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ChatGPT n’est plus seulement un chatbot aux yeux de Bruxelles : il devient un très grand moteur de recherche et passe sous surveillance renforcée

Par : Alice Vitard
31 août 2026 à 17:45

ChatGPT n’est désormais plus considéré comme un simple chatbot aux yeux de Bruxelles. La Commission européenne a annoncé ce 31 août sa désignation comme « très grand moteur de recherche en ligne » (VLOSE, Very Large Online Search Engine) au titre du Digital Services Act (DSA).

ChatGPT et Roblox bientôt classés “très grandes plateformes” par l’Union européenne dans le cadre du Digital Services Act ?

31 juillet 2026 à 05:00

L’Union européenne s’apprête à classer ChatGPT et Roblox comme “très grandes plateformes en ligne” suivant les règles édictées par le Digital Services Act (DSA), rapporte Bloomberg.

Nouvelle amende record pour Google : l’UE exige 890 millions d’euros pour violation du DMA

23 juillet 2026 à 17:14
Google Logo

Google a été condamné à une amende record de 890 millions d'euros par l'Union européenne pour violation du Digital Markets Act. Google a contesté cette décision, affirmant notamment qu’elle pourrait nuire à l'expérience de ses utilisateurs européens.

L’UE inflige une amende record d’1 milliard à Google : 4 questions pour tout comprendre

23 juillet 2026 à 14:30
Google Amende Europe

La Commission européenne frappe un grand coup en sanctionnant Google avec une amende record. Accusé de favoriser ses propres services et de verrouiller Android, le géant américain a désormais 60 jours pour revoir entièrement sa copie. On décrypte l’affaire pour vous.

L’UE veut soumettre AWS et Azure au DMA : l’IA a compté

26 juin 2026 à 17:45

C’était pressenti, c’est désormais officiel : la Commission européenne veut soumettre AWS et Azure au DMA.

On en est au stade de l’avis préliminaire. Amazon et Microsoft peuvent donc exercer leurs droits de défense.

Si leurs clouds respectifs ont jusque-là échappé à la désignation en tant que « services de plate-forme essentiels », c’est qu’ils n’atteignaient pas l’un des seuils quantitatifs définis dans le DMA. En l’occurrence, au moins 45 millions d’utilisateurs finaux actifs par mois établis ou situés dans l’UE.

Le règlement autorise cependant la Commission à mener une enquête de marché pour déterminer si un service qui n’atteint pas ce seuil constitue tout de même un « point d’accès majeur permettant aux entreprises utilisatrices d’atteindre leurs utilisateurs finaux ».
Si tel est le cas, elle peut le désigner comme service de plate-forme essentiel sous deux autres conditions. D’une part, que l’entreprise qui le propose ait un « poids important » sur le marché européen. Soit par son chiffre d’affaires (au moins 7,5 Md€ sur les trois derniers exercices), soit par sa capitalisation boursière ou sa juste valeur marchande équivalente (au moins 75 Md€). De l’autre, qu’elle jouisse d’une « position solide et durable », au sens où elle aurait atteint les deux seuils de poids sur chacun de ses trois derniers exercices.

Une enquête DMA lancée fin 2025… chiffres à l’appui

La Commission européenne avait ouvert des enquêtes sur AWS et Azure en novembre 2025. Les grandes lignes de son raisonnement étaient tracées.

En ce qui concerne le poids sur le marché intérieur, elle avait souligné que la juste valeur marchande d’AWS dépassait les 75 Md€, sachant que la capitalisation boursière du groupe Amazon avoisinait les 2700 Md$. Même réflexion pour Azure, Microsoft valant alors près de 4000 Md$.

Sur le fondement de données Statista, la Commission avait rappelé qu’AWS détenait 29 % du marché mondial du cloud d’infrastructure. Et qu’Azure en captait 20 %. Pour le marché européen, elle avait mobilisé, entre autres, des chiffres de l’Autorité de la concurrence française et de son homologue britannique, repris les uns et les autres par l’OCDE. Parmi eux : 46 % de part de marché pour AWS en France en 2021, contre 17 % pour Azure.

AWS, indispensable ? Les pannes en témoignent

Pour AWS comme Azure, Bruxelles avait pointé des effets d’échelle : les coûts de développement et de maintenance des services apparaissaient peu dépendants du nombre d’utilisateurs, en plus de pouvoir être reportés sur d’autres services, y compris non cloud.

Autre point commun : une structure conglomérale et un degré d’intégration verticale permettant des subventionnements croisés. La Commission évoquait aussi les effets de verrouillage, renforcés par l’écosystème de logiciels et services tiers.

Une remarque fut spécifique à AWS : l’échelle et la magnitude des pannes confirme que ses services sont indispensables aux entreprises pour atteindre leurs clients. Quand à Azure, il bénéficie, à travers Windows et Office 365, d’effets de réseau indirects et d’avantages en matière de collectes de données.

Les outils et partenariats IA ont pesé dans la balance

La Commission n’a pas encore publié son avis préliminaire. L’annonce qu’elle en fait liste néanmoins quelques arguments qui ont motivé sa décision.

Au-delà du chiffre d’affaires important et des effets de verrouillage, elle évoque des capacités opérationnelles et des investissements qui « semblent avoir largement dépassé » ceux des concurrents. Elle mentionne aussi des « bases d’utilisateurs vastes et bien établies ». Tout en affirmant que le portefeuille d’outils et de partenariats dans le domaine de l’IA est devenu un « facteur décisif » dans la passation de marchés.

Illustration générée par IA

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DMA : les Big Tech multiplient les recours

15 juin 2026 à 16:36

500 M€ d’amende pour Apple, 200 M€ pour Meta : en avril 2025, les premières « sanctions DMA » étaient tombées.

Apple avait été épinglé pour avoir empêché les développeurs d’applications d’informer les utilisateurs sur des offres plus avantageuses disponibles en dehors de l’App Store. Meta l’avait été pour son modèle dit « paiement ou consentement ». Lequel imposait aux utilisateurs d’accepter la combinaison de leurs données personnelles entre ses services… à moins de payer un abonnement.

L’un et l’autre ont déposé, en juillet 2025, un recours auprès du Tribunal de l’UE. La Commission européenne y fait référence dans son dernier rapport annuel sur l’implémentation du DMA (période de mars 2025 à mars 2026).

Selon Apple, il n’y a pas un, mais cinq App Stores

Le Tribunal de l’UE doit encore se prononcer dans d’autres procédures impliquant Apple. Celui-ci conteste notamment l’idée que l’App Store constitue un unique service de plate-forme essentiel. D’après lui, il faut considérer distinctement ses 5 versions (iPhone, iPad, Mac, Apple TV, Apple Watch), du fait qu’elles serviraient chacune une finalité différente du point de vue de l’utilisateur final. En témoigneraient, par exemple :

  • Types et nombres d’applications disponibles
  • Fréquences d’usage respectives
  • Présentation des applications
  • Résultats des recherches

La distinction vaudrait aussi du point de vue des entreprises utilisatrices (développeurs d’applications). En particulier parce que ces dernières optimisent pour l’OS qu’elles ciblent. Et que chaque version de l’App Store a ses propres outils de marketing et de mesure de performance.

La Commission européenne ne contredit pas ces éléments. Mais elle juge qu’ils ont principalement trait à la nature, à la fonction et à l’usage des différents appareils Apple. Pas à la véritable finalité de l’App Store, commune à toutes ses versions : être un service d’intermédiation pour la distribution d’applications. Elle ajoute, entre autres, que :

  • Les règles sont très similaires
  • Le point de contact pour le support est le même
  • L’outil pour soumettre et gérer des apps est le même
  • Un seul compte utilisateur suffit
  • Il est possible d’acheter une application une fois pour tous les OS Apple (achats « universels »)

iMessage est-il fourni « contre rémunération » ?

Pour le moment, la Commission européenne n’a pas soumis iMessage au DMA. Mais elle ne l’exclut pas : s’il était désigné service de plate-forme essentiel, il serait exposé aux obligations de l’article 7, en ce qu’il s’agit d’un « service de communications interpersonnelles non fondé sur la numérotation ».

Apple prétend qu’iMessage n’entre pas dans ce périmètre, car il n’est pas fourni « contre rémunération » (critère qu’impose le code des communications électroniques européen). L’entreprise explique qu’elle ne monétise pas le service par la vente de hardware, ni par le traitement de données personnelles. Elle ajoute qu’il est possible d’utiliser ses appareils sans iMessage. Et qu’une revente n’empêche pas l’utilisateur suivant de reparamétrer l’app. Quant aux achats in-app, on ne saurait les considérer comme une rémunération. Non seulement, ils sont optionnels, mais ils sont réalisés via l’App Store.

La Commission européenne se réfère à la jurisprudence CJUE. Elle estime que la Cour a eu une « interprétation large » de la notion de rémunération. Celle-ci n’inclut, en l’occurrence, pas que du paiement direct. Elle englobe aussi des formes indirectes… comme la vente d’appareils associés à un service. Et il n’est pas impératif qu’elle soit payée directement par le destinataire de ce service.
Bruxelles ajoute qu’iMessage n’est utilisable que sur les appareils Apple. Celui-ci reçoit donc une rémunération à travers la vente de matériel… et des applications qui vont avec. Et contrairement à ses affirmations, iMessage joue un rôle important dans son marketing.

ByteDance, Meta, Opera… Le Tribunal de l’UE vivement sollicité

Meta aussi a déposé un recours auprès du Tribunal de l’UE. Il conteste la désignation de Messenger en tant que service de plate-forme essentiel. Principal argument : le service ne constitue pas un « point d’accès majeur permettant aux entreprises utilisatrices d’atteindre leurs utilisateurs finaux ». Ce qui est un des critères pour être désigné service de plate-forme essentiel.

Opera a également sollicité le Tribunal de l’UE. Il conteste la décision de ne pas désigner Microsoft comme contrôleur d’accès (« gatekeeper ») par rapport à son navigateur Edge.

La Commission européenne est par ailleurs défenderesse dans une procédure qui implique ByteDance. Le groupe chinois, éditeur de TikTok, a fait pourvoi contre la décision du Tribunal de confirmer sa désignation comme gatekeeper.

Facebook Marketplace n’est plus soumis au DMA…

Le service Marketplace de Meta fut un temps sur la liste des services de plate-forme essentiels.  En avril 2025, la Commission européenne l’en avait retiré. Meta l’avait sollicité un an plus tôt, expliquant avoir pris des mesures pour en restreindre l’usage au grand public. Bruxelles a confirmé qu’il y avait eu, en 2024, moins de 10 000 entreprises utilisatrices actives établies dans l’UE. Ce qui est est l’un des seuils quantitatifs à dépasser pour tomber sous le coup du DMA.

… tandis qu’Apple Ads et Apple Maps y échappent finalement

En novembre 2025, la Commission européenne a signalé à Apple que deux de ses services avaient franchi les seuils quantitatifs en question (à savoir les 10 000 entreprises actives et au moins 45 millions d’utilisateurs finaux actifs par mois dans l’UE). D’un côté, Apple Ads. De l’autre, Apple Maps.

Apple a argué que ces services n’étaient pas des points d’accès majeurs pour les entreprises. En février 2026, Bruxelles a acquiescé, notant que dans l’UE, Apple Maps avait un taux d’utilisation « relativement faible » ; et Apple Ads, une « échelle très limitée dans le secteur de la publicité en ligne ».

Apple et Meta contestent leurs amendes respectives

Ce qui a valu 200 M€ d’amende à Meta est une infraction à l’article 5(2). Lequel oblige à obtenir le consentement des utilisateurs finaux pour combiner/croiser leurs données personnelles entre un service de plate-forme essentiel et d’autres services. Ceux qui ne donnent pas leur consentement doivent pouvoir accéder à une alternative certes moins personnalisée mais fonctionnellement équivalente. Le modèle « Consent or Pay » n’y était pas conforme, a déterminé la Commission européenne. En dépit de son pourvoi, Meta a annoncé, en décembre 2025, son intention de proposer un système « compatible DMA ».

Les 500 M€ d’amende infligés à Apple sont la conséquence d’une infraction à l’article 5(4). Dans les grandes lignes, il impose de permettre aux entreprises de communiquer, de promouvoir et de contractualiser leurs offres gratuitement auprès des utilisateurs finaux en dehors des services de plate-forme essentiels. Bruxelles a jugé que les développeurs utilisant l’App Store étaient soumis à trop de restrictions en la matière, ni nécessaires ni proportionnées.

Google également jugé non conforme sur les boutiques d’applications…

Une autre procédure DMA touchant à l’App Store (indirectement, néanmoins) reste ouverte. Son objet : l’article 6(4), qui exige de permettre l’installation de boutiques logicielles tierces.

En avril 2025, la Commission européenne a communiqué à Apple ses conclusions préliminaires à ce propos. Bilan : pas conforme. Les conditions contractuelles imposées aux développeurs sont dissuasives, entre frais facturés et conditions d’éligibilité trop strictes. Il est par ailleurs trop fastidieux pour les utilisateurs finaux d’installer des applications par ce biais.

Alphabet n’est pas non plus réglo sur la question des app stores. Une procédure est en tout cas en cours. En mars 2025, la Commission européenne a considéré que la maison mère de Google avait techniquement empêché certains aspects de la redirection des utilisateurs finaux vers des offres externes. Bruxelles a aussi dénoncé les frais déraisonnables facturés au nom de l’acquisition des utilisateurs (commission sur chaque achat de biens ou services numériques pour une période « indûment longue »).

… comme sur les moteurs de recherche

Google est aussi suivi sur le segment des moteurs de recherche. En mars 2025, la Commission européenne lui a fait part de sa non-conformité à l’article 6(5). Motif : il a traité plus favorablement ses propres services, autant par le tri des résultats qu’en leur réservant des emplacements avec des formats visuels améliorés.

Une autre procédure ouverte contre Google concerne l’article 6(12). Celui-ci garantit que les entreprises utilisatrices des moteurs de recherche bénéficient de conditions d’accès équitables. Ce n’est pas le cas, selon Bruxelles. À travers son règlement sur l’utilisation abusive de la réputation d’un site, le groupe américain pénaliserait les sites web qui incluent du contenu de partenaires commerciaux. Ce qui impacterait directement un levier de monétisation « répandu et légitime ».

Apple réfute aussi les exigences d’interopérabilité du DMA

Apple n’a pas non plus laissé passer les exigences d’interopérabilité que la Commission européenne lui a faites au titre de l’article 6(7). Invité à garantir aux appareils connectés tiers le même niveau de connectivité à iOS que celui fourni à ses propres appareils, il a contesté les instructions techniques de Bruxelles. Non sans toutefois implémenter quelques éléments, par exemple sur l’appairage de proximité (ouvert au test pour les développeurs iOS fin 2025).

La Commission européenne a en revanche clos sa procédure contre Apple sur l’article 6(3). Elle estime que l’entreprise a rectifié le tir, en facilitant la désinstallation des applications préchargées sur iOS et la modification des paramètres par défaut, dont la sélection du navigateur.

Illustration générée par IA

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Google sommé d’ouvrir Android : les attentes de la Commission européenne

29 avril 2026 à 12:02

App Functions, Circle to Search, System Intelligence… Autant de composants d’Android dont la Commission européenne réclame l’ouverture. En toile de fond, le DMA (législation sur les marchés numériques) et ses exigences d’interopérabilité.

En la matière, Bruxelles s’est d’abord penché sur le cas Apple. La procédure concernant Google fut ouverte en janvier 2026. Il en résulte des propositions de mesures, soumises à consultation publique jusqu’au 13 mai 2026. En voici un résumé.

Google invité à ouvrir Circle to Search

Android permet, par un appui long sur le bouton d’accueil ou la barre de navigation, d’invoquer Google Search. Celui-ci se superpose aux autres applications et peut exploiter le contexte, notamment le contenu de l’écran. Google implémente cette fonctionnalité sous le nom Circle to Search.

Il est demandé à Google de donner aux applications tierces le même niveau d’accès à cette fonctionnalité que celui dont bénéficient ses propres services. Cela implique notamment de rendre publiques les API de Circle to Search. Et de ne pas se réserver l’usage du bouton d’accueil, de la barre de navigation ou de tout autre point d’accès, que ce soit par la voir technique ou contractuelle.

Bruxelles demande un « Hey Google » plus interopérable

Android permet d’invoquer des services – à commencer par l’assistant vocal de Google – en prononçant un mot-clé. Y compris lorsque l’écran est éteint et lorsque le téléphone est en mode économie de batterie.

La Commission européenne demande à Google d’ouvrir ce mécanisme aux applications tierces. Cela inclut l’enregistrement et l’exécution de modèles sonores, la conception de pipelines personnalisés pour entraîner ces modèles et la possibilité pour les développeurs tiers de les tester sur leurs propres appareils sans accord préalable. Mais aussi le système de validation des mots-clés et d’invocation des applications, ce en continu.

Bruxelles souhaite aussi que les utilisateurs puissent personnaliser le mot-clé sans quitter l’application concernée. Et que les développeurs tiers puissent suggérer des mots-clés. Les apps invoquées devront par ailleurs pouvoir accéder au même contexte que les services Google.

Garantir un accès équitable aux données des applications…

À l’appui de bases de données locales ou de plates-formes de partage, Android permet un accès centralisé aux données des applications. La fonctionnalité AppSearch, par exemple, en tire parti, mais uniquement pour l’application définie comme assistant par défaut.

La Commission européenne souhaite que les apps tierces aient le même niveau à cette fonctionnalité que les services Google.

… et aux suggestions contextualisées

Android permet aux applications de fournir des suggestions basées sur le contexte utilisateur. Sur les smartphones Pixel, la fonctionnalité Magic Cue en tire parti. Bruxelles en donne deux exemples d’utilisation : afficher le numéro d’un vol lorsqu’on appelle une compagnie aérienne et recommander d’ouvrir l’agenda quand on reçoit par texto une invitation à dîner.

Pour les applications tierces, il y a deux enjeux : faire office de surface d’entrée et de sortie.

Sur le premier point, Google doit garantir qu’elles puissent fournir à la fois des données, du contexte d’écran et des actions qu’elles sont capables de réaliser. Ainsi que des informations supplémentaires au moment de la génération des suggestions. Par exemple, transmettre le numéro appelé – ce qui, pour reprendre le cas sus-évoqué, peut permettre à une application de déterminer qu’on contacte une compagnie aérienne et donc de suggérer le numéro de vol.

Sur le deuxième point, les développeurs tiers devront pouvoir afficher des suggestions à la fois dans leurs apps et en dehors. Ces apps devront aussi pouvoir exécuter des actions suggérées (Magic Cue peut, par exemple, conseiller de rechercher des restaurants avec Gemini). Et recevoir les données que produisent les suggestion (copier du texte dans une messagerie, par exemple).

Les « expériences intelligentes » également dans le viseur de la Commission européenne

En complément aux suggestions, Android peut fournir des « expériences intelligentes ». C’est-à-dire contextualisées, entre autres grâce aux données des capteurs de l’appareil. De la traduction en temps réel à la reconnaissance musicale, elles sont essentiellement implémentées via le composant Android System Intelligence.

Google est prié de donner aux apps tierces le même niveau d’accès au contexte physique (capteurs) et numérique (audio, écran, notifications, contacts, raccourcis…) que celui donné à ses propres services. Même exigences pour l’accès aux ressources de traitement, tant matérielles que logicielles (modèles locaux et cloud). Ainsi qu’auxu canaux de présentation de ces expériences, qui doivent être personnalisables (branding, icône, liens vers les apps sources).

Ouvrir les canaux d’intégration et d’automatisation

Sur Android, un service IA peut exécuter des actions dans d’autres applications. Cette fonctionnalité est implémentée via des canaux d’intégration tels qu’App Actions et App Functions.
La Commission européenne souhaite que les applications tierces puissent découvrir toutes les intégrations, les exécuter et le signaler à l’utilisateur. Le tout avec le même niveau d’accès que celui accordé aux services Google.

Android permet aussi à des services Google d’automatiser des tâches dans certaines applications. En tête de liste, Gemini, qui peut imiter les actions de l’utilisateur, y compris en arrière-plan.
Bruxelles demande que les applications tierces puissent accéder à cette fonctionnalité au même niveau que les services Google. Cela inclut la possibilité d’afficher des indicateurs d’exécution au niveau de l’OS. Et la possibilité, pour les utilisateurs, de reprendre le contrôle à tout moment. L’API Computer Control pourrait avoir à être ouverte dans ce cadre.

Android permet à des services de lire et écrire des données dans d’autres. L’accès en lecture peut servir pour la recherche sémantique (la Commission européenne donne cet exemple, en évoquant un assistant qui, en réponse à la question « Quand est mon voyage en Espagne ? », peut comprendre, en cherchant dans l’agenda, qu’un événement « Vol pour Barcelone » s’y rapporte). L’accès en écriture est ce qui permet par exemple à Gemini d’éditer des notes dans Keep et d’envoyer des SMS au nom de l’utilisateur.
Bruxelles souhaite également une interopérabilité pour les intégrations avec l’OS. On parle là de modifier des paramètres et de contrôler des fonctions comme le redémarrage, les captures d’écran ou la gestion des alarmes.

Assurer un accès non discriminant aux modèles locaux

Il est plus globalement demandé à Google de permettre aux apps tierces, sous les mêmes conditions que ses services, l’accès aux modèles locaux intégrés à Android. Ainsi que leur personnalisation.

Les développeurs tiers devront aussi pouvoir implémenter leurs propres modèles locaux. Et bénéficier à la fois du système centralisé qui permet de les exposer et des capacités d’exécution en arrière-plan.

Cette interopérabilité implique un accès équitable aux ressources (mémoire, calcul) et à leur mécanisme d’allocation. Ainsi qu’à celui qui permet de lancer ou de reprendre des tâches en arrière-plan en fonction du contexte.

Illustration générée par IA

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L’écosystème Google reste en travaux pour le DMA

16 mars 2026 à 18:22

Réglage du moteur de recherche par défaut, certification des boutiques d’applications tierces, sideloading… En matière de conformité DMA, Android est une surface encore sujette à pas mal de travaux.

La version publique du dernier « rapport de transparence » de Google donne une idée des chantiers en cours.

Vers davantage d’options pour le moteur de recherche par défaut

Un de ces chantiers vise à mieux s’aligner sur l’article 6(3). Celui-ci impose, dans les grandes lignes, de permettre aux utilisateurs finaux de modifier les paramètres de l’OS, de l’assistant virtuel et du navigateur Internet.

Google prévoit d’intégrer, au niveau du paramétrage des applications par défaut, une option pour modifier le moteur de recherche. Le choix se propagera aux widgets sur l’écran d’accueil. En parallèle, les moteurs de recherche auront de quoi demander à l’utilisateur de les définir comme application par défaut.

Autre élément à venir : une mise à jour du parcours utilisateur permettant de modifier l’assistant par défaut. Au menu, un écran pour changer, un autre pour ajuster les permissions… et une « formulation plus claire » des infos relativesà la vie privée.

De la matière issue du procès Epic

L’article 6(4) impose de permettre l’installation d’applications tierces ou de magasins d’applications tierces.

Sur ce volet, Google envisage un programme de certification des marketplaces, moyennant « des frais raisonnables » pour leurs éditeurs. Il affirme ne pas avoir encore finalisé les détails d’implémentation.

Autre piste : implémenter des modifications sur le sideloading. En l’occurrence, celles sur lesquelles Google s’est engagé aux États-Unis dans le cadre de son litige avec Epic Games. Elles réduisent le nombre d’écrans nécessaires pour autoriser une application à en charger une autre. Les détails sont là aussi à finaliser.

Des « résumés par IA » pour répondre au DMA

Dans les cartons, il y a également un service développé avec Apple pour faciliter le basculement d’iOS vers Android et vice versa. Il est en bêta depuis décembre 2025. En toile de fond, l’article 6(9) du DMA, qui impose la portabilité des données.

Pour y répondre, Google a deux options : le service Takeout et l’API Data Portability. Cette dernière a été enrichie en 2025 avec, en particulier :

  • Intégration des données des appareils Pixel et Nest
  • Possibilité, pour les utilisateurs, d’accorder à des tiers un accès à durée déterminée (30 ou 180 jours)
  • Possibilité, pour les développeurs, de filtrer les exportations par plages de dates

L’article 6(10) impose de fournir aux entreprises un accès aux données générées dans le cadre de leur utilisation des services soumis au DMA. En 2025, Google y a ajouté, entre autres, le nombre d’ouvertures et de réouvertures des Shorts sur YouTube (sans exigence de durée minimale de lecture). En parallèle, il a intégré divers « résumés par IA » dans les consoles de certains produits. Par exemple Google Play.

Des abonnements aux téléchargements, le programme External Offers s’étend doucement

Google Play continue aussi à évoluer pour répondre aux exigences de l’article 5(4). Lequel impose notamment de permettre aux entreprises utilisatrices de conclure des contrats hors des plates-formes soumises au DMA.

La réponse de Google s’appelle External Offers. Ce programme s’adresse aux développeurs qui proposent des applications aux utilisateurs situés dans l’Espace économique européen (UE + Islande, Liechtenstein et Norvège). En y adhérant, ils sont censés pouvoir afficher des liens vers des offres contractualisables sur leurs propres sites web. En août 2025, le mécanisme fut mis en place pour l’achat d’abonnements et de contenus numériques intégrés. Il l’a été en décembre 2025 pour le téléchargement d’applications.

Consentement : des engagements en Italie portés à l’échelle de l’UE

En 2025, Google a avancé sur la mise en conformité avec un autre article du DMA : le 6(12). Celui-ci lui impose de fournir des conditions générales d’accès équitables aux entreprises utilisatrices de son moteur de recherche et de sa boutique d’applications. Cela doit inclure la mise en place d’un mécanisme de règlement extrajudiciaire des litiges. Confié au CEDR (Centre for Effective Dispute Resolution, organisation à but non lucratif basée à Londres), il est en place pour Google Search depuis avril 2025. Il l’est pour Google Play depuis novembre 2024.

Sur la feuille de route, il y a aussi l’implémentation, à l’échelle de l’EEE, des engagements que Google a pris auprès de l’autorité de la concurrence italienne. Acceptés en novembre 2025 à la suite d’une enquête, ils visent à clarifier les effets du consentement – ou de son absence – pour le partage de données entre ses services.

Illustration principale © JuliusKielaitis – Shutterstock

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DMA : Microsoft règle (encore) un peu la mire pour Windows

16 mars 2026 à 11:02

Désinstallation d’applications, fournisseurs tiers de recherche web, modification des paramètres par défaut… Microsoft continue à ajuster Windows pour le rendre conforme au DMA. Son dernier « rapport de transparence » en témoigne.

Les fournisseurs des plates-formes soumises à ce règlement doivent fournir de tels rapports à la Commission européenne au minimum une fois par an. Et les accompagner d’une synthèse accessible au public.

Microsoft avait publié son premier en mars 2024. La mise à jour de mars 2025 avait illustré l’ampleur des modifications apportées dans l’intervalle, des collectes de données à la synchronisation des comptes. L’ensemble s’applique à Windows 11 et à la dernière version majeure de Windows 10 (22H2). Ce sur les PC localisés, lors de leur paramétrage initial ou après réinitialisation d’usine, dans l’Espace économique européen (UE + Islande, Liechtenstein et Norvège).

Depuis mars 2025, Windows a continué à évoluer, mais les changements ont été nettement moins nombreux.

Applications désinstallables

Microsoft a ajouté à Windows une application Start Experiences qui alimente les widgets. Il en permet la désinstallation dans l’EEE.

En parallèle, le Microsoft Store est devenu désinstallable, bien qu’encore identifié en tant que composant système.

Applications par défaut

Dans les paramètres de Windows 11, on peut définir en un clic le navigateur par défaut – un bouton « Définir par défaut » s’affiche en haut à droite lorsqu’une application signale prendre en charge http(s).

À l’origine, ce bouton associait le navigateur aux liens http, https, htm et html. Il le fait désormais aussi pour ftp, read, mht, mhtml, shtml, svg, xht, xhtml et xml. Sur les nouveaux appareils, Edge est configuré par défaut pour tous ces types de liens et de fichiers.

Le bouton a aussi pour effet d’épingler le navigateur au menu Démarrer et à la barre des tâches. Sauf si l’utilisaeur décoche les cases.

Pour les applications qui gèrent à la fois http(s) et pdf, le bouton associe aussi l’extension .pdf.

figure 23 navigateur par défaut

Microsoft a appliqué les mêmes changements à Windows 10 22H2.

figure 26 PDF Windows 10

Il peut arriver, pour des questions fonctionnelles ou d’expérience utilisateur, que des programmes – de Microsoft ou de tiers – ouvrent des liens et/ou des fichiers dans d’autres applications que celles par défaut*. Bing et Start Experiences, préchargés et respectivement activés comme fournisseur de recherche et de flux/widgets, sont dans ce cas. Désormais, toutefois, ils ouvrent le contenu web dans le navigateur par défaut et non plus dans Edge.

Windows procure une API exploitable pour demander à l’utilisateur de définir une application par défaut (elle ouvre les paramètres système). Dorénavant, Edge ne demande plus à être défini comme app par défaut que lorsqu’on l’ouvre « directement en tant que navigateur ». Pas quand on le lance à une autre fin, comme la lecture d’un PDF.

Recherche, widgets et flux

Le champ de recherche dans la barre des tâches permet à des applications – MSIX – de fournir des résultats web à l’appui d’API publiques.

figure 48 zone de recherche

Désormais, lorsqu’on installe une application qui implémente un tel fournisseur de recherche, il est automatiquement activé. Une notification en informe l’utilisateur.

figure 49 providers

Dans les paramètres Windows, on peut activer, désactiver et réordonner les fournisseurs.

figure 50 gestion des fournisseurs

La Recherche Windows présente les résultats en accord avec l’ordre prédéfini.

figure 51 résultats

Windows 11 permet aussi à des applications – MSIX et PWA – d’alimenter les widgets et les flux via des API publiques.
Les widgets apparaissent maintenant sur l’écran de veille. On peut en ajouter, en supprimer et les réordonner.

* Dans l’EEE, Windows 10 et 11 ouvrent quant à eux systématiquement l’application par défaut. Idem globalement dans le reste du monde, avec des exceptions pour les contenus d’aide et ceux que Spotlight affiche sur l’écran de veille. Les uns et les autres s’ouvrent dans Edge.

Illustration principale générée par IA

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