Le fleuve Jaune emporte un milliard de tonnes de terre en moins chaque année depuis que des paysans ont terrassé leur plateau
Des décennies de travail manuel ont transformé le plateau de lœss : terrasses, reboisement et interdiction du pâturage ont fait chuter de 85% la charge sédimentaire du fleuve Jaune. Mais ce succès écologique cache un coût caché : une demande en eau croissante qui menace les réserves d'une région semi-aride.
Lorsque le barrage de Sanmenxia a fermé ses vannes en 1960, les ingénieurs chinois n'ont pas anticipé que le limon du fleuve Jaune allait remonter le cours de la rivière Wei, transformant l'ancienne capitale impériale en zone de danger. Ce qui était censé être un triomphe technique s'est transformé en cauchemar hydraulique.
Près de Baotou en Mongolie-Intérieure, un immense lac de résidus miniers s'étend sur 11,5 km² sans membrane étanche, accumulant 70 000 tonnes de thorium radioactif. Cette boue contaminée, construite sans standards de sécurité modernes, s'infiltre lentement vers le fleuve Jaune et les nappes phréatiques, créant une catastrophe environnementale insidieuse.