents as tools

« Environ 1 $ » pour adapter des articles

Caradisiac porte un autre cas d’usage : la transformation de son contenu éditorial pour l’intégrer sur La Centrale. À la fois pour l’aide à la décision des utilisateurs en début de parcours et pour améliorer le positionnement sur les moteurs de recherche.

Le processus implique une vingtaine d’agents. Il prend environ 10 minutes par article. Coûts LLM : environ 1 $ (les coûts de compute sont négligeables, affirme Fabien Roussel).

Les agents travaillant ensemble, ils partagent un runtime.

transformation éditoriale

Les deux cas d’usage exploitent des serveurs MCP managés déployés avec AgentCore Gateway.

La Centrale a opté pour un serveur MCP par domaine. Une gateway pour tous les outils n’était pas envisageable (« On explose le contexte »). Une gateway par outil ne l’était pas non plus (« C’est trop fin, trop petit, on ne peut pas scaler »).

Pour l’authentification des agents, c’est de l’OAuth 2 avec Cognito derrière. Pour l’authentification entre la passerelle et les outils, cela dépend : clés pour les API, IAM pour les fonctions Lambda.

Au-delà des déploiements dans AgentCore Runtime, le système gère aussi les agents externes.

gateway

Illustration principale générée par IA

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Domitys met le cap sur la data et la cybersécurité

Romain Dachy a rejoint Domitys il y a un an, peu après l’acquisition complète du groupe par AG2R La Mondiale, finalisée en février 2025. Fort d’un parcours de près de trente ans dans l’IT, il arrive avec la mission claire de moderniser un système d’information qui n’a pas suivi la croissance de l’entreprise.

Son constat est sans ambages. « On a eu une constellation d’applications installées progressivement sans forcément de vision globale. On a coutume de dire : on n’a pas un système d’information, on a de l’informatique. » décrit-il.

Résultat : des applications qui ne communiquent pas entre elles, des données qui circulent en double ou en triple, des processus métiers encore largement portés par Excel, et des pans entiers d’activités non outillés.

Une situation qui s’explique historiquement. Quand Domitys ne comptait que dix ou quinze résidences, ces pratiques étaient acceptables. Aujourd’hui, avec plus de 200 résidences, 5 000 collaborateurs et une cible fixée à 220 établissements d’ici fin 2027, elles ne le sont plus.

S’y ajoute un autre constat organisationnel : des sous-ensembles d’activités IT étaient portés par des directions métiers, en dehors de la DSI. L’un des objectifs de la transformation est précisément de recentraliser l’ensemble des activités informatiques au sein de la direction des systèmes d’information.

Une feuille de route sur 6 ans et une dizaine de projets

À l’issue d’une étude de schéma directeur menée dès son arrivée, Romain Dachy a obtenu en début d’année la validation du conseil de surveillance pour lancer la transformation. La feuille de route s’étale sur six ans et regroupe une dizaine de projets structurants.

La cybersécurité a été le premier chantier engagé, et pour cause : l’adossement à AG2R La Mondiale impose des exigences fortes, même si Domitys n’est pas soumis aux mêmes contraintes réglementaires que son actionnaire.

En un an, les équipes ont déployé le MFA, sécurisé l’ensemble du parc PC selon les standards du groupe, et mis en place un SOC avec un outil SIEM. Les prochaines étapes porteront sur le MDM et une refonte complète de l’IAM. « C’est un bon exemple de ce que nous apporte AG2R La Mondiale : on n’a pas eu à se poser la question des outils. Si on avait tout fait seuls, on y serait encore. » indique le DSI.

Viennent ensuite, pour 2026, deux chantiers étroitement liés : la transformation data et la refonte du CRM. Sur la data, la priorité n’est pas encore l’intelligence artificielle mais le préalable indispensable : la gouvernance, la qualité de la donnée et la mise en place de référentiels d’entreprise.

CRM, Data…construire une vision à 360 degrés du client

« Dans un premier temps, il faut remettre les données au propre », résume Romain Dachy. Une plateforme data viendra dans un second temps pour ouvrir la voie aux cas d’usage IA. Sur le CRM, l’enjeu dépasse la simple prospection commerciale : il s’agit de construire une vision à 360 degrés du client, couvrant l’ensemble du cycle de vie en résidence.

La feuille de route comprend également la mise en place d’un ERP finance pour consolider comptabilité, facturation et achats aujourd’hui éparpillés sur plusieurs applications mais également d’un SIRH centralisé, et d’un projet ITSM visant à industrialiser les processus internes de la DSI, de la gestion des tickets d’incidents aux méthodes projet.

L’objectif transversal de tous ces chantiers est identique : libérer les collaborateurs en résidence des ressaisies et des tâches manuelles, pour qu’ils consacrent davantage de temps aux résidents. « L’idée, c’est d’avoir un système digital pour le collaborateur, pas forcément pour le client. »

L’opportunité de l’IA

Interrogé sur le calendrier de sa transformation, Romain Dachy formule une réponse inattendue : l’entreprise arrive au bon moment. « C’est l’avantage d’être en retard : on peut rattraper des pans entiers du SI en rebattant les cartes, notamment avec une approche IA. Celui qui peut faire de l’agentique aujourd’hui, c’est aussi celui qui avait anticipé un SI flexible il y a deux ou trois ans. »

La GenAI sera intégrée progressivement dans les nouveaux processus, notamment sur le CRM, sans pour autant être un objectif en soi. Romain Dachy se montre volontairement prudent : « On ne va pas mettre de l’IA partout pour des questions de coût, de ROI. Il faut savoir résister aux sirènes de la mode. » Il cite en exemple le cas de Microsoft Copilot, dont les retours à grande échelle restent décevants selon lui.

Cloud souverain et alignement sur AG2R La Mondiale

Sur le sujet de l’infrastructure, Domitys s’aligne sur les choix technologiques de son actionnaire. Pour la data, le choix s’est porté sur Google Cloud au travers de l’offre S3NS de Thales, qui répond aux exigences de souveraineté portées par AG2R La Mondiale. « L’offre S3NS coche toutes les cases : les capacités Google en matière de data, et l’approche souveraine apportée par Thales. Notre actionnaire nous a imposé cette direction, et ça me va bien, d’autant plus vu les dernières postures des États-Unis. »

Pour le reste du SI, Domitys conserve une approche hybride avec ses propres data centers. La DSI de cinquante personnes réalise elle-même ses projets, en s’appuyant sur les équipes architecture et les contrats cadres d’AG2R La Mondiale, sans en dépendre pour l’exécution.

Le DSI de demain : partenaire, innovateur, recruteur de mindsets

Sur la posture du DSI, Romain Dachy est catégorique : « Un DSI qui n’accompagne pas ses métiers passe à côté de quelque chose. » La transformation qu’il mène est partie des irritants exprimés par les directions métiers, et il entend que ses équipes deviennent leurs partenaires de confiance. « Un DSI moderne doit être aussi data, aussi innovation, pour anticiper les mouvements à opérer sur son système d’information. »

Il observe également que le mouvement s’est fait dans les deux sens : les directions métiers, notamment sous l’effet de l’IA générative, ont aussi développé une culture technologique plus affûtée. « On voit des directions métiers qui prennent la réflexion sur l’automatisation et qui amènent l’informatique dans la boucle. »

Photo : © DR

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Vinci Airports s’appuie sur l’IA et Google Cloud pour piloter la performance de ses 70 aéroports

Gérer 70 aéroports répartis dans 14 pays, accueillir 320 millions de passagers par an et générer 4,5 milliards € de revenus : le défi opérationnel de Vinci Airports est à la mesure de son empreinte mondiale.

Le groupe a engagé une transformation data et IA d’envergure, en s’appuyant sur Google Cloud Platform.

Une dépendance à la maîtrise des flux

Le modèle de Vinci Airports repose sur deux piliers : les redevances aéronautiques, qui représentent environ 50 % des recettes, et les revenus commerciaux générés par les dépenses des passagers (duty-free, restauration, parkings), qui en constituent 30 à 40 %.

Cette structure impose d’anticiper avec précision les flux de passagers. De cette capacité prédictive découlent en cascade le dimensionnement des équipes, le calibrage de l’offre commerciale, les projections financières et la stratégie d’investissement.

La difficulté résidait dans l’extrême hétérogénéité du réseau. Chaque aéroport dispose de ses propres systèmes informatiques, de ses contraintes locales et de ses spécificités opérationnelles. Les données étaient dispersées, non standardisées et cloisonnées.

Une Data Factory pour fédérer les données du réseau

C’est pour répondre à ce défi que Vinci Airports a lancé, en 2023, la construction d’une Data Factory globale hébergée sur Google Cloud Platform.

Cette infrastructure centralise la collecte de données issues de systèmes hétérogènes dans 14 pays, automatise les contrôles de qualité et harmonise les structures de données pour permettre des comparaisons fiables entre les plateformes.

L’architecture retenue s’appuie sur les briques éprouvées de Google Cloud : BigQuery pour le stockage et l’analyse de données massives, Vertex AI pour l’entraînement et le déploiement des modèles prédictifs, Cloud Run et Streamlit pour mettre à disposition des interfaces métier accessibles, Cloud Storage pour la gestion centralisée des modèles et Cloud Build pour l’intégration continue.

Ce choix architectural permet aux aéroports de conserver leurs outils locaux tout en exposant leurs données dans un référentiel commun, où elles sont nettoyées, structurées et exploitables pour alimenter des tableaux de bord, des analyses et des modèles d’IA.

Trois cas d’usage au cœur de la transformation

Le premier et principal cas d’usage porte sur la prédiction du trafic de passagers. Des modèles prédictifs multi-échelles ont été conçus pour répondre aux besoins de chaque niveau de management : projections annuelles pour la direction générale, vues hebdomadaires ou journalières pour les équipes opérationnelles, et analyses localisées par aéroport. Ces modèles croisent l’historique de trafic, des variables exogènes et des signaux faibles pour simuler des trajectoires et optimiser les arbitrages.

Le deuxième axe concerne l’efficacité opérationnelle. En analysant les cartes d’embarquement scannées, il est désormais possible d’anticiper les arrivées aux postes de sécurité. Croisées avec les capacités de traitement des files, ces données permettent d’ajuster les effectifs en temps réel, avec pour objectif de maintenir les temps d’attente sous les dix minutes.

Le troisième cas d’usage touche à l’optimisation commerciale. En croisant les données de trafic et les comportements d’achat, Vinci Airports identifie des profils de consommation selon les typologies de passagers et les destinations. Un voyageur britannique en transit ne dépense pas de la même façon qu’un passager français sur un vol domestique : ces patterns permettent de recommander aux commerçants des ajustements d’assortiment adaptés au profil de leur clientèle effective.

La qualité des données au coeur du projet

Artefact est intervenu dès les premières étapes du projet avec une approche collaborative impliquant les équipes opérationnelles dès le premier jour.

Cette démarche est décrite par Benoît Forest, directeur des Opérations et Data de Vinci Airports, comme une condition sine qua non : « Le timing d’embarquement des équipes opérationnelles est très important. Il doit commencer dès le jour un. Cela garantit que les data scientists comprennent les préoccupations métier et intègrent des besoins très opérationnels dans la conception des solutions. »

La qualité des données a constitué un autre enjeu majeur avec la mise en place des dispositifs automatisés de détection des fichiers manquants, de contrôle de la structure des données et de tests d’intégrité, avec alertes automatiques en cas d’anomalie.
Ces garde-fous, opérés entièrement dans Google Cloud Platform, préviennent les dérives silencieuses qui érodent la confiance des métiers dans les modèles.

« Je pense que le succès de ce projet réside dans la compréhension du défi stratégique métier, la définition du périmètre, le déploiement de la solution, la formation, et aujourd’hui l’outil est utilisé quotidiennement par les équipes métier », résume Benoît Forest.

Un cap vers l’IA générative

Vinci Airports engage ensuite une deuxième phase orientée vers la prédiction systématisée et l’IA générative. Trois cas d’usage sont à l’étude : un assistant GPT intégré aux tableaux de bord, un mode de requêtage conversationnel des bases de données, et un système d’extraction automatique de contenu documentaire (procédures, audits, rapports).

L’ambition est de dépasser les limites des dashboards Power BI actuels pour permettre à chaque collaborateur d’interroger directement l’ensemble des données via des agents IA autonomes, capables d’apporter des réponses à des questions complexes sans nécessiter de développement supplémentaire.

« L’IA nous permet ici de passer de l’intuition locale à la connaissance partagée, sans remplacer les équipes, mais en leur donnant les moyens de gagner du temps et de se concentrer sur la prise de décision », conclut Benoît Forest.

Photo : © DR

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