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Après la panne mondiale de 2024, CrowdStrike rattrapé par une faille publique

Par : Naïm Bada
7 septembre 2026 à 09:31
Crowdstrike Panne Congrès

Un chercheur coutumier des failles Microsoft publie cette fois le mode d'emploi d'une attaque contre Falcon, le logiciel de sécurité vedette de CrowdStrike. L'éditeur enquête, ses clients bricolent, et le souvenir de 2024 flotte dans l'air.

CrowdStrike pousse prudemment son red teaming agentique

2 septembre 2026 à 18:26

Ne dites plus Falcon AIDR, mais Falcon Guardian.

CrowdStrike vient d’officialiser ce changement de marque. Il l’accompagne de quelques évolutions fonctionnelles qui touchent notamment à la découverte du shadow AI, au contrôle d’accès et aux jonctions avec la télémétrie. La composante passerelle IA reste en bêta. Sa disponibilité générale est prévue pour le quatrième trimestre.

Des jonctions, CrowdStrike en établit aussi avec ses services Falcon Adversory OverWatch (threat hunting managé) et Falcon Complete (MDR). Le premier peut désormais exploiter le contexte de Falcon Guardian. Le second pourra faire de même d’ici à fin septembre.

Du NVIDIA dans l’agentisation du projet QuiltWorks…

Autre nouvelle marque : Falcon IQ. Elle apporte – à l’appui de modèles NVIDIA Nemotron – une « couche agentique » au projet QuiltWorks.

Ce dernier, annoncé en avril 2026, exploite des modèles d’OpenAI et d’Anthropic pour l’identification de vulnérabilités ; avec Falcon comme ossature. Il associe des partenaires qui proposent des services de remédiation (et de cyberassurance).

Falcon IQ est supposé automatiser aussi bien la validation et la priorisation des vulnérabilités que la production de playbooks de remédiation.

… et dans le « labo IA » de CrowdStrike

NVIDIA est aussi associé au Cyber Superintelligence Lab de CrowdStrike (il y a investi 100 M$ sur 5 ans). Son premier fruit s’appelle SafeMind. Il s’agit d’une famille de modèles et de harnais qui, regroupés, forment un « système d’attaque-défense agentique ». Dit autrement, du red teaming automatisé.

CrowdStrike SafeMind
© NVIDIA

NVIDIA a fourni de la matière côté défense. En l’occurrence, Nemotron 3 Ultra pour former l’orchestrateur et Nemotron 3 Super pour générer des règles de détection.

CrowdStrike ne dit pas grand-chose de la disponibilité pratique de SafeMind. L’ensemble est censé fonctionner au sein de la plate-forme Falcon. Il y aura une possibilité d’accès autonome aux différents modèles et harnais, dans le cadre du projet QuiltWorks*, avec une sélection à l’entréetrusted access »).

CrowdStrike s’installe chez Google Cloud et dans Gemini Enterprise

À défaut d’exploiter les LLM de Google, CrowdStrike s’installe sur son cloud. Il y a déployé la plate-forme Falcon, pour le moment aux États-Unis. Un complément à l’hébergement sur AWS (régions commerciales + GovCloud) et aux options « souveraines » annoncées début 2026 en Inde, en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis (localisation des données sur place, tout en gardant accès à la télémétrie et à la threat intelligence).

Falcon doit aussi arriver sur Snowflake, où il sera possible d’utiliser des crédits prépayés pour l’acheter sur la marketplace. CrowdStrike promet, entre autres :

  • Recherche fédérée, pour interroger les données Snowflake depuis Falcon
  • Ingestion des données Snowflake dans le SIEM
  • Routage de la télémétrie vers Snowflake

Dans l’écosystème Google Cloud, une connexion s’établit avec la passerelle Agent Gateway. CrowdStrike intègre par ailleurs trois composantes dans Gemini Enterprise : son « analyste agentique » Charlotte AI, le serveur MCP de Falcon (officiellement encore en preview) et Falcon Shield au niveau du registre d’agents.

Lequel, précise CrowdStrike, s’ouvre à 12 partenaires de plus : Abnormal AI, Artemis Security, AttackIQ, ExtraHop, HackerOne, Horizon3, Netskope, Picus Security, Rubrik, SafeBreach, Terra Security et Zscaler, directement connectés au SIEM Falcon.

Illustration générée par IA

 

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AI Gateway : la bataille pour le contrôle de l’IA

26 août 2026 à 11:26

En observant les annonces des dix-huit derniers mois, un constat s’impose. Éditeurs de cybersécurité, spécialistes de l’API Management, plateformes de données, fournisseurs cloud et acteurs nés avec l’IA développent des fonctions qui répondent aux mêmes problématiques. Leur objectif : contrôler les appels aux modèles de langage, appliquer des politiques de sécurité, maîtriser les coûts et gouverner les agents, tout en traçant leurs interactions et en limitant la dépendance à un fournisseur unique.

Tous cherchent, avec des approches différentes, à devenir le point de contrôle entre le système d’information et l’IA.

Dans l’histoire des infrastructures IT, ce type de convergence a souvent annoncé l’émergence d’une nouvelle catégorie de logiciels. Mais elle peut aussi annoncer autre chose : une course où chaque acteur tente d’imposer son propre control plane, au risque de recréer, autour de l’IA, la fragmentation que les AI Gateways sont précisément censés résoudre.

Les éditeurs cyber veulent protéger les agents

Les plateformes de cybersécurité ont été conçues pour protéger des utilisateurs, des postes de travail, des serveurs ou des applications. L’essor des agents IA introduit une nouvelle catégorie d’entités numériques : elles disposent de droits d’accès, utilisent des identités techniques, consultent des données et exécutent des actions de façon autonome. Elles deviennent donc elles-mêmes une nouvelle surface d’attaque.

Le cas de Palo Alto Networks illustre bien cette bascule, avec un calendrier resserré. En mars 2026, l’éditeur lance Prisma AIRS 3.0, avec un module « AI Agent Gateway » alors en accès limité. Fin avril, il annonce son intention de racheter Portkey, l’un des éditeurs d’AI Gateway les plus établis ; l’acquisition est finalisée le 29 mai. Six semaines plus tard, le 22 juillet, il annonce la disponibilité générale de Prisma AIRS AI Gateway, qui intègre directement la technologie de Portkey.

Dans sa communication, Palo Alto Networks avance un chiffre destiné à illustrer l’accélération du phénomène. Selon les données observées par l’éditeur, la part du trafic réseau d’entreprise liée au protocole MCP serait passée de 11 % fin 2025 à plus de 41 % à la mi-2026. Un chiffre fourni par l’éditeur, à considérer comme un indicateur de tendance plutôt que comme une mesure indépendante du marché.

CrowdStrike suit une trajectoire différente, centrée sur l’identité des agents. En juin dernier, l’éditeur lance « Continuous Identity for AI Agents », une fonctionnalité de Falcon issue de la technologie de SGNL, rachetée pour 740 millions $. Le principe est de réévaluer en permanence les droits d’un agent, action après action, plutôt que de lui accorder un accès permanent. CrowdStrike ne cherche toutefois pas à devenir lui-même une AI Gateway. L’éditeur mise sur une stratégie d’écosystème, avec des intégrations à plusieurs gateways, dont Kong, LiteLLM, Databricks, Microsoft Azure, TrueFoundry et Google Cloud

Cisco avance sur un terrain proche avec Duo, qui traite désormais l’agent comme un objet d’identité à part entière, avec ses propres règles d’authentification et son propre cycle de vie. Zscaler, enfin, a présenté en juin 2026 ce qu’il revendique comme la première plateforme Zero Trust complète pour l’IA agentique, avec un « AI Broker » pour l’accès aux agents et un « AI Access Graph » pour cartographier les liens entre identités, applications et données. Une extension directe de sa logique réseau historique aux flux agent-à-agent et aux appels MCP, plus difficiles à intercepter que du trafic utilisateur classique.

Ces trajectoires différentes traduisent une même logique : chaque cyberéditeur cherche à prolonger son point de contrôle historique jusqu’aux agents. L’AI Gateway devient ainsi l’une des nouvelles interfaces de la logique Zero Trust où l’on vérifie non seulement qui est autorisé à agir mais aussi ce que l’agent peut faire et dans quel contexte.

Les spécialistes des API veulent éviter d’être contournés

Pour les acteurs de l’API Management, la problématique est différente. Depuis quinze ans, les API Gateway occupent une place stratégique dans les systèmes d’information : une part importante des échanges applicatifs y transite, et les équipes d’architecture y définissent l’authentification, la limitation de débit, la supervision et le routage.

L’IA pourrait remettre en cause cette position. Si les développeurs appellent directement les modèles de langage sans passer par l’infrastructure existante, une partie croissante des échanges risque d’échapper aux plateformes de gouvernance déjà en place. Les spécialistes des API cherchent donc à étendre leur périmètre plutôt qu’à laisser une infrastructure parallèle émerger.

L’exemple de Kong est représentatif : l’éditeur présente son AI Gateway comme une extension de plugins sur sa plateforme Kong Konnect existante. Les flux applicatifs continuent de transiter par la même infrastructure, mais sont désormais aussi dirigés vers des modèles de langage, avec les mêmes mécanismes d’authentification et de quotas déjà en place pour les API classiques.

Google fait évoluer Apigee dans une direction similaire, en l’articulant à la nouvelle plateforme d’agents que le groupe a lancée en avril 2026 en rebaptisant Vertex AI en Gemini Enterprise Agent Platform. Un changement qui va au-delà du nom, puisqu’il absorbe aussi Agentspace et repositionne l’ensemble autour de la construction, du déploiement et de la gouvernance d’agents plutôt que du seul entraînement de modèles.

D’autres éditeurs d’API Management plus spécialisés, comme Gravitee, Tyk ou WSO2, suivent une trajectoire comparable en ajoutant des fonctions de routage LLM, de gouvernance MCP et de suivi des coûts d’inférence à leurs plateformes existantes.

Le principe reste le même dans tous les cas : réutiliser les mécanismes déjà déployés pour les API ( authentification, quotas, journalisation, observabilité ) plutôt que de les faire reconstruire par chaque équipe projet pour l’IA. L’IA ne crée pas une infrastructure parallèle ; elle prolonge l’architecture existante.

Les plateformes de données veulent rapprocher les agents des données

Une troisième famille avance avec une approche différente : les plateformes de données. La conviction est que la valeur de l’IA ne réside pas uniquement dans le modèle, mais surtout dans les données auxquelles il accède.

Snowflake en fournit une première illustration. Fin mai 2026, l’éditeur annonce l’acquisition de Natoma, spécialiste de la gouvernance du protocole MCP. Deux mois plus tard, il lance Cortex AI Gateway pour contrôler les interactions des agents avec les modèles, les outils, les serveurs MCP et les données de l’entreprise.

La solution s’adresse aussi bien aux agents natifs de Snowflake qu’à ceux développés sur des plateformes tierces comme Claude Code ou Cursor, et s’intègre notamment avec Okta, SailPoint et 1Password pour la gestion des identités.

Databricks suit une trajectoire comparable avec Unity AI Gateway. Construit sur Unity Catalog, le service transpose aux modèles et aux agents les mécanismes de gouvernance déjà appliqués aux données : permissions, traçabilité et audit. Il ajoute des fonctions spécifiques à l’IA, comme le contrôle des dépenses, le routage entre fournisseurs et la prévention des fuites de données personnelles.

Databricks revendique déjà plusieurs milliers de clients utilisant Unity AI Gateway, dont Rivian, Asana et Edmunds. Selon l’éditeur, plus d’un quadrillion de tokens ont transité par la gateway au cours des douze derniers mois.

L’éditeur a par ailleurs choisi une approche ouverte en intégrant à Unity AI Gateway des spécialistes de la sécurité, dont CrowdStrike, Palo Alto Networks et Zscaler. L’objectif est de permettre aux entreprises de conserver leurs outils de sécurité existants tout en les appliquant aux interactions avec les modèles, les agents et les outils. Une logique d’écosystème qui contraste avec les plateformes cherchant à intégrer l’ensemble des fonctions de sécurité en interne.

Les annonces successives de Snowflake et Databricks montrent que la gouvernance des agents est en train de devenir un nouveau terrain de concurrence pour les plateformes Data & IA. Leur avantage est de pouvoir prolonger vers les modèles et les agents les politiques de contrôle déjà appliquées aux données, sans nécessairement ajouter une couche de gouvernance indépendante.

Les hyperscalers avancent en ordre dispersé

Une quatrième famille d’acteurs, les hyperscalers, aborde le problème sous un angle différent : intégrer les fonctions de gouvernance de l’IA à leur propre environnement plutôt que de les vendre comme un produit autonome.

AWS a lancé Amazon Bedrock AgentCore Gateway, qui fournit un point d’accès unique aux agents pour accéder à des outils, des serveurs MCP et d’autres agents via A2A. La plateforme peut également router les requêtes vers différents fournisseurs de modèles et connecter des services comme Salesforce, Slack, Jira ou Asana.

Microsoft combine deux briques complémentaires. Azure API Management fournit les fonctions d’AI Gateway, tandis qu’Entra Agent ID, disponible généralement depuis mai 2026, attribue une identité propre aux agents et permet d’en contrôler les accès, y compris lorsqu’ils sont construits sur des plateformes tierces.

Google a choisi une approche plus intégrée. Avec le lancement de Gemini Enterprise Agent Platform, qui succède à Vertex AI, l’éditeur regroupe dans une même plateforme la construction, le déploiement et la gouvernance des agents, plutôt que de présenter l’AI Gateway comme une brique autonome.

L’avantage de cette approche est net pour une DSI déjà engagée sur un cloud donné : l’identité, la facturation et une partie de l’observabilité restent dans le même environnement, sans couche supplémentaire à opérer. La contrepartie l’est tout autant : dans un contexte multicloud, ces trois approches ne se substituent pas les unes aux autres, et une entreprise utilisant AWS, Azure et Google Cloud simultanément peut se retrouver avec trois mécanismes de gouvernance de l’IA distincts plutôt qu’une couche transverse unique.

Les acteurs AI-native : les pionniers de la gateway IA

Une dernière catégorie est née directement avec les applications d’IA. Des acteurs comme LiteLLM, Helicone, OpenRouter ou Portkey ont construit leurs offres autour de besoins apparus avec les LLM : router les requêtes entre plusieurs modèles et fournisseurs, suivre la consommation, gérer les clés et les coûts ou observer les interactions des agents.

Portkey illustre toutefois la difficulté pour ces spécialistes de conserver leur indépendance lorsque le marché se structure. Racheté par Palo Alto Networks en mai 2026, l’éditeur montre comment les fonctions développées par les acteurs AI-native peuvent être progressivement intégrées à des plateformes plus larges de cybersécurité, d’API Management, de données ou de cloud.

Ce que révèle cette convergence

Le rapprochement de ces cinq familles d’acteurs montre que l’AI Gateway devient une couche stratégique de contrôle de l’IA. Mais cette convergence ne conduira pas forcément à une gateway unique : le marché pourrait plutôt voir coexister plusieurs briques capables de coopérer.

Pour les DSI, la question sera donc de savoir où placer le point de contrôle principal et comment faire interagir les autres briques avec lui. Faute de coordination, la multiplication des offres pourrait paradoxalement recréer une nouvelle fragmentation de la gouvernance de l’IA.

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Projet QuiltWorks : CrowdStrike monte une coalition pour colmater les brèches ouvertes par l’IA

29 avril 2026 à 12:08

Branle bas de combat contre les failles des LLM ! CrowdStrike vient de dévoiler le projet QuiltWorks. 

Le constat qui motive son lancement est simple mais préoccupant : les modèles d’IA de frontière révèlent désormais des bugs logiques, des défauts de conception, des mauvaises configurations et de nouveaux chemins d’exploit que les méthodes classiques n’auraient pas identifiés. Ce faisant, ils réduisent dangereusement la fenêtre de temps dont disposaient les équipes de défense entre la découverte d’une faille et son exploitation.

Une coalition de poids lourds du secteur

Autour de l’éditeur, on trouve plusieurs acteurs majeurs de la cybersécurité et du conseil : Accenture, EY, IBM Cybersecurity Services, Kroll et OpenAI. La coalition s’appuie sur les modèles d’IA de frontière développés par OpenAI et Anthropic pour analyser applications et bases de code, dans le but d’identifier des vulnérabilités réellement exploitables que ni les scanners automatisés ni les revues humaines ne parviennent à détecter.

La plateforme CrowdStrike Falcon, qui traite quotidiennement des milliers de milliards d’événements de sécurité, fournit l’ossature technologique du dispositif. Elle applique la connaissance des adversaires et l’analyse des chemins d’attaque pour hiérarchiser les risques selon leur exploitabilité réelle, au-delà des seuls scores CVSS.

« Alors que l’IA de frontière accélère la découverte de vulnérabilités, tous les conseils d’administration dans le monde posent la même question à leur RSSI : sommes-nous exposés et sommes-nous protégés ? Le projet QuiltWorks est la manière dont le secteur s’unit pour apporter à chaque organisation la réponse dont son conseil d’administration a besoin. » explique George Kurtz, CEO et fondateur de CrowdStrike :

Un service structuré en quatre étapes

Le projet QuiltWorks propose un accompagnement articulé autour de quatre phases :

  • Assessment : évaluation du dispositif actuel, du niveau de maturité et de la capacité de remédiation de chaque organisation.
  • Model Deployment : analyse des applications et bases de code par des modèles d’IA de frontière pour identifier les vulnérabilités exploitables.
  • Risk Prioritization : hiérarchisation des constats par des experts en Red Teaming, en tenant compte de l’exploitabilité, de l’activité des adversaires et de l’impact métier.
  • Remediation : remédiation guidée et restitutions à destination des conseils d’administration pour leur fournir une vision claire des risques et des actions à engager.

En parallèle, CrowdStrike lance le service Frontier AI Readiness and Resilience, proposé directement à ses clients sous forme d’abonnement  payable en crédits Falcon Flex. Il s’agit d’un accompagnement continu piloté par des experts et des agents IA.

L’ambition affichée est de déployer cette réponse à l’échelle industrielle. Le réseau de partenaires du projet QuiltWorks compte plus de 10 000 professionnels certifiés, chargés d’accélérer la remédiation au niveau du code, directement au sein des entreprises clientes.

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