VLC, le logiciel de lecture multimédia de VideoLAN, ajoute une nouvelle corde à son arc avec cette possibilité offerte aux utilisateurs de traduire en temps réel ses vidéos sous la forme de sous-titres.
Vous l’avez surement lu un peu partout, VLC annonce le déploiement d’une IA locale, totalement indépendante qui se chargera de la traduction des contenus diffusés via des sous-titres.

Cela veut dire quoi en termes d’usage ? Que si vous regardez une vidéo en Grec, en Polonais ou une des 100 langues qui seront prises en compte par le logiciel, votre ordinateur personnel pourra générer en temps réel des sous-titres adaptés à ce que vous regardez. Et cela localement, sans passer par un service en ligne ni utiliser les données d’un serveur distant. Vous pourrez bénéficier de cette fonction au fin fond de la jungle pour suivre votre série préférée traduite automatiquement en local.
Parmi les points clés, VLC assurera la correspondance entre les sous-titres et le rythme à l’écran, que les paroles prononcées ne soient pas désynchronisées de leur traduction. Il sera même possible d’afficher deux sous-titres dans deux langues différentes par exemple. Et même d’enregistrer le fichier des sous-titres sur votre machine pour le conserver et, éventuellement, le modifier. Ce dernier reprendra le standard .srt qui est massivement employé pour cet usage.
Google fait pareil !
Oui Google, enfin Youtube, propose la même chose. En ligne. Pas en local. Google propose ce service en échange de publicités, de cookies et de la vente de votre profil d’internaute à des milliers de « partenaires » puisqu’il faut utiliser cet euphémisme. VLC le fait en local, le logiciel utilise son propre système et ne demande rien à personne. Une fois que vous aurez téléchargé votre mise à jour technique du logiciel qui devrait arriver plus tard cette année, vous n’aurez plus besoin de vous reconnecter.
Depuis des mois, des trimestres, des années, on nous bassine avec des IA sur nos PC. De nombreux utilisateurs ont acheté un matériel techniquement capable de piloter des IA sans avoir le choix, mais sans en avoir non plus le moindre usage local. Des NPU spécialisés dans le calcul nécessaires aux IA sont apparus dans de nombreuses machines et Microsoft exige que les PC disposent d’un certain niveau de ce type de calcul pour recevoir leur label « Copilot+ ». Mais pour la grande majorité des utilisateurs, l’exploitation de ces fonctions d’IA ne passe encore aujourd’hui que par des usages en ligne.
Bien peu nombreux sont les usages locaux de ces outils et VLC et un des premiers à proposer une IA locale et indépendante. Je soupçonne – avec beaucoup d’indices – que la majorité des usages locaux des grands développeurs seront très largement scannés et analysés en ligne lors de leur usage.

On ne sait pas encore vraiment à quoi s’attendre avec VLC
Pour le moment, nous ne disposons que de très peu d’informations techniques de la part des équipes de VideoLAN. VLC ne donne pas de détails sur le matériel nécessaire à l’accomplissement de cette tâche. Est-ce qu’il faudra un matériel en particulier ? Un NPU avec un nombre de TOPS minimal ? Comment se débrouillera le moteur de traduction pour respecter le sens des contenus ? Est-ce qu’il sera aussi incompétent que celui de Google ou d’Amazon par exemple ?
Le métier de traducteur est bien plus complexe que le simple traitement mot à mot. Certains contre-sens sont régulièrement lisibles sur les sous-titrages des films sur différentes plateformes parce que le traitement des traductions n’est pas toujours fait par un humain. La simple existence d’une œuvre dans sa globalité, avec un développement complexe, peut nécessiter l’emploi d’un mot plutôt qu’un autre pour proposer une traduction valable. Selon chaque thématique de film, l’auteur pourra employer certains mots qui devront être traduits de manière particulière et pas forcément littérale. Et cela les IA de traductions ne savent pas le faire, elles ne saisissent pas le sens d’un œuvre dans son ensemble et ne font que le choix en temps réel d’une traduction la plus logique possible. Parce qu’une IA ne peut pas traduire une œuvre comme un tout au même titre qu’un humain. Son travail reste ici d’ahaner une réponse plausible du mieux qu’elle peut. Mais quand un traducteur pro reviendra en arrière pour changer un verbe, une tournure, un adjectif ou tout le sens d’une phrase précédemment écrite, l’IA se contentera de deviner au mieux.
Cela fait des années que des sites de téléchargement de sous-titres proposent des conversions automatiques de contenus en se basant sur un sous-titre souvent en anglais pour le basculer dans une autre langue. Et le résultat n’est jamais fameux.

Je suis donc autant curieux que circonspect sur la proposition faite par les équipes de VideoLAN. Derrière VLC il y a, il faut bien l’avouer, des talents assez formidables et cette équipe propose depuis des années un excellent logiciel gratuit, libre, Open Source et sans publicité. Ils viennent d’ailleurs de fêter leurs 6 milliardièmes téléchargement.
J’attends donc de voir ce que va donner cette nouvelle fonction IA, parce que beaucoup de contenus qui m’intéressent sont disponibles dans des langues que je ne maitrise pas. Sans pour autant me dire, comme j’ai pu le lire ces derniers jours, que l’arrivée de cette fonction signe la fin du métier de traducteur.
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VLC montre que l’utilisation de l’IA locale peut avoir du sens © MiniMachines.net. 2024.
