Dans le Bihar, Dashrath Manjhi a entrepris seul de tailler un passage à travers une crête rocheuse avec un simple marteau et un burin. Pendant plus de 20 ans, sans aide officielle ni financement, il a réduit la distance entre son village isolé et l'hôpital le plus proche. Son acte de détermination a inspiré une nation et a finalement obtenu la reconnaissance de l'État indien.
La prison comme pépinière de cybercriminels. En Inde, l’enquête sur une fraude numériquede 8,6 millions de roupies (soit environ 78 000 euros) est menée. Elle révèle un rapprochement entre délinquance traditionnelle et escroqueries en ligne. Selon la police de Pimpri-Chinchwad, près de Pune, certains individus condamnés pour enlèvement, extorsion ou vol noueraient des contacts en détention avec des spécialistes de la cyberfraude. Ils rejoindraient ensuite leurs réseaux une fois libérés. Ces recrues ne contactent pas nécessairement les victimes. Elles fournissent plutôt des comptes bancaires, des cartes SIM et des relais locaux. Ceux-ci permettent de déplacer ou de retirer l’argent volé.
Les points clés de cet article :
Une enquête sur une fraude de 8,6 millions de roupies révèle des liens noués en prison entre délinquants et cybercriminels
Une autre affaire portant sur plus de 110 millions de roupies a conduit à l’application de la loi contre le crime organisé du Maharashtra
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Cybercriminalité en Inde : Des contacts noués en prison puis exploités après la libération
La police a arrêté Tejas Lokhande, 24 ans, et Avinash Baklikar, 28 ans, dans le cadre de l’enquête. Le premier présente des antécédents liés à des infractions traditionnelles, dont un enlèvement. Le second, lui, entretiendrait des liens avec un réseau de cybercriminalité.
D’après les enquêteurs, les deux hommes se seraient rencontrés environ un an plus tôt à la prison de Yerwada. Ils y étaient détenus, chacun, dans des affaires distinctes. Libérés sous caution il y a environ six mois, ils seraient restés en contact. Tejas Lokhande aurait ensuite participé aux activités de fraude numérique de son nouveau comparse.
La police cherche désormais à déterminer dans quelle mesure les relations nouées en détention facilitent le recrutement de délinquants. Ces délinquants rejoindraient ensuite des organisations cybercriminelles. L’attrait serait principalement économique. Les escroqueries en ligne permettent de manipuler des sommes importantes sans confrontation physique directe avec les victimes.
Cette évolution ne signifie pas que les délinquants deviennent tous des pirates informatiques. Les réseaux fragmentent leurs opérations entre plusieurs intervenants. Certains attirent les victimes, d’autres fournissent des comptes bancaires. Ils retirent aussi les fonds, procurent des cartes SIM ou transfèrent l’argent vers de nouveaux comptes.
Les prisons indiennes deviennent des surcursales du cybercrime organisé
Les comptes bancaires « mules » au cœur du dispositif
Cette organisation par couches complique le travail des enquêteurs. Chaque participant peut n’exécuter qu’une tâche limitée sans connaître l’ensemble du réseau. Les personnes disposant déjà de contacts criminels et de relais locaux deviennent alors utiles. Elles servent à ouvrir ou louer des comptes bancaires, pour faire circuler les fonds.
La police de Pimpri-Chinchwad avait déjà observé ce phénomène dans une affaire portant sur plus de 110 millions de roupies. Les escrocs avaient détourné cette somme auprès d’une personne âgée grâce à une fausse application de trading. La police avait arrêté neuf suspects et gelé environ 26,5 millions de roupies. Certains suspects auraient fourni des comptes « mules » en échange d’une part des sommes transférées.
En avril, les autorités avaient appliqué contre ce groupe le Maharashtra Control of Organised Crime Act (MCOCA). Cette législation est réservée aux réseaux criminels organisés. Les autorités avaient également repéré des profils comparables en mars, lors du démantèlement d’une structure de cyberfraude. Cette structure opérait depuis une villa de Lonavala.
L’enquête actuelle dépasse donc le seul suivi des transactions bancaires. Les policiers examinent aussi les antécédents des suspects, leurs relations en prison et les contacts entretenus après leur libération. Elle met en lumière une transformation de la criminalité organisée indienne. Les compétences numériques restent entre les mains de spécialistes. Les délinquants traditionnels fournissent, eux, les ressources humaines et matérielles indispensables au blanchiment des fonds.
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Quinze noms sur la liste noire de New Delhi. L’unité de renseignement financier du ministère indien des Finances (FIU-IND) a notifié quinze plateformes crypto offshore. Motif : non-respect de la législation antiblanchiment. Weex, Blofin, Rezorex, Bitunix, DigiFinex, Toobit, XT.com, Latoken, WOO X, Pionex, ChangeNow, SimpleSwap, FixedFloat, WhiteBIT et Guardarian servaient des utilisateurs indiens sans s’être jamais enregistrées auprès du régulateur.
L’agence réclame en parallèle le retrait de leurs applications et le blocage de leurs adresses web. Objectif : couper l’accès public. La même procédure avait déjà balayé neuf exchanges internationaux fin 2023, avec Binance et KuCoin en tête de liste.
La FIU-IND vise 15 plateformes crypto offshore (Weex, Blofin, WhiteBIT, Pionex, ChangeNow…) et exige le retrait de leurs applications
Le PMLA impose depuis mars 2023 un enregistrement à tout prestataire servant des utilisateurs indiens
Binance, KuCoin, Bybit et Coinbase sont toutes revenues sur le marché indien après amende et enregistrement auprès de la FIU
La fiscalité crypto indienne pousse chaque année des milliards de dollars de volumes vers l’offshore, selon l’Esya Centre
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Crypto et blanchiment : le PMLA s’applique bien au-delà des frontières indiennes
La procédure s’appuie sur le Prevention of Money Laundering Act (PMLA), la loi indienne contre le blanchiment de capitaux. Depuis mars 2023, son périmètre couvre les prestataires de services sur actifs numériques virtuels (VDA, pour virtual digital assets). Cette catégorie juridique regroupe en Inde les cryptomonnaies et les NFT. Enregistrement auprès de la FIU, déclarations d’opérations suspectes et conservation des données s’imposent à toute plateforme qui touche un client indien. Aucune présence physique requise, a précisé le ministère des Finances.
La liste ne se limite pas aux exchanges classiques. ChangeNow, SimpleSwap, FixedFloat et Guardarian sont des services de swap instantané ou des rampes d’accès fiat, utilisables sans compte et avec une vérification d’identité minimale. En clair, New Delhi vise l’activité réellement exercée plutôt que l’étiquette affichée par le service, ce qui élargit d’un coup le champ des acteurs concernés.
L’agence a accompagné ses notifications d’un avertissement aux investisseurs indiens.
« Les produits crypto et les NFT ne sont pas régulés en Inde, et les transactions peuvent n’offrir aucun recours réglementaire en cas de pertes.»
Communiqué de la FIU-IND, unité de renseignement financier du ministère indien des Finances
De Binance à Bybit, le péage de l’enregistrement
Le scénario a déjà été joué. En effet, fin 2023, la FIU avait adressé des mises en demeure à neuf exchanges offshore, parmi lesquels Binance, KuCoin, Huobi, Kraken, Gate.io, Bittrex, Bitstamp, MEXC et Bitfinex. Leurs applications ont disparu des magasins indiens quelques semaines plus tard, avant que les négociations ne s’ouvrent une à une.
Binance a retrouvé le marché en 2024 après avoir réglé une amende de 2,25 millions de dollars. KuCoin s’en est tirée pour environ 41 000 dollars et un enregistrement en bonne et due forme. Bybit a suspendu ses services en Inde en janvier 2025 le temps de finaliser son dossier, avant de rétablir l’accès complet à son application neuf mois plus tard. Coinbase a rouvert les inscriptions aux utilisateurs indiens une fois inscrite au registre, fin 2025. Bref, toujours le même motif. Aucune de ces plateformes n’a quitté durablement le pays. Ainsi, les quinze nouvelles ciblées connaissent déjà la marche à suivre : payer l’amende, puis déposer un dossier auprès de la FIU.
Fiscalité crypto : l’Inde alimente elle-même l’exode vers les plateformes crypto offshore
L’attrait de ces plateformes non enregistrées tient d’abord à la note fiscale. Depuis juillet 2022, les plus-values crypto subissent en Inde un impôt forfaitaire de 30 % sans imputation possible des pertes. Une retenue à la source de 1 % (TDS) frappe chaque cession, ce qui rend le trading actif structurellement perdant sur les plateformes domestiques. Résultat : la fiscalité indienne fait fuir 6,1 milliards de dollars par an vers l’offshore, calcule l’Esya Centre. En face, seulement 52 millions de dollars de taxes perçues chaque année.
Les utilisateurs indiens n’ont pas déserté pour autant. Le pays occupe la première place de l’indice mondial d’adoption crypto de Chainalysis depuis trois éditions consécutives. Une adoption portée par une population jeune et par des échanges de pair à pair difficiles à recenser. Par ailleurs, retirer une application d’un magasin déplace le trafic vers un VPN ou un site miroir, hors de portée du fisc comme des radars de la FIU.
Cependant, Washington emprunte la trajectoire inverse. L’OCC, régulateur bancaire fédéral américain, a validé sous conditions les agréments de banque de confiance de Circle, Ripple, BitGo, Fidelity Digital Assets et Paxos en décembre 2025. Il a ensuite ouvert la porte à Crypto.com et à Bridge, la filiale crypto de Stripe, début 2026. Block, la société de Jack Dorsey derrière Square et Cash App, y a déposé à son tour un dossier pour Builders Bank & Trust. L’établissement ne prendrait ni dépôts ni crédits. Il se consacrerait à la conservation de bitcoins et au règlement en stablecoins, adossé aux 10,7 milliards de dollars de volume Bitcoin traités par le groupe en 2025.
Enfin, faute de loi dédiée aux actifs numériques, la FIU reste le seul guichet pour les plateformes qui visent les dizaines de millions d’Indiens détenteurs de cryptomonnaies. Ces derniers sont déjà pressurés par une fiscalité crypto parmi les plus dures au monde. Le document de consultation promis par le ministère des Finances n’a toujours pas été publié. Les notifications antiblanchiment font, en attendant, office de politique publique.
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Au début des années 2000, un groupe indien a lancé la construction de Lavasa, une ville imaginée pour 300 000 habitants sur les collines du Maharashtra. Inspirée par Portofino, avec ses façades pastel et son lac artificiel, la ville semblait promise à un avenir radieux. Vingt ans plus tard, elle reste une cité fantôme : 400 logements prêts mais invendables, des centaines d'immeubles achevés sans habitants, et une dette abyssale qui a mené à la faillite.
Depuis 2017, plus de deux cents mille personnes gisent sous les eaux du barrage de Sardar Sarovar en Inde. Lancé en 1961, ce géant de béton a coûté six fois plus cher que prévu et englouti des villages entiers, malgré les batailles juridiques et les mobilisations massives. Un cas d'école de mégaprojet désastreux où la promesse d'irrigation n'a été tenue que des décennies plus tard.
En creusant leurs rivières pour extraire du sable destiné à la construction, les Indiens ont créé un paradoxe dévastateur : les nappes phréatiques s'effondrent à des kilomètres des chantiers. Au Pendjab, grenier agricole du pays, 75 % du territoire est en surexploitation hydrique, menaçant directement la production alimentaire nationale.
Il est fréquent que de nouvelles espèces animales soient découvertes, mais il est plus rare que ce soit à la suite d'une vidéo virale postée sur Internet. Pourtant, des chercheurs indiens ont bien compté sur TikTok pour mettre la main sur une anguille encore jamais vue auparavant.
À Jharia, en Inde, un incendie souterrain fait rage depuis 1916 sans interruption. Des flammes surgissent des fissures du sol tandis que le terrain s'effondre sous les maisons, mais les habitants, trop pauvres pour partir, restent bloqués sur ce brasier permanent.
En 1915, l'ingénieur russe Nikolaï Lebedenko dessine un char révolutionnaire aux roues géantes, inspiré par une simple maquette présentée au tsar Nicolas II. Cet engin colossal de 60 tonnes, haut comme un immeuble, n'a parcouru que quelques dizaines de mètres avant de s'enliser définitivement.
Le 23 juillet à 23h16 précisément, GitHub reçoit une notice du ministère de l'Intérieur indien avec un compte à rebours de seulement 3 heures. Ce qu'exige cette notice c'est de faire disparaître 3 dépôts de code, et pas n'importe lesquels. Ceux de
bitchat
, la messagerie Bluetooth de Jack Dorsey qui fonctionne sans le moindre réseau.
Trois jours plus tôt, le 20 juillet, des étudiants du Cockroach Janata Party manifestent à Jantar Mantar, en plein centre de Delhi, et réclament la démission du ministre de l'Éducation.
La police disperse leur marche à la matraque et au gaz lacrymogène, ferme des stations de métro et coupe l'internet mobile autour du site. Alors au bout de 2 jours de coupure, les manifestants basculent sur des applis qui n'en ont pas besoin.
Bitchat, sorti l'été dernier, fait exactement ça. Chaque téléphone discute en Bluetooth Low Energy avec ceux qui sont à sa portée, soit une trentaine de mètres, et relaie les messages de proche en proche. Dans une foule dense, la chaîne de relais pousse alors la portée à 300 mètres et plus.
Aucun compte à créer et aucun numéro de téléphone à fournir. Il n'y a pas non plus de serveur central, et les messages privés passent par du chiffrement Noise Protocol. Puis quand le réseau revient, l'application bascule sur le protocole Nostr pour la portée mondiale.
Le code iOS de Bitchat est dans le domaine public, tout comme la version Android en GPL-3.0. Dorsey avait d'ailleurs ressorti la même boîte à outils il y a quelques jours avec
Buzz, son chat d'équipe
.
L'application, dit la notice de l'Indian Cybercrime Coordination Centre, "permet la communication même pendant des restrictions réseau" et crée "un risque substantiel d'utilisation abusive par des éléments antinationaux, des organisations terroristes, des groupes criminels organisés". Plus loin, on lui reproche une architecture qui entrave "l'interception légale, l'attribution et l'enquête". En clair, le reproche c'est de continuer à marcher quand l'État a coupé le net.
Côté droit, l'ordre s'appuie sur la Section 79(3)(b) de l'IT Act et la Rule 3(1)(d) des IT Rules, c'est-à-dire les articles en Inde qui protègent les hébergeurs de la responsabilité des contenus publiés par leurs utilisateurs.
Les infractions listées, elles, vont de l'accès non autorisé à un système informatique à la complicité, plus trois articles du nouveau code pénal indien sur le complot criminel et l'atteinte à l'unité nationale. Oui, oui, pour un dépôt de code... Bien sûr, l'Internet Freedom Foundation qualifie la manœuvre d'"inconstitutionnelle et autoritaire" et lui reproche de court-circuiter la procédure de blocage officielle. Certes, la Section 79 conditionne une immunité, mais elle n'ouvre absolument pas un droit de censure, puis surtout, cette notice ne désigne aucun message ni aucun fichier illicite précis mais vise le projet entier. Bref, c'est trop vague !
Et même si les rêves les plus humides du gouvernement indien se réalisaient, retirer un dépôt ne retire pas grand-chose. Si vous avez déjà l'app sur votre téléphone, elle y reste, et un maillage qui ne dépend d'aucun serveur continue de faire circuler les messages quoi qu'il arrive à la page GitHub.
MediaNama
écrit que GitHub a obtempéré et retiré les liens de sa plateforme. Comme j'y ai encore accès, je pense que ça ne concerne que l'Inde et que Github a fait ça en mode géoblocage. Mais bon, peu importe, ça + l'effet Streisand, dans les heures qui ont suivi la notice, le code était de toute façon recopié sur d'autres sites. Il est sous licence libre, donc il peut être forké dans tous les sens.
En tout cas, ce n'est pas la première fois que cette messagerie sert de plan B à la population puisqu'au Népal, en septembre 2025, elle a été téléchargée près de 49 000 fois en une seule journée durant les manifestations Gen Z, soit près de 40 % de son adoption mondiale sur ce seul pays. Couper le réseau pour calmer une foule,
l'Égypte avait déjà essayé en janvier 2011
,
la Syrie quelques mois plus tard
et on le sait, ça ne fonctionne pas.
Narendra Modi, le Premier ministre indien, va participer au salon VivaTech à Paris, ce mois de juin. Il parlera d’intelligence artificielle et devrait notamment évoquer l’impact sociétal et économique de la technologie.
Un nouveau partenariat inédit a vu le jour dans l’aéronautique civil. En s’associant à l’avionneur brésilien Embraer, le conglomérat indien Adani Group affiche une ambition claire : faire émerger un véritable constructeur d’avions de ligne en Inde. Une initiative qui illustre un mouvement plus large, avec l’entrée progressive de nouvelles puissances industrielles sur un marché longtemps verrouillé.
En moins de 24 heures, deux rachats d'équipes de cricket indiennes pour des montants supérieurs au milliard de dollars ont été enregistrés. Mais que se passe-t-il donc avec ce sport méconnu en Europe, et si important en Asie ? Les clubs de l'Indian Premier League voient leur valorisation exploser.