Il n’y a rien de nouveau sous le soleil. Cette nuit, c’est XRP qui a payé la note du fiasco législatif de Washington. Mais la vraie histoire du jour se joue ailleurs, du côté d’une poignée de cryptomonnaies qui existent depuis des années et qu’on avait fini par oublier. Zcash souffle après un pic historique, Monero et Dash continuent leur rattrapage, et même Litecoin retrouve des couleurs. Le marché a une mémoire courte, sauf quand elle lui rapporte gros.
Les points clés de cet article :
XRP a subi une chute notable après le rejet du CLARITY Act au Sénat, tombant à environ 1,265 dollar.
Zcash, Monero et Dash ont attiré l’attention en enregistrant des hausses, tandis que Litecoin a discrètement montré des signes de reprise.
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XRP reste, de tous les altcoins majeurs, celui qui tremble le plus fort à chaque soubresaut réglementaire américain. Mardi, le cours du token a touché un plus haut du jour vers 1,46-1,49 dollar avant de plonger jusqu’à environ 1,265 dollar dans la foulée du rejet de la clôture au Sénat. C’est un dévissage d’environ 10 à 13% depuis le sommet de la journée. Ce mercredi matin, XRP stagne toujours près de ce point bas, autour de 1,28-1,30. Pas de rebond franc pour l’instant, la nuit a laissé des traces.
La semaine passée, XRP évoluait plutôt entre 1,33 et 1,45 dollar. La chute n’a donc rien d’une surprise pour qui suit le dossier depuis le début de l’été : Ripple reste l’altcoin le plus corrélé au calendrier de Washington, pour le meilleur et pour le pire. Et ce matin, c’est clairement pour le pire.
Après des semaines de hausse quasi ininterrompue, Zcash marque une pause plus qu’une chute. Le token de la confidentialité (l’usage de preuves à divulgation nulle de connaissance, ou zk-SNARKs, qui masque les montants et les adresses des transactions) évolue ce matin autour de 1 110-1 150 dollars, à peine 2% sous son record de la semaine à 1 249 dollars. Rien d’alarmant : après une rally de cette ampleur, une respiration était presque attendue.
Ce qui l’est moins, c’est la vitesse à laquelle le relais a été pris par ses cousines depuis la mi-septembre. Monero a doublé depuis janvier et vient de casser une ligne de tendance baissière vieille de huit mois.
Dash, de son côté, a grimpé d’environ 85% sur la même période récente, pas en une nuit. Les traders qui ont raté le train Zcash sautent sur ce qui n’a pas encore bougé. Un effet de rattrapage classique : une fois qu’un secteur capte l’attention, l’argent va chercher la prochaine pépite oubliée.
Litecoin s’invite discrètement à la fête
Loin du vacarme des cryptos anonymes, Litecoin fait aussi parler de lui. LTC évolue autour de 53 dollars ce mercredi, l’un des meilleurs scores parmi les cryptos de première génération sur les dernières 24 heures (chiffre à recoller au cours du jour). Rien de spectaculaire à côté de Zcash, mais un mouvement suffisant pour rappeler que le vétéran de 2011 n’a pas complètement disparu des radars.
Dogecoin, lui, reste sagement dans son coin autour de 0,08 dollar. BNB ne bouge quasiment pas, entre 715 et 720 dollars. Deux poids lourds du marché, deux journées sans histoire, pendant que les cryptos qu’on croyait endormies font l’actualité.
Ce contraste raconte quelque chose d’assez simple sur ce début de semaine : quand la Fed et le Sénat américain monopolisent l’attention des gros bonnets du marché, ce sont parfois les outsiders, ceux qu’on n’attendait plus, qui finissent par tirer leur épingle du jeu.
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Après tout, demain est un autre jour. Une nuit agitée, un vote qui laisse un goût amer, et un rendez-vous ce soir qui pourrait tout changer. Le Sénat américain a rejeté hier la clôture des débats sur le CLARITY Act, Bitcoin est retombé autour de 75 500-76 000 $, et les flux ETF entrent dans une zone d’incertitude. Mais le vrai juge de paix de la journée n’a pas encore parlé. Il s’exprime ce soir, à Washington, et il s’appelle Kevin Warsh.
Les points clés de cet article :
Le Sénat américain a rejeté la clôture des débats sur le CLARITY Act, plongeant le Bitcoin dans une chute inquiétante.
Les marchés financiers attendent avec nervosité la décision de la Fed sur les taux d’intérêt, un événement potentiellement historique.
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Le scénario tenait en haleine depuis des semaines. Le Sénat devait clôturer les débats sur le CLARITY Act, le texte censé répartir la surveillance des cryptomonnaies entre la SEC et la CFTC (les deux gendarmes financiers américains). Il fallait 60 voix.
Le décompte officiel de la séance du 15 septembre, publié par le Daily Press du Sénat, est sans appel : 49 voix pour, 50 contre, soit 11 voix sous le seuil requis. Zéro démocrate n’a voté pour. Quatre républicains ont voté contre, Collins, Hawley, Moran et Tillis, ce dernier uniquement pour pouvoir déposer une motion de reconsidération, une manœuvre de procédure qui garde la porte entrouverte à un nouveau vote dans les prochains jours. Cynthia Lummis accuse les démocrates d’avoir refusé un texte pourtant remanié sur 126 points, Elizabeth Warren rétorque que la clause éthique proposée n’est qu’« une feuille de vigne », selon CoinDesk.
Le cours du Bitcoin a suivi le mouvement dans la foulée, passant sous 75 000 $ en cours de nuit avant de se stabiliser vers 75 500-76 000 $ ce mercredi matin, une chute de l’ordre de 3 % en 24 heures partie d’un plateau autour de 79 500-80 000 $ avant l’épisode (photo prise au moment de la rédaction, à recoller au cours du jour). Rien d’un effondrement. Plutôt un accès de fièvre qui laisse le marché sonné plus qu’assommé.
Les ETF Bitcoin, un baromètre à surveiller de près
L’histoire des ETF est plus nuancée qu’un simple raz-de-marée de sorties. Lundi 14 septembre, les ETF Bitcoin spot ont renoué avec les entrées nettes, 159,9 millions de dollars au compteur (dont 134,3 millions pour l’IBIT de BlackRock), mettant fin à quatre séances consécutives de sorties qui avaient coûté environ 462,7 millions de dollars entre le 8 et le 11 septembre. Un retournement fragile, obtenu la veille même du vote.
La réponse est tombée dans la journée : mardi 15 septembre, jour du vote raté au Sénat, les ETF Bitcoin spot sont repassés dans le rouge, avec 450,4 millions de dollars de sorties nettes selon les données de Farside Investors.
Le rebond de la veille s’efface d’un coup. Le FBTC de Fidelity concentre le plus gros des dégâts avec 214,8 millions de sorties, devant l’IBIT de BlackRock à 161,7 millions, celui-là même qui portait le rebond du lundi. Le GBTC de Grayscale perd encore 44,1 millions, l’ARKB d’ARK Invest 17,4 millions et le BITB de Bitwise 12,4 millions. Le retournement du 14 septembre n’aura donc tenu qu’une séance.
Flux nets des ETF Bitcoin spot au 15 septembre 2026 : 450,4 millions de dollars de sorties en une seule séance, portées par le FBTC de Fidelity et l’IBIT de BlackRock. Source : Farside Investors.
La Fed ouvre le bal ce soir, et la vraie fête n’a pas commencé
Le CLARITY Act n’est pas tout à fait de l’histoire ancienne : la motion de reconsidération déposée par Tillis pourrait ramener le texte à un nouveau vote de procédure d’ici deux jours, selon des informations relayées après la séance. Politiquement, le texte sort quand même très affaibli de l’épisode. Le marché, en tout cas, est déjà passé à autre chose.
De plus, ce soir, 20 heures à Paris, la Fed rend sa décision de taux, avec une conférence de presse de Kevin Warsh prévue une demi-heure plus tard. Le rendement des bons du Trésor à 10 ans a franchi les 5 % lundi, son plus haut niveau depuis octobre 2023, avant de refluer légèrement. CME FedWatch donne désormais une hausse de 25 points de base à environ 90 % de probabilité. JPMorgan et Goldman Sachs, longtemps en désaccord, se sont tous deux ralliés à ce scénario ces derniers jours, quitte à diverger sur la suite : Goldman continue de tabler sur deux baisses de taux en 2027, JPMorgan se montre plus prudent. Si la hausse se confirme, ce serait la première depuis 2023, un événement qui pèserait bien plus lourd sur les marchés que l’issue d’un texte de loi.
Deux chocs en trois jours, l’un réglementaire, l’autre monétaire. Le marché a déjà encaissé le premier. Il attend le second avec cette nervosité particulière qu’on n’observait plus depuis la dernière hausse des taux de la Fed, quand chaque point de base valait son pesant de volatilité sur le cours du bitcoin.
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Le club le plus select de la planète.Le Forbes 400 atteint un nouveau record cette année: les 400 Américains les plus riches cumulent 8 000 milliards de dollars, contre 6 600 milliards un an plus tôt. Six cofondateurs d’Anthropic font leur entrée dans le classement, tandis que les fortunes liées aux cryptomonnaies connaissent des évolutions contrastées. Donald Trump recule de 44 places et les frères Winklevoss quittent la liste. Jetons un coup d’œil sur la liste ensemble.
Points clés
Le Forbes 400 atteint un nouveau record de richesse cumulée, après les 6 600 milliards de dollars de l’édition 2025
Six cofondateurs américains d’Anthropic possèdent chacun une fortune estimée à 15,5 milliards de dollars.
Michael Saylor enregistre la plus forte baisse de patrimoine en pourcentage parmi les membres présents dans les deux éditions du classement.
Donald Trump passe de 7,3 à 7 milliards de dollars ; les frères Winklevoss sortent du Forbes 400.
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Anthropic : Six cofondateurs et 93 milliards de dollars de fortune estimée
Daniela et Dario Amodei, Tom Brown, Jack Clark, Jared Kaplan et Sam McCandlish rejoignent le Forbes 400 avec une fortune estimée à 15,5 milliards de dollars chacun, soit 93 milliards au total. Leur septième cofondateur, Chris Olah, possède la nationalité canadienne et ne peut intégrer ce classement réservé aux Américains.
Forbes estime que chacun détient un peu plus de 1,6 % d’Anthropic. Leurs fortunes ont plus que doublé après la levée de 65 milliards de dollars bouclée en mai, qui valorisait l’entreprise à 965 milliards de dollars.
Ces patrimoines reposent principalement sur des participations dans une société non cotée. Forbes les chiffre à partir des informations disponibles, mais les cofondateurs ne disposent pas d’un cours de Bourse auquel vendre immédiatement leurs actions. Le magazine situe l’ensemble de ses estimations pour l’édition 2026 au 4 septembre.
Au moins 590 milliardaires américains ne sont pas assez riches pour intégrer le Forbes 400 ! – Source : Compte X
Bitcoin et Gemini : Des fortunes crypto moins stables
Le ticket d’entrée du classement atteint 4,4 milliards de dollars, contre 3,8 milliards en 2025. Parmi les personnes qui figuraient dans les deux éditions, Michael Saylor subit, selon Forbes, la plus forte baisse de fortune en pourcentage. Le magazine estime son patrimoine à 4,6 milliards de dollars et relève que l’action Strategy, étroitement liée à sa stratégie Bitcoin, a perdu 57 % en un an.
Le sort de Tyler et Cameron Winklevoss est plus net : ils sortent du Forbes 400. L’introduction en bourse de leur plateforme Gemini les avait aidés à intégrer l’édition 2025. Depuis, l’action a perdu 85 % de sa valeur, d’après Forbes. Leur absence en 2026 contredit l’ébauche qui les présentait encore parmi les fortunes du classement.
D’autres entrepreneurs crypto, comme Brian Armstrong chez Coinbase et Chris Larsen chez Ripple, restent milliardaires. Toutefois, leur présence ne suffit pas à décrire toutes ces fortunes comme identiques : le premier détient des actions d’une société cotée, tandis que le second possède notamment des actifs liés à Ripple. Leur valeur dépend des cours et des estimations retenues par Forbes.
Les géants de l’IA débarquent en force dans le Forbes 400 – Source : Compte X
Donald Trump perd 44 places, malgré des liquidités en hausse
Forbes estime par ailleurs la fortune de Donald Trump à 7 milliards de dollars, contre 7,3 milliards en 2025. Le président passe ainsi de la 201ᵉ à la245ᵉ place. Le recul de sa participation dans Trump Media, de son memecoin TRUMP et de ses tokens World Liberty Financial explique une partie de cette baisse.
Selon les calculs du magazine, la valeur de sa participation dans Trump Media a diminué d’environ 980 millions de dollars en un an. Celle de ses memecoins TRUMP a reculé d’environ 525 millions et celle de ses tokens World Liberty de 260 millions. Ces pertes de valeur ne se traduisent pourtant pas par une baisse équivalente de sa fortune totale : Forbes estime que ses avoirs liquides ont augmenté de 800 millions de dollars, notamment grâce aux recettes tirées de ses activités numériques. La valeur de ses clubs et terrains de golf a également progressé.
Le classement montre ainsi trois situations distinctes : Anthropic fait entrer six fortunes fondées sur une valorisation privée, Strategy expose Michael Saylor aux variations de son action, et les actifs crypto de Donald Trump perdent de la valeur alors même qu’il encaisse des revenus. Le Forbes 400 mesure des patrimoines estimés, pas les sommes que leurs détenteurs pourraient obtenir en vendant leurs actifs d’un seul coup. Quoiqu’il en soit, les États-Unis impressionnent toujours par cette capacité à créer de la richesse dans le secteur technologique, et ce n’est pas fini…
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Attendre et espérer. Le Bitcoin a perdu l’assurance qu’il affichait lundi. Il avait touché environ 79 600 dollars en intraday, avant de refluer vers 78 000 dollars en clôture. Il évolue ce mardi matin autour de 77 800 dollars (niveau à recoller au cours du jour), entraînant XRP et Solana dans sa glissade.
La raison tient en un chiffre : 60. C’est le nombre de voix qu’il faut réunir à 20h15, heure de Paris, au Sénat américain pour faire avancer le CLARITY Act, le texte censé fixer enfin un cadre fédéral pour les cryptomonnaies. Et à quelques heures du vote, les démocrates viennent justement de rebattre les cartes.
Les points clés de cet article :
Le Bitcoin a perdu de sa valeur, chutant à environ 77 800 dollars après avoir atteint un pic de 79 600 dollars.
Le CLARITY Act, crucial pour le cadre fédéral des cryptomonnaies, fait face à des tensions politiques au Sénat américain, où un soutien démocrate est incertain.
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CLARITY Act : les démocrates dégainent une contre-proposition avant le vote de clôture
Comprenons bien la situation. Les républicains contrôlent 53 sièges au Sénat. Il leur en faut 60 pour que le texte franchisse cette étape de procédure. Et même dans ce cas, l’affaire ne sera pas pliée : la clôture ouvre la voie au débat en séance, elle n’équivaut pas à l’adoption du texte. Sept démocrates minimum doivent donc basculer.
Lundi soir, réunis chez le chef de file démocrate Chuck Schumer, les sénateurs de l’opposition ont annoncé l’envoi d’une contre-proposition aux républicains, quelques heures avant le vote prévu à 14h15 heure américaine. La sénatrice Cynthia Lummis, figure pro-crypto du camp adverse, accuse les démocrates de réclamer toujours plus après plus d’un an de négociations quotidiennes sur ce texte précis : « Il n’y a pas de fin à ça », a-t-elle lâché, les pressant d’« accepter que la réponse est oui ».
De plus, huit associations bancaires en profitent pour glisser leur propre demande dans la bataille : des plafonds plus stricts sur les récompenses liées aux stablecoins, histoire que les dépôts classiques ne se vident pas au profit des rendements crypto. Washington version dernière ligne droite, où tout le monde négocie jusqu’à la sonnerie.
Un échec aujourd’hui, et le dossier retombe dans les tiroirs pour le reste de l’année. Voire plus longtemps, si les élections de mi-mandat de novembre rebattent les équilibres au Congrès.
Un marché qui retient son souffle avant deux chocs coup sur coup
Le repli du Bitcoin ne doit pourtant pas tout à Washington. Le pétrole grimpe, les paris sur une Fed plus dure se multiplient sur les marchés à terme, et la nervosité ambiante n’a pas attendu le Sénat pour s’installer.
Car oui, outre le Clarity Act aujourd’hui marché va devoir digérer un second choc dès demain : la décision de la Fed sur ses taux, mercredi 16 septembre. Deux échéances qui, d’ordinaire, se digèrent chacune sur une semaine entière, tombent ici à 24 heures d’intervalle.
Il reste une chose que ni le vote ni la Fed ne devraient changer fondamentalement. Même en cas d’échec au Sénat, les family offices et gérants d’actifs traditionnels ne semblent pas près de mettre leurs plans crypto en pause : la plupart bâtissent leurs infrastructures depuis des mois, indépendamment du calendrier législatif.
Un vote peut retarder le cadre réglementaire. Il ne retarde pas forcément les rails déjà posés par BlackRock ou Fidelity, engagés sur ce terrain depuis 2024.
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Les loups ne se mangent pas entre eux. Manifestement, personne ne l’a rappelé aux auteurs de la fuite de données chez Revolut. L’affaire change de dimension trois jours à peine après avoir révélé comment une demande frauduleuse, envoyée depuis un compte non autorisé sur un domaine gouvernemental authentique, a suffi à faire cracher à la néobanque passeports, selfies et historiques Bitcoin de ses clients. Le ou les hackers à l’origine du vol revendiquent aussi une compromission de services italiens, non confirmée. Et ils ne sont visiblement plus tout à fait d’accord entre eux sur qui a fait quoi. On fait le point de bon matin.
Les points clés de cet article :
Revolut confirme une fuite de données ciblée via une demande frauduleuse sur un domaine gouvernemental authentique ; les revendications sur une compromission de la police italienne restent, elles, non vérifiées.
Le groupe IAmNotAVillain a publié des dossiers visant notamment des clients identifiés dans plusieurs pays.
Revolut : le pirate revendique aussi la police italienne
Selon un thread publié le 14 septembre par International Cyber Digest, compte spécialisé en cybersécurité, le hacker de Revolut se serait confié directement à ses équipes. Et, son récit dépasse largement le cadre de la demande frauduleuse déjà documentée.
En effet, l’opération contre Revolut aurait duré six mois entiers, et les fausses demandes de données auraient transité par des systèmes compromis appartenant à plusieurs services des forces de l’ordre italiennes. L’information a été reprise dès le 14 septembre par la presse tech italienne, notamment par Matrice Digitale. Revolut, de son côté, maintient que ses systèmes internes et les fonds de ses clients n’ont pas été compromis.
Le pirate affirme détenir 147 gigaoctets de documents pris côté italien : agendas, dossiers internes, échanges personnels, selon les captures qu’il a montrées à la presse. Il cite même, toujours selon ses dires et sans authentification possible, les logs d’un agent des forces de l’ordre en pleine dispute conjugale par message. Rien de tout cela n’est confirmé. Ni Revolut, ni le Viminale, ni l’ACN (Agenzia per la Cybersicurezza Nazionale), ni la Polizia Postale n’ont fait de déclaration à ce sujet à l’heure où ces lignes sont écrites. Le conditionnel reste donc bien sur ici de rigueur.
Cependant, un précédent italien existe, sans lien établi. Les faits remontent à 2021-2022, mais la Procura di Milano n’en a révélé l’existence qu’en février dernier : six personnes y sont visées pour avoir utilisé deux adresses e-mail authentiques du ministère de l’Intérieur italien, liées à de vrais policiers, ainsi qu’un compte réel des Carabinieri, afin de soutirer des données à Wind, TIM, Vodafone, Iliad, Microsoft, TikTok, Amazon, Facebook, Snapchat et Google. Le dossier mentionne même un faux décret antiterroriste envoyé à Google, ainsi que des contacts prêtés avec NSO Group et Chainalysis. Rien ne prouve qu’il s’agit du même commando : ce dossier montre seulement qu’un accès policier italien détourné pour arracher des données à des entreprises privées ne serait pas une première.
Le site IAmNotAVillain revendique la fuite de données de Revolut.
IAmNotAVillain : la fuite Revolut vire à la guerre de gangs
Le même jour de publication du thread de Cyber Digest, un site baptisé IAmNotAVillain a fait son apparition en ligne, avec sa propre page dédiée à Revolut. Le message affiché est sans détour : Revolut aurait ignoré un signalement sur la sécurité de sa base utilisateurs, ce qui aurait poussé le groupe à publier lui-même les documents KYC (les justificatifs d’identité collectés à l’ouverture du compte), adresses, numéros de téléphone, comptes bancaires et transactions crypto qu’il affirme détenir.
Sauf que le site s’ouvre aussi sur un désaveu en règle. Ses auteurs accusent un « imposteur », ancien collaborateur selon eux, d’avoir récupéré un petit échantillon de données et de s’en attribuer désormais toute la paternité. Le groupe d’origine promet de pouvoir prouver son authenticité, fichiers originaux et échanges avec les entreprises concernées à l’appui, et met en garde quiconque négocierait avec ce rival : personne n’a intérêt à traiter avec lui.
Capture du message publié par les hackers.
De Zurich à La Valette : l’addition Revolut s’allonge
Toujours selon IAmNotAVillain, l’essentiel des données proviendrait de clients suisses et français. Mais la liste des pays concernés, égrenée dans le même thread, s’allonge bien au-delà : Chypre, le Portugal, l’Allemagne, l’Espagne, la Bulgarie, la Tchéquie, la Roumanie, la Pologne, Malte, la Norvège, la Suède et l’Italie apparaîtraient aussi parmi les juridictions touchées, une liste que le groupe présente lui-même comme non exhaustive.
Deux noms s’ajoutent à ceux déjà identifiés cette semaine, le joueur de tennis Shevchenko et le patron de Gamdom Felix Römer. Le thread cite aussi Georges Mikautadze, présenté comme un joueur du FC Barcelone sur la photo jointe, maillot blaugrana à l’appui. En réalité, l’attaquant évolue à Villarreal, où il était titulaire le 14 septembre face au Betis ; un temps annoncé dans le viseur du Barça cet été, il n’y a jamais été transféré.
Le tableau qui se dessine dépasse la simple négligence d’une néobanque piégée par une demande officielle falsifiée. Si les revendications du 14 septembre se confirment, ce n’est plus seulement Revolut qui devra rendre des comptes, mais des pans entiers d’administrations italiennes dont la sécurité aurait, elle aussi, cédé. À côté de ça, la demande de 10 000 bitcoins réclamée aux dirigeants de Revolut paraît presque anecdotique. Entre un hacker qui négocie, un rival qui revendique la même fuite et des services de police italiens visés à leur tour, les revendications du 14 septembre ouvrent un nouveau front dans une affaire qui, une semaine plus tôt, ne concernait qu’une demande frauduleuse et quelques clients fortunés.
Trois partenaires, une même porte qui se referme.The Information rapporte que Nvidia, Palantir et Booz Allen Hamilton s’apprêtent à restreindre l’usage des modèles d’Anthropic. Cette restriction toucherait aussi bien leurs équipes internes que leurs produits commerciaux. Ces trois entreprises figuraient pourtant jusqu’ici parmi les vitrines commerciales les plus précieuses du laboratoire de San Francisco.
Claude équipe les plateformes de Palantir destinées au renseignement américain depuis fin 2024. Booz Allen Hamilton, cabinet de conseil dont le gouvernement fédéral représente l’essentiel du chiffre d’affaires, le distribue aussi aux agences. Nvidia avait promis en novembre dernier jusqu’à 10 milliards de dollars au laboratoire de Dario Amodei.
Points clés
Nvidia, Palantir et Booz Allen Hamilton s’apprêtent à restreindre l’usage des modèles Claude d’Anthropic, selon The Information
La politique d’usage d’Anthropic, qui interdit la surveillance domestique, heurte le cœur de métier de Palantir
Nvidia avait promis jusqu’à 10 milliards de dollars, après des mois de clash public avec Anthropic
Les réseaux de calcul décentralisés et les modèles à poids ouverts gagnent des arguments face aux licences révocables
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Anthropic lâché par Nvidia, Palantir et Booz Allen
Pour l’heure, le détail des mesures n’a pas été rendu public. Elles viseraient ainsi à la fois l’usage interne de Claude par les salariés et son intégration dans les offres vendues aux clients des trois groupes. Palantir avait pourtant été le premier à porter le modèle dans les environnements classifiés américains, via une accréditation IL6 (Impact Level 6). Ce niveau autorise ainsi le traitement de données relevant du secret défense.
La politique d’usage d’Anthropic interdit d’employer Claude pour de la surveillance domestique. Or, cette clause heurte de plein fouet le cœur de métier de Palantir. Ses logiciels servent la police fédérale et les services d’immigration. La friction avait déjà provoqué des tensions avec la Maison-Blanche à l’automne 2025. D’ailleurs, plusieurs responsables reprochaient au laboratoire de trier lui-même les missions autorisées.
Le grief de Nvidia se situe ailleurs. Dario Amodei milite depuis 2025 pour un durcissement des contrôles à l’exportation des puces vers la Chine. Or, cette ligne ampute directement le carnet de commandes du fabricant de processeurs graphiques.
L’action Nvidia a cédé 6,49 % en cinq séances, jusqu’au 14 septembre 2026. Source : Google Finance.
Nvidia contre Anthropic : du clash public au chèque de 10 milliards
La brouille remonte au printemps 2025. Anthropic défendait alors l’idée que des puces avancées quittaient les États-Unis par des circuits de contrebande, et la réponse du fabricant avait claqué.
« Les entreprises américaines devraient se concentrer sur l’innovation et relever le défi, plutôt que de raconter des histoires à dormir debout sur des composants électroniques volumineux et sensibles qui auraient été passés en fraude dans de faux ventres de femmes enceintes ou au milieu de homards vivants. »
Un porte-parole de Nvidia, en réponse aux déclarations d’Anthropic sur la contrebande de puces
Quelques semaines plus tard, Jensen Huang réglait ses comptes depuis la scène de VivaTech à Paris. « Je suis en désaccord avec à peu près tout ce qu’il dit », lâchait le patron de Nvidia à propos d’Amodei.
L’argent avait ensuite recouvert la dispute. En novembre 2025, Nvidia annonçait un investissement pouvant atteindre 10 milliards de dollars dans Anthropic. Microsoft complétait aussi avec 5 milliards de plus. Le laboratoire s’engageait en échange à acheter 30 milliards de dollars de capacité de calcul sur Azure. Il ajoutait jusqu’à un gigawatt de systèmes Grace Blackwell et Vera Rubin à la clé. Les restrictions rapportées par The Information referment ainsi une partie de cette relation huit mois plus tard.
Crypto : les réseaux de calcul décentralisés en embuscade
Un modèle propriétaire s’utilise sous licence, et une licence se retire. Les poids ouverts de Llama, Mistral, DeepSeek ou Qwen se téléchargent une fois et tournent ensuite sur n’importe quelle machine. Aucune clause d’usage opposable, ni interrupteur actionnable à distance.
La même logique nourrit les marchés de calcul distribué nés dans la crypto. Akash, Render et io.net louent de la puissance GPU en pair à pair. Ils règlent aussi leurs fournisseurs en jetons, sans contrat-cadre ni comité de conformité. De son côté, Bittensor rémunère en TAO les participants qui entraînent et servent des modèles au sein de sous-réseaux spécialisés.
Ces infrastructures restent loin des grands fournisseurs cloud sur les charges d’entraînement les plus lourdes. Leur disponibilité dépend surtout d’opérateurs dispersés. Leur argument commercial gagne pourtant en épaisseur. Car il suffit qu’un fournisseur d’intelligence artificielle et ses clients se disputent le droit d’usage d’un modèle.
Anthropic tire l’essentiel de ses revenus des entreprises et des administrations. Son rythme de revenus annualisés a ainsi franchi les 65 milliards de dollars fin juillet 2026. C’est loin devant les 20 à 26 milliards visés un an plus tôt par ses propres projections internes. Le laboratoire avait placé Claude à 1 dollar symbolique auprès des agences fédérales via l’accord OneGov conclu avec la GSA. Cette dernière centralise les achats de l’État américain. Nvidia, Palantir et Booz Allen tenaient trois des principales portes d’entrée vers cette clientèle publique.
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Trois banques centrales, soixante-douze heures. La semaine qui s’ouvre empile la décision de la Réserve fédérale américaine mercredi. Suivent celle de la Bank of England jeudi, puis celle de la Bank of Japan jeudi et vendredi. Cette fois, ce n’est pas une baisse que les marchés attendent. Les traders assignent en effet une probabilité proche de 86 % à une hausse des taux américains.
Conséquence directe pour les marchés crypto : la Fed ne baisse plus, elle pourrait resserrer. Le Bitcoin évolue autour des 77 800 dollars ce lundi, loin de ses records de l’été. Le président de la Fed, Kevin Warsh, a donné le ton dès fin août à Jackson Hole. Selon lui, l’inflation sous-jacente ne s’améliore pas vraiment.
Points clés
La Fed devrait relever ses taux mercredi, avec une probabilité proche de 86 % selon le CME FedWatch
Le président Kevin Warsh a durci le ton depuis Jackson Hole, évoquant une inflation encore trop élevée
La Bank of England devrait maintenir son taux à 3,75 % jeudi, et pourrait ralentir son resserrement quantitatif
La Bank of Japan devrait à l’inverse relever son taux à 1,25 %, un mouvement jugé probable par 97 % des économistes sondés par Reuters
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La Fed, Kevin Warsh aux commandes : la hausse est déjà dans les prix
Le FOMC se réunit mardi et mercredi. La décision tombe mercredi en fin de journée à Washington, soit 20 heures à Paris. Le marché table sur une hausse de 25 points de base, qui porterait la fourchette cible à 3,75-4 %. Ce serait un tournant après trois baisses consécutives fin 2025.
Deux publications ont fait basculer les anticipations. Le CPI d’août est ressorti à 3,4 % sur un an, avec une inflation sous-jacente plus chaude que prévu. Par ailleurs, l’emploi américain a surpris par sa vigueur. 162 000 créations de postes ont été enregistrées en août, largement au-dessus des attentes, pour un chômage à 4,1 %. Ensemble, ces chiffres ont fait grimper la probabilité d’une hausse de 56 % à plus de 85 % en quelques jours. C’est ce qu’indique le CME FedWatch, l’outil de référence du marché.
Kevin Warsh a lui-même préparé le terrain. Lors de son discours à Jackson Hole fin août, il a jugé que l’inflation sous-jacente ne s’améliorait pas vraiment. Un ton bien plus ferme que celui de son prédécesseur, Jerome Powell. Le marché anticipe désormais environ 50 % de probabilité d’une seconde hausse en décembre.
Le taux directeur de la Fed (courbe noire) et la croissance du PIB américain (barres oranges) depuis 2000. Après trois baisses fin 2025, le taux remonte vers la fourchette 3,75-4 % anticipée pour mercredi. Source : MacroMicro.
Bank of England et Bank of Japan : un statu quo, une vraie hausse
La Bank of England publie sa décision jeudi à midi, heure de Londres. Le statu quo à 3,75 % est largement anticipé. Le comité de politique monétaire avait déjà voté 6 contre 3 pour un maintien fin juillet. Trois membres réclamaient une hausse à 4 %. L’autre enjeu porte sur le resserrement quantitatif. La banque pourrait en effet ramener son rythme de ventes d’obligations d’État de 70 à 50 milliards de livres par an.
La Bank of Japan referme la séquence jeudi et vendredi. La décision tombe vendredi après-midi, heure de Tokyo. Un statu quo semble désormais très peu probable. Le marché table sur une hausse de 25 points de base, à 1,25 %. Cette hausse est portée par 97 % des économistes interrogés par Reuters, contre 57 % lors du sondage précédent. La banque centrale avait déjà relevé son taux à 1 % en juin, un plus haut depuis 1995, avant de le maintenir en juillet. Certains économistes anticipent même une nouvelle hausse à 1,50 % d’ici décembre. Le taux terminal évoqué grimpe désormais vers 1,75 % au deuxième trimestre 2027.
Ce paramètre mérite toute l’attention des détenteurs de cryptomonnaies. En août 2024, un tour de vis japonais avait déjà déclenché le débouclage brutal du carry trade. Le Bitcoin avait alors perdu 20 % en deux séances. Cette fois, le risque n’est plus un scénario lointain. La Fed et la BoJ durcissent toutes les deux le ton la même semaine, ce qui peut accélérer un débouclage similaire. Le carry trade yen reste donc un risque immédiat pour le Bitcoin, pas une échéance reportée à janvier.
Bitcoin : la liquidité mondiale plutôt que les 25 points de base
Le Bitcoin évolue autour des 77 800 dollars, loin de ses records de l’été. Le week-end dernier, le CPI conforme aux attentes avait propulsé le cours au-dessus des 78 000 dollars. Mais la hausse des rendements obligataires a ensuite pesé sur le marché. Le canal de transmission est connu. Une Fed plus restrictive fait grimper le coût de l’argent, ce qui pèse alors sur les actifs à risque. Les 21 millions d’unités du protocole ne bougeront pas, quelle que soit la décision de mercredi soir.
Le Bitcoin (courbe noire) suit depuis plus de dix ans les cycles de la masse monétaire mondiale M2 (zone bleue), qui agrège Fed, BCE, Bank of England, Bank of Japan et PBoC. Source : Look Into Bitcoin
Le scénario inverse serait paradoxalement plus explosif. Une Fed qui choisirait de ne pas bouger, contre toute attente, ferait l’effet d’une vraie surprise. Le marché a en effet déjà digéré la hausse. À l’inverse, si la hausse est confirmée comme prévu, l’attention se déplacera vers le dot plot. Le ton de Kevin Warsh en conférence de presse comptera tout autant. Un discours qui confirme une seconde hausse en décembre pèserait plus lourd que le geste de mercredi lui-même.
Fed mercredi, Bank of England jeudi, Bank of Japan jeudi et vendredi : la séquence se referme en trois jours. Pour la première fois depuis longtemps, ce sont des hausses, et non des baisses, qui rythment cette semaine. D’ici la prochaine réunion du FOMC, fin octobre, ce sont surtout les mots de Kevin Warsh qui compteront. Ils pèseront plus que le quart de point lui-même pour fixer le cap de la liquidité mondiale. Et avec lui, l’horizon du Bitcoin jusqu’à la fin de l’année.
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Hécatombe annoncée sur le marché crypto brésilien. Depuis le 2 février, la banque centrale du Brésil impose de nouvelles règles aux plateformes d’actifs numériques. Ces exigences de fonds propres et de conformité reprennent, en somme, celles des établissements bancaires. Sur près de 300 prestataires recensés dans le pays, une vingtaine seulement tiendraient la distance. Au final, une dizaine seulement décrocheraient une licence.
Points clés
Depuis le 2 février, les prestataires crypto brésiliens doivent réunir des fonds propres plus élevés. Le plafond grimpe jusqu’à 37,2 millions de réaux, soit environ 7,2 millions de dollars.
Sur près de 300 acteurs, 20 à 25 seraient en mesure de déposer un dossier recevable. Une dizaine seulement décrocheraient un agrément.
Bitnuvem, NovaDAX, Digitra et Coinext ont déjà arrêté ou restructuré leurs services aux particuliers.
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Crypto : le Brésil exige jusqu’à 7,2 millions de dollars de fonds propres
Le sigle PSAV désigne au Brésil les prestataires de services sur actifs virtuels. Le terme fait écho aux PSAN français et aux VASP de la terminologie internationale. Les résolutions adoptées par la Banco Central do Brasil découpent le métier en trois catégories. On y trouve l’intermédiation, la garde d’actifs pour le compte de tiers et le courtage. Chaque catégorie impose son propre plancher de capital. Pour les profils les plus larges, il grimpe jusqu’à 37,2 millions de réaux, soit environ 7,2 millions de dollars.
Le capital n’est que la première marche. Le cahier des charges impose aussi une gouvernance claire et un dispositif anti-blanchiment. Il exige, par ailleurs, une séparation stricte des fonds clients et un reporting régulier au superviseur. Une plateforme de taille moyenne vit sur des commissions de quelques points de base. Résultat : le coût de mise en conformité dépasse souvent sa marge annuelle.
Le calendrier achève de resserrer l’étau. Les candidats doivent déposer leur dossier avant le 30 octobre. Passé ce délai, ils disposeront de 30 jours pour cesser toute activité et restituer les fonds de leurs utilisateurs.
Bitnuvem, NovaDAX, Digitra et Coinext quittent déjà la table
Quatre plateformes ont annoncé l’arrêt ou la restructuration de leurs services destinés aux particuliers : Bitnuvem, NovaDAX, Digitra et Coinext. Aucune n’a désigné nommément la nouvelle réglementation dans ses communiqués. Toutes, en revanche, ont choisi de communiquer dans les semaines qui ont suivi son entrée en vigueur.
L’arithmétique est brutale. Sur 300 acteurs, seuls 20 à 25 dossiers seraient jugés recevables, puis une poignée seulement décrocheraient un agrément effectif. Concrètement, plus de 95 % du marché sortirait du cadre légal, par la vente, la fusion ou la fermeture. Les maisons capables d’aligner huit chiffres de fonds propres et un service conformité étoffé partent avec une longueur d’avance. C’est le cas, par exemple, de Mercado Bitcoin, de Foxbit ou des filiales locales des groupes internationaux. Les petites structures nées de l’euphorie de 2021 n’ont ni le bilan ni le temps de rattraper ce niveau d’exigence.
Stablecoins et fiscalité : la deuxième lame de la réglementation crypto
Le volet le plus lourd de conséquences concerne les stablecoins adossés au dollar. Les opérations portant sur des jetons référencés à une devise étrangère basculent dans le régime du marché des changes. Elles héritent, du même coup, des obligations de déclaration et d’identification qui l’accompagnent. La banque centrale évalue à environ 90 %la part des flux crypto brésiliens liés à ces actifs. Un tel pourcentage transforme, de fait, une règle technique en réforme structurelle pour tout le pays.
Reste la question des utilisateurs privés de plateforme locale. Ils conservent l’accès aux places étrangères, aux protocoles DeFi et à l’autoconservation. Ces usages échappent, cependant, au superviseur brésilien en matière de protection du consommateur. Le fisc, lui, a déjà anticipé le mouvement. Désormais, ses obligations déclaratives couvrent aussi les transactions réalisées sur des plateformes étrangères, comme celles effectuées depuis un wallet personnel.
Les dossiers doivent être déposés d’ici fin octobre, l’instruction par la banque centrale suivra. D’ici là, quelque 275 prestataires devront choisir entre vendre, fusionner ou fermer. Une dizaine de survivants, enfin, se partageront le marché crypto le plus actif d’Amérique latine.
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Le sort en est jeté. Le Bitcoin ne bouge quasiment plus depuis samedi. Il campe entre 77 500 et 77 600 dollars au moment d’écrire ces lignes (niveau à recoller au cours du jour avant toute lecture, le marché crypto ne dormant jamais), toujours sous la résistance des 81 700 dollars qui validerait un vrai retour du marché haussier. Mais l’immobilité du cours ne dit rien de la tension qui monte. Mardi, le Sénat américain vote la clôture du CLARITY Act, le texte censé fixer enfin un cadre fédéral pour les cryptomonnaies. Et cette fois, Donald Trump a lâché du lest.
Les points clés de cet article :
Le Bitcoin a stagné entre 77 500 et 77 600 dollars, incapable de franchir la résistance des 81 700 dollars, avant des décisions cruciales de réglementation et de politique monétaire.
Le CLARITY Act, avec une clause éthique révisée, attendait un vote du Sénat américain, tandis que la Fed devait statuer sur une possible hausse des taux, créant une tension palpable sur le marché crypto.
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L’immobilité du cours cache mal la nervosité ambiante. Le Bitcoin oscille dans un couloir étroit depuis le week-end, incapable de reprendre l’élan qui l’avait porté brièvement au-dessus de 79 800 dollars vendredi dernier.
La faute à un calendrier qui s’annonce chargé : après le vote de mardi, la Fed tranche mercredi 16 septembre sur ses taux, avec une probabilité de hausse désormais évaluée à plus de 85 % par les marchés à terme. Deux chocs en trois jours, réglementaire puis monétaire, et un cours qui préfère visiblement attendre d’y voir plus clair avant de choisir un camp.
CLARITY Act : ce qui a vraiment changé dans le texte final
Les sénateurs républicains ont publié dimanche le texte définitif du CLARITY Act, avec une clause éthique entièrement revue. Fini l’ambiguïté sur les conflits d’intérêts : les élus fédéraux couverts, et leurs conjoints, devront céder leurs participations crypto jugées « substantielles » ou les loger dans un trust aveugle, un montage juridique qui empêche le titulaire de savoir ce qu’il détient réellement. Nouveauté de taille, relayée par CryptoBriefing le 13 septembre : les procureurs généraux des États obtiennent un rôle de contrôle sur ces dispositions. La Maison-Blanche refusait cette concession il y a encore quelques semaines. Elle l’a acceptée. Un trust aveugle ne fait pourtant disparaître ni la fortune ni son origine, il en confie simplement la gestion à un tiers pendant le mandat.
Le vote de mardi, à 14h15 heure américaine, n’adopte pas la loi elle-même. Il s’agit d’une motion de procédure qui exige 60 voix pour avancer vers le débat en séance plénière. Les républicains contrôlent 53 sièges. Il leur faut donc convaincre au moins sept démocrates de franchir la ligne. Un échec mardi, et le texte est mort pour 2026, probablement jusqu’après les midterms de novembre 2026.
Un clan Trump qui a beaucoup à perdre
L’enjeu personnel n’a rien d’abstrait pour le président. Sa déclaration de patrimoine publiée début juillet chiffrait ses revenus liés à la crypto à environ 1,4 milliard de dollars sur la seule année 2025, portés notamment par les memecoins de la famille et par World Liberty Financial. Donald Trump avait déjà donné son accord de principe sur une clause anti-conflit d’intérêts dès juillet. Ce week-end, il est allé plus loin en validant une version qui donne du mordant à des procureurs d’État sur lesquels il n’a aucune prise. Un choix qui en dit long sur l’urgence, côté républicain, de faire aboutir ce texte avant que la fenêtre politique ne se referme.
Que le Sénat franchisse ou non la barre des 60 voix mardi, le Bitcoin devra ensuite digérer la décision de la Fed deux jours plus tard, sans avoir eu le temps de souffler entre les deux. 48 heures pour absorber deux chocs qui, d’ordinaire, se digèrent chacun sur une semaine entière.
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On ne prête qu’aux riches. Nvidia n’en est plus à son coup d’essai avec Anthropic. Après avoir déjà injecté des dizaines de milliards dans le labo à l’origine de Claude, le fabricant de puces négocierait désormais un rôle d’investisseur d’ancrage dans son introduction en Bourse, avec un chèque pouvant atteindre 10 milliards de dollars. De quoi transformer un peu plus le géant des semi-conducteurs en véritable banquier de l’intelligence artificielle.
Les points clés de cet article :
Nvidia a négocié un investissement potentiel de 10 milliards de dollars dans l’introduction en Bourse d’Anthropic, consolidant son rôle de pilier financier dans l’intelligence artificielle.
Ce geste stratégique intervient après un accord antérieur de 35 milliards de dollars, soulevant des questions sur le financement circulaire et la dépendance croissante entre Nvidia et Anthropic.
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Selon des sources proches du dossier citées par Reuters, Nvidia discuterait d’un investissement pouvant grimper jusqu’à 10 milliards de dollars dans l’introduction en Bourse d’Anthropic, qui viserait une levée record d’une centaine de milliards de dollars pour une valorisation proche de 2 000 milliards de dollars. Un investisseur d’ancrage, en langage boursier, c’est celui qui s’engage à acheter une part de l’opération avant même qu’elle soit commercialisée au reste du marché : un signal de confiance destiné à rassurer tout le monde avant l’ouverture des livres. Les discussions restent préliminaires. Ni Nvidia ni Anthropic n’ont confirmé quoi que ce soit pour l’instant.
Le calendrier, lui, ne bouge pas d’un iota. La commercialisation de l’opération reste attendue à la mi-octobre, quelques semaines avant les élections de mi-mandat américaines de novembre. Un timing que Le Journal du Coin détaillait déjà début septembre.
Un troisième chèque qui relance le débat sur le financement circulaire
Ce n’est pas la première fois que Nvidia met la main à la poche pour Anthropic. Début septembre, les deux entreprises avaient déjà scellé un accord de calcul cloud de 35 milliards de dollars, dans lequel Nvidia joue un rôle à trois casquettes : fournisseur de puces, actionnaire du prestataire cloud intermédiaire, et garant du bail sur le centre de données lui-même. Un montage qui a fait grincer des dents chez plusieurs analystes de Wall Street. Vivek Arya, de Bank of America, note ainsi que Nvidia finance des laboratoires qui développent en parallèle leurs propres puces maison. La directrice financière de Nvidia, Colette Kress, défend la logique de son entreprise : sa plateforme de calcul resterait redéployable ailleurs si jamais Anthropic venait à s’émanciper.
Ajouter une participation à l’IPO par-dessus l’accord de compute revient à empiler une troisième couche sur le même pari. Nvidia a déjà investi près de 50 milliards de dollars dans les laboratoires d’IA de pointe, et prévoit que cette clientèle pèse environ un quart de son chiffre d’affaires l’an prochain. Une dépendance qui se lit dans les deux sens : Anthropic a besoin des puces, Nvidia a besoin qu’Anthropic continue de lever et de dépenser.
Cette manœuvre s’inscrit dans une course plus large entre trois méga-introductions qui doivent absorber plus de 200 milliards de dollars de capitaux d’ici la fin de l’année. Cette aspiration de liquidité n’échappe pas aux marchés crypto, historiquement sensibles aux mêmes arbitrages institutionnels. Les autres investisseurs de l’opération devront trancher sans filet : accueillir Nvidia comme un gage de sérieux, ou comme la preuve qu’une bonne partie du financement de l’IA tourne déjà en circuit fermé entre les mêmes quelques acteurs.
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Après la pluie, le beau temps. La veille, les quatre grands altcoins plongeaient de concert à l’approche du CPI américain. Le scénario s’est inversé vendredi, sans pour autant tourner à l’euphorie. Ethereum a repris la barre des 2 600 dollars en fin de séance, pendant que XRP, Solana et HYPE se contentaient de stabiliser leurs positions. Un rebond, oui, mais un rebond prudent, presque sur la pointe des pieds.
Les points clés de cet article :
Ethereum a repris la barre des 2 600 dollars, marquant un rebond prudent après une chute précédente.
Les flux ETF d’Ethereum sont restés instables, oscillant entre entrées et sorties sans direction claire.
Ethereum reprend son souffle, les flux ETF restent capricieux
Après une inflation sous-jacente légèrement supérieure aux attentes, le marché a d’abord tremblé avant de se reprendre. Le cours d’Ethereumest repassé au-dessus de 2 600 dollars vendredi pour repasser autour des 2560 à l’heure d’écrire ces quelque slignes.
Il n’avait plus touché ce niveau depuis plusieurs jours. Sauf que le rebond du prix ne raconte pas toute l’histoire côté institutionnels. Les flux des ETF Ethereum au comptant sont restés en dents de scie cette semaine : après un retour à +34,7 millions de dollars mercredi, ils sont repassés en sortie nette de 29,9 millions de dollars le lendemain. Bref, rien d’une ruée. Les gérants avancent à tâtons, pas à pas, en attendant d’y voir plus clair sur la trajectoire de la Fed.
Le contraste est net avec le narratif qui circulait ces derniers jours d’un basculement massif des flux vers Ethereum. Pour l’instant, la réalité ressemble plutôt à un jeu de ping-pong entre entrées et sorties, sans direction franche. Ethereum n’aspire pas les capitaux, il les récupère un jour et les rend le lendemain.
XRP, Solana et HYPE : la consolidation plutôt que le rebond franc
Du côté des autres poids lourds, l’ambiance est à la pause plutôt qu’au sursaut. XRP évolue autour de 1,36 dollar, Solana près de 102,5 dollars et HYPE aux alentours de 80 dollars, des niveaux qui traduisent une consolidation plus qu’un vrai retournement de tendance.
Rien d’affolant, mais rien d’enthousiasmant non plus pour les reste des altcoins. Le marché digère encore le choc du CPI de vendredi, pendant que le Bitcoin lui-même reste sous pression après l’effacement rapide de sa Golden Cross, ce croisement technique haussier apparu début septembre.
Cette pause synchronisée sur les altcoins n’a rien d’anodin à une semaine de la décision de la Fed, le 16 septembre. Tant que les probabilités d’une hausse des taux restent élevées, difficile d’imaginer un vrai retour de l’appétit pour le risque sur les actifs les plus volatils du marché. D’ici là, les altcoins resteront suspendus au même calendrier que le Bitcoin, otages d’une Fed qui n’a pas encore tranché.
Les ours écharpés, la facture d’un pari trop prudent. Le CPI américain d’août tombé à 14h30 heure de Paris est jugé déjà digéré par les prix. Les altcoins plongeaient encore quelques heures plus tôt, signe que personne n’avait vraiment tranché avant la publication. Bitcoin et Ethereum en décident autrement. L’ETH grimpe jusqu’à 8,3 % sur la séance, le BTC avance de près de 4 %. Les deux redonnent ensuite une partie de leurs gains, mais le mouvement a suffi à vider le marché de ses positions baissières. En fin de soirée, l’ETH évolue autour de 2 568 dollars, stable depuis deux heures. Le BTC tourne à 77 600 dollars, en repli sur ses plus hauts de l’après-midi.
Les points clés de cet article :
Les altcoins ont connu une chute significative avant la publication du CPI américain, mais Bitcoin et Ethereum ont ensuite inversé la tendance de manière spectaculaire.
Le marché a subi des liquidations massives, avec 684 millions de dollars déplacés, principalement des positions vendeuses, ce qui a contribué à la hausse soudaine des prix des cryptomonnaies majeures.
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Liquidations : 758 millions de dollars qui changent de camp
Le dashboard de CoinGlass affiche 758 millions de dollars de positions liquidées sur les dernières 24 heures, dont 412 millions de vendeurs à découvert (les fameux « shorts », des paris à la baisse) contre 346 millions de longs. Ethereum concentre la casse : 307 millions de dollars liquidés, davantage que les 212 millions du Bitcoin. Le plus gros ticket individuel vient de Hyperliquid, une position ETH-USD soldée pour 20,3 millions de dollars.
Deux vagues, deux sens. Le matin, avant la statistique, les positions longues trinquaient. L’après-midi a renversé la mécanique. Passé 14h30 plus de 250 millions de dollars de shorts ont été liquidés en une seule heure, la moitié sur l’ETH, pour près de 100 000 comptes touchés dans la journée. « Les traders payaient pour rester short au milieu d’un rallye de 8 % », résume Adam McCarthy, responsable de la recherche chez LO:TECH, cité par Bloomberg. Une position intenable qui a mécaniquement accéléré la hausse.
Le compteur CoinGlass affichait 758 millions de dollars de liquidations sur 24 heures vendredi soir. Source : CoinGlass.
CPI américain : dans les clous, sauf pour l’essence
Selon les chiffres publiés par le Bureau of Labor Statistics, l’inflation américaine ressort à +0,4 % sur le mois et 3,4 % sur un an. Un rythme stable par rapport à juillet. Le cœur de l’indice (hors énergie et alimentation) progresse de 0,3 % sur le mois, à 2,4 % sur un an.
L’essence tire l’ensemble vers le haut, avec une hausse mensuelle proche de 4 %. Rien d’alarmant sur le papier, et pourtant le marché avait anticipé pire. D’où le soulagement, puis l’emballement. La Fed se réunit le 16 septembre. Sa décision reste entière.
Un squeeze, pas une ruée d’acheteurs
Ni l’ETH ni le BTC n’ont retrouvé leurs sommets. L’ether reste loin de son record d’août 2025, autour de 4 950 dollars. Le bitcoin, lui, n’a toujours pas repassé son pic de janvier proche de 95 000 dollars, encore moins son record absolu d’octobre 2025 au-dessus de 126 000 dollars. Fin août déjà, un rallye de 23 % en cinq jours avait provoqué 2,7 milliards de dollars de liquidations, la plus grosse vague depuis 2021. Le scénario se répète en plus modeste : des liquidations historiques qui remontent les cours sans qu’un seul dollar frais n’entre sur le marché.
Personne ne sait avec certitude quels wallets ont été liquidés ni qui a pris la position inverse à temps : les données publiques de CoinGlass ne remontent pas jusque-là. Le compteur affichait 684 millions de dollars à 17h30, heure de Paris. Il est retombé vers un demi-milliard vingt minutes plus tard selon Bloomberg, avant de remonter à 758 millions de dollars en soirée. La fenêtre glissante de 24 heures continue d’absorber de nouvelles liquidations à mesure que le marché digère la statistique. La Fed tranche dans cinq jours, le 16 septembre.
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Le passé, dévoreur d’avenir. Bercy vient de chiffrer l’addition : la charge de la dette française atteindra 59,3 milliards d’euros en 2026. La hausse atteint 4,4 milliards d’euros par rapport à 2025, environ 8 %. Le ministre de l’Économie et des Finances, Roland Lescure, annonce une révision à la baisse de la croissance 2026. Elle est désormais estimée autour de 0,5 %. Il reconnaît aussi que l’objectif d’un déficit public sous les 5 % du PIB « n’est plus une option ». Deux chiffres qui, mis côte à côte, dessinent la mécanique la plus redoutable des finances publiques. Une dette toujours plus chère, dans une économie qui produit de moins en moins de richesse pour la payer.
Points clés
Les intérêts payés par l’État atteignent 59,3 milliards d’euros en 2026, soit +4,4 milliards sur un an, environ 8 %
Roland Lescure révise la prévision de croissance 2026 à la baisse, autour de 0,5 %
Le ministre évoque aussi un déficit public supérieur à 5 % du PIB
Le service de la dette grimpe au troisième rang budgétaire de l’État, derrière la Défense, et talonne l’Éducation nationale
Bitcoin, plafonné à 21 millions d’unités, sert de couverture face à la dépréciation monétaire
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Économie française : quand les intérêts de la dette grimpent sur le podium budgétaire
Le mécanisme n’a rien de mystérieux. Pendant une décennie, la France s’est endettée à taux quasi nul, parfois négatifs. La Banque centrale européenne rachetait alors massivement des actifs sur les marchés. Cette parenthèse est refermée. Chaque obligation assimilable du Trésor (OAT) arrivée à échéance doit être refinancée aux conditions du marché actuel. L’écart se paie cash. Le rendement de l’OAT à 10 ans avoisine 4,10 % depuis des mois, contre 0,1 % en 2020. L’Agence France Trésor prévoit pour l’année un volume record d’émissions nettes à moyen et long terme : 310 milliards d’euros.
Le service de la dette atteint désormais 59,3 milliards d’euros pour 2026. Il reste derrière la Défense, dont les crédits s’élèvent à 66,7 milliards d’euros. Mais il talonne désormais l’Éducation nationale, dont le budget hors pensions s’établit à 63 milliards d’euros. L’argent part chez les créanciers, dont plus de la moitié résident hors de France. La Cour des comptes évoque un cap des 100 milliards d’euros annuels avant la fin de la décennie. Ce scénario suppose que la trajectoire actuelle se poursuive. L’encours de dette publique dépasse désormais 3 536 milliards d’euros. Cela représente 117,5 % du produit intérieur brut au premier trimestre 2026, selon l’Insee. Chaque dixième de point de taux supplémentaire se traduit en milliards à trouver.
La révision de croissance annoncée par Roland Lescure aggrave l’équation. Une croissance molle, autour de 0,5 %, signifie moins de recettes fiscales. Le ministre l’a reconnu lui-même le 11 septembre. Un déficit sous les 5 % du PIB en 2026 « n’est plus une option ». Un déficit qui se creuse mécaniquement et un ratio dette/PIB qui grimpe sans qu’un euro supplémentaire ait été emprunté. Les agences de notation ont déjà sanctionné la trajectoire. S&P et Fitch ont dégradé la France en 2025. Moody’s, elle, a maintenu sa note à Aa3, tout en abaissant sa perspective à négative. Chaque cran perdu renchérit un peu plus le coût de l’argent.
Crypto et dette souveraine : pourquoi Bitcoin observe la scène de très près
Les trois leviers classiques pour sortir d’un tel piège sont connus : la croissance, l’austérité ou l’inflation. Le premier fait défaut. Le deuxième s’écrase depuis deux ans sur l’instabilité politique de l’Assemblée nationale. Le troisième reste la solution historique préférée des États surendettés. Dévaluer lentement la dette en laissant filer les prix revient à faire payer l’ajustement aux détenteurs d’épargne en euros. Ce sont eux, plutôt que les contribuables identifiés, qui portent la facture. Personne ne vote cette option, elle s’applique toute seule.
C’est précisément ce scénario que Bitcoin a été conçu pour contourner. Le protocole plafonne l’émission à 21 millions d’unités, sans banque centrale capable d’ajuster le robinet lors d’un exercice budgétaire difficile. Un Trésor peut refinancer sa dette, la restructurer, ou la diluer en dernier recours. Un portefeuille Bitcoin ne connaît aucune de ces options. L’argument, longtemps cantonné aux forums cypherpunks, a gagné les salles de marché. Les ETF Bitcoin au comptant américains ont drainé des dizaines de milliards de dollars depuis leur lancement. Plusieurs trésoreries d’entreprise, Strategy en tête, revendiquent désormais une couverture explicite contre la dépréciation monétaire.
L’Europe avance dans la direction opposée avec l’euro numérique. La Banque centrale européenne en poursuit le développement, en vue d’une phase pilote. Une monnaie numérique de banque centrale (MNBC) n’efface aucune dette et ne réduit aucun taux d’intérêt. Elle modernise la plomberie du paiement pendant que la charge financière continue de courir sur les mêmes obligations souveraines.
Les 59,3 milliards d’euros d’intérêts de 2026 équivalent au produit annuel de l’impôt sur les sociétés en France. Un budget entier, prélevé sur les entreprises du pays, consacré uniquement à payer le loyer de l’argent emprunté hier. La prochaine adjudication de l’Agence France Trésor dira à quel prix les investisseurs acceptent de prolonger l’exercice.
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Le logiciel devait dévorer le monde et engranger des marges XXL au passage. Quinze ans plus tard, c’est le logiciel lui-même qui commence à se faire dévorer, par ses propres prix. Le prix effectif payé par les entreprises américaines pour un million de tokens IA s’est effondré de 41 % depuis son pic de mars, passant de 1,15 dollar à 68 centimes.
Les points clés de cet article :
Le prix des tokens IA a dramatiquement chuté, atteignant un niveau bas inquiétant pour l’industrie.
Une concurrence accrue et l’émergence de modèles chinois moins chers érodent lentement les marges des entreprises technologiques.
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Le token, nouvelle matière première interchangeable
Selon les données de Ramp, la plateforme de dépenses d’entreprise, publiées le 9 septembre, le détail par acteur obtenu par Fortune donne la mesure du mouvement. Depuis le 1er août seulement, le prix effectif d’OpenAI a chuté de 38 %, à 48 centimes. Anthropic recule un peu moins vite, 22 % de baisse, à 90 centimes.
Autre signal qui inquiète davantage que la baisse des prix elle-même : la part d’usage captée par les modèles dits « frontière », les plus puissants et les plus chers du marché, glisse de 53 % début août à 45 % en septembre. Les entreprises migrent vers des modèles moins chers dès que la tâche le permet, et n’ont plus vraiment de raison de payer le tarif premium par défaut.
Dans des propos rapportés par Fortune, Ara Kharazian, économiste en chef chez Ramp, résume la dynamique en une formule qui claque : les tokens commencent à se comporter comme du sel ou du blé, une matière première interchangeable, plutôt que comme un produit différenciant qui justifie une prime de marque. Un constat qui fait tache pour des entreprises dont la valorisation repose largement sur l’idée que leurs modèles resteront irremplaçables.
Part de la dépense API des entreprises américaines captée par chaque modèle d’IA : les modèles frontière (en vert) reculent de 53 % à 45 % entre août et septembre 2026, au profit d’alternatives moins chères. Source : Ramp AI Index.
Une fissure de plus dans la thèse de la bulle IA
Ce n’est pas un accident isolé, c’est la conséquence directe d’une concurrence de plus en plus féroce entre laboratoires, confirmée dès début septembre par CNBC, à laquelle s’ajoute la montée en puissance de modèles chinois à poids ouverts, nettement moins chers à faire tourner.
Le Journal du Coin décortiquait déjà, fin août, les signaux d’un dégonflement lent de la bulle IA plutôt qu’un krach brutal façon 2000. Cette chute du prix des tokens s’inscrit dans la même mécanique : pas d’effondrement spectaculaire, mais une lente érosion des marges qui grignote, mois après mois, l’argument central vendu aux investisseurs.
Dépense mensuelle moyenne en IA par employé aux États-Unis : chez les plus gros dépensiers (top 1 %), elle atteint 7 205 dollars, en hausse continue malgré la chute du prix des tokens. Source : Ramp AI Index.
Le paradoxe, c’est que cette baisse arrive alors même qu’Anthropic prépare une entrée en bourse évoquée à plus de 2 000 milliards de dollars, et qu’OpenAI continue de lever des dizaines de milliards pour financer sa propre infrastructure. Des tokens plus abordables devraient, en théorie, doper l’adoption et donc les volumes. Mais un volume plus élevé à marge plus faible ne rapporte pas nécessairement plus, et rien ne dit que la baisse des coûts d’inférence suivra le même rythme que la baisse des prix imposée par la concurrence.
OpenAI a déjà engagé des dizaines de milliards de dollars dans ses propres centres de calcul, quand Anthropic mise sur son IPO à 2 000 milliards de dollars pour financer la sienne. Deux paris opposés sur une même contrainte : financer des infrastructures toujours plus coûteuses avec des marges qui rétrécissent chaque mois.
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Ce jeudi matin, tout le monde attendait un chiffre plat. On a eu un chiffre qui pique. Avant même la parution du CPI, la confiance des consommateurs faisait déjà figure de deuxième round de la journée pour Bitcoin. C’est finalement l’inflation, premier round de la matinée, qui a mis tout le monde d’accord. La Fed se retrouve désormais à un doigt de trancher pour une hausse le 16 septembre, et le marché n’y va plus par quatre chemins.
Les points clés de cet article :
L’inflation sous-jacente a grimpé de manière inattendue, poussant la Fed vers une décision potentiellement historique.
Les probabilités d’une hausse des taux ont bondi à 85 %, un choc pour les marchés et un dilemme pour la Fed.
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Le CPI américain prend la Fed au piège d’une inflation sous-jacente trop chaude
L’indice des prix à la consommation d’août affichait une hausse de 0,4 % sur le mois et 3,4 % sur un an, pile dans les clous du consensus. Rien de dramatique en apparence. Sauf que l’inflation sous-jacente (hors énergie et alimentation) a grimpé de +0,3 % sur le mois. Wall Street ne tablait que sur 0,2 %. Un dixième de point qui ne paie pas de mine, mais qui suffit à rebattre les cartes d’une réunion jusque-là jouée à pile ou face.
Le président de la Fed Kevin Warsh avait déjà planté le décor fin août, lors de son discours à Jackson Hole : les bonnes lectures d’inflation de l’été, disait-il, ne démontraient pas une amélioration significative des tendances sous-jacentes. Ajoutez à ça un indice des prix à la production ressorti à 5,4 % sur un an et un rapport de l’emploi d’août à 162 000 créations qui a triplé les attentes après un mois de juillet catastrophique. La pièce était truquée avant même qu’on la lance.
Hausse des taux : le pari à 85 % qui change la donne pour la Fed
Ce matin encore, les paris restaient partagés. L’outil FedWatch du CME Group donnait à peine 56 % de chances à une hausse de 25 points de base, Kalshi 48 % et Polymarket 49 %. Une pièce qui pouvait tomber des deux côtés. Le CPI a suffi à la faire basculer nettement d’un côté. Le CME FedWatch grimpe désormais à 85,4 % de probabilité d’un relèvement vers 3,75-4 %, et Polymarket suit la même trajectoire autour de 81 %. En quelques heures, un scénario incertain est devenu la position par défaut du marché.
La Fed avance malgré tout sous pression politique. Donald Trump a réclamé publiquement une baisse des taux dès le 4 septembre, menaçant de restrictions commerciales si l’institution refusait de s’exécuter. La Fed, elle, campe sur son indépendance et n’a montré aucun signe d’infléchissement.
Selon l’outil CME FedWatch, la probabilité d’une hausse des taux à 3,75-4,00 % grimpe à 88,9 % au 11 septembre 2026 à 17h40
Bitcoin et les taux obligataires encaissent le choc du CPI
Les marchés obligataires ont réagi sans détour. Le rendement du 10 ans américain est passé d’environ 4,60 % à près de 5,00 %, celui du 2 ans de 4,20 % à 4,56 %. De l’argent plus cher, sur toute la courbe, en une seule matinée.
Bitcoin, lui, a d’abord respiré. Le chiffre global collant au consensus, la reine des monnaies numériques a bondi vers 78 000 dollars, un rebond de soulagement de plus de 1 % en une heure. Court, très court. Le temps que le marché digère le dépassement du cœur de l’inflation et la remontée des taux obligataires, le Bitcoin est retombé sous les 77 000 dollars avant de se stabiliser autour de 77 300 dollars. Un aller-retour de quelques heures, et un prochain test dès 16 heures avec l’indice de confiance des consommateurs du Michigan, scruté comme baromètre des anticipations d’inflation.
En juillet, le marché ne donnait encore que 36 % de chances à une hausse programmée pour septembre. Deux mois et un CPI plus tard, ce chiffre a plus que doublé, et la Fed de Kevin Warsh se retrouve à devoir choisir entre calmer une inflation sous-jacente qui ne veut pas redescendre et un président américain qui exige tout l’inverse.
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Rappel à l’ordre depuis Paris. L’Autorité européenne des marchés financiers (ESMA) juge Polymarket et Kalshi dépourvus d’autorisation pour commercialiser leurs contrats événementiels en Europe. Le gendarme des marchés va plus loin. Il doute de l’efficacité des restrictions géographiques déployées par les deux plateformes, qu’un simple VPN suffit à contourner.
Le régulateur avance trois qualifications possibles pour ces produits : l’interdiction européenne des options binaires, le règlement MiCA sur les crypto-actifs, ou les législations nationales sur les jeux d’argent. Aucune, pourtant, ne délivre aujourd’hui de passeport aux deux leaders mondiaux du pari sur l’actualité.
Points clés
L’ESMA juge que Polymarket et Kalshi commercialisent leurs contrats événementiels dans l’Union sans autorisation
Trois régimes peuvent s’appliquer : interdiction des options binaires, règlement MiCA et lois nationales sur les jeux d’argent
Le régulateur conteste l’efficacité des blocages géographiques, contournés par VPN à grande échelle
Aux États-Unis, Kalshi (22 milliards de dollars) et Polymarket (soutenu par ICE) opèrent sous supervision de la CFTC
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Polymarket et Kalshi : trois régimes juridiques, aucune autorisation
« La commercialisation de ces contrats nécessite une autorisation européenne, que les plus grandes plateformes ne détiennent pas. »
ESMA, rapport de risque, 10 septembre 2026
En clair, un contrat événementiel (event contract) se résume à une question fermée. Tel candidat sera-t-il élu, la BCE baissera-t-elle ses taux, tel club remportera-t-il le championnat ?
Concrètement, la part s’échange entre 0 et 1 dollar. Elle vaut ensuite 1 dollar si l’événement se réalise, zéro dans le cas contraire. En effet, ce profil de gain est exactement celui des options binaires. L’ESMA en a proscrit la commercialisation auprès des clients de détail dès 2018. Les autorités nationales ont ensuite pérennisé l’interdiction sur leur territoire.
La seconde qualification vise directement l’infrastructure de Polymarket. La plateforme règle ses positions en USDC sur Polygon, une mécanique qui la fait entrer dans le champ de MiCA. Le règlement s’applique aux prestataires de services sur crypto-actifs depuis fin 2024.
Par ailleurs, ni Polymarket ni Kalshi ne figurent au registre des acteurs agréés dans l’Union. Ils ne détiennent pas non plus l’agrément d’entreprise d’investissement qu’exigerait une qualification en instrument dérivé sous MiFID II.
Reste le droit des jeux d’argent, une compétence des États membres et non de Bruxelles. La France a ouvert le bal dès fin 2024. L’Autorité nationale des jeux (ANJ) a qualifié Polymarket de service de pari non autorisé et obtenu un premier géoblocage.
Un rempart jugé trop poreux. L’ANJ a d’ailleurs durci le ton en juillet 2026 en ordonnant aux fournisseurs d’accès un blocage pur et simple du site. La Belgique a suivi une voie comparable dès février 2025. Elle a aussi inscrit la plateforme sur sa liste noire des jeux d’argent illégaux.
Le geoblocage, un rempart jugé insuffisant
Or, les deux sociétés affirment tenir les résidents européens à distance. L’ESMA n’en est pas convaincue.
En effet, un filtrage par adresse IP ne suffit pas à prouver qu’une société ne démarche pas le public de l’Union. Une clause d’exclusion enfouie dans les conditions générales non plus, surtout quand le contournement par VPN est pratiqué à grande échelle.
« On comprend mal pourquoi tous les États membres ne figurent pas sur la liste des pays restreints. »
ESMA, rapport de risque, 10 septembre 2026
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Marchés prédictifs : l’Europe bloque, Washington encadre
En revanche, la trajectoire américaine est rigoureusement inverse. Kalshi opère comme marché à terme désigné (DCM) sous la supervision de la CFTC, l’autorité fédérale des dérivés.
Polymarket, elle, a racheté l’opérateur agréé QCEX pour 112 millions de dollars à l’été 2025. Elle a ensuite rouvert son service aux Américains dans un périmètre supervisé, après des années d’exil réglementaire.
De fait, les capitaux ont validé le virage. ICE, maison mère du New York Stock Exchange, a engagé jusqu’à 2 milliards de dollars dans Polymarket. Sa valorisation avoisine désormais les 8 milliards.
Kalshi a fait plus fort encore. Un tour de table mené par Coatue, avec Sequoia et a16z au capital, l’a valorisée à 22 milliards de dollars au printemps 2026. Deux sociétés que l’Europe juge non autorisées pèsent ainsi davantage que la plupart des places de marché crypto du continent.
Or, aucun acteur européen agréé ne propose aujourd’hui l’équivalent. Les volumes partent ailleurs, car les parieurs du continent passent par des tunnels chiffrés.
Et l’ESMA constate un contournement qu’elle ne peut pas sanctionner elle-même. L’autorité coordonne et interprète ; l’exécution revient à l’AMF, à la BaFin, à la CNMV et à leurs homologues, dossier par dossier.
La demande européenne pour ces produits ne quitte pourtant pas les écrans : elle se déplace hors de tout périmètre supervisé. Un régime d’agrément explicite, comparable à celui de la CFTC outre-Atlantique, ramènerait ces flux sous surveillance et sous impôt. L’ESMA n’a pour l’heure qu’un levier : une grille de lecture transmise aux vingt-sept régulateurs nationaux. À eux, désormais, de sortir la première décision contraignante.
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Dix mois et puis s’en va.Bitwise va fermer son ETF Dogecoin au comptant, coté sur le NYSE Arca sous le symbole BWOW. Lancé en novembre 2025, le fonds cessera d’être négocié le 14 octobre prochain. Les derniers porteurs seront ensuite remboursés en numéraire lors de sa liquidation. Le gestionnaire évoque une « optimisation » de sa gamme de produits, mais les données de marché racontent surtout le démarrage poussif des ETF Dogecoin, incapables de transformer l’enthousiasme entourant le memecoin en demande durable.
Points clés
Bitwise va fermer et liquider son ETF Dogecoin BWOW moins d’un an après son lancement
La dernière séance de cotation sur le NYSE Arca est prévue le 14 octobre 2026
Les porteurs restants recevront automatiquement la valeur liquidative de leurs parts en numéraire
Le lancement avait généré environ 3 millions de dollars d’échanges quotidiens, un niveau jamais retrouvé ensuite
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Bitwise ferme son ETF Dogecoin dix mois après son lancement
Les investisseurs pourront vendre leurs parts de BWOW sur le marché secondaire jusqu’à la clôture du14 octobre. La création de nouvelles parts cessera avant l’ouverture de la séance suivante et le fonds commencera alors à convertir ses avoirs en liquidités.
D’après le document déposé auprès de la SEC, les porteurs qui conserveront leurs titres seront automatiquement remboursés en numéraire autour du 22 octobre. Le montant versé correspondra à la valeur liquidative calculée au moment de la liquidation. Aucune intervention particulière n’est requise, même si l’opération pourra constituer un événement fiscal pour les investisseurs américains.
Dans son communiqué officiel, Bitwise explique simplement vouloir adapter sa gamme à l’évolution des besoins de ses clients. Le gestionnaire coordonne la radiation avec le NYSE afin d’organiser une fermeture ordonnée.
BWOW avait pourtant profité d’un démarrage relativement visible, avec un pic proche de 3 millions de dollars de volume quotidien pendant sa première semaine. Cette activité n’a pas perduré. La fermeture confirme qu’une cotation réglementée ne suffit pas à garantir la viabilité commerciale d’un produit crypto.
Clap de fin pour l’ETF Dogecoin de Bitwise – Source : Compte X
Les ETF Dogecoin peinent à transformer la notoriété en capitaux
L’ensemble des ETF Dogecoin américains n’a enregistré qu’environ 318 000 dollars de collecte nette en août, selon les données de SoSoValue. Cette légère collecte a essentiellement compensé les sorties observées le mois précédent.
Il faut cependant distinguer trois indicateurs. La collecte mesure les entrées et sorties nettes, l’encours correspond à la valeur des actifs détenus, tandis que le volume additionne les transactions effectuées en Bourse. Les quelque 300 millions de dollars de volumes cumulés par les produits Dogecoin ne représentent donc pas 300 millions réellement investis.
Même sur ce terrain, DOGE reste distancé par plusieurs autres ETF adossés à des altcoins. Les produits Hyperliquid cumulent environ 2,1 milliards de dollars d’échanges, contre 1,5 milliard pour Zcash et 680 millions pour Chainlink. La comparaison montre que la popularité d’un actif sur les réseaux sociaux ne se traduit pas nécessairement par une demande équivalente dans les portefeuilles traditionnels.
Le premier ETF américain lié au Dogecoin avait été lancé en septembre 2025 par REX-Osprey. BWOW avait suivi en novembre avec une exposition directe au DOGE. Hunter Horsley, le patron de Bitwise, assumait alors la singularité de l’actif : un memecoin né comme une plaisanterie, dépourvu des promesses technologiques habituellement avancées par les projets crypto, mais resté pertinent pendant plus d’une décennie.
Cette longévité n’a pas suffi à soutenir le fonds. Le DOGE s’échange désormais autour de 0,084 dollar et ne figure plus parmi les dix premières capitalisations, dépassé notamment par HYPE et ZEC.
La disparition de BWOW ne marque pas la fin des ETF Dogecoin aux États-Unis puisque plusieurs produits concurrents restent cotés. Elle envoie néanmoins un avertissement aux émetteurs : la possibilité de lancer un ETF sur un actif crypto ne garantit ni les volumes, ni la collecte nécessaires pour le maintenir durablement.
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Le pari reste intact malgré l’hiver crypto. Brian Armstrong estime toujours « raisonnable »un Bitcoin à 400 000 dollars d’ici 2030, contre environ 77 000 dollars aujourd’hui. Le patron de Coinbase considère que le point bas du cycle est passé et que le prochain halving pourrait relancer le marché. Cette confiance contraste avec les difficultés récentes de son entreprise : Coinbase a supprimé 14 % de ses effectifs au printemps et enregistré une perte nette de 359,5 millions de dollars au deuxième trimestre.
Points clés
Brian Armstrong maintient son objectif de 400 000 dollars pour Bitcoin en 2030
Atteindre ce niveau supposerait de multiplier le cours actuel par environ 5,2
Un vote procédural décisif sur le Clarity Act est prévu au Sénat le 15 septembre
Coinbase développe parallèlement les actions tokenisées et les contrats perpétuels
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Bitcoin à 400 000 dollars : Brian Armstrong parie sur la fin de la baisse
Lors d’un entretien accordé à CNBC, Brian Armstrong a expliqué que la phase baissière durait maintenant depuis environ un an, conformément au cycle de quatre ans traditionnellement associé à Bitcoin. Après un passage autour de 60 000 dollars, il estime que le dernier point bas est désormais derrière le marché.
Le dirigeant compte également sur le prochain halving, attendu en 2028. Cet événement, dont la date exacte dépend de la vitesse de production des blocs, ramènera la récompense des mineurs de 3,125 à 1,5625 BTC. L’émission annuelle théorique tomberait ainsi d’environ 164 000 à 82 000 bitcoins.
L’effet du halving ne doit toutefois pas être considéré comme automatique. Chaque réduction porte sur une quantité plus faible par rapport au stock déjà en circulation : l’émission neuve représente aujourd’hui environ 0,8 % de l’offre existante et tomberait autour de 0,4 % après 2028. Les flux des ETF, les conditions monétaires et la demande institutionnelle pèsent désormais davantage sur le prix.
Passer de 77 000 à 400 000 dollars avant la fin de 2030 nécessiterait une hausse moyenne proche de 46 % par an pendant un peu plus de quatre ans. L’objectif reste ambitieux, mais inférieur au rythme annualisé historique de Bitcoin, une comparaison qui ne garantit évidemment rien pour la suite.
Un bottom derrière nous et un BTC à 400 000 dollars en 2023, voici les principales punchline du boss de Coinbase chez CNBC – Source : Compte X JDC
Clarity Act : Coinbase prépare déjà son « everything exchange »
brian Armstrong se montre encore plus confiant sur la réglementation américaine. Le Sénat doit organiser le 15 septembre un vote procédural susceptible de déterminer l’avenir du Clarity Act. Le texte vise à répartir plus clairement les compétences de la SEC et de la CFTC sur les actifs numériques.
Le principal désaccord encore évoqué concerne les règles éthiques applicables aux activités crypto de la famille Trump. Il affirme que les discussions progressent, mais les chances d’adoption restent incertaines : le marché de prédiction Myriad n’accorde que 17 % de probabilité à une promulgation en 2026.
Le patron de Coinbase pense néanmoins obtenir davantage de clarté réglementaire dans le mois, même en cas d’échec du texte. La SEC et la CFTC pourraient agir au moyen de règlements ou d’exemptions, mais ces décisions administratives offriraient un cadre moins durable qu’une loi adoptée par le Congrès.
Coinbase avance donc sans attendre. La plateforme crypto prépare la négociation d’actions tokenisées avec versement automatique des dividendes. Elle propose également un accès réglementé aux perpétuels crypto américains depuis l’ouverture accordée en mai par la CFTC, tandis qu’elle a demandé à la SEC l’autorisation de lancer des perpétuels sur actions.
L’objectif de 400 000 dollars sert autant de prévision que de récit stratégique. Une forte reprise de bitcoin ramènerait les volumes et les revenus dont Coinbase manque actuellement, tandis que la tokenisation et les produits dérivés doivent réduire sa dépendance au marché spot. Brian Armstrong parie donc simultanément sur le retour du cycle haussier etsur la transformation de Coinbase en place financière universelle.
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Pauvreté n’est pas vice. Un proverbe vieux comme le pays, mais qui n’a jamais autant collé à l’époque. Un quart des Français ont dû renoncer à des dépenses essentielles au cours des douze derniers mois pour honorer leur facture d’énergie, selon un sondage publié ce 10 septembre.
Pas une dépense de confort. Une facture qu’on ne peut pas se permettre de ne pas payer, alors on coupe ailleurs. Ce grand format s’attarde sur ce que cette précarité du quotidien recouvre vraiment en France, et sur ce que Bitcoin peut, ou ne peut pas, y changer.
Les points clés de cet article :
Un quart des Français ont dû renoncer à des dépenses essentielles pour payer leur facture d’énergie, un chiffre révélateur d’une précarité énergétique inquiétante.
9,8 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté en France, une réalité qui exacerbe les inégalités selon les catégories socio-professionnelles.
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Un quart des Français rationnent déjà leur énergie
Le chiffre du jour, 26 %, provient d’un sondage Ipsos réalisé pour le Secours populaire, publié jeudi 10 septembre 2026. Il tombe dans un contexte déjà tendu. L’inflation énergétique n’a jamais vraiment desserré son étau depuis 2022, et les hausses successives du prix de l’électricité et du gaz continuent de grignoter des budgets qui, pour beaucoup de foyers, n’avaient déjà plus grand-chose à donner.
Renoncer à une dépense essentielle pour payer l’énergie, concrètement, ça veut dire réduire les courses alimentaires, repousser un soin médical, ou tout simplement ne plus rien mettre de côté.
Ce que déclarent les Français
Part concernée
Ont renoncé à des dépenses essentielles (alimentation, santé) pour payer leur facture d’énergie
26 %
Ont volontairement limité leur chauffage à moins de 18 °C pour réduire la facture
53 %
Jugent que leurs factures d’énergie pèsent fortement dans leur budget
79 %
Trouvent ce poids « très élevé »
17 %
Ont renoncé à des soins ou à une alimentation saine pour pouvoir mettre du carburant dans leur véhicule
28 %
Sont inquiets de leur capacité à faire face à la hausse du carburant
71 %
Rapportent au moins une conséquence sur leur santé ou leur bien-être (fatigue, troubles du sommeil…)
75 %
Ont peiné à garder leur logement frais l’été dernier
33 %
Baromètre Ipsos pour le Secours populaire français, 20e édition, volet « Précarité énergétique » (enquête menée du 6 mai au 9 juin 2026 auprès de 10 000 Européens).
9,8 millions de pauvres : la photographie que personne ne veut retoucher
Direction l’Insee, qui a publié en juillet sa photographie annuelle de la pauvreté monétaire. Le Journal du Coin l’analysait en détail : 9,8 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté en France, fixé à 1 337 euros par mois pour une personne seule. Le taux atteint 15,4 %, son plus haut niveau depuis le début de la série statistique en 1996.
La moyenne cache toutefois des trajectoires qui n’ont rien de comparable : 36,1 % de taux de pauvreté chez les chômeurs, contre seulement 6,9 % chez les salariés, 34,0 % chez les familles monoparentales et 18,4 % chez les indépendants, sans oublier les 10,4 % chez les retraités, ces derniers profitant de décennies de revalorisations automatiques que les autres catégories n’ont jamais connues de la même façon.
Le calendrier budgétaire n’aide en rien. Une mission de quatre économistes commandée par Bercy a chiffré à 126 milliards d’euros l’effort nécessaire d’ici 2032 pour stabiliser la dette publique, faute de quoi le déficit grimperait à 6,8 % du PIB en 2030.
Rien ne garantit que les catégories déjà les plus fragiles seront épargnées par les arbitrages à venir. L’Insee présente d’ailleurs ce jeudi même sa note de conjoncture de rentrée, un rendez-vous à suivre pour savoir si la trajectoire s’aggrave ou se stabilise.
Se priver de viande, de sorties, d’un imprévu : le vécu derrière les pourcentages
Les chiffres nationaux restent abstraits tant qu’on ne les ramène pas au quotidien. L’an dernier, la 19ᵉ édition du même baromètre Ipsos/Secours populaire donnait déjà une idée assez nette de ce à quoi ressemble la précarité concrète en France.
32 % des Français disaient avoir du mal à se procurer une alimentation saine leur permettant de faire trois repas par jour, un chiffre qui grimpait à 57 % chez les foyers vivant avec moins de 1 200 euros par mois. 46 % avouaient ne pas avoir augmenté leur chauffage alors qu’ils avaient froid chez eux.
59 % craignaient de ne pas pouvoir absorber une dépense imprévue, panne de voiture ou frais médicaux. 64 % ne pouvaient plus se permettre de sorties ou d’activités en famille.
« Trop de Français sont contraints de renoncer à certaines dépenses essentielles, parfois même les plus élémentaires comme se nourrir ou se chauffer », résumait l’an passé Étienne Mercier, directeur chez Ipsos Public Affairs. Le chiffre de cette année, 26 % qui rationnent leur chauffage pour payer la facture elle-même, s’inscrit dans la continuité directe de ce constat. Ce n’est pas un accident statistique isolé, c’est une trajectoire qui se confirme d’année en année.
Bitcoin, la fausse bonne réponse pour qui n’a rien à investir
C’est là que le sujet devient inconfortable pour un média comme le nôtre. Le Journal du Coin a déjà défendu, dans un grand format sur la récession, l’idée que Bitcoin gagne en pertinence face à la dilution monétaire : sa rareté programmée, plafonnée à 21 millions d’unités, contraste avec une dette publique qui grossit et une monnaie qui se déprécie doucement.
L’argument tient, mais il tient pour un profil bien précis : quelqu’un qui a déjà un matelas d’épargne et cherche à le protéger sur le temps long.
Ce profil n’est pas celui d’un foyer qui renonce à chauffer son salon pour finir le mois. On ne diversifie pas une épargne qu’on n’a pas.
Pour les 26 % de Français qui rationnent déjà l’essentiel, la question n’est pas de savoir si Bitcoin protège mieux que l’euro sur dix ans. Elle est de savoir comment payer la facture de gaz avant le 15 du mois. Prétendre l’inverse reviendrait à vendre une assurance-vie à quelqu’un qui n’a pas de quoi remplir son frigo.
Et pourtant, l’histoire monétaire garde son utilité, même pour ceux qui n’ont rien à y investir aujourd’hui. Elle rappelle que l’inflation n’est jamais neutre : elle frappe d’abord ceux qui n’ont pas d’actifs à faire fructifier, et enrichit relativement ceux qui en détiennent déjà.
Un salarié payé en euros et sans épargne encaisse l’intégralité de la hausse des prix. Un ménage propriétaire de son logement, ou détenteur d’actifs financiers, l’absorbe beaucoup mieux.
Bitcoin, comme l’or avant lui en 2008 ou en 2020, s’inscrit dans cette seconde catégorie d’actifs, celle des réserves de valeur. La vraie question posée par la pauvreté française n’est donc pas « faut-il acheter du Bitcoin ? », mais plutôt : pourquoi l’accès à des actifs qui protègent de l’inflation reste-t-il structurellement réservé à ceux qui ont déjà un peu d’air pour respirer ?
Une équation qui ne se résout pas à coups de cours de Bitcoin
La pauvreté française de 2026 ne se règlera ni par une hausse du cours du bitcoin, ni par un nouveau plan de relance isolé. Elle se joue sur des arbitrages beaucoup plus terre à terre : indexation des minima sociaux, régulation des prix de l’énergie, soutien aux familles monoparentales et aux chômeurs, catégories qui n’ont toujours pas rattrapé leur retard malgré une légère amélioration sur le papier. Bitcoin peut rester un outil pertinent de diversification pour qui en a les moyens.
Il ne remplace ni un système de protection sociale qui tient la route, ni une politique énergétique qui ne fait pas payer la facture aux ménages les plus fragiles en premier.
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