Taïwan visé par une cyberattaque pilotée par IA ?
Le CRA y ouvre la voie, comme le futur CADA : l’UE doit accroître son empreinte dans la gouvernance des fondations open source.
La Commission européenne a récemment formalisé cet objectif. L’essentiel des ressources de ces organismes proviennent aujourd’hui des États-Unis et de Chine, reconnaît-elle.
La fondation OpenClaw en est un exemple. Elle avait commencé à se structurer lorsque le créateur du projet éponyme avait rejoint OpenAI. C’était en février 2026. Aujourd’hui, elle a un statut juridique (organisation à but non lucratif de droit américain), des sponsors financiers et une équipe à temps plein.
L’essentiel des 10 membres de cette équipe sont localisés en Amérique du Nord et ont fait leur carrière sur place. Parmi eux, il y a, côté technique, Patrick Erichsen et Dallin Romney, cofondateurs de Continue Dev (acquis par Cursor). Sur l’opérationnel, on peut citer :
La fondation OpenClaw cherche d’autres profils pour son équipe technique, à 200-300 k$ par an. Elle propose la même fourchette de rémunération pour des forward-deployed engineers. Et un peu plus pour des product designers (250-350 k$).
Des postes sont également ouverts pour s’occuper des relations développeurs en Amérique du Nord et en Asie-Pacifique. Mais pas en Europe.
Même « tendance géographique » chez les organisations que représentent les 28 gestionnaires (maintainers) actuels d’OpenClaw. Ils sont 4 à travailler pour Microsoft, autant pour NVIDIA. On en trouve 3 d’OpenAI comme de Tencent. Deux sont de la maison Atlassian. Xiaomi, Red Hat et Hugging Face, notamment, comptent un représentant.
Microsoft, NVIDIA et OpenAI sont sponsors financiers de la fondation, à l’instar de l’université du Michigan. Le premier s’est appuyé sur OpenClaw pour lancer l’assistant IA Scout. Le deuxième a développé NemoClaw, qui associe ses modèles Nemotron à un runtime maison (OpenShell) doté de primitives de sécurité spécifiques. Le troisième a constitué une équipe interne dite Claw Labs, sous la responsabilité du fondateur d’OpenClaw.
Tencent a travaillé en particulier sur la sécurité d’OpenClaw. C’est une priorité du projet, fortement décrié – voire déconseillé – pour ce motif. Afin de réduire la surface d’attaque, des travaux d’allégement du cœur fonctionnel ont été engagés, diverses capacités étant déportées dans des modules complémentaires.
Le registre ClawHub a lui aussi été « durci ». Un agent Codex évalue désormais chaque skill publiée, en s’appuyant sur trois scanners. En l’occurrence :
Un système de packages officiels est par ailleurs à l’étude. Tout comme une liste d’« éditeurs de confiance » (trusted publishers) et l’intégration d’un signal de confiance fondé sur l’usage de fs-safe.
En attendant, OpenClaw a renforcé la vérification des commandes shell, en intégrant l’évaluation des wrappers -c pour détecter les chaînes contenant des exécutables. Il a aussi intégré un proxy pour contrôler plus finement les URL sortantes.
Illustration générée par IA
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Compromission de systèmes, fuite de données sensibles, actions potentiellement destructrices… Les risques que pose OpenClaw sont connus et reconnus.
Le CERT-FR les a récemment synthétisés en un bulletin d’alerte. Il étend son propos à l’ensemble des « produits d’automatisation par IA agentique sur les postes de travail ». Outre OpenClaw, Claude Cowork est mentionné.
Consigne : en l’état, hors de question d’utiliser ces assistants en production. On s’en tiendra impérativement à des environnements de test isolés, sans données sensibles. On limitera par ailleurs les actions et les outils accessibles, tout en définissant des listes de canaux de communication et d’interlocuteurs autorisés. L’activation pourra être restreinte, par exemple en imposant l’invocation explicite des assistants (mentions @). Et l’usage de commandes système, soumis à validation humaine.
La formulation défensive des prompts peut contribuer à réduire les risques, même si les attaques par injection peuvent la contourner, précise le CERT-FR.
Il y a quelques semaines, le CERT chinois avait émis une alerte de la même teneur, centrée toutefois sur OpenClaw. Il en soulignait la « configuration par défaut extrêmement fragile ». Et rappelait les privilèges élevés dont l’outil peut disposer (acès au système de fichier local, lecture des variables d’environnement, installation de plug-in…).
Son alerte n’interdisait pas formellement le déploiement en prod. Elle établissait néanmoins des prérequis parmi lesquels :
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