Dans les années 1870, l'officier topographe François Élie Roudaire propose de créer une mer intérieure en plein Sahara en perçant un canal vers la Méditerranée. Soutenu par Ferdinand de Lesseps, le projet enflamme la France avant que les relevés d'altitude ne révèlent l'impossibilité géologique du rêve.
Entre 1940 et 1948, le régime de Vichy relance un vieux rêve colonial : construire un chemin de fer traversant le Sahara sur 3 000 kilomètres. Mais le jour où les pelleteuses s'arrêtent, seuls 365 kilomètres ont été construits avec une main-d'œuvre forcée. Un dixième de l'ambition initiale, engloutis dans le sable et l'oubli.
Il y a 56 millions d'années, un serpent marin colossal de 12 mètres régnait sur les eaux chaudes du Sahara. Palaeophis colossaeus avalait des crocodiles entiers et révèle aujourd'hui les températures extrêmes de l'Éocène, quand les tropiques étaient bien plus chauds qu'aujourd'hui.
Chaque année, 27 millions de tonnes de poussière quittent le désert du Sahara pour traverser l'océan Atlantique et retomber sur l'Amazonie. Cette poussière contient les restes fossilisés de poissons d'un lac disparu il y a 10 000 ans, le Méga-Tchad, qui nourrissent toujours la forêt tropicale la plus dense de la planète.