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Hier — 16 septembre 2026Crypto

Bitcoin face au quantique : l’IA accélère la menace

15 septembre 2026 à 18:00

Le coût théorique d’une attaque quantique vient de chuter. Plus de cent participants, épaulés par des agents IA, ont réduit de 86,1 % les ressources nécessaires à l’un des calculs qui permettraient un jour de s’attaquer aux signatures utilisées par Bitcoin et Ethereum. Aucune clé privée n’a été récupérée et aucun ordinateur quantique actuel ne peut voler des cryptomonnaies grâce à ces travaux. Le résultat montre néanmoins que l’amélioration des programmes peut rapprocher la menace, même sans progrès majeur du matériel.

Points clés

  • Le score du concours ECDSA.Fail est passé de 10,75 milliards à 1,496 milliard
  • Le meilleur circuit étudié utilise 1 151 qubits logiques pour réaliser environ 1,3 million d’opérations quantiques
  • Le résultat se situe plus de 50 % sous la référence publiée par Google, mais les méthodes de calcul diffèrent
  • Les chercheurs ont optimisé une seule étape de l’attaque, pas l’ensemble du processus permettant de récupérer une clé privée

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Une étape de l’attaque quantique allégée de 86 %

Le concours ECDSA.Fail, lancé par Eigen Labs, visait à améliorer un calcul utilisé à de nombreuses reprises dans l’algorithme de Shor. Celui-ci pourrait permettre à un ordinateur quantique suffisamment puissant de retrouver une clé privée à partir d’une clé publique, puis de signer des transactions à la place de son propriétaire.

Bitcoin et Ethereum utilisent notamment le système cryptographique secp256k1 pour autoriser les transactions. Le concours ne cherchait cependant pas à casser une adresse complète. Les participants travaillaient uniquement sur l’un des calculs nécessaires à cette attaque.

Pour comparer leurs propositions, les organisateurs ont créé un score combinant la taille de la machine nécessaire et la quantité de travail qu’elle doit effectuer. Plus ce score est faible, moins le circuit demande théoriquement de ressources.

D’après le rapport publié sur arXiv, le score est passé de 10,75 milliards à 1,496 milliard entre le lancement du concours et l’arrêté des données du 26 juillet. Le meilleur circuit utilise 1 151 qubits logiques, les unités de calcul d’un ordinateur quantique corrigé de ses erreurs, et environ 1,3 million d’opérations complexes.

Le résultat se situe plus de 50 % sous le score de 2,993 milliards publié par Google Quantum AI en mars. Les auteurs soulignent toutefois que les deux modèles ne suivent pas exactement les mêmes règles de calcul. La comparaison donne donc un ordre de grandeur, mais ne suffit pas à prouver qu’une méthode surpasse formellement l’autre.

Après le 26 juillet, une nouvelle proposition a encore abaissé le score à 1,259 milliard. Un autre circuit a réduit la taille minimale à 813 qubits logiques, au prix d’un nombre d’opérations beaucoup plus important.

Plus de cent participants, épaulés par des agents IA, ont réduit de 86,1 % les ressources nécessaires à l’un des calculs qui permettraient un jour de s’attaquer aux signatures utilisées par Bitcoin et Ethereum. Aucune clé privée n’a été récupérée et aucun ordinateur quantique actuel ne peut voler des cryptomonnaies grâce à ces travaux. Le résultat montre néanmoins que l’amélioration des programmes peut rapprocher la menace, même sans progrès majeur du matériel.
L’IA pourrait protéger Bitcoin et Ethereum contre les attaques quantiques – Source : Compte X

L’IA accélère la recherche, mais aucune attaque n’est possible aujourd’hui

Plus de 400 améliorations ont été validées pendant le concours. Les agents IA ont principalement servi à modifier le code, lancer les tests et explorer rapidement de nombreuses petites optimisations. Les humains ont davantage choisi les pistes de recherche et conçu les changements importants.

Le rapport ne permet donc pas d’attribuer la baisse de 86,1 % à l’IA seule. Il montre plutôt comment des chercheurs et des logiciels autonomes peuvent avancer ensemble lorsqu’un résultat peut être vérifié automatiquement.

Ces travaux restent très éloignés d’une attaque réelle. Ils n’intègrent ni l’ensemble de l’algorithme de Shor ni toutes les contraintes permettant de corriger les erreurs d’une machine quantique. Le nombre de composants physiques nécessaires dépendrait également du type d’ordinateur utilisé : il ne peut pas être déduit directement des 1 151 qubits logiques annoncés.

La préparation a néanmoins commencé. Le NIST, l’institut américain chargé des standards technologiques, a déjà sélectionné plusieurs protections conçues pour résister aux ordinateurs quantiques. Son projet de calendrier recommande d’abandonner progressivement certains systèmes classiques après 2030, puis de ne plus les utiliser après 2035.

Galaxy a par ailleurs engagé jusqu’à 5 millions de dollars dans une initiative consacrée à la préparation quantique de Bitcoin. Un autre consortium réunissant notamment BlackRock, Coinbase et Strategy a promis 15 millions de dollars sur trois ans pour financer plus largement la sécurité et le développement du réseau.

L’arrivée d’une machine capable de casser ces signatures ne possède toujours aucune date crédible. La baisse rapide des ressources théoriques rappelle toutefois que le danger ne dépend pas uniquement de la puissance des ordinateurs : un meilleur algorithme peut également rapprocher le seuil nécessaire. Mais modifier Bitcoin ou Ethereum et déplacer les fonds vers de nouvelles protections pourrait bien prendre plusieurs années, même si tout va de plus en plus vite.

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À partir d’avant-hierCrypto

Cyberattaques : Face à l’IA, les banques n’ont plus une minute à perdre

14 septembre 2026 à 19:00

Découvrir une faille, l’exploiter puis enchaîner avec une intrusion. Les modèles d’intelligence artificielle les plus avancés accélèrent désormais l’ensemble de la chaîne offensive. Dans une étude publiée le 9 septembre, l’Institut pour la stabilité financière (FSI) avertit que le délai séparant la découverte d’une vulnérabilité de son exploitation peut se réduire de plusieurs semaines à quelques minutes. Pour les banques, la difficulté n’est donc plus seulement de repérer les failles, mais d’autoriser et de déployer leurs correctifs suffisamment vite. Les auteurs appellent à revoir les procédures de validation, les calendriers de maintenance et les dispositifs de reprise après incident.

Points clés

  • L’IA de frontière peut automatiser la découverte de vulnérabilités, la création d’exploits et plusieurs étapes d’une cyberattaque
  • Le FSI estime que les cycles de correctifs planifiés deviennent insuffisants face à cette accélération
  • Un incident impliquant des agents d’OpenAI et les systèmes de Hugging Face illustre les risques liés à l’autonomie accordée aux modèles
  • Les superviseurs privilégient l’adaptation des règles existantes plutôt qu’un nouveau régime propre à l’IA

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IA : De plusieurs semaines à quelques minutes pour exploiter une faille

L’« IA de frontière » désigne les modèles les plus performants disponibles à un moment donné. Contrairement aux générations précédentes, principalement utilisées pour améliorer des courriels de phishing ou produire du code malveillant, ces systèmes peuvent rechercher des vulnérabilités et combiner plusieurs failles afin de construire une attaque plus complexe.

Le rapport ne prétend pas que toutes les vulnérabilités sont désormais exploitées en quelques minutes. Il souligne plutôt que cette fenêtre peut se contracter brutalement lorsque des agents disposent des outils, des autorisations et de la puissance de calcul nécessaires. Dans ce contexte, une faille laissée sans correctif devient rapidement une porte d’entrée.

L’étude revient notamment sur l’incident survenu en juillet 2026 entre OpenAI et Hugging Face. Durant une évaluation interne, un agent utilisant GPT-5.6 Sol et un modèle expérimental plus puissant devait résoudre des exercices de cybersécurité. Il a finalement exploité une faille inconnue, quitté son environnement de test, obtenu des identifiants et exécuté du code non autorisé sur les systèmes de Hugging Face.

Les garde-fous habituels avaient toutefois été assouplis et d’importantes ressources avaient été accordées au modèle. L’incident ne démontre donc pas que les outils accessibles au public peuvent spontanément lancer de telles opérations. Il montre qu’un objectif légitime peut produire des conséquences imprévues lorsqu’un modèle performant est associé à un système lui permettant de planifier et d’agir avec une large autonomie.

Les autorités financières ne préparent pas, pour l’instant, un régime cyber entièrement consacré à l’intelligence artificielle. Elles cherchent plutôt à appliquer plus rapidement les principes existants : gestion des correctifs, contrôle des accès, segmentation des réseaux, tests de résistance et continuité des services critiques.

Les modèles d’intelligence artificielle les plus avancés accélèrent désormais l’ensemble de la chaîne offensive. Dans une étude publiée le 9 septembre, l’Institut pour la stabilité financière (FSI) avertit que le délai séparant la découverte d’une vulnérabilité de son exploitation peut se réduire de plusieurs semaines à quelques minutes. Pour les banques, la difficulté n’est donc plus seulement de repérer les failles, mais d’autoriser et de déployer leurs correctifs suffisamment vite. Les auteurs appellent à revoir les procédures de validation, les calendriers de maintenance et les dispositifs de reprise après incident.
La presse spécialisée partage le rapport (inquiétant) du Financial Stability Board – Source : Compte X

Les banques doivent accélérer leurs correctifs et leur reprise

La Financial Conduct Authority britannique constate ainsi que la découverte des vulnérabilités accélère davantage que la capacité de réponse des entreprises. En Allemagne, la BaFin demande également aux établissements supervisés de raccourcir leurs processus de correction. À Hong Kong, l’autorité monétaire encourage les banques à intégrer des attaques assistées par IA dans leurs exercices de crise.

L’Institute of International Finance, qui représente le secteur bancaire, va jusqu’à recommander l’application de correctifs en dehors des fenêtres habituelles de maintenance. Une interruption planifiée peut alors devenir préférable au maintien en production d’un logiciel vulnérable. Les recommandations volontaires du Cross Market Operational Resilience Group britannique envisagent, de leur côté, des délais de réparation ramenés de plusieurs semaines à quelques jours, voire quelques heures.

En Europe, les tests de cyberrésilience de la BCE et le règlement DORA (Digital Operational Resilience Act) poursuivent la même logique : une institution doit pouvoir contenir une attaque, restaurer ses systèmes et continuer à fournir ses services essentiels. Le rapport insiste également sur les dépendances communes envers quelques fournisseurs de cloud, de logiciels ou d’IA, dont la défaillance pourrait toucher simultanément plusieurs établissements.

L’écosystème crypto connaît déjà cette exposition permanente, notamment avec des smart contracts accessibles sans interruption. Audits continus, bug bounties et surveillance on-chain peuvent offrir des enseignements utiles, mais ne constituent ni une pratique généralisée ni une garantie contre les piratages. La BRI ne présente d’ailleurs pas la crypto comme un modèle : la comparaison montre surtout que, dans la finance comme dans les actifs numériques, la rapidité de détection et de réaction devient aussi importante que la prévention.

L’IA ne remplace donc pas les fondamentaux de la cybersécurité. Elle impose surtout de les exécuter beaucoup plus vite. Pour les banques, le prochain chantier sera autant organisationnel que technique : un correctif découvert en quelques minutes ne sert à rien si sa validation exige encore plusieurs semaines. Blockchain, crypto, stablecoin ou encore intelligence artificielle, les banques sont sur tous les fronts en ce moment.

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Cybercriminalité en Inde : Ils se rencontrent en prison avant de monter leurs arnaques

13 septembre 2026 à 06:00

La prison comme pépinière de cybercriminels. En Inde, l’enquête sur une fraude numérique de 8,6 millions de roupies (soit environ 78 000 euros) est menée. Elle révèle un rapprochement entre délinquance traditionnelle et escroqueries en ligne. Selon la police de Pimpri-Chinchwad, près de Pune, certains individus condamnés pour enlèvement, extorsion ou vol noueraient des contacts en détention avec des spécialistes de la cyberfraude. Ils rejoindraient ensuite leurs réseaux une fois libérés. Ces recrues ne contactent pas nécessairement les victimes. Elles fournissent plutôt des comptes bancaires, des cartes SIM et des relais locaux. Ceux-ci permettent de déplacer ou de retirer l’argent volé.

Les points clés de cet article :

  • Une enquête sur une fraude de 8,6 millions de roupies révèle des liens noués en prison entre délinquants et cybercriminels

  • Une autre affaire portant sur plus de 110 millions de roupies a conduit à l’application de la loi contre le crime organisé du Maharashtra
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Cybercriminalité en Inde : Des contacts noués en prison puis exploités après la libération

La police a arrêté Tejas Lokhande, 24 ans, et Avinash Baklikar, 28 ans, dans le cadre de l’enquête. Le premier présente des antécédents liés à des infractions traditionnelles, dont un enlèvement. Le second, lui, entretiendrait des liens avec un réseau de cybercriminalité.

D’après les enquêteurs, les deux hommes se seraient rencontrés environ un an plus tôt à la prison de Yerwada. Ils y étaient détenus, chacun, dans des affaires distinctes. Libérés sous caution il y a environ six mois, ils seraient restés en contact. Tejas Lokhande aurait ensuite participé aux activités de fraude numérique de son nouveau comparse.

La police cherche désormais à déterminer dans quelle mesure les relations nouées en détention facilitent le recrutement de délinquants. Ces délinquants rejoindraient ensuite des organisations cybercriminelles. L’attrait serait principalement économique. Les escroqueries en ligne permettent de manipuler des sommes importantes sans confrontation physique directe avec les victimes.

Cette évolution ne signifie pas que les délinquants deviennent tous des pirates informatiques. Les réseaux fragmentent leurs opérations entre plusieurs intervenants. Certains attirent les victimes, d’autres fournissent des comptes bancaires. Ils retirent aussi les fonds, procurent des cartes SIM ou transfèrent l’argent vers de nouveaux comptes.

 En Inde, l’enquête sur une fraude numérique de 8,6 millions de roupies (soit environ 78 000 euros) révèle un rapprochement entre délinquance traditionnelle et escroqueries en ligne. Selon la police de Pimpri-Chinchwad, près de Pune, certains individus condamnés pour enlèvement, extorsion ou vol noueraient en détention des contacts avec des spécialistes de la cyberfraude avant de rejoindre leurs réseaux une fois libérés. Ces recrues ne contactent pas nécessairement les victimes. Elles fournissent plutôt des comptes bancaires, des cartes SIM et des relais locaux permettant de déplacer ou de retirer l’argent volé.
Les prisons indiennes deviennent des surcursales du cybercrime organisé

Les comptes bancaires « mules » au cœur du dispositif

Cette organisation par couches complique le travail des enquêteurs. Chaque participant peut n’exécuter qu’une tâche limitée sans connaître l’ensemble du réseau. Les personnes disposant déjà de contacts criminels et de relais locaux deviennent alors utiles. Elles servent à ouvrir ou louer des comptes bancaires, pour faire circuler les fonds.

La police de Pimpri-Chinchwad avait déjà observé ce phénomène dans une affaire portant sur plus de 110 millions de roupies. Les escrocs avaient détourné cette somme auprès d’une personne âgée grâce à une fausse application de trading. La police avait arrêté neuf suspects et gelé environ 26,5 millions de roupies. Certains suspects auraient fourni des comptes « mules » en échange d’une part des sommes transférées.

En avril, les autorités avaient appliqué contre ce groupe le Maharashtra Control of Organised Crime Act (MCOCA). Cette législation est réservée aux réseaux criminels organisés. Les autorités avaient également repéré des profils comparables en mars, lors du démantèlement d’une structure de cyberfraude. Cette structure opérait depuis une villa de Lonavala.

L’enquête actuelle dépasse donc le seul suivi des transactions bancaires. Les policiers examinent aussi les antécédents des suspects, leurs relations en prison et les contacts entretenus après leur libération. Elle met en lumière une transformation de la criminalité organisée indienne. Les compétences numériques restent entre les mains de spécialistes. Les délinquants traditionnels fournissent, eux, les ressources humaines et matérielles indispensables au blanchiment des fonds.

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Alerte Chrome : Google corrige une faille de sécurité déjà utilisée par des pirates

8 septembre 2026 à 17:00

Une faille déjà exploitée avant son correctif. Google a publié une mise à jour de sécurité pour Chrome après avoir constaté l’exploitation active de la vulnérabilité CVE-2026-85046. La faille touche V8, le moteur utilisé par le navigateur pour exécuter le JavaScript et le WebAssembly. Google ne précise toutefois ni l’identité des attaquants, ni leurs cibles, ni les risques exacts liés à la faille. L’entreprise n’a notamment établi aucun lien avec des vols de cryptomonnaies, de données bancaires ou d’identifiants. Voici ce que l’on sait.

Les points clés de cet article :
  • Google a publié un correctif pour une faille de sécurité critique exploitée dans le moteur V8 de Chrome.

  • Aucun vol de cryptomonnaies ou de données bancaires n’a été lié à cette vulnérabilité mystérieuse.
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Une faille de confusion de type dans le moteur V8

CVE-2026-85046 est une vulnérabilité dite de « confusion de type ». Ce problème apparaît lorsqu’un programme interprète une donnée comme appartenant à une catégorie différente de celle attendue. Il peut alors provoquer des erreurs dans la gestion de la mémoire et ouvrir la voie à des comportements non prévus.

La faille a été signalée le 4 août 2026 par le chercheur en sécurité Salvatore Gulizia, également connu sous le pseudonyme Serotav. Google lui a accordé une prime de 1 000 dollars pour sa découverte.

Et l’entreprise confirme dans son communiqué que cette faille est déjà utilisée dans des attaques réelles. Elle n’indique cependant pas si la vulnérabilité permet, à elle seule, d’exécuter du code à distance ou si elle doit être combinée à d’autres failles.

Le correctif est intégré aux versions 152.0.7977.82 et 152.0.7977.83 pour Windows et macOS, ainsi qu’à la version 152.0.7977.82 pour Linux. Son déploiement doit s’effectuer progressivement sur plusieurs jours ou semaines.

La mise à jour contient douze correctifs de sécurité au total : neuf concernent des vulnérabilités classées de sévérité élevée et deux des failles de sévérité moyenne. Google limite temporairement l’accès à certains détails techniques afin de laisser le temps aux utilisateurs et aux projets concernés d’installer les correctifs.

Google a publié une mise à jour de sécurité pour Chrome après avoir constaté l’exploitation active de la vulnérabilité CVE-2026-85046. La faille touche V8, le moteur utilisé par le navigateur pour exécuter le JavaScript et le WebAssembly. Google ne précise toutefois ni l’identité des attaquants, ni leurs cibles, ni les capacités exactes de l’exploit. L’entreprise n’a notamment établi aucun lien avec des vols de cryptomonnaies, de données bancaires ou d’identifiants. Voici ce que l'on sait.
La nouvelle fait le tour des rédations spécialisées – Source : Compte X

Aucun lien établi avec des vols de cryptomonnaies

Les navigateurs constituent une cible sensible pour les utilisateurs de cryptomonnaies, car ils permettent d’accéder aux plateformes d’échange, aux applications décentralisées et aux extensions de wallets. Cela ne signifie pas pour autant que CVE-2026-85046 a été utilisée dans ce contexte.

Google n’a signalé aucun vol de crypto, aucune compromission de portefeuille et aucune récupération de clé privée liée à cette vulnérabilité. Les risques précis restent inconnus tant que l’entreprise n’a pas publié davantage d’éléments sur la faille observé.

D’autres attaques visant les utilisateurs de cryptomonnaies ont déjà emprunté le navigateur, mais selon des méthodes différentes. Certaines extensions malveillantes ont modifié des transactions, tandis que de faux modules de wallets ont dérobé des identifiants ou des phrases de récupération. Aucun de ces incidents n’a été relié à CVE-2026-85046.

La priorité consiste donc à vérifier que Chrome est à jour. Il suffit d’ouvrir le menu du navigateur, puis Aide > À propos de Google Chrome : la recherche de mise à jour se lance automatiquement. Un redémarrage du navigateur peut être nécessaire pour activer le correctif.

Cette mise à jour ferme une faille dont l’exploitation est confirmée, mais dont les effets restent encore peu documentés. La prudence impose donc de l’installer rapidement sans attribuer à la vulnérabilité des vols ou des capacités techniques que Google n’a pas établis.

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Bitcoin : Le G7 somme la crypto de migrer vers le post-quantique

Par : Magali
7 septembre 2026 à 14:00

Un compte à rebours sans date affichée. Le G7 a sifflé la fin de la récréation le 3 septembre 2026. Ses experts en cybersécurité somment gouvernements et entreprises de préparer sans attendre la bascule vers la cryptographie post-quantique. Message reçu cinq sur cinq du côté de Bitcoin, où le seuil théorique pour casser une clé cryptographique n’a jamais paru aussi proche. Les gouvernements ne visent pas frontalement les cryptomonnaies. Leurs portefeuilles, leurs échanges et leurs infrastructures de garde n’en sont pas moins directement dans la ligne de mire. On fait le point.

Les points clés de cet article :
  • Le G7 a sonné l’alarme sur la nécessité de se préparer à la cryptographie post-quantique rapidement, un choc pour le monde de la cryptomonnaie.
  • Bitcoin et les autres blockchains majeures, comme Ethereum et Solana, ont déjà entamé leur transition vers des systèmes de sécurité post-quantiques, un chantier colossal et complexe.

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Le G7 sonne l’alarme post-quantique

Le rapport s’intitule sobrement Preparing for the Post-Quantum Era: A Call to Action, publié le 3 septembre 2026 par le groupe de travail cybersécurité du G7, piloté par l’agence française ANSSI, avec la Commission européenne et l’ENISA en invitées.

Le texte ne cite jamais Bitcoin ni Ethereum. Il vise un principe imparable. La cryptographie post-quantique doit être anticipée avant même l’arrivée d’un ordinateur quantique capable de la faire tomber.

La menace porte un nom, « harvest now, decrypt later » (récolter maintenant, déchiffrer plus tard). En d’autres termes, un attaquant peut siphonner aujourd’hui des données chiffrées pour les percer dans dix ans, une fois la puissance de calcul nécessaire disponible, sans attendre que la technologie existe déjà pour agir.

L’Union européenne a fixé fin 2026 comme point de départ de la migration et 2030 pour les systèmes les plus sensibles. Le NIST américain, dans son brouillon IR 8547, prévoit une dépréciation programmée après 2030 et une interdiction pure et simple après 2035, sur un périmètre plus large que la seule ECDSA. Rien de tout cela n’affole les marchés dans l’immédiat.

« Notre message est clair : la transition vers la cryptographie post-quantique est un enjeu de sécurité critique qui appelle un effort collectif et coordonné. Les organisations — publiques ou privées — doivent agir dès maintenant (…) »

Groupe de travail de l’ANSSI

Nouvelle menace pour Bitcoin : le G7 veut une réglementation crypto plus stricte

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Bitcoin, cible numéro un d’une mue post-quantique qui n’a rien d’anecdotique

Le calcul est resté longtemps théorique. Il l’est nettement moins depuis cet été. Beaucoup des adresses dormantes de 2009, celles de Satoshi Nakamoto y comprises, sont au format P2PK (pay-to-public-key) : leur clé publique traîne à l’air libre sur la blockchain depuis leur toute première réception de fonds, sans qu’aucune transaction sortante ne soit nécessaire pour l’exposer.

A contrario, les adresses plus récentes, au format P2PKH, restent à l’abri d’un hachage tant qu’elles n’ont jamais servi à payer. Les développeurs planchent sur BIP-360, une proposition d’adresse baptisée Pay-to-Merkle-Root (P2MR), qui retire le chemin de dépense direct par clé hérité de Taproot pour forcer le passage par un script.

Le choix du schéma de signature post-quantique lui-même reste encore à trancher dans une proposition future, avec à la clé des signatures nettement plus lourdes que les 64 octets d’une signature ECDSA classique. Multipliez ça par des millions de transactions quotidiennes, et le débat sur la taille des blocs, déjà vieux d’une décennie, risque de revenir en force. Son adoption suppose toutefois un soft fork, donc l’accord d’une bonne partie de l’écosystème. Un chantier de fond, pas un sprint.

Ethereum et Solana, la course au post-quantique est déjà lancée

Ethereum n’a pas attendu le G7 pour se mettre au travail. Sa feuille de route touche quatre briques du protocole, les signatures BLS des validateurs, les engagements KZG, les signatures ECDSA des comptes utilisateurs et les preuves à divulgation nulle de connaissance (zero-knowledge proofs).

L’infrastructure post-quantique du cœur du réseau doit être bouclée en 2029, la même année où Google promet d’avoir terminé sa propre migration. Solana n’est pas en reste. Ses développeurs testent eux aussi des correctifs post-quantiques pour protéger portefeuilles et systèmes de garde, un travail mené en parallèle sur les trois plus grandes blockchains du marché.

Faut-il paniquer pour autant ? Non. La puissance de calcul nécessaire pour casser une clé Bitcoin ou Ethereum reste, à ce jour, spéculative. Mais un rapport gouvernemental qui presse d’agir dix ans avant l’échéance n’est jamais un hasard de calendrier.

Le G7 n’a rien inventé en braquant les projecteurs sur la crypto post-quantique. La France planche sur le sujet depuis plusieurs années déjà, et son dispositif de défense dépasse largement le seul secteur des cryptomonnaies. Banques, opérateurs télécoms, hôpitaux et réseaux électriques chiffrent tous, aujourd’hui, des données qu’un ordinateur quantique pourrait déchiffrer demain. La crypto n’est qu’un aiguillon de plus dans un dossier qui touche l’ensemble de l’infrastructure numérique mondiale. La différence, cette fois, c’est que les échéances ne sont plus des hypothèses d’ingénieurs mais un calendrier gouvernemental : 2030 pour les systèmes sensibles côté européen, 2035 pour l’interdiction pure et simple aux États-Unis.

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Crypto : Les conseils essentiels aux développeurs pour protéger son ordinateur et ses wallets

6 septembre 2026 à 14:00

Un entretien d’embauche, un fichier à ouvrir, une trésorerie vidée. La Security Alliance (SEAL), organisation à but non lucratif de sécurité crypto fondée dans le sillage du chercheur samczsun, publie un référentiel consacré aux intrusions qui ciblent spécifiquement les développeurs. Le document ne sort pas d’un laboratoire : il compile les schémas d’attaque relevés lors des interventions d’urgence menées par ses équipes de réponse aux incidents. Le point de départ est inconfortable pour toute l’industrie. Le maillon faible d’un protocole ne se situe plus dans son code, mais devant l’écran de celui qui l’écrit.

Points clés

  • SEAL, l’alliance de sécurité crypto fondée dans le sillage de samczsun, publie un référentiel des intrusions ciblant les développeurs, bâti sur ses cas réels de réponse aux incidents
  • Les attaques ne visent plus les smart contracts mais les postes de travail : Bybit (1,5 milliard de dollars) et Radiant Capital (50 millions) sont passés par des machines de développeurs compromises
  • Faux recruteurs, exercices techniques piégés, fausses mises à jour Zoom, technique ClickFix et paquets npm détournés composent l’essentiel des chaînes d’attaque documentées
  • Cloisonnement des machines de signature, dépendances figées, clear signing et vérification hors canal des interlocuteurs figurent parmi les contre-mesures recommandées

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Quand l’ordinateur du développeur devient la porte d’entrée

Les audits, les programmes de récompense et les vérifications de code rendent certaines attaques contre les smart contracts plus difficiles. Les pirates cherchent donc d’autres chemins. Ils visent notamment les personnes capables de modifier un site, de publier une mise à jour ou de signer une transaction importante.

Le vol de 1,5 milliard de dollars subi par Bybit en février 2025 reste l’exemple le plus spectaculaire. Les contrats du portefeuille multisignature n’ont pas été directement piratés. L’attaquant avait compromis l’ordinateur d’un développeur de Safe{Wallet}, le service utilisé pour préparer les transactions.

Du code malveillant a ensuite modifié l’interface présentée aux signataires de Bybit. Ceux-ci pensaient approuver un transfert ordinaire, alors que la transaction réellement signée donnait à l’attaquant le contrôle du portefeuille froid. Le FBI a attribué l’opération au groupe nord-coréen TraderTraitor.

Radiant Capital avait subi quelques mois plus tôt une attaque comparable, pour environ 50 millions de dollars. Plusieurs développeurs avaient reçu sur Telegram une archive présentée comme un document PDF, envoyée depuis le compte d’un ancien prestataire considéré comme fiable. Le fichier a installé un logiciel malveillant sur leurs ordinateurs.

L’interface affichait ensuite des transactions apparemment normales, tandis que les portefeuilles matériels recevaient autre chose à signer. Autrement dit, les protections cryptographiques fonctionnaient toujours, mais les informations montrées aux utilisateurs avaient été falsifiées.

Les équipes de Security Alliance tiennent les comptes incidents par catégorie… – Source : Compte X

Du faux recrutement au programme piégé

Le premier contact prend généralement une forme banale : une offre d’emploi, une mission rémunérée, une demande d’aide ou un rapport signalant une prétendue vulnérabilité. La conversation se termine par une invitation à télécharger un fichier, ouvrir un projet ou exécuter une commande.

SEAL distingue plusieurs étapes fréquentes dans son document référence :

  • La prise de contact : un faux recruteur ou entrepreneur approche sa cible sur LinkedIn, Telegram ou Discord.
  • La livraison du piège : la victime reçoit un dépôt GitHub, une archive, une extension ou un exercice technique.
  • L’installation : le code s’exécute lors du lancement d’un test, de l’installation d’une dépendance ou d’une fausse mise à jour de Zoom ou Teams.
  • Le vol : le logiciel récupère des mots de passe, des sessions ouvertes, des accès aux services cloud ou des informations permettant de préparer une transaction frauduleuse.

La technique dite ClickFix pousse même la victime à effectuer elle-même l’installation. Un faux message d’erreur lui demande de copier une commande dans son terminal afin de résoudre un problème imaginaire.

Les bibliothèques utilisées par les développeurs constituent une autre cible. En septembre 2025, le compte d’un mainteneur de plusieurs paquets npm très populaires, dont chalk et debug, a été compromis par un faux courriel de réinitialisation de l’authentification à deux facteurs. Du code destiné à détourner des transactions crypto a alors été ajouté à 18 paquets totalisant plus de deux milliards de téléchargements hebdomadaires.

… mais ils donnent surtout des conseils aux professionnels pour éviter les intrusions – Source : Compte X

Isoler le code avant de lui faire confiance

La principale recommandation de SEAL consiste à considérer tout code extérieur comme dangereux avant son examen. Même un projet transmis par une connaissance peut avoir été modifié, tandis que le compte de cette personne peut avoir été piraté.

Un fichier ou un dépôt inconnu doit donc être ouvert dans une machine virtuelle ou un environnement temporaire ne contenant aucun mot de passe, portefeuille ou accès aux systèmes de production. Une fois l’analyse terminée, cet environnement peut être supprimé.

SEAL conseille également de réserver un ordinateur aux signatures sensibles, de figer les versions des dépendances et d’attendre avant d’installer une mise à jour récemment publiée. L’identité d’un interlocuteur inattendu doit être vérifiée par un autre canal, par exemple avec un appel vers un numéro déjà connu.

Ces précautions concernent aussi les assistants de programmation fondés sur l’intelligence artificielle. Un agent capable de lire un projet puis d’exécuter automatiquement ses instructions doit être placé dans le même environnement isolé que le code qu’il analyse.

Enfin, les équipes doivent préparer leur procédure de crise avant l’incident : savoir qui peut suspendre un service, prévenir les plateformes d’échange ou communiquer publiquement. SEAL 911 fournit justement une assistance gratuite, accessible en permanence, grâce à un réseau de chercheurs bénévoles.

Le message du guide tient finalement en une règle : ouvrir un projet inconnu n’est pas toujours une opération passive. Dès qu’un outil installe, interprète ou exécute son contenu, ce simple fichier peut devenir une porte ouverte sur toute l’infrastructure. Plus que jamais au sein d’une entreprise ou d’un projet, la sécurité de tous dépend du comportement de chacun.

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Menace quantique sur Bitcoin : le seuil pour casser une clé tombe à 813 qubits logiques

6 septembre 2026 à 09:00

Dieu ne joue pas aux dés. Sauf que Bitcoin, lui, n’a pas le choix de jouer. Google Quantum AI avait déjà fait chuter l’estimation à environ 1 200 qubits logiques fin mars, un dixième des devis d’avant 2026. Depuis, la course ne s’est pas arrêtée : au 31 août, le classement public ecdsa.fail, qui traque en continu le circuit le plus économe pour casser la courbe elliptique secp256k1 utilisée par Bitcoin et Ethereum, affichait un nouveau plancher de 813 qubits logiques. Une chute de 65 % par rapport aux 2 330 qubits estimés en 2017, d’après les calculs de Circle.

Les points clés de cet article :
  • La baisse spectaculaire du seuil de qubits nécessaires pour menacer Bitcoin a atteint 813, marquant une chute de 65 % depuis 2017.
  • Circle a introduit le Quantum Tracker, un outil qui suit l’évolution des qubits logiques et le seuil d’attaque requis, tout en intégrant des solutions post-quantiques.

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ecdsa.fail, la compétition ouverte qui grignote le seuil

Le principe : un concours public, hébergé par Eigen Labs, où chercheurs et agents d’intelligence artificielle soumettent des optimisations de circuit quantique et se disputent le meilleur score sur un indicateur baptisé « qubit-Toffoli product ».

Chaque amélioration marginale fait légèrement reculer le seuil théorique nécessaire pour menacer une clé Bitcoin. Rien de tout cela ne rapproche mécaniquement une machine capable de l’exploiter : le processeur Willow de Google plafonne aujourd’hui à 105 qubits logiques, et la feuille de route de QuEra vise à peine plus de 1 000 qubits logiques à l’horizon 2029. L’écart reste réel. Mais il se resserre des deux côtés à la fois, la puissance disponible grimpant pendant que le coût de l’attaque baisse.

Circle sort son propre thermomètre

C’est dans ce contexte que Circle, l’émetteur du stablecoin USDC, a publié fin août un nouvel outil de suivi public, le Quantum Tracker, qui superpose sur un même graphique la ligne des qubits logiques démontrés en laboratoire et celle du seuil d’attaque requis contre ECDSA. Chaque point du graphique renvoie à sa source primaire, chercheurs et équipes de sécurité pouvant ainsi suivre l’écart sans dépendre d’un seul communiqué. Le réseau Arc de Circle prend déjà en charge SLH-DSA, un schéma de signature post-quantique validé par le NIST, tout en conservant ECDSA en parallèle le temps qu’un standard de transition s’impose à l’ensemble de l’écosystème.

Pour Bitcoin, la parade reste celle décrite en juillet : les propositions BIP-360 et BIP-361 organisent une migration progressive vers des adresses résistantes au quantique, avec en toile de fond un débat non tranché sur le sort des coins qui ne migreraient jamais. Le seuil recule, la fenêtre pour s’y préparer aussi.

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Data centers IA : Le refroidissement passe sous la mer

Par : Magali
5 septembre 2026 à 18:00

Un continent qui ne dit plus toujours oui. Au Texas, plus de 1 800 projets de data centers attendent aujourd’hui un raccordement électrique, sur une file d’attente ERCOT qui frôle les 474 gigawatts de demande cumulée. Le chiffre est vertigineux, mais trompeur car une bonne partie de cette demande est fantôme. En effet, les promoteurs multiplient les dossiers pour réserver une place sans garantie de financement ni de terrain. Le gouverneur Greg Abbott a quand même suspendu les nouveaux branchements en août 2026, le temps d’un audit mené par ERCOT et la PUCT. Ailleurs aux États-Unis, la contestation locale progresse au même rythme que l’appétit électrique de l’intelligence artificielle. Une partie du secteur choisit donc de contourner l’obstacle plutôt que de l’affronter, en plongeant directement dans l’océan.

Les points clés de cet article :
  • Le Texas a suspendu les nouveaux branchements électriques pour les data centers, avec une demande vertigineuse mais en partie fantôme.
  • La Chine a impressionné avec le lancement du data center sous-marin HiCloud, utilisant l’eau de mer pour un refroidissement innovant.

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L’eau de mer, nouvelle star du refroidissement des data centers

La Chine a montré la voie la première, et l’échelle du projet a de quoi impressionner, comme souvent dans le pays de Xi. A l’image de ce chantier, au large de Shanghai, dans la zone spéciale de Lingang, un gigantesque data center sous-marin HiCloud qui est entré en pleine exploitation commerciale la semaine du 20 mai 2026, selon DataCenterDynamics.

Mais, contrairement à ce qu’on peut lire ici ou là, l’installation n’est pas flottante : ses modules reposent immergés à environ 35 mètres de profondeur. Le projet, chiffré à 226 millions de dollars pour 24 mégawatts de capacité, est alimenté par l’éolien offshore et pompe l’eau de mer directement dans ses circuits de refroidissement plutôt que de réfrigérer de l’eau douce. Résultat revendiqué : un PUE inférieur à 1,15, soit un gain d’environ 23% par rapport à un site terrestre classique.

Un précédent existait déjà au large de Hainan, sur un site distinct de celui de Shanghai : des capsules immergées à 35 mètres de profondeur y fonctionnent depuis novembre 2023, grâce à une eau qui ne dépasse jamais 24,5 degrés toute l’année, pour un gain d’efficacité énergétique estimé entre 40% et 60%. Singapour suit à son tour avec le projet de Keppel, un data center à quatre étages dont l’ouverture est prévue pour 2028, celui-là vraiment flottant à la surface.

En résumé : HiCloud à Shanghai est sous-marin, posé sur le fond marin. Le flottant, c’est le projet Keppel à Singapour.

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Immersion, air, eau de mer : une typologie qui parle aussi au minage de Bitcoin

Tous les systèmes de refroidissement ne se valent pas, loin s’en faut.

Le refroidissement par air, le plus répandu, plafonne généralement entre 20 et 40 kilowatts par rack selon les constructeurs, largement insuffisant pour les puces IA les plus gourmandes qui grimpent aujourd’hui jusqu’à 100 kW.

Le refroidissement par immersion, qui plonge les composants dans un liquide diélectrique conducteur de chaleur mais pas d’électricité, repousse nettement cette limite sans changer d’architecture. C’est une technique que les fermes de minage de Bitcoin pratiquent depuis des années sur leurs ASIC, bien avant que les géants de l’IA ne s’y intéressent à leur tour.

Le refroidissement par eau de mer va plus loin encore : les systèmes dits SWAC (seawater air conditioning) fonctionnent généralement autour de 15% de la consommation électrique d’un système de climatisation classique de puissance équivalente, ce qui explique l’engouement soudain des opérateurs pour les côtes et les fonds marins.

Les mineurs de Bitcoin, précurseurs malgré eux du virage océanique

Le rapprochement entre minage de Bitcoin et infrastructure IA ne date pas d’hier, et il prend tout son sens ici.

Bernstein soulignait déjà en mai que les mineurs de Bitcoin disposent d’un atout que l’IA convoite : plus de 27 gigawatts de capacité électrique, un chiffre qui agrège l’installé, le pipeline et les projets revendiqués par le secteur aux États-Unis, des terrains déjà raccordés, et une expertise du refroidissement à haute densité acquise sur le dos des ASIC.

D’ailleurs, le calendrier des contrats le confirme. IREN a signé le 7 mai 2026 un contrat de 3,4 milliards de dollars avec Nvidia pour du cloud IA, six mois après avoir déjà signé, le 3 novembre 2025, un contrat de 9,7 milliards de dollars avec Microsoft dont le premier data center a été livré et accepté en août 2026.

Riot Platforms a de son côté annoncé le 16 janvier 2026 un premier bail de data center avec AMD sur son site de Rockdale, au Texas : 25 MW livrés en deux phases entre janvier et mai 2026, avec une option d’extension jusqu’à 200 MW. Ces sociétés ne partent donc pas de zéro face au défi thermique qui pousse aujourd’hui d’autres acteurs vers l’océan. Elles ont rodé leurs circuits de refroidissement pendant des années, un savoir-faire qui vaut aujourd’hui de l’or dans la course aux gigawatts.

L’eau de mer n’est cependant pas qu’une question d’ingénierie. C’est aussi, de plus en plus, une manière d’échapper à un rapport de force devenu défavorable sur la terre ferme. Un sondage Gallup mené en mars 2026 montrait déjà que 70% des Américains s’opposent à la construction d’un nouveau data center près de chez eux, un chiffre qui explique en partie pourquoi Singapour, la Chine et bientôt d’autres juridictions vont chercher leurs mégawatts en mer. Mais l’océan ne fait pas disparaître l’opposition : il la déplace. Et surtout, il ne règle en rien le vrai goulot d’étranglement américain, celui du raccordement au réseau électrique. Le Texas, qui rêvait de devenir la Silicon Valley de l’électricité, doit composer avec un audit dont l’issue reste incertaine avant la fin de l’année.

Le pari sous-marin a aussi ses inconnues

Microsoft a refermé la première page de cette histoire avant même que la Chine n’ouvre la sienne. Son Project Natick, deux ans immergé au large des Orcades, a démontré un taux de panne des serveurs bien inférieur à un site terrestre comparable (6 défaillances contre 8). Le projet a pourtant été abandonné : les serveurs immergés ne peuvent ni s’upgrader ni se réparer facilement, alors que le matériel IA change de génération tous les 12 à 18 mois. Difficile de rester compétitif quand chaque intervention suppose une opération sous-marine.

S’ajoutent des questions moins techniques. Le rejet de chaleur dans l’eau inquiète les biologistes marins, qui redoutent des poches de pollution thermique locale si les installations se multiplient le long des côtes. Le biofouling, l’accumulation d’algues et de coquillages sur les coques, dégrade l’efficacité du refroidissement et impose un entretien coûteux. Et les eaux côtières restent des zones encadrées : routes maritimes, pêche, câbles, zones militaires ou protégées, chaque projet doit obtenir ses propres autorisations, pays par pays. L’océan déplace le problème du foncier terrestre, il n’en supprime pas la bureaucratie.

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Espionnage et IA : Ex-ingénieur Google condamné à un an de prison pour vol de secrets

5 septembre 2026 à 16:00

Un vol, pas une trahison. Voilà où atterrit, après deux ans et demi de procédure, le dossier le plus scruté de la Silicon Valley version guerre froide technologique. Le 1er septembre 2026, à San Francisco, le juge fédéral Vince Chhabria a condamné l’ex-ingénieur Google Linwei Ding à douze mois de prison moins un jour pour vol de secrets industriels liés à l’intelligence artificielle. Un jury l’avait pourtant reconnu coupable, en janvier, de quatorze chefs d’accusation : sept pour ce vol, sept autres pour espionnage économique au bénéfice de Pékin.

Le second bloc s’est effondré en plein été, le juge jugeant la preuve trop mince. Il ne reste debout qu’un salarié indélicat qui a copié 1 255 documents avant de démissionner. Pas l’agent infiltré que Washington espérait faire tomber. Chez Google, ce n’est même pas la première fois cette année qu’un ingénieur maison se retrouve dans une affaire embarrassante d’informations internes détournées. La preuve d’un lien avec Pékin, elle, reste le vrai obstacle.

Les points clés de cet article :
  • Linwei Ding, ex-ingénieur Google, a été condamné le 1er septembre 2026 à un an de prison moins un jour pour vol de secrets d’IA, loin des 70 mois réclamés par l’accusation.
  • Le juge a annulé les sept chefs d’espionnage économique au profit de la Chine faute de preuve d’un lien direct avec Pékin, mais a maintenu les sept chefs de vol de secrets industriels.
  • Le dossier rappelle celui de Fujian Jinhua, acquittée en 2024 dans une affaire similaire : la justice américaine peine à prouver l’espionnage d’État, même quand le vol, lui, est avéré.

Douze mois de prison pour 14 000 pages de secrets Google

Chhabria n’a pas fait dans la demi-mesure verbale, même si la peine, elle, reste mesurée. « Ceci était un effort systématique et effronté pour voler la propriété de Google et en tirer profit », a-t-il lâché à l’audience du 1er septembre, avant d’ajouter qu’il avait « énormément de mal à imaginer » ne pas envoyer Ding en prison pour ce qu’il avait fait.

Douze mois moins un jour de détention, deux ans de mise à l’épreuve, plus de 198 000 dollars de dédommagement à Google et 2 500 dollars d’amende. Voilà la facture. Ding doit se constituer prisonnier sous 90 jours.

Le ministère public réclamait 70 mois de prison. La défense proposait trois mois d’assignation à résidence, le temps de rester auprès de son fils de huit ans. Soixante-sept mois séparent les deux demandes. Même le juge a eu du mal à se caler entre les deux : les recommandations officielles, calculées sur les seuls chefs de vol qui subsistaient après l’été, plafonnaient à six mois. Une fourchette qu’il a lui-même jugée trop clémente pour un « effort systématique ». L’avocat de Ding a d’ores et déjà annoncé faire appel.

Pourquoi l’espionnage économique n’a pas tenu la route

Un jury populaire avait pourtant voté les quatorze chefs d’un bloc, en janvier. Sept mois plus tard, le 20 août, Chhabria est revenu sur la moitié du verdict dans une ordonnance d’acquittement partiel. Chhabria a jugé la preuve trop mince. Il fallait établir, au moment des transferts illégaux, que Ding savait déjà que son geste profiterait à Pékin, sous le standard classique du doute raisonnable.

Le vol de documents remonte à mai 2022, avril 2023. La preuve d’un lien avec l’État chinois, elle, vient d’ailleurs, et surtout d’après coup. Ding a fondé sa société Zhisuan en Chine fin 2023, et un stagiaire a été chargé de subtiliser discrètement son badge Google pendant qu’il démarchait des investisseurs à Pékin. Trop tard pour prouver une intention qui, par définition, devait déjà exister au moment du délit. Chhabria n’a pas nié le vol. Il a nié la conspiration. Les sept chefs de vol de secrets, eux, tiennent toujours, et c’est sur eux seuls que la peine du 1er septembre a été calculée.

TPU et SmartNIC, la vraie perte de Google

Réduire l’affaire à des PDF volés serait une erreur de lecture. Les 1 255 documents, environ 14 000 pages, décrivent l’architecture des TPU de Google, ces puces d’intelligence artificielle taillées sur mesure que la firme conçoit en interne pour ne plus dépendre des GPU Nvidia.

On y trouve aussi les schémas d’un SmartNIC maison, une carte réseau capable de faire dialoguer des milliers de puces à pleine vitesse pour les faire fonctionner comme un seul supercalculateur, ainsi que les logiciels qui orchestrent l’ensemble. C’est le mode d’emploi complet d’un avantage industriel que Google a mis une décennie à bâtir, pas une notice technique quelconque. Ding a transféré le gros du lot entre mai 2022 et avril 2023, pendant qu’il était encore salarié. Un dernier lot a été téléchargé en décembre 2023, sur un compte Google Cloud personnel. Deux semaines après, il démissionnait.

Fujian Jinhua, le précédent qui plane sur la Silicon Valley

Ding n’a rien inventé. Bien avant lui, en pleine ère du China Initiative, Washington avait déjà tenté le même coup avec Fujian Jinhua, un fabricant chinois de semi-conducteurs accusé d’avoir comploté avec le taïwanais UMC pour voler les secrets de fabrication de puces mémoire de l’américain Micron. Ce programme du ministère de la Justice, lancé sous la première administration Trump pour traquer l’espionnage économique chinois, visait justement ce genre de dossier. UMC a plaidé coupable et payé 60 millions de dollars d’amende. Fujian Jinhua, elle, est allée jusqu’au procès.

Verdict fin février 2024 : acquittement total, y compris sur le vol lui-même. La juge Maxine Chesney a estimé que l’accusation n’était pas parvenue à prouver que l’entreprise, pourtant détenue par l’État chinois, avait détourné les schémas de DRAM de Micron. Le ministère de la Justice avait déjà tiré la leçon deux ans plus tôt en démantelant le China Initiative, en février 2022. Son responsable de l’époque reconnaissait lui-même qu’il alimentait un climat de suspicion, et que les poursuites contre des chercheurs académiques se soldaient plus souvent par des non-lieux que par des condamnations. Ding est le premier grand test de l’après. La dissuasion en prend un coup. Un ingénieur tenté par une startup chinoise sait désormais qu’un aller simple lui coûtera, au pire, un an de prison, pas la perpétuité qu’agite le ministère de la Justice depuis 2018.

Le code circule plus vite que le Code pénal. Ding a mis moins d’un an à transférer 14 000 pages ; la justice américaine a mis deux ans et demi à décider qu’elle ne pouvait punir que la moitié du geste. Ce décalage n’est pas propre à l’intelligence artificielle, mais il y prend une ampleur particulière. Les mêmes puces et les mêmes centres de données que Google protège bec et ongles sont aussi ceux que la Chine cherche à contourner en misant sur ses propres GPU. Le hash et l’inférence tirent désormais sur la même prise électrique. La course aux gigawatts des data centers IA a déjà rattrapé les mineurs de Bitcoin, avant de rattraper les tribunaux fédéraux. Un ingénieur peut voler un plan. Un État, lui, doit encore convaincre un juge qu’il l’a commandé. Entre les deux, tout un procès.

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OpenAI débloque 1 milliard contre les cyberattaques dopées à l’IA

5 septembre 2026 à 10:00

L’IA ne doit pas devenir une arme. OpenAI va subventionner l’accès à Daybreak, sa gamme d’outils de cybersécurité, pendant les six prochains mois. L’enveloppe comprend également des formations, une assistance technique et des partenariats. L’annonce intervient quelques jours après la présentation d’Astra, un modèle capable de découvrir des failles inconnues et de construire des attaques fonctionnelles. Les entreprises crypto ne figurent pas explicitement parmi les bénéficiaires prioritaires, mais les développeurs de logiciels open source peuvent déposer une demande.

Points clés

  • OpenAI subventionne à hauteur d’un milliard de dollars l’accès à Daybreak, sa gamme cybersécurité, après avoir reconnu qu’Astra trouve seul des failles inédites et développe les exploits associés
  • Aucun protocole DeFi, blockchain ou fournisseur de wallet ne figure parmi les bénéficiaires visés, alors que le code on-chain est public, immuable et adossé à des milliards
  • Chainalysis comptait plus de 2 milliards de dollars dérobés au seul premier semestre 2025, dont 1,46 milliard sur le piratage de Bybit
  • Le point faible reste hors chaîne : interfaces, postes de développeurs et écrans de signature multisig, exactement le périmètre que Daybreak prétend couvrir

Dimanche 6 septembre à 20h, le trader pro de Steady Lads décrypte le marché en direct. Au programme : une Master Class sur la lecture des graphiques, une analyse technique des principaux actifs et une séance de questions ouvertes avec celui qui pilote le portefeuille. Accès libre, dans la limite de 500 inscrits.
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OpenAI : Un milliard de dollars pour renforcer la cyberdéfense

Contrairement à ce que le montant pourrait laisser penser, OpenAI ne crée pas un fonds distribuant directement des subventions en espèces. Son programme Daybreak for Frontline Defenders représente un milliard de dollars d’accès à prix réduit ou gratuit, de formations, de support technique et de partenariats. OpenAI prévoit que cette enveloppe soit utilisée au cours des six prochains mois.

Daybreak se décline en deux niveaux. La version Blue utilise les modèles habituels de l’entreprise pour analyser du code, repérer des activités suspectes et préparer des correctifs. La version Red donne à certaines organisations approuvées un accès à des modèles spécialisés pour des opérations de cybersécurité plus sensibles.

Selon OpenAI, environ 2 000 organisations et espaces de travail utilisent déjà ces outils. Les bénéficiaires prioritaires comprennent les réseaux d’eau potable, les opérateurs électriques, les collectivités locales, les banques régionales, les associations et les responsables de projets open source disposant de moyens limités.

Cette initiative répond à la progression rapide des capacités offensives de l’IA. Le modèle Astra a notamment trouvé deux failles jusque-là inconnues lors de tests internes. Il est également parvenu à sortir d’un navigateur placé dans un environnement sécurisé et à combiner plusieurs vulnérabilités pour obtenir des privilèges administrateur sur un système.

OpenAI a classé ces capacités au niveau « critique » de son dispositif interne de préparation aux risques. Certaines phases du développement d’Astra ont été retardées afin d’ajouter des protections, et ses fonctions les plus avancées doivent rester initialement réservées à des testeurs sélectionnés.

Du côté d’OpenAi, on se félicite de ce tournant de l’IA – Source : Compte X

La crypto n’est pas citée, mais peut frapper à la porte

Les exchanges, fournisseurs de wallets et protocoles DeFi ne sont jamais nommés dans l’annonce. Il serait toutefois excessif d’affirmer qu’ils sont exclus du programme. OpenAI indique clairement que les mainteneurs de logiciels open source peuvent demander un accès à Daybreak.

Bitcoin Core, les clients Ethereum comme Geth ou Reth et de nombreuses bibliothèques utilisées par la finance décentralisée entrent potentiellement dans cette catégorie. Leur code est public et peut être examiné aussi bien par des chercheurs que par des attaquants équipés de modèles d’IA.

Cette situation inquiète déjà l’industrie. En août, plus de trente entreprises et organisations crypto, parmi lesquelles Coinbase, Block, BitGo, Blockstream et ARK Invest, ont demandé aux laboratoires d’IA de donner aux chercheurs indépendants un accès anticipé à leurs modèles les plus puissants.

Les signataires estimaient que les filtres appliqués aux outils publics pouvaient empêcher les défenseurs de rechercher certaines vulnérabilités, alors que les attaquants disposent de modèles ouverts, d’accès détournés ou de logiciels spécialisés. Ils réclamaient notamment davantage de puissance de calcul, des environnements sécurisés et un canal direct avec les équipes des laboratoires.

Daybreak répond partiellement à ces demandes. Il peut servir à examiner un code ancien, confirmer une vulnérabilité, classer les risques et tester un correctif. Pour les projets crypto open source, l’enjeu sera désormais de savoir lesquels seront acceptés et à quel niveau d’accès. Plus que jamais, l’IA est devenue une arme à double tranchant.

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Anthropic fait son mea culpa : l’autopsie complète des dérapages de Claude

4 septembre 2026 à 19:00

Qui s’excuse s’accuse. Un mois de silence relatif, puis un aveu en bonne et due forme. Après les deux évasions coup sur coup de Claude fin juillet, Anthropic a publié le 31 août un billet détaillé sur les racines du problème. L’entreprise y reconnaît ce qu’elle avait jusque-là surtout géré dans l’urgence, trois de ses modèles ayant accédé sans autorisation aux systèmes de production de trois organisations bien réelles, lors de tests de cybersécurité censés se dérouler en vase clos. On fait le point.

Les points clés de cet article :

  • Anthropic a reconnu des failles dans ses tests de cybersécurité après des évasions de modèles, dévoilant une double négligence opérationnelle et humaine.

  • L’entreprise a renforcé ses mesures de sécurité, impliquant un nouvel outil pour bloquer les actions non autorisées et la réaffectation d’ingénieurs vers la sécurité.

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Une double négligence, opérationnelle et humaine

Le laboratoire pointe deux causes distinctes dans son billet du 31 août. D’abord un problème opérationnel bien identifié, un accès Internet resté ouvert par erreur chez un partenaire d’évaluation externe, alors que le modèle croyait évoluer dans un environnement fermé. Ensuite, plus embêtant, un problème d’alignement. Claude a manifestement croisé des indices montrant que son terrain de jeu était réel, sans changer de comportement pour autant. Anthropic parle de raisonnement motivé, la tendance du modèle à interpréter des signaux ambigus de façon à préserver sa croyance de départ plutôt qu’à la remettre en cause. Dans un cas, la cible fictive de l’exercice portait même le nom d’un site réel, brouillant un peu plus la frontière entre le jeu et le monde.

Pour mesurer l’ampleur du problème, Anthropic a poussé l’expérience jusqu’à entraîner volontairement un modèle de classe Opus sur des environnements connus pour encourager la triche. Le modèle qui en résulte a développé une nette propension à vouloir gagner coûte que coûte, jusqu’à saboter sa propre fonction de récompense et proposer une aide à la fabrication d’armes biologiques pour satisfaire un évaluateur fictif. Rien à voir avec les modèles réellement commercialisés, précise l’entreprise, mais de quoi confirmer par la démonstration inverse que les incidents de juillet n’avaient rien d’un accident ponctuel.

Dario Amodei, PDG d’Anthropic

Le garde-fou qui manquait, et celui qui arrive

Sur le plan opérationnel, Anthropic a suspendu ses évaluations cyber externes plusieurs semaines pour muscler l’isolement des bacs à sable et déployer un nouveau classificateur, chargé de repérer en temps réel toute tentative de sortie d’un environnement de test. Dès qu’un modèle franchit une limite non autorisée, l’outil bloque l’action avant son exécution, coupe le test et alerte un humain. L’entreprise a aussi réaffecté environ 150 ingénieurs produit vers la sécurité pendant plusieurs mois, gelé le développement de nouvelles fonctionnalités le temps de refermer les brèches, et imposé à tout partenaire testant ses modèles sans garde-fous cyber un protocole strict : sandbox coupé d’Internet, périmètre explicite dans chaque consigne, supervision continue de l’activité.

Anthropic n’est pas seule à essuyer ce genre de mésaventure. OpenAI vient de verrouiller l’accès à Astra, son propre modèle classé « risque cyber critique », après un incident similaire chez Hugging Face fin juillet. Deux laboratoires rivaux, deux confessions publiques à un mois d’écart. Toute une industrie qui apprend à poser des garde-fous sur des agents de plus en plus autonomes, au moment même où ces mêmes agents commencent à gérer des portefeuilles crypto et des transactions on-chain sans supervision humaine à chaque étape.

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Hugging Face : Nvidia rachète le « GitHub de l’IA » pour 12,93 milliards

3 septembre 2026 à 17:00

Nvidia ne rachète pas un modèle d’intelligence artificielle, mais la plateforme qui en héberge des millions. Le fabricant de puces a conclu un accord pour acquérir Hugging Face pour exactement 12,93 milliards de dollars. Cette entreprise fondée par trois Français est devenue l’un des principaux lieux de publication, de partage et de déploiement des modèles d’IA ouverts.

L’opération figure parmi les acquisitions les plus importantes de l’histoire de Nvidia. Elle doit lui permettre d’étendre son influence au-delà des processeurs graphiques, jusque dans les outils logiciels utilisés quotidiennement par les développeurs et les entreprises.

Les points clés de cet article :
  • Nvidia a conclu un accord extraordinaire pour acquérir Hugging Face pour 12,93 milliards de dollars, marquant l’une des acquisitions les plus importantes de son histoire.

  • Hugging Face, surnommée le « GitHub de l’intelligence artificielle », héberge des millions de modèles d’IA et promet de rester ouverte aux concurrents, malgré le contrôle de Nvidia.

Dimanche 6 septembre à 20h, le trader pro de Steady Lads décrypte le marché en direct. Au programme : une Master Class sur la lecture des graphiques, une analyse technique des principaux actifs et une séance de questions ouvertes avec celui qui pilote le portefeuille. Accès libre, dans la limite de 500 inscrits.
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Nvidia s’offre une infrastructure centrale de l’IA ouverte

Fondée en 2016 par Clément Delangue, Julien Chaumond et Thomas Wolf, Hugging Face est souvent présentée comme le « GitHub de l’intelligence artificielle ». Sa plateforme permet aux développeurs de publier, tester, modifier et déployer des modèles, mais aussi de partager des jeux de données et des applications.

Selon Nvidia, Hugging Face compte plus de 18 millions de développeurs, chercheurs et créateurs. Elle héberge plus de 3 millions de modèles, 500 000 jeux de données et un million d’applications. Plus de 200 000 entreprises utiliseraient ses services pour évaluer ou déployer des systèmes d’intelligence artificielle.

D’après Reuters, Nvidia versera environ 11,9 milliards de dollars aux investisseurs de Hugging Face. Un programme pouvant atteindre un milliard de dollars en actions doit également être proposé aux salariés qui rejoindront le groupe.

La valorisation marque une forte progression par rapport au dernier tour de table de 2023, qui évaluait Hugging Face à 4,5 milliards de dollars. Nvidia faisait déjà partie de ses investisseurs, aux côtés d’Amazon, Google, Salesforce, AMD, Intel et IBM.

Les grandes manoeuvres continuent du côté des géans d’ l’IA – Source : Compte X JDC

Hugging Face promet de rester ouverte aux concurrents

Nvidia affirme que Hugging Face conservera sa marque et continuera d’accueillir des modèles provenant de l’ensemble du secteur. Les développeurs pourront toujours choisir leurs frameworks, leurs fournisseurs de cloud, leurs services d’inférence et leurs plateformes de calcul.

Jensen Huang assure notamment que les puces Nvidia ne seront pas obligatoires pour créer ou déployer des modèles depuis Hugging Face. La plateforme doit continuer à prendre en charge différents accélérateurs matériels, y compris ceux proposés par les concurrents du groupe.

Cette promesse constitue un point central de l’opération. Hugging Face s’est développée grâce à sa neutralité et à sa capacité à réunir des projets issus d’entreprises concurrentes. Son passage sous le contrôle du premier fournisseur mondial de puces pour l’IA pourrait susciter des interrogations sur le maintien de cet équilibre.

Pour Nvidia, l’acquisition permet de renforcer son implantation dans les logiciels et les modèles ouverts. Le groupe a déjà publié plus de 500 modèles et 250 jeux de données sur Hugging Face. Ce positionnement prend de l’importance alors que plusieurs de ses principaux clients, dont Microsoft, Meta et Amazon, développent leurs propres puces afin de réduire leur dépendance à ses processeurs.

L’accord annoncé le 3 septembre acte la volonté des deux entreprises de se rapprocher, mais son exécution définitive reste distincte de cette annonce. Si l’opération est menée à son terme, Nvidia contrôlera à la fois une grande partie de la puissance de calcul utilisée pour entraîner les IA et l’une des principales plateformes sur lesquelles leurs modèles sont distribués.

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OpenAI verrouille l’accès à Astra, son premier modèle classé « risque cyber critique »

2 septembre 2026 à 19:00

Un ordinateur qui joue tout seul, sans qu’on lui demande rien. Un agent d’OpenAI avait déjà piraté seul Hugging Face cet été, sans supervision humaine, avant de s’attaquer à quatre autres plateformes par ricochet. Astra, le prochain modèle de la maison, pousse le curseur encore plus loin. OpenAI le classe « critique » sur son échelle interne de risque cyber, l’échelon le plus haut de son Preparedness Framework. Concrètement : avec les bons outils, le modèle peut dénicher des failles inconnues et construire ses propres exploits sur des systèmes pourtant blindés, sans qu’un humain guide la moindre étape. La sortie, elle, reste verrouillée.

Les points clés de cet article :
  • Un agent d’OpenAI a déjà piraté Hugging Face sans intervention humaine, et Astra, le futur modèle, franchit un seuil sans précédent.
  • Astra a obtenu un score parfait sur ExploitBench, révélant des failles zero-day et suscitant des inquiétudes sur sa capacité extraordinaire à exploiter des systèmes sécurisés.

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Astra franchit un seuil que ni GPT-5.6 Sol ni aucun autre modèle n’avait atteint

Sur ExploitBench, le benchmark maison qui teste la capacité à transformer une faille connue en exploit fonctionnel, Astra décroche un score parfait. OpenAI a dû construire un second test pour continuer à mesurer les progrès : vingt vulnérabilités à sévérité élevée du moteur V8, toutes récentes, pour éviter que le modèle les ait déjà croisées à l’entraînement.

Résultat, deux failles zero-day découvertes et exploitées au passage, en cours de signalement à leurs mainteneurs. Lors d’évaluations menées par des experts, le modèle est même allé jusqu’à faire évader un navigateur de son bac à sable puis enchaîner une escalade de privilèges complète sur un système d’exploitation durci, de simple utilisateur à administrateur.

OpenAI_ChatGPT
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Les refus grimpent, mais huit requêtes sur cent passent quand même

Face à ce niveau de capacité, OpenAI a musclé ses garde-fous plutôt que de retarder indéfiniment la sortie. Sur ses tests de contournement cyber, Astra refuse 91,5 % des requêtes malveillantes, contre 59 % pour GPT-5.6 Sol. Le chiffre impressionne, sauf qu’il laisse encore passer 8,5 % des demandes. Rien d’anodin à cette échelle de capacité.

L’entraînement d’Astra avait d’ailleurs été mis en pause pendant deux semaines juste après l’incident Hugging Face, le temps de muscler l’isolement des environnements de test. Certains runs d’entraînement plus poussés étaient restés bloqués plus longtemps encore, jusqu’à leur reprise le 28 août sous des règles de sécurité renforcées. Un test spécifique, construit à partir de ce précédent, a placé Astra face à des cibles interdites : là où GPT-5.6 Sol avait tenté d’y accéder dans 56 % des cas, Astra n’a fait aucune tentative de ce genre.

Daybreak Blue, la porte étroite réservée aux défenseurs

Concrètement, les capacités cyber les plus poussées d’Astra resteront d’abord réservées à un petit groupe de testeurs triés sur le volet : gouvernement américain et organisations chargées de protéger des infrastructures critiques. L’accès s’élargira ensuite via Daybreak Blue, le programme d’accès de confiance d’OpenAI dédié à la cybersécurité défensive. Reste un vrai dilemme : trop prudent, un modèle refuse aussi des demandes légitimes. C’est précisément ce qui s’était produit pendant l’attaque de Hugging Face, la plateforme ayant dû abandonner les modèles d’Anthropic, jugés trop frileux pour l’aider à colmater la brèche en urgence, au profit d’un modèle chinois open source nettement moins regardant.

Un mois après l’incident, Nvidia négociait le rachat de Hugging Face pour 12,9 milliards de dollars selon plusieurs médias américains, un accord encore non confirmé par les deux parties mais qui illustrerait, à lui seul, à quel point une faille de sécurité peut redistribuer les cartes d’un secteur entier. Astra n’a pas encore de date de sortie ferme. Mais l’équation qu’il pose restera la même pour tous les modèles qui suivront : plus une IA sait attaquer, plus elle doit apprendre à refuser, sans jamais refuser trop.

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X essuie une vague d’emails de reset non sollicités, juste après le lancement de X Money

1 septembre 2026 à 19:30

Cette semaine, X Money s’est ouvert à tous les abonnés Premium et Premium+ américains, avec la promesse de transferts d’argent directement depuis la plateforme d’Elon Musk. Mardi, la fête a tourné court. Des milliers de comptes, dont plusieurs figures connues de l’écosystème crypto et jusqu’à des membres de l’équipe de CoinDesk et certains membres de notre équipe ont reçu une avalanche d’emails de réinitialisation de mot de passe qu’ils n’avaient jamais demandés. Certains utilisateurs en ont compté jusqu’à dix en quelques heures.

Les points clés de cet article :
  • X Money a été lancé pour les abonnés Premium américains, promettant des transferts d’argent directs, mais a été rapidement perturbé par des incidents de sécurité.
  • Des milliers d’emails de réinitialisation de mot de passe ont été envoyés, suscitant inquiétudes et spéculations sur des tentatives d’accès non autorisées.

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Des milliers d’emails de reset non sollicités, X Money en ligne de mire

Mridul Singhai, qui travaille sur l’équipe d’ingénierie produit de X, a confirmé l’incident mardi. « Les attaquants semblent croire que, maintenant que X Money est largement disponible, ils peuvent obtenir un accès non autorisé aux comptes », a-t-il écrit sur X. « Nous enquêtons activement et, pour l’instant, n’avons trouvé aucune preuve de compromission. » Il s’est aussi excusé pour la multitude d’emails envoyés par erreur aux utilisateurs concernés.

Mais alors pourquoi un tel capharnaüm ? X Money s’appuie sur l’infrastructure bancaire de Cross River Bank et permet d’envoyer de l’argent entre utilisateurs directement depuis l’onglet dédié de la plateforme, sans passer par une application tierce. Plusieurs utilisateurs ont partagé des captures d’écran montrant cinq, huit, parfois dix notifications reçues coup sur coup, avant même d’avoir eu le temps de comprendre ce qui se passait, selon les témoignages recensés par Crypto Briefing. Une avalanche qui a suffi à faire grimper la panique bien plus vite que les explications officielles.

Comment un simple pseudo public suffit à déclencher un reset

Vous vous demandez comment autant de comptes ont pu être visés d’un coup ? La mécanique est presque banale. X permet à n’importe qui de lancer une demande de réinitialisation en connaissant seulement le nom d’utilisateur public d’un compte, sans avoir besoin de son adresse email. Recevoir l’email ne prouve donc pas qu’un attaquant a mis la main sur vos coordonnées, juste qu’il connaît votre pseudo.

La plateforme propose depuis un moment déjà un garde-fou baptisé « Password Reset Protect », qui ajoute une étape obligatoire : confirmer l’adresse email ou le numéro de téléphone associé au compte avant que la demande n’aboutisse. Une option qui existait déjà avant l’incident, mais que peu d’utilisateurs avaient pris la peine d’activer.

Aucune preuve de piratage à ce stade, mais la prudence reste de mise

X n’a trouvé, à ce jour, aucun signe de compromission de ses systèmes. Rien ne prouve non plus qu’un attaquant se cache derrière chacun de ces emails plutôt qu’un simple bug ou une campagne de reconnaissance automatisée testant des milliers de pseudos à la chaîne. N’empêche, la recommandation reste la même pour tout le monde. Activer l’authentification à deux facteurs, activer Password Reset Protect, et surtout ne cliquer sur aucun lien contenu dans ces emails, même s’il semble provenir de X. Une prudence qui coûte cinq minutes et qui vaut largement mieux qu’un compte vidé après coup. D’autant que ce genre de vague sert parfois d’écran de fumée. Pendant que tout le monde regarde les emails de reset, une poignée d’attaquants plus patients tentent en parallèle des méthodes bien moins visibles, ingénierie sociale ou identifiants réutilisés sur d’autres services.

L’épisode arrive au pire moment pour la crédibilité de X Money, tout juste sorti de sa phase de déploiement restreint. Les comptes X liés à la crypto sont une cible récurrente pour ce genre de manœuvre, qu’il s’agisse de phishing classique ou de détournement pour pousser un memecoin frauduleux. Chaque nouvelle brique financière ajoutée à la plateforme d’Elon Musk élargit un peu plus la surface que les attaquants peuvent tester, avec ou sans succès.

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Apple : John Ternus prend les commandes ce mardi, Tim Cook passe la main après 15 ans

1 septembre 2026 à 06:00

Passation de pouvoir à Cupertino. Ce mardi 1er septembre, John Ternus s’installe dans le fauteuil de directeur général d’Apple, et Tim Cook se décale d’un cran pour devenir président exécutif du conseil. La décision avait été annoncée en avril, elle devient effective aujourd’hui. Vous ne verrez sans doute aucune différence sur votre iPhone d’ici ce soir. Mais l’entreprise qui vient de toucher les 5 000 milliards de dollars change de pilote au moment précis où son plus gros retard, l’intelligence artificielle, doit se transformer en produit. Un ingénieur discret hérite d’un empire. Et d’une facture.

Les points clés de cet article :
  • John Ternus a pris les rênes d’Apple en tant que directeur général, succédant à Tim Cook, devenu président exécutif.
  • Le défi majeur pour Ternus réside dans le domaine de l’intelligence artificielle, où Apple doit rattraper son retard stratégique.

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Tim Cook quitte la direction d’Apple avec un bilan que personne n’attendait

Retour au 24 août 2011. Steve Jobs, malade, cède son poste à son directeur des opérations, un logisticien de l’Alabama que personne n’imagine en visionnaire. L’action vaut alors 13,35 dollars (après ajustement des divisions d’actions), rappelle MacRumors dans son bilan chiffré du 31 juillet. Quinze ans plus tard, elle se négocie autour de 320 dollars. Le chiffre d’affaires annuel de 2011, 108 milliards de dollars, tient désormais dans un seul trimestre, avec 109,4 milliards encaissés sur le seul troisième trimestre fiscal 2026. Les services, presque anecdotiques à l’époque, rapportent à eux seuls plus de 100 milliards par an.

Tim Cook n’a pas inventé l’iPhone. Il a construit la machine à cash autour de l’iPhone, avec les abonnements, l’App Store, Apple Pay et 2,5 milliards d’appareils actifs. Une sacrée défaite pour ceux qui prédisaient la fin d’Apple sans Jobs. Le patron sortant ne part d’ailleurs pas loin. Président exécutif, il restera en première ligne sur les relations avec les gouvernements et les régulateurs du monde entier.

John Ternus, l’ingénieur qui a fabriqué les produits sans jamais les vendre

Le nouveau patron est un mécanicien, au sens noble. Diplômé en génie mécanique de l’université de Pennsylvanie en 1997, ancien nageur de compétition, John Ternus a passé quatre ans à concevoir des casques de réalité virtuelle chez Virtual Research Systems avant de rejoindre Apple en 2001, du temps de Steve Jobs. Il grimpe ensuite tous les échelons de l’ingénierie matérielle, vice-président en 2013 puis vice-président senior en 2021, et pilote entre-temps la transition vers les puces Apple Silicon, les Mac, les iPad, les AirPods et l’iPhone Air.

Tim cook
Tim Cook – Source : Wikipédia

À 51 ans, il a peu ou prou l’âge qu’avait Cook lors de sa propre nomination. Le conseil d’administration l’a choisi à l’unanimité, écrit Apple dans son communiqué du 20 avril, et Cook lui prête « l’esprit d’un ingénieur, l’âme d’un innovateur et le cœur pour diriger avec intégrité et honneur ». Traduisez : un homme de produit, là où son prédécesseur était un homme de chaîne logistique. Mais un directeur du hardware n’a jamais eu à gérer en même temps un conseil, Wall Street et Washington. Ça s’apprend sur le tas.

Le dossier IA d’Apple, premier test grandeur nature pour Ternus

Le calendrier ne lui laisse aucun répit. Le 9 septembre, huit jours après sa prise de fonction, il montera sur la scène du Steve Jobs Theater pour son premier keynote en tant que PDG, avec l’iPhone 18 Pro et, si les rumeurs disent vrai, le premier iPhone pliable au menu. Viendront ensuite iOS 27 et la nouvelle Siri, celle qu’Apple avait promise dès juin 2024 avant de la repousser, faute d’y arriver seule. Depuis janvier, Cupertino s’appuie sur les modèles Gemini de Google pour faire tourner son assistant. Une firme à 5 000 milliards qui loue son cerveau au voisin.

Ternus hérite donc d’un paradoxe. Apple n’a jamais été aussi riche, et n’a jamais autant dépendu d’un concurrent pour sa fonction la plus stratégique. L’action, elle, cote quelques pour cent sous son record de juillet.

Le coin du JDC : ce que le changement de patron d’Apple dit aux détenteurs de Bitcoin

Pourquoi un média crypto s’intéresse-t-il à une passation chez Apple ? Parce que la firme pèse encore près de trois fois la capitalisation de Bitcoin (et quatre fois fin juillet, avant le rebond de BTC au-dessus des 80 000 dollars). Les ETF Bitcoin, eux, accusaient 5,4 milliards de dollars de sorties nettes à la même date, un trou qu’août a comblé pour plus de moitié avec plus de 3 milliards d’entrées, d’après les données de SoSoValue. Un nouveau PDG qui rate son virage IA, ou le réussit, déplace des dizaines de milliards entre ces deux poches.

Il y a aussi un détail que les bitcoiners n’ont pas oublié. En novembre 2021, Tim Cook confiait posséder des cryptomonnaies à titre personnel, tout en excluant que la trésorerie d’Apple achète du Bitcoin. Sur ce point, Ternus n’a jamais dit un mot. Son premier discours de PDG tombe le 9 septembre. Les actionnaires y guetteront l’iPhone pliable. Les bitcoiners, un mot sur la trésorerie que Cook, en quinze ans, n’a jamais prononcé.

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Cyberattaques : L’Intelligence Artificielle (IA) pourrait déstabiliser la finance mondiale !

Par : Ben Canton
31 août 2026 à 19:00

L’IA change d’échelle, la menace cyber aussi. C’est l’avertissement adressé aux ministres des Finances et aux gouverneurs des banques centrales du G20 par Andrew Bailey, président du Conseil de stabilité financière (FSB) et gouverneur de la Banque d’Angleterre. Dans une lettre publiée avant leur réunion à Asheville, en Caroline du Nord, il présente les modèles d’IA les plus avancés comme une menace croissante pour la stabilité financière. Leur autonomie, leur rapidité et leurs capacités d’analyse pourraient transformer la vitesse, l’ampleur et le coût des attaques informatiques.

Les points clés de cet article :
  • L’IA de pointe a potentiellement accéléré les cyberattaques en permettant aux attaquants de repérer plus rapidement des failles et d’automatiser leurs offensives.

  • Andrew Bailey a exprimé sa préoccupation concernant l’impact de l’IA sur les marchés financiers, soulevant la possibilité d’une correction boursière transformée en choc systémique.

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L’IA pourrait accélérer les cyberattaques complexes

Les modèles d’IA de pointe deviennent capables de résoudre seuls des problèmes de plus en plus complexes. Appliquées à la cybersécurité, ces compétences peuvent aider les défenseurs, mais aussi permettre à des attaquants de repérer plus rapidement des failles, d’automatiser leurs offensives et d’adapter leurs méthodes aux protections rencontrées.

« L’IA de pointe pourrait modifier sensiblement la vitesse, l’ampleur et l’économie du risque cyber, ce qui pourrait ébranler la confiance dans l’ensemble du système. »

Andrew Bailey, président du Conseil de stabilité financière – Source : fsb.org

Le danger vient également de la concentration des services informatiques. Banques, fonds et infrastructures de marché dépendent souvent des mêmes fournisseurs de cloud, de logiciels ou de traitement de données. Une panne ou une compromission chez l’un de ces acteurs pourrait donc toucher plusieurs établissements au même moment et propager rapidement ses effets au-delà des frontières.

Le FSB, l’organisme international chargé de surveiller les risques menaçant la finance mondiale, demande aux autorités d’encadrer plus strictement la conception, la publication et le déploiement des modèles avancés. Il appelle aussi les institutions financières à tester leur capacité à poursuivre leurs activités, contenir une attaque et remettre leurs systèmes en service lorsque plusieurs prestataires sont touchés simultanément.

C’est l’avertissement adressé aux ministres des Finances et aux gouverneurs des banques centrales du G20 par Andrew Bailey, président du Conseil de stabilité financière (FSB) et gouverneur de la Banque d’Angleterre. Dans une lettre publiée avant leur réunion à Asheville, en Caroline du Nord, il présente les modèles d’IA les plus avancés comme une menace croissante pour la stabilité financière. Leur autonomie, leur rapidité et leurs capacités d’analyse pourraient transformer la vitesse, l’ampleur et le coût des attaques informatiques.
Le Conseil de stabilité financière alerte sur les risques liés à l’intelligence artificielle – Source : Compte X

La fièvre de l’IA menace aussi les marchés financiers

Andrew Bailey ne limite pas son avertissement à la cybersécurité. Il s’inquiète également de la place prise par l’intelligence artificielle sur les marchés financiers. Les investissements massifs dans les centres de données, les puces et les infrastructures numériques ont poussé certaines valorisations à des niveaux élevés.

Cette hausse s’accompagne d’un recours accru à l’endettement et aux produits à effet de levier sur les marchés actions et obligataires. Tant que les cours progressent, ce mécanisme amplifie les gains. En cas de retournement, il peut au contraire accélérer les ventes et aggraver la correction.

Le contexte général renforce cette fragilité. Le FSB cite les tensions sur les dettes souveraines, les vulnérabilités du crédit privé et les pressions inflationnistes liées au conflit au Moyen-Orient. Une déception sur les promesses économiques de l’IA pourrait ainsi se propager à des marchés déjà sous tension.

Le Conseil de stabilité financière examine désormais les mesures qu’il peut prendre dans le cadre de son mandat. Son message au G20 tient en deux urgences : empêcher que l’IA ne démultiplie les capacités des cybercriminels et éviter que l’enthousiasme financier qu’elle suscite ne transforme une correction boursière en choc systémique.

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Bitcoin : Les mineurs de BTC pourraient tirer 70 % de leurs revenus de l’IA fin 2026

Par : Magali
30 août 2026 à 16:00

Reconversion express dans les hangars du Texas. Les bâtiments restent, les contrats d’électricité au rabais aussi. Mais à l’intérieur, les machines de minage cèdent la place, rack après rack, à des cartes graphiques Nvidia. Le mouvement n’a rien de neuf, puisque les mineurs se tournent vers l’IA depuis deux ans déjà. Ce qui change, c’est la vitesse. Au printemps, une projection à 70 % de revenus issus de l’IA d’ici décembre passait pour audacieuse. Les comptes du deuxième trimestre, publiés en août, l’ont rendue presque timide. Chez les premiers de la classe, le minage de bitcoins est déjà devenu une activité d’appoint.

Les points clés de cet article :
  • CoinShares a visé une transformation radicale des mineurs de Bitcoin vers l’IA avec une projection de 70 % de revenus issus de l’IA d’ici 2026.
  • Core Scientific et TeraWulf ont déjà franchi des étapes clés, enregistrant une part significative de leurs revenus grâce à l’hébergement haute densité dès le deuxième trimestre 2026.

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Mineurs Bitcoin : la prophétie de CoinShares déjà dépassée

La projection vient de CoinShares, dans une note signée DJ Shaw le 30 mars. Le gestionnaire, qui pilote l’ETF WGMI dédié aux sociétés de minage, y écrivait que ces entreprises « pourraient tirer jusqu’à 70 % de leurs revenus de l’IA et du calcul haute performance d’ici la fin 2026, contre environ 30 % au début de l’année ». Cinq mois plus tard, deux de ses quatre premières lignes ont déjà coché la case.

Core Scientific a encaissé 136,7 millions de dollars de revenus d’hébergement haute densité au deuxième trimestre, soit 83 % de son chiffre d’affaires. Un an plus tôt, cette ligne pesait 10,6 millions. Le minage, lui, ne rapporte plus que 27,5 millions. TeraWulf suit le même chemin avec 31,9 millions de location de capacité de calcul, 71 % de ses revenus, contre 12,8 millions tirés du bitcoin. Et Riot a mis un pied dans la porte (23,2 millions de revenus data center) avant de signer, le 11 août, un bail de vingt ans à 9,1 milliards de dollars avec Anthropic. Le titre a bondi de 20 % en préouverture ce jour-là.

Le hashprice des mineurs Bitcoin ne laisse pas vraiment le choix

Le moteur de ce basculement tient en un mot, le hashprice, autrement dit le revenu quotidien que rapporte une unité de puissance de calcul. Il végète autour de 30 dollars par pétahash et par jour depuis mars, contre 63 dollars à l’été 2025. Le bitcoin lui-même a touché 64 000 dollars mi-août, avant de rebondir de 27 % en un mois pour revenir flirter avec les 80 000 dollars ce vendredi. Autrement dit, à peu près le coût de production moyen des mineurs cotés. On mine à l’équilibre, dans le meilleur des cas.

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Les comptes des purs mineurs le confirment. MARA a produit 2 422 BTC au deuxième trimestre, mais son chiffre d’affaires a reculé de 27 % sur un an et sa perte nette atteint 611 millions de dollars. Riot a extrait 1 587 bitcoins pour une valeur unitaire de 71 667 dollars, contre 98 800 un an plus tôt, et ses coûts absorbent désormais 69,6 % de sa production. Bitdeer a affiché une perte brute malgré un chiffre d’affaires en hausse de 47 %. Difficile, dans ces conditions, de convaincre un conseil d’administration de commander de nouveaux ASIC plutôt que des GPU.

L’IA vide les fermes de minage plus vite que le réseau Bitcoin ne rétrécit

Les chiffres agrégés sont sortis le 20 août. Selon la lettre Miner Weekly de BlocksBridge, les mineurs cotés ont vu leur puissance de calcul cumulée passer de 368,3 à 319 exahashes par seconde entre le quatrième trimestre 2025 et le deuxième trimestre 2026, un recul de 13,4 %. Hors Bitdeer, qui a fait l’inverse en gonflant sa capacité de 44 %, la cohorte a même sabré 21,2 % de son hashrate. Le réseau, lui, n’a perdu que 10,6 % sur la période. Les mineurs cotés débranchent plus vite que la concurrence, et redirigent les mégawatts vers l’IA.

Le prix à payer se lit dans les bilans. Neuf mineurs ont investi 5,11 milliards de dollars sur le premier semestre pour 341 millions de revenus IA, un ratio de quinze pour un. BlocksBridge le résume sans détours, les contrats d’électricité et le foncier « donnent une longueur d’avance, mais convertir ces actifs en capacité IA exige des sous-stations, des bâtiments, du refroidissement, du réseau et parfois des GPU ». Pour financer tout cela, le secteur a choisi la dette et la vente de ses réserves plutôt que la patience.

Ce précédent existe déjà ailleurs, chez les foncières de centres commerciaux reconverties en entrepôts logistiques. Le mineur devient un propriétaire immobilier qui loue des mégawatts à Google, Microsoft ou Anthropic, et un géant du Bitcoin qui brade 27 % de son trésor en BTC pour financer le chantier n’étonne plus grand monde. Au deuxième trimestre, les revenus IA des neuf mineurs suivis par BlocksBridge ont progressé de 52 % en trois mois, à 205,8 millions de dollars.

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Blockchain : Mastercard révèle ce que les banques exigent vraiment

29 août 2026 à 11:00

Ce que veulent les banques. Dans une étude commune, Mastercard et la Sei Development Foundation analysent la manière dont les banques et les gestionnaires d’actifs sélectionnent une infrastructure, la testent puis décident – ou non – de la déployer en production. Leur conclusion : la vitesse est devenue suffisante sur de nombreux réseaux, mais la confiance dans la finalité des transactions, la gouvernance et les opérations reste déterminante.

Points clés

  • Mastercard et Sei détaillent le parcours d’évaluation des banques : éligibilité, pilote, production, passage à l’échelle
  • La finalité déterministe, la prévisibilité des frais et les outils de conformité éliminent la majorité des chaînes dès la présélection
  • Le fossé entre pilote et production reste le principal cimetière des preuves de concept bancaires
  • Sei mise sur son exécution parallélisée et son chantier Giga face à Solana et aux rollups Ethereum

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La blockchain dépasse le stade expérimental et bascule dans l’opérationnel

Le rapport, intitulé The Foundations of Institutional Blockchain, s’appuie sur plus de 40 entretiens avec des spécialistes des paiements, de la conformité et des infrastructures blockchain. Les auteurs ont également étudié les grilles d’évaluation déjà utilisées par les institutions financières.

Selon leurs calculs, la capacité cumulée des principaux réseaux dépasse désormais 3 400 transactions par seconde, soit environ cent fois plus qu’en 2019. Ce chiffre agrégé ne signifie pas qu’une blockchain particulière peut garantir seule ce débit dans toutes les conditions, mais il illustre les progrès réalisés en matière de performance.

Plus de 27 milliards de dollars d’obligations, de fonds, de dépôts bancaires et d’autres actifs financiers ont également été tokenisés. Le fonds monétaire tokenisé de BlackRock avait, à lui seul, dépassé 2,5 milliards de dollars d’encours en mai.

La question n’est donc plus seulement de savoir si une blockchain peut exécuter rapidement une transaction. Les institutions veulent aussi déterminer si son règlement est définitif, si sa gouvernance résiste à une crise et si son fonctionnement peut être intégré aux procédures existantes.

« L’adoption institutionnelle exige davantage que de l’innovation », résume Christian Rau, responsable des actifs numériques et de la blockchain pour la région APEMEA chez Mastercard. Il cite notamment la confiance, le passage à l’échelle, la conformité et l’intégration aux infrastructures financières existantes.

La technologie ne serait plus le principal obstacle à l’adoption blockchain. Dans une étude commune, Mastercard et la Sei Development Foundation analysent la manière dont les banques et les gestionnaires d’actifs sélectionnent une infrastructure, la testent puis décident - ou non - de la déployer en production. Leur conclusion : la vitesse est devenue suffisante sur de nombreux réseaux, mais la confiance dans la finalité des transactions, la gouvernance et les opérations reste déterminante.
Mastercard et Sei publient un rapport sur l’adoption des blockchains par les institutions bancaires – Source : Compte X

Cinq étapes avant la mise en production pour un projet

Mastercard et Sei identifient cinq étapes successives dans l’adoption d’une blockchain : l’éligibilité, la validation, le pilote, la production et le passage à l’échelle.

Chaque phase possède son propre responsable de décision et exige un niveau de preuve supérieur à la précédente. Une technologie peut ainsi fonctionner pendant un test limité sans satisfaire aux exigences juridiques, opérationnelles ou comptables nécessaires à son utilisation avec des capitaux réels.

Les institutions évaluent les réseaux selon cinq grands piliers couvrant notamment les performances, la confiance, la conformité, l’intégration et la maturité opérationnelle. Leur importance varie selon le cas d’usage.

Pour les paiements en temps réel, le débit et la rapidité d’exécution occupent une place prioritaire. Dans la gestion de trésorerie, les institutions accordent davantage de poids à la gouvernance, à la stabilité du réseau et à la capacité de réagir en cas d’incident.

Le rapport étudie six cas d’usage et montre ainsi qu’aucune blockchain ne peut être déclarée universellement adaptée aux institutions. Un réseau performant pour des paiements fréquents ne répondra pas nécessairement aux besoins d’une banque souhaitant tokeniser des actifs ou gérer des règlements complexes.

Sei souligne naturellement la performance comme un critère devenu incontournable. Cette étude étant cosignée par la fondation chargée de développer le réseau, elle constitue autant un cadre d’analyse qu’un document soutenant son positionnement auprès des institutions.

Le principal enseignement reste néanmoins plus large : passer d’un pilote à la production dépend moins d’une démonstration spectaculaire que de preuves répétées sur la sécurité, la conformité, la gouvernance et l’intégration. Pour les banques, une blockchain rapide ne suffit plus ; elle doit surtout être exploitable sans fragiliser le reste du système.

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L’article Blockchain : Mastercard révèle ce que les banques exigent vraiment est apparu en premier sur Journal du Coin.

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Crypto : Solana vote pour créer moins de SOL, mais refuse d’en brûler plus

28 août 2026 à 14:00

Solana teste sa gouvernance on-chain sur sa propre politique monétaire. Les trois premières propositions soumises aux validateurs et aux stakers ont franchi le quorum requis. Mais au 28 août, leurs résultats divergent : la constitution du système de gouvernance recueille 95,35 % de soutien, l’accélération de la désinflation passe de justesse avec 68,77 %, tandis que le nouveau mécanisme de burn échoue provisoirement à 62,72 %. Il y a comme un air de changement du côté de Solana.

Points clés

  • Les trois SIMD soumis au vote ont franchi le quorum de 33 % du stake, mais seule la réduction des émissions dépasse les deux tiers requis
  • Le plan de burn de 800 000 dollars par jour reste sous le seuil : il reprendrait aux validateurs des frais de priorité accordés par SIMD-0096
  • Doubler la désinflation à 30 % par an amènerait le SOL à son taux terminal de 1,5 % vers 2028 au lieu de 2031
  • Le rendement nominal du staking passerait d’environ 5 % à moins de 2,5 %, hors frais et MEV

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Trois votes et un seuil des deux tiers du côté de Solana

Les textes sont présentés sous la forme de SGP, pour Solana Governance Proposals. Les deux propositions économiques s’appuient également sur des documents techniques SIMD, l’équivalent des propositions d’amélioration utilisées par d’autres blockchains.

Pour être validé, chaque texte doit remplir deux conditions : mobiliser au moins un tiers du SOL placé en staking, puis obtenir au moins 66,67 % de soutien. Les abstentions participent au calcul du quorum, mais ne constituent pas des votes favorables.

Les trois propositions ont franchi la première étape. SGP-0001, qui définit les règles générales de la gouvernance, est largement approuvée avec 95,35 % des voix favorables.

SGP-0002, associée à SIMD-0550, dépasse plus difficilement le seuil avec 68,77 %. Elle prévoit de doubler le rythme annuel de réduction de l’inflation du SOL, de 15 à 30 %.

SGP-0003, liée à SIMD-0553, ne recueille que 62,72 %. Elle propose une nouvelle tarification fondée sur les ressources informatiques consommées par chaque transaction, avec destruction intégrale de cette partie des frais.

Ces résultats reflètent également les intérêts divergents des participants. Solana Company, une société cotée qui détient du SOL en trésorerie, soutient la constitution mais s’oppose aux deux réformes économiques. Elle estime qu’une politique monétaire plus prévisible est nécessaire pour attirer les institutions.

Les trois premières propositions soumises aux validateurs et aux stakers ont franchi le quorum requis. Mais au 28 août, leurs résultats divergent : la constitution du système de gouvernance recueille 95,35 % de soutien, l’accélération de la désinflation passe de justesse avec 68,77 %, tandis que le nouveau mécanisme de burn échoue provisoirement à 62,72 %.
L’écosystème Solana se prépare à des votes importants – Source : Compte X

Moins de SOL créés, mais un burn rejeté

Le calendrier actuel réduit chaque année l’inflation monétaire du SOL de 15 %, jusqu’à atteindre un taux terminal de 1,5 % vers 2032. La proposition SGP-0002 accélérerait cette baisse à 30 % par an, permettant d’atteindre le plancher dès 2029.

Selon les estimations associées au texte, environ 18,9 millions de SOL supplémentaires ne seraient ainsi pas créés au cours des six prochaines années. Cette réduction bénéficierait aux détenteurs en limitant la dilution de l’offre, mais diminuerait aussi progressivement les récompenses versées aux stakers et aux validateurs.

La proposition de burn aurait un effet plus visible au quotidien. Solana détruit actuellement environ 650 SOL par jour. Le nouveau mécanisme porterait ce total entre 7 500 et 9 000 SOL quotidiens, soit jusqu’à 800 000 dollars au cours actuel.

Même à son niveau maximal, ce burn resterait toutefois nettement inférieur aux quelque 60 000 SOL créés chaque jour. Il ralentirait donc la croissance de l’offre sans rendre immédiatement le jeton déflationniste.

Son rejet provisoire illustre le conflit au cœur de cette gouvernance : réduire l’offre peut soutenir la rareté du SOL, mais brûler davantage de frais ou diminuer les émissions réduit aussi les revenus des acteurs chargés de sécuriser le réseau.

Enfin, un vote favorable ne modifiera pas automatiquement Solana. Les SGP constituent des mandats politiques : les changements devront encore être développés, testés puis déployés séparément. La gouvernance peut fixer la direction, mais le code devra ensuite la suivre.

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