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Aujourd’hui — 17 septembre 2026Crypto

Bitcoin sous les 76 000 $ : Les 3 raisons que Kevin Warsh oppose à Donald Trump

Par : Magali
17 septembre 2026 à 07:42

La Fed est comme le chaperon qui fait retirer le bol de punch juste au moment où la fête commençait vraiment à s’animer. Le bol de punch, retiré une fois de plus. Soixante-et-onze ans après McChesney Martin, Kevin Warsh en a rejoué la scène mercredi soir, pour sa première conférence de presse depuis que la Fed a effectivement remonté ses taux. Le message n’avait rien d’ambigu : les taux montent, l’inflation reste la priorité. Bitcoin en a pris acte à sa façon, en effaçant dans la nuit le rebond entrevu au petit matin. La semaine était déjà nerveuse entre l’échec du CLARITY Act et les sorties d’ETF, elle le reste.

Les points clés de cet article :
  • La Fed a remonté ses taux, priorisant l’inflation malgré les pressions de la Maison-Blanche.
  • La hausse des taux a provoqué des liquidations massives sur le marché des cryptomonnaies, touchant Bitcoin et d’autres actifs crypto.

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Warsh détaille ses 3 raisons, Trump n’obtient pas sa baisse

Trois choses ont changé depuis juillet, a expliqué Warsh devant la presse :

  • l’économie s’est renforcée,
  • l’inflation n’a pas ralenti,
  • les tensions géopolitiques se sont intensifiées.

Ce sont ces trois raisons, dit-il, qui ont motivé son vote pour la hausse de 25 points de base votée à l’unanimité. L’indice PCE, celui que la Fed regarde vraiment, est projeté à environ 3,7 % pour 2026, près du double de l’objectif de 2 %.

Trump voulait une baisse. Selon Bloomberg, Warsh a choisi de privilégier l’inflation plutôt que de céder à la pression de la Maison-Blanche. La médiane du comité reste à 4,1 % fin 2027, au même niveau qu’en fin d’année 2026 une fois la hausse de décembre actée : aucune baisse n’est donc anticipée avant 2028.

Bitcoin digère la hausse, les liquidations s’enchaînent

Le rebond matinal vers 78 000-79 000 $ n’aura pas duré. Bitcoin évolue autour de 76 000 $ au moment de la publication, en repli d’environ 2,6 % sur 24 heures et de près de 4 % sur sept jours.

Bitcoin
Bitcoin (btc)
76 342,00$ +0,65%

Les positions à effet de levier en ont payé le prix. Selon CoinGlass, 347,46 millions de dollars de positions ont été liquidées en 24 heures, dont 203 millions côté vendeurs et 144 millions côté acheteurs. La plus grosse liquidation isolée a eu lieu sur Hyperliquid, un contrat Bitcoin de 18,38 millions de dollars parti en fumée d’un coup. Sur la dernière heure seule, c’est Zcash qui concentrait le plus de positions soufflées, devant Ethereum. Un marché qui pariait sur le rebond du matin, rattrapé par le ton de Warsh le soir.

Heatmap CoinGlass des liquidations crypto sur 24 heures, avec Zcash (ZEC) et Ethereum (ETH) en tête des positions liquidées
Heatmap CoinGlass des liquidations : 347,46 millions de dollars de positions liquidées en 24 heures, ZEC et ETH en tête des pertes.

Les actions crypto encaissent aussi le contrecoup

Deux séances, deux gifles. Mardi, à l’annonce de l’échec du CLARITY Act, Coinbase a plongé de près de 9 %, Strategy a cédé environ 5 % autour de 129,60 $, et les mineurs ont suivi la pente : Riot -5 %, MARA Holdings, CleanSpark, IREN et Core Scientific tous entre -3 et -4 %, selon 24/7 Wall St.

Mercredi, la décision de la Fed a ajouté une seconde couche. Coinbase a encore perdu 3,75 % à 165,65 $, Robinhood 4,35 % à 105,65 $, Strategy 2,96 % à 125,76 $. Circle a fini la séance la plus touchée du lot, en repli de 5,63 % à 81,44 $. Le message rejoint celui des liquidations sur les cryptos elles-mêmes : le bras de fer entre Warsh et Trump ne rogne pas que le cours du Bitcoin, il pèse aussi sur les entreprises qui en vivent en Bourse.

Graphique montrant la chute en Bourse des actions crypto (Coinbase, Strategy, Robinhood, Riot, MARA, CleanSpark, IREN, Core Scientific, Circle) après l'échec du CLARITY Act et la décision de la Fed sur les taux
Le bras de fer entre Kevin Warsh et Donald Trump se répercute aussi sur les valeurs crypto en Bourse.

Le CLARITY Act et la Fed, deux chocs en trois jours pour un marché qui n’avait pas fini d’encaisser le premier. La Banque du Japon se prononce vendredi, avec le rendement du 10 ans américain qui campe déjà près de 5 %, son plus haut niveau depuis octobre 2023.

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Crypto : Revolut visé par une rançon de 3 millions de dollars en Monero, 680 clients exposés

17 septembre 2026 à 07:15

Une adresse e-mail gouvernementale authentique, une demande d’urgence, et 680 dossiers clients qui changent de mains. En effet, Revolut a reconnu avoir transmis des données personnelles à des individus se faisant passer pour des agents publics. Un groupe se faisant appeler « iamnotavillain » réclame aujourd’hui 6 000 XMR, soit environ 3 millions de dollars. Revolut dément toutefois avoir reçu la moindre demande directe de sa part.

Le groupe a fixé un ultimatum de vingt-quatre heures à la néobanque britannique, mercredi 16 septembre. Il est aujourd’hui écoulé, et rien n’indique qu’un paiement ait eu lieu. Il affirme avoir sélectionné ses victimes grâce à des outils d’analyse blockchain. Objectif : cibler les comptes aux portefeuilles crypto les plus garnis.

Points clés

  • Le groupe « iamnotavillain » réclame 6 000 XMR, environ 3 millions de dollars ; l’ultimatum de 24 heures, fixé le 16 septembre, est déjà dépassé
  • Revolut a livré les données de 680 clients via un compte de messagerie certifiée (PEC) usurpé d’une préfecture italienne
  • Passeports, permis de conduire, photos KYC et historiques de transactions figurent parmi les documents exfiltrés
  • Coinbase avait refusé une rançon comparable de 20 millions de dollars en 2025, pour une remédiation estimée jusqu’à 400 millions
  • Revolut dément toute intrusion dans ses systèmes et affirme n’avoir reçu aucune demande de rançon directe
https://x.com/FT/status/2099968275610206313

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Revolut piégé par une fausse réquisition d’urgence

L’attaque n’a réclamé ni faille logicielle ni employé retourné. Les pirates ont exploité le mécanisme des Emergency Data Requests (EDR). Ces demandes permettent aux forces de l’ordre de solliciter les plateformes lorsqu’une vie est jugée en danger. Le dispositif court-circuite le mandat judiciaire par construction : l’urgence ne laisse pas le temps de passer devant un juge. Ainsi, les entreprises répondent en quelques heures.

Tout repose donc sur un unique garde-fou, la vérification de l’expéditeur. C’est là que Revolut a cédé. Les messages provenaient d’un nom de domaine officiel appartenant à une véritable agence gouvernementale. Par conséquent, le contrôle habituel a validé la requête sans sourciller. Les documents récupérés forment un dossier d’identité complet, notamment passeports, permis de conduire, photos KYC et historiques de transactions. KYC désigne l’identification imposée aux acteurs régulés (Know Your Customer).

Le compte utilisé appartient à la préfecture de Reggio de Calabre, qui dément avoir envoyé la moindre requête. L’agence italienne de cybersécurité CERT-AGID avait pourtant déjà tiré la sonnette d’alarme. Elle recense plus de 650 incidents liés à des comptes PEC détournés ou frauduleusement créés depuis le début de l’année. La majorité des 680 clients touchés se trouvent en Suisse et en France. Le reste se répartit dans 31 autres pays européens, dont le Royaume-Uni, l’Allemagne et l’Espagne.

Le procédé traîne depuis des années. Bloomberg avait documenté dès 2022 une série de fausses EDR ayant berné Apple, Meta, Discord et Snap. Les messages provenaient de boîtes mail de police compromises, ensuite revendues sur des forums clandestins. Sur les plus de 80 millions de clients revendiqués par Revolut, les pirates ont touché 680 comptes. Ce tri fait toute la valeur de l’opération pour les assaillants. Ils affirment avoir isolé les soldes les plus élevés en croisant adresses publiques et identités connues. La transparence des registres, précieuse pour auditer un protocole, devient également un handicap dès qu’une identité fuit par ailleurs.

A group of hackers claims to have spent months posing as a law enforcement entity from Italy to obtain confidential data on hundreds of Revolut customers. https://t.co/h55J7wobDQ pic.twitter.com/Wv7R8gUWSk

— Financial Times (@FT) September 15, 2026

Rançon en Monero : pourquoi les pirates de Revolut ont choisi le XMR

La rançon a d’abord semblé bien plus salée. Un acteur baptisé « Revolut Smilik » avait réclamé 10 000 BTC, soit plus de 780 millions de dollars, selon le Financial Times. iamnotavillain qualifie cette revendication d’imposture, montée selon lui sur un simple échantillon de données. Lui maintient sa demande à 6 000 XMR.

Le choix du Monero n’a rien d’arbitraire. Signatures de cercle, adresses furtives et RingCT masquent l’émetteur, le destinataire et le montant de chaque transfert. De fait, les outils de traçage qui font le quotidien des enquêteurs sur Bitcoin ou Ethereum n’y trouvent aucune prise. Cette même propriété a un prix. Binance a retiré le XMR de son catalogue en 2024, puis Kraken a fait de même pour les utilisateurs européens. La demande, elle, n’a jamais faibli.

Payer n’achèterait qu’une promesse de suppression, dans un marché où les bases exfiltrées se recyclent indéfiniment. D’ailleurs, Coinbase avait tranché la question dès mai 2025. Des sous-traitants du support client, soudoyés depuis l’étranger, avaient livré les informations de près de 70 000 utilisateurs. Les maîtres chanteurs exigeaient 20 millions de dollars en bitcoins. Brian Armstrong a refusé et converti la somme en récompense pour toute information menant à l’arrestation des responsables. La plateforme chiffre depuis sa facture de remédiation entre 180 et 400 millions de dollars.

Wrench attacks : le vrai risque pour les clients exposés

Le danger dépasse largement le hameçonnage. Les listes nominatives de détenteurs alimentent depuis des années un marché de l’agression physique, les fameuses wrench attacks. Par exemple, la fuite de la base clients de Ledger en 2020 a nourri des vagues de menaces pendant des mois. La France a aussi connu une série d’enlèvements visant des figures du milieu. David Balland, cofondateur de Ledger, en a payé le prix : séquestré puis libéré par le GIGN en janvier 2025.

Revolut n’a signalé aucun vol de fonds à ce stade et la néobanque n’a annoncé aucun paiement. Pour les 680 clients concernés, le préjudice se situe ailleurs : pièce d’identité, adresse et estimation des avoirs circulent déjà. Cependant, aucun changement de mot de passe ne rattrape cela. Restent les réflexes martelés depuis dix ans. Garder ses clés sur un appareil dédié, taire ses positions, se méfier de tout interlocuteur se réclamant du support. La routine n’a pas changé, mais elle vaut un rappel pour quiconque détient des cryptomonnaies.

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Économie : la recherche IA devient le premier casse-tête des annonceurs

17 septembre 2026 à 06:00

Le clic se raréfie. L’Interactive Advertising Bureau (IAB), l’organisation professionnelle qui fédère les acteurs de la publicité numérique aux États-Unis, place désormais un nouvel intrus en tête des difficultés de l’achat média : l’adaptation à des comportements de consommation bouleversés par la recherche pilotée par intelligence artificielle. 44 % des professionnels interrogés en font leur problème numéro un.

L’organisation a pourtant relevé sa prévision de croissance des dépenses publicitaires américaines pour 2026 à 12,3 %, contre 9,5 % annoncés en janvier. La recherche a représenté 38,8 % des revenus publicitaires numériques américains en 2025, la plus grosse part du secteur, selon le dernier rapport IAB/PwC.

Points clés

  • 44 % des acheteurs médias interrogés par l’IAB citent l’adaptation aux nouveaux usages, recherche IA en tête, comme premier obstacle
  • L’IAB relève sa prévision de croissance des dépenses publicitaires américaines 2026 à 12,3 %, contre 9,5 % en janvier
  • Le taux de clic tombe à 8 % en présence d’un résumé généré par Google, contre 15 % sans, selon le Pew Research Center
  • Les modèles d’attention directe, dont Brave et son Basic Attention Token, gagnent en pertinence face à l’effondrement du clic

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Recherche IA : 44 % des acheteurs médias face à un tunnel qui se referme

L’IAB interroge les décideurs de l’achat média, côté marques comme côté agences, sur leurs arbitrages entre canaux. 44 % d’entre eux désignent l’adaptation aux nouveaux usages, recherche générative en tête, comme leur premier obstacle. La mécanique est simple à comprendre : chaque question absorbée par un assistant conversationnel est une page de résultats qui n’est jamais affichée, donc une impression publicitaire qui n’a pas lieu.

Les données disponibles cadrent l’ampleur du glissement. Le Pew Research Center a mesuré que les internautes confrontés à un résumé généré par Google ne cliquaient sur un lien que dans 8 % des cas, contre 15 % en l’absence de résumé. Similarweb a observé que la part des recherches d’actualité se terminant sans le moindre clic est passée de 56 % à 69 % en un an.

Les équipes marketing rebaptisent déjà leur discipline. Après le SEO (search engine optimization, l’optimisation pour les moteurs de recherche), voici le GEO (generative engine optimization), l’art de se faire citer par un modèle de langage plutôt que d’être classé par un algorithme. Aucune enchère, aucun tarif public, aucune garantie de position : un annonceur ne peut pas acheter sa place dans la réponse de ChatGPT comme il achetait un mot-clé.

Économie de la publicité : l’IAB relève sa prévision à 12,3 % pour 2026

Une révision de près de trois points en six mois reste inhabituelle pour une fédération qui bâtit ses projections avec les directions médias de ses membres. Quatre moteurs se cumulent cette année :

  • le retail media, ces régies opérées par les distributeurs comme Amazon ou Walmart au plus près de l’acte d’achat ;
  • la télévision connectée, qui récupère les budgets abandonnés par la diffusion linéaire ;
  • les élections américaines de mi-mandat de novembre, pic historique de dépenses politiques ;
  • les outils génératifs, qui font chuter le coût de production des créations publicitaires.

La recherche générative fabrique aussi son propre inventaire. OpenAI a recruté Fidji Simo en 2025 pour diriger ses applications grand public et teste depuis des formats publicitaires dans ChatGPT. Perplexity commercialise des questions sponsorisées, et Google insère désormais des annonces directement à l’intérieur de ses résumés générés.

Crypto et économie de l’attention : les modèles décentralisés en embuscade

La valeur migre vers ceux qui détiennent la relation directe avec l’utilisateur, une architecture que le Web3 pousse depuis dix ans. Brave, navigateur qui revendique plus de 100 millions d’utilisateurs actifs mensuels, rémunère depuis 2019 en Basic Attention Token ceux qui acceptent de voir des publicités, en supprimant au passage la chaîne d’intermédiaires du ciblage.

Les annonceurs crypto connaissent bien cette mécanique d’attention brute. Coinbase avait diffusé lors du Super Bowl 2022 un simple QR code flottant sur fond noir pendant soixante secondes : l’opération a généré plus de 20 millions de visites en une minute et fait tomber l’application. Elle n’a mobilisé ni requête ni mot-clé acheté.

Alphabet assure que ses résumés générés se monétisent à un niveau comparable à la recherche classique. Les éditeurs mesurent l’inverse dans leurs audiences : selon des données Similarweb citées par le Wall Street Journal, le trafic de recherche a chuté de plus de moitié en trois ans au HuffPost, et de près d’autant au Washington Post. La hausse de 12,3 % annoncée par l’IAB ira d’abord aux plateformes qui hébergent la réponse, beaucoup moins à ceux qui produisent le contenu dont elle est faite.

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SEC contre Fed : le bitcoin pris en étau entre promesse réglementaire et hausse de taux

16 septembre 2026 à 22:05

Vous qui entrez, abandonnez toute espérance. En fin d’après-midi ce mercredi 16 septembre, le compte X de la SEC a posté un « Stay tuned » citant son président Paul Atkins. Le message a fait tourner quelques têtes. Le teasing arrive au lendemain de l’échec du CLARITY Act au Sénat américain et quelques heures avant une hausse des taux que le marché avait largement anticipée, mais dont les projections qui l’accompagnent ont de quoi calmer les ardeurs. Deux calendriers, un seul marché pour les encaisser.

Les points clés de cet article :
  • La SEC a intrigué les marchés avec un message mystérieux après l’échec du CLARITY Act au Sénat américain, suggérant un plan B pour réguler les cryptos.
  • La Fed a surpris en augmentant ses taux directeurs, provoquant une chute du bitcoin, tandis que la SEC envisage des réformes audacieuses pour les actifs numériques.

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La SEC et Paul Atkins dégainent son plan B, avec ou sans le Congrès

Le tweet institutionnel de la SEC (@SECGov) qui a lancé le teasing du jour ne fait en réalité que citer Paul Atkins en personne, qui avait posté le message original quelques heures plus tôt sur son propre compte. Traduction fidèle :

« Merci à tous ceux qui se sont autant investis dans le CLARITY Act, au sein de l’Administration, du Congrès, chez les investisseurs comme chez les innovateurs. Notre conviction collective que l’Amérique doit continuer à montrer la voie est indispensable. « Avec ou sans législation, nous agirons », résolument, dans le cadre de l’autorité légale de la SEC, pour apporter de la certitude aux investisseurs américains. Stay tuned. »

Paul Atkins (@SECPaulSAtkins), sur X, 16 septembre 2026

👀 STAY TUNED! https://t.co/hCk9k5eyTf

— U.S. Securities and Exchange Commission (@SECGov) September 16, 2026

Le « Stay tuned » de la SEC n’est donc qu’un écho. Atkins l’avait déjà glissé lui-même en chute de son propre message. Sur le fond, la formule n’est pas nouvelle. Atkins détaillait déjà trois chantiers prioritaires : moderniser l’encadrement des valeurs mobilières numériques, dépoussiérer des règles d’agents de transfert vieilles de quarante ans et laisser les conseillers financiers auto-conserver leurs cryptos.

Le premier chantier a déjà quitté le stade de la promesse. Depuis le 18 août, la SEC planche sur une proposition baptisée Regulation Crypto Assets : une exemption d’enregistrement limitée à 5 millions de dollars sur quatre ans et une autre étendue à 75 millions par an moyennant un peu plus de reporting. Un mécanisme complémentaire permettrait même à un token de sortir du statut de contrat d’investissement une fois le travail de l’équipe fondatrice achevé. La consultation publique court encore, rien n’est donc officiel dans ce « Stay tuned ». Mais le Sénat a rejeté le CLARITY Act, 49 voix pour et 50 contre, loin des 60 voix nécessaires pour lever l’obstruction. Il manquait 11 voix. La SEC ne donne pas l’impression d’avoir envie d’attendre une deuxième chance législative.

La Fed ne fait pas dans le teasing

Pendant que Washington distillait son suspense sur X, la banque centrale américaine agissait sans détour. Ce mercredi à 20 heures (heure de Paris), le comité de politique monétaire de la Fed a relevé ses taux directeurs de 25 points de base pour les porter à 3,75 %-4,00 %, une première hausse depuis 2023. Le marché l’avait vu venir : l’outil CME FedWatch donnait plus de 90 % de probabilité à ce scénario avant même l’annonce. Ce qui pèse davantage, ce sont les nouvelles projections du comité.

Selon le Summary of Economic Projections publié le même jour, l’inflation PCE médiane est attendue à 3,7 % sur l’ensemble de 2026 (3,4 % pour l’indice core), et le taux directeur grimperait à 4,1 % d’ici la fin de l’année. Un cran de plus que le palier tout juste voté. Autrement dit, la Fed n’exclut pas de remettre le couvert en décembre.

La réaction ne se fait pas attendre. Trois heures avant l’annonce, le bitcoin évoluait encore autour de 76 200 dollars. Les ETF bitcoin au comptant accusent déjà 450,4 millions de dollars de sorties nettes le 15 septembre, au lendemain direct de l’échec du CLARITY Act, selon les données Farside Investors, un chiffre qui s’ajoute aux 463 millions déjà partis la semaine du 8 au 11 septembre. Le marché campe entre 76 000 et 83 000 dollars, sans direction franche.

Un bitcoin tiraillé entre deux tempos

D’un côté, une administration qui multiplie les signaux d’ouverture réglementaire jusqu’à laisser planer le mystère un soir de marché nerveux. De l’autre, une banque centrale qui a rappelé que la politique monétaire ne se pilote pas à coups de tweets. Les deux dossiers n’avancent pas au même rythme : la Regulation Crypto Assets se compte en semaines de consultation publique. La hausse des taux, elle, produit ses effets dès l’ouverture des marchés le lendemain.

Miser sur un rebond parce que la SEC a lâché un clin d’œil sur les réseaux ne coûte rien. Mais l’échec du CLARITY Act cette semaine a déjà montré à quel point les promesses de Washington se heurtent vite au calendrier politique réel. Celui de la Fed tombe à l’heure pile.

La coïncidence a quelque chose de vertigineux. L’administration la plus favorable aux cryptos que la SEC ait connue distille son teasing le jour même où la banque centrale referme déjà le robinet monétaire. La dernière fois que la Fed avait relevé ses taux, en 2023, le secteur sortait tout juste de l’effondrement de FTX. Le marché a changé de visage depuis. Le calendrier de Washington n’a rien perdu de sa complexité.

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Cryptorapts : les commanditaires présumés dirigeaient leurs enlèvements depuis leur cellule de prison

Par : Magali
16 septembre 2026 à 21:49

Loin des yeux, jamais loin du crime. Trois hommes qui donnaient les ordres depuis leur cellule, et une complice chargée de les exécuter dehors. Voilà le montage que la Section de recherches de Paris vient de démanteler, entre le 8 et le 11 septembre, au terme d’une opération menée en Auvergne-Rhône-Alpes avec le concours des gendarmeries de Chambéry, Sathonay-Camp et Dardilly. Quatre interpellations, quatre gardes à vue, et une mise en examen pour association de malfaiteurs et extorsion en bande organisée avec une arme. Le dossier remonte à une attaque ratée dans l’Essonne en mars, sur fond de vague de cryptorapts qui n’épargne aucune région française depuis janvier.

Les points clés de cet article :
  • La Section de recherches de Paris a démantelé un réseau criminel orchestré depuis une prison, avec des interpellations et mises en examen pour association de malfaiteurs et extorsion en bande organisée.
  • L’enquête, suite à une attaque ratée en mars dans l’Essonne, a révélé que des ordres étaient donnés depuis des cellules pour des opérations de cryptorapts en France, impliquant des personnes détenues utilisant les réseaux sociaux.

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Explosifs et cagoules à l’aube : l’attaque ratée qui a lancé l’enquête sur les cryptomonnaies

Retour au 10 mars, six heures du matin, quelque part en Essonne. Une personne surprend deux individus au visage dissimulé en train de tenter de pénétrer dans son domicile à l’aide d’explosifs. Les deux hommes prennent la fuite sans rien emporter. Une enquête de flagrance s’ouvre aussitôt sous l’autorité du procureur d’Évry, confiée à la Section de recherches de Paris en co-saisine avec la Brigade de recherches locale. Premier constat des enquêteurs : la victime aurait été visée pour sa possession supposée de cryptomonnaies, un profil qui revient sans cesse dans ce type de dossier depuis des mois. La suite tient de la course contre la montre. Le véhicule des suspects est identifié et localisé en Auvergne-Rhône-Alpes.

Intercepté à midi, six heures à peine après les faits, sur la commune de Bourgoin-Jallieu par les gendarmes de l’Isère. Trois occupants à bord, un homme et deux adolescents, tous interpellés sur place. Le gang derrière ces deux attaques violentes était démantelé en quelques heures. L’enquête, en revanche, ne faisait que commencer.

Depuis leur cellule, ils pilotaient les cryptorapts via les réseaux sociaux

C’est en creusant les gardes à vue que le dossier prend une autre dimension. Les enquêteurs établissent un rapprochement avec des faits de séquestration et d’extorsion en bande organisée avec arme, commis en Seine-et-Marne dans la continuité directe de l’épisode essonnien. Ce second dossier vise lui aussi un détenteur potentiel de cryptomonnaies. Ses auteurs sont mis en examen, écroués ou placés sous contrôle judiciaire, et une information judiciaire s’ouvre pour les deux affaires à la fois. L’enquête est pilotée par le juge d’instruction du tribunal judiciaire d’Évry.

Elle remonte jusqu’à trois commanditaires présumés qui, selon le communiqué de la Gendarmerie nationale publié le 16 septembre, agissaient depuis leur lieu de détention via les réseaux sociaux. Une complice les aurait épaulés en leur fournissant les moyens d’agir à l’extérieur. Les perquisitions menées début septembre permettent de saisir du numéraire et plusieurs éléments incriminants. Les principaux mis en cause ont été ou doivent être déférés devant le magistrat instructeur à l’issue de leur garde à vue.

Une vague de cryptorapts qui ne faiblit pas en France

Le phénomène dépasse largement ce seul dossier. Le Parquet national anticriminalité organisée a recensé plus de 70 enlèvements et séquestrations liés aux cryptomonnaies sur les huit premiers mois de 2026, rapportait franceinfo mi-septembre. Le grand public a découvert le genre en janvier 2025, avec l’enlèvement du co-fondateur de Ledger, David Balland, mutilé et retenu contre une rançon en bitcoins.

Les dossiers se sont enchaînés depuis, et le pilotage à distance n’a rien d’un cas isolé. Un commanditaire présumé d’une autre vague d’enlèvements cryptos avait ainsi été arrêté au Maroc après avoir orchestré ses opérations depuis l’étranger. Piloter depuis une prison française pousse la même logique un cran plus loin.

Un téléphone qui n’a pas de raison d’être là, un compte social ouvert derrière les barreaux. Et des adolescents en première ligne, dehors, pour faire le sale boulot. Les téléphones portables clandestins continuent de circuler en détention, malgré les brouilleurs et les fouilles renforcées promises depuis des années.

Le dossier, lui, reste ouvert sur ses deux volets, Essonne et Seine-et-Marne, sous l’autorité du même juge d’instruction d’Évry. D’autres affaires de séquestration liées aux cryptomonnaies suivent leur cours judiciaire ailleurs en France, sans qu’aucune ne dissuade la suivante. Un commanditaire présumé de plus devra répondre de ses actes, cellule ou pas.

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La Fed remonte ses taux pour la première fois depuis 2023, Bitcoin retient son souffle

Par : Magali
16 septembre 2026 à 20:21

Don’t fight the Fed. Wall Street a un adage pour ça : ne jamais aller contre la Fed. Cette fois, c’est elle qui change de sens. La Réserve fédérale américaine vient de trancher : ses taux directeurs remontent de 25 points de base, à 3,75-4,00 %. C’est sa première hausse depuis juillet 2023, après six baisses consécutives et environ 175 points de base rendus depuis.

Le marché avait déjà presque tout digéré la nouvelle avant qu’elle ne tombe. Reste que la crypto, elle, encaissait un coup dur depuis l’échec du CLARITY Act au Sénat mardi soir. Deux chocs en 48 heures. Ça laisse des traces.

Les points clés de cet article :

  • La Réserve fédérale a surpris avec une augmentation historique de ses taux directeurs après six baisses consécutives, choquant le marché.

  • Le dot plot de la Fed a révélé des projections inquiétantes, avec une inflation bien supérieure à l’objectif, laissant présager une nouvelle hausse de taux d’ici décembre.


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Fed : la hausse de taux votée à l’unanimité

Le verdict est tombé à 20 heures, heure de Paris. Le communiqué officiel du FOMC ne laisse aucune place au doute : le comité de politique monétaire relève la fourchette cible des Fed Funds à 3,75 %-4,00 %. Le vote est unanime, 12 voix contre 0, et confirme la fermeté du message. Pas la moindre dissidence, à l’inverse du statu quo voté à neuf voix contre trois en juillet.

Le texte reste cependant sobre. L’activité économique « s’étend à un rythme solide » (expanding at a solid pace), les créations d’emplois suivent le rythme de la main-d’œuvre. Mais l’inflation, elle, « demeure élevée » (inflation remains elevated). Cette hausse doit permettre « un retour plus rapide » vers l’objectif de 2 % (a timelier return to the 2 percent goal).

Le terrain était bien préparé, il faut dire. Les ventes au détail américaines d’août ont rebondi de 1,2 %, un sacré retournement après le recul de 0,6 % de juillet. Par ailleurs, le chiffre vient du Bureau du recensement américain (Census Bureau). De quoi convaincre les derniers indécis du comité que l’économie pouvait encaisser un tour de vis supplémentaire.

« Le Comité fédéral de l’open market a approuvé la déclaration suivante pour publication par 12 voix – 0 : Le Comité a décidé d’augmenter la fourchette cible du taux des fonds fédéraux de 1/4 point de pourcentage à 3-3/4 à 4 pour cent, en soutien au double mandat de la Réserve fédérale.

Le Comité poursuit sa politique de maintien de réserves importantes dans le système bancaire. L’activité économique se développe à un rythme soutenu. Même si l’incertitude reste élevée en raison, en partie, de l’évolution géopolitique, les dépenses intérieures ont été résilientes.

La croissance de la productivité est forte et les investissements en capital sont robustes. Les créations d’emplois ont suivi le rythme de la population active et le taux de chômage a peu changé.

L’inflation reste élevée. Les mesures politiques prises aujourd’hui favoriseront un retour plus rapide à l’objectif de 2 % fixé par le Comité. Le Comité assurera la stabilité des prix.»

Dot plot : une nouvelle hausse se profile avant la fin de l’année

Voilà le vrai morceau. Le dot plot, un nuage de points où chaque membre du comité indique où il voit les taux dans les mois à venir, vient d’être publié. Il figure, en même temps que la décision, dans le Summary of Economic Projections (SEP) de la Fed. Et il ne va pas rassurer les optimistes.

La médiane ressort à 4,1 % pour la fin 2026. Traduction : un nouveau relèvement de 25 points de base est déjà envisagé d’ici décembre. La trajectoire reste ensuite plate en 2027, toujours à 4,1 %. Elle redescend ensuite progressivement : 3,9 % en 2028, puis 3,6 % en 2029.

Autre chiffre qui pique : l’inflation PCE (l’indice préféré de la Fed) est désormais projetée à 3,7 % pour 2026. Soit près du double de l’objectif de 2 %. Par ailleurs, l’inflation sous-jacente (core PCE) grimpe à 3,4 %.

Bitcoin, le CLARITY Act et la Fed : la semaine de trop

Avant l’annonce, le cours du Bitcoin traînait sous les 76 000 $. Loin des 79 500-80 000 $ affichés il y a quelques jours à peine. La cryptomonnaie reine cumulait déjà les mauvaises nouvelles : l’échec du CLARITY Act mardi, des rendements obligataires qui grimpent, une prime de risque qui s’épaissit.

Une hausse de taux à elle seule ne change pas grand-chose. Le marché l’attendait à plus de 90 % de probabilité depuis des semaines, via l’outil CME FedWatch. Ce qui inquiète davantage, c’est ce nouveau tour de vis annoncé pour décembre.

Bitcoin
Bitcoin (btc)
76 342,00$ +0,65%

Sur la seule heure qui a suivi l’annonce, la heatmap de liquidations donne déjà le ton : environ 21,4 millions de dollars de positions liquidées sur Zcash, 20 millions sur Ether, et près de 14 millions sur Bitcoin. Un accueil plus nerveux que ce que le « déjà pricé à 90 % » laissait supposer.

Heatmap CoinGlass des liquidations de positions crypto sur 24h, avec Zcash, Ethereum et Bitcoin en tête, après la hausse de taux de la Fed
Heatmap des liquidations sur 24h avant l’annonce de la Fed. Source : CoinGlass.

La conférence de Kevin Warsh

Lors de sa conférence de presse, Kevin Warsh a confirmé la tonalité du communiqué. Le président de la Fed assume la hausse. En effet, le comité a jugé que son propre critère, fixé fin août au symposium de Jackson Hole, n’était pas rempli. Ce critère, c’est la certitude que l’inflation sous-jacente converge vers l’objectif de 2 %, clairement et à une vitesse suffisante. Faute de cette certitude, la Fed a choisi de retirer, selon ses mots, «une dose d’accommodation».

Kevin Warsh estime que la hausse de taux décidée aujourd’hui était la bonne décision pour assurer la stabilité des prix, soutenue selon lui par la solidité de l’économie américaine.

Il estime aussi que la Fed n’a pas encore suffisamment confiance dans un retour durable de l’inflation vers 2 %. Interrogé sur de nouvelles hausses de taux, il refuse de donner une trajectoire à l’avance.

Inflation persistante, ton pourtant optimiste

Sur les chiffres, Warsh souligne que l’inflation dépasse l’objectif depuis plus de cinq ans et que l’été n’a rien montré de rassurant. Le PCE total ressortirait autour de 3,6 % sur douze mois en août, le cœur du PCE à 3,2 % et le CPI sous-jacent à 2,4 %. Il pointe aussi la remontée récente des prix des matières premières, un facteur de vigilance supplémentaire selon lui.

Le ton reste toutefois loin d’être alarmiste. Warsh évoque un marché du travail solide (chômage à 4,1 %, créations d’emplois et heures travaillées en hausse) et un «esprit d’optimisme» ressenti au sein du comité ces deux derniers jours, porté par la résilience de l’économie américaine face aux chocs géopolitiques. Il rappelle son engagement, pris dès son premier FOMC en tant que président en juin, envers l’objectif de 2 % d’inflation PCE.

Enfin, il conclut sur le double mandat de la Fed : plein emploi et stabilité des prix, au service, insiste-t-il, des ménages les moins favorisés, premiers bénéficiaires d’une expansion durable.

Cette hausse referme une parenthèse ouverte à l’été 2023, celle d’un cycle de baisses de taux devenu intenable face à une inflation qui refuse de plier. Elle en ouvre une autre, plus incertaine, où chaque donnée pèsera directement sur la suite. Le rendement du 10 ans américain à 5 % avait déjà donné le ton avant même que le FOMC ne se prononce : le marché obligataire, lui, avait tranché depuis longtemps.

La Banque du Japon se prononce vendredi. Si Tokyo emboîte le pas à Washington, Bitcoin devra digérer deux resserrements monétaires majeurs en moins de 72 heures. Le calme d’avant l’orage, en somme. Version 2026.

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Crypto : le secteur de la privacy à +213 % quand Bitcoin reste à -36 %

Par : Club 25%
16 septembre 2026 à 20:00

Depuis le sommet du Bitcoin d’octobre 2025, 9 des 10 secteurs crypto restent dans le rouge. La privacy fait exception, avec une performance de +213 % selon Glassnode. Zcash porte une grande partie de cette envolée, mais plusieurs autres actifs du secteur ont également progressé.

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La privacy est seule au-dessus du niveau d’octobre 2025

Le 6 octobre 2025, Bitcoin inscrivait son record au-dessus de 126 000 dollars. Près de 11 mois plus tard, il reste 36 % sous ce niveau. Sur la même période, la performance médiane des 200 plus grosses cryptomonnaies atteint -58 %

Glassnode répartit les 200 plus gros actifs par capitalisation entre 10 secteurs. Un seul est dans le vert. Même la DeFi reste à −27 %. Les memecoins et le gaming affichent respectivement −62 % et −74 %.

Performance des secteurs crypto depuis le sommet du Bitcoin d'octobre 2025, avec la privacy comme seul secteur en hausse.
Performance des indices sectoriels crypto depuis le sommet du Bitcoin du 6 octobre 2025. Source : Glassnode.

Sur une blockchain publique, une adresse laisse une trace. Ses mouvements et les montants transférés restent consultables, et plusieurs adresses peuvent parfois être reliées à une même personne lorsque des informations permettent de faire le lien. 

Les protocoles orientés privacy cherchent à réduire cette visibilité, avec des mécanismes différents selon les projets.

Zcash porte la hausse, les autres privacy coins suivent

Zcash a gagné 2 496 % en 12 mois. Il est passé de la 82e à la 7e place du marché par capitalisation.

Zcash représente aujourd’hui 62 % de l’indice privacy de Glassnode, lui-même pondéré par les capitalisations. La performance de ZEC pèse donc fortement dans le +213 % affiché.

En un an, la capitalisation du secteur est passée de 7,1 à 33,6 milliards de dollars. Environ 13 milliards de dollars ont été ajoutés au cours des 30 derniers jours.

Évolution de la capitalisation du secteur privacy, passée de 7,1 à 33,6 milliards de dollars en un an.
Capitalisation des cryptomonnaies de confidentialité du top 200 sur un an. Source : Glassnode.

Même en retirant ZEC du calcul, le panier privacy reste en hausse de 85 % sur un an et de 56 % depuis le sommet du Bitcoin. 

Monero (XMR) a doublé en 12 mois. Monero a doublé en 12 mois. Sur 90 jours, DASH, Monero et ZEN ont chacun fait mieux que Bitcoin.

Pourquoi le marché regarde à nouveau la privacy

Le 25 août, Grayscale a lancé sur le NYSE Arca le premier ETF offrant une exposition spot au ZEC. Deux semaines plus tard, son encours dépassait 500 millions de dollars, avec plus de 70 millions de dollars d’entrées cumulées depuis le lancement.

Cette cotation n’explique toutefois pas à elle seule la hausse. ZEC avait entamé son envolée avant le 25 août. Elle ouvre surtout un nouveau canal d’accès au token pour les investisseurs habitués aux marchés traditionnels.

Grayscale avance aussi un autre argument. Selon la société, la confidentialité financière pourrait prendre de l’importance avec l’IA et l’exploitation croissante des données.

Le protocole a également évolué cette année. Une vulnérabilité touchant l’ancien pool protégé Orchard a été découverte fin mai. Elle pouvait, en théorie, permettre la création de ZEC contrefait sans trace détectable. La mise à jour Ironwood, activé le 28 juillet, a introduit un nouveau pool protégé et renforcé les garanties permettant de vérifier l’offre de ZEC.

La réglementation européenne constitue toutefois un frein potentiel pour le secteur. MiCA encadre déjà la cotation des crypto-actifs dotés d’une fonction d’anonymisation lorsque leurs détenteurs et l’historique des transactions ne peuvent pas être identifiés.

À partir du 10 juillet 2027, l’AMLR renforcera encore ces restrictions pour les prestataires concernés.

Les plateformes ont d’ailleurs déjà commencé à s’adapter. Binance a retiré Monero de sa plateforme en février 2024, suivi par Kraken dans l’Espace économique européen en octobre de la même année.

La rotation est réelle, la performance reste très concentrée

Les 8 privacy coins ayant au moins un an d’historique sont tous en hausse. Zcash représente l’essentiel de la performance du secteur, mais les autres actifs du panier progressent également. 

Performance annuelle des privacy coins, de Zcash à +2 496 % jusqu'à Decred à +2 %.
Performance sur 12 mois des cryptomonnaies de confidentialité disposant d’un an d’historique. Source : Glassnode.

Les écarts restent importants au sein du secteur : Decred gagne 2 % sur un an, contre 3 % pour ZEN et 6 % pour BDX. Zcash et Monero représentent à eux deux environ 90 % de la valeur du secteur.

Parmi les 25 plus grosses capitalisations, 4 dépassent leur prix du 6 octobre, dont ZEC et XMR.

Sur 30 jours, 91,5 % des 200 plus grands actifs sont en hausse. Les 10 secteurs progressent et la privacy gagne encore 90 %.

Le rebond des 30 derniers jours est donc très large. La privacy reste toutefois le seul secteur à afficher une performance positive depuis le sommet du Bitcoin. 

La privacy concerne aussi la gestion du patrimoine

La hausse des privacy coins repose à la fois sur l’intérêt pour leur fonction de confidentialité et sur les capitaux qui viennent chercher une nouvelle performance. Zcash en est aujourd’hui le meilleur exemple, avec une progression qui dépasse largement celle du reste du marché.

Ce type de mouvement rappelle une difficulté bien connue des investisseurs : identifier à temps le secteur qui attirera les prochains capitaux. Il faut alors avoir raison sur le thème, sur son timing et sur l’ampleur du mouvement.

Pour celui qui cherche à faire travailler son capital sur la durée, il existe aussi des stratégies qui demandent de comprendre d’où vient le rendement et dans quelles conditions il peut être maintenu.

En DeFi, les stablecoins peuvent notamment générer des revenus via les frais, la fourniture de liquidité ou le financement de positions. Le Club 25 % met en œuvre ce type de stratégies avec des stablecoins.

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La privacy occupe aujourd’hui le premier plan des marchés crypto. Entre évolutions techniques, accès élargi aux investisseurs traditionnels et contraintes réglementaires à venir, le marché devra encore confirmer la solidité de ce mouvement.

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Bitcoin : Arthur Hayes annonce un nouveau record historique avant la fin de l’année

Par : Magali
16 septembre 2026 à 17:00

Un nouveau record avant le réveillon. Arthur Hayes remet une pièce dans la machine à pronostics. Au micro de The Rollup, le cofondateur de BitMEX l’assure : le Bitcoin peut inscrire un sommet historique avant la fin de l’année. En cause, un assouplissement monétaire qui finira, selon lui, par virer à l’impression massive de monnaie.

Le test arrive vite. La Fed dévoile sa décision de taux ce soir à 20h, heure de Paris, suivie de la conférence de presse de Jerome Powell une demi-heure plus tard.

Au-delà de ce rendez-vous du soir, le calendrier politique américain pourrait toutefois décaler le tempo des prochaines décisions. Directeur des investissements du family office Maelstrom, l’ancien patron de la plateforme de dérivés décrit une trajectoire en trois temps. Pour lui, la route vers les sommets ne sera pas une ligne droite.

Mise à jour : la Fed a tranché à 20h, une hausse de 25 points de base à 3,75-4,00 %, votée à l’unanimité : le point complet ici.

Points clés

  • Arthur Hayes estime que le Bitcoin peut battre son record historique avant la fin de l’année
  • Son scénario : poussée violente des cours, consolidation avec correction, puis seconde jambe de hausse
  • Il fonde son raisonnement sur l’assouplissement monétaire et un retour probable de l’impression monétaire massive
  • Wu Blockchain invite à retenir son cadre d’analyse plutôt que ses objectifs de prix, son historique de prévisions étant imprécis

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Bitcoin : la thèse de la liquidité, marque de fabrique d’Arthur Hayes

Interrogé par The Rollup, Arthur Hayes lit le Bitcoin comme un baromètre de la liquidité en dollars. Sa grille tient en une phrase : quand le crédit devient abondant et bon marché, l’actif le plus volatil en profite le premier. C’est aussi le moins contraint du marché des capitaux. Car les facteurs structurels qu’il invoque relèvent de la comptabilité publique. Il cite notamment des déficits records, un mur de dette à refinancer et une charge d’intérêts qui grossit à chaque relèvement de taux. Car un État contraint de rouler des milliers de milliards de dollars d’emprunts n’a aucun intérêt à payer cher. Dès lors, la sortie de secours passe par des taux bas et un bilan de banque centrale qui gonfle.

Le cycle électoral américain greffe une variable supplémentaire sur ce raisonnement. En effet, les élections de mi-mandat rythment l’agenda de Washington. Or, aucune majorité ne souhaite affronter les urnes avec un resserrement du crédit sur les bras. Ainsi, Hayes en tire un scénario en trois séquences :

  • une poussée violente des cours, alimentée par le retour de la liquidité ;
  • une phase de consolidation ponctuée d’une correction qui purge l’effet de levier ;
  • une seconde jambe de hausse vers de nouveaux sommets.

Arthur Hayes Bullish on Bitcoin Hitting $125,000 by Year-End

BitMEX founder Arthur Hayes @CryptoHayes states that new US banking leverage regulations, combined with state-level military and AI capital expenditures, will trigger a $4 trillion credit boom.

He believes this… pic.twitter.com/0ZvAjpbP6E

— Wu Blockchain (@WuBlockchain) May 2, 2026
Wu Blockchain, média crypto spécialisé, relaie la thèse haussière d’Arthur Hayes sur un Bitcoin à 125 000 dollars avant la fin de l’année.

Arthur Hayes, un prévisionniste au bilan contrasté

Toutefois, la mise en garde vient de Wu Blockchain. Le média spécialisé avertit que l’historique de prévisions d’Arthur Hayes s’est révélé relativement inexact. Par ailleurs, ses positions changent souvent au fil de ses essais. Sa recommandation tient en une ligne : retenir le cadre d’analyse, laisser de côté les objectifs de prix et les échéances.

L’exemple le plus cité reste sa cible de 250 000 dollars pour fin 2025. Ensuite, le Bitcoin a culminé autour de 126 000 dollars en octobre de la même année avant de refluer. Soit la moitié de l’objectif annoncé. Quelques mois plus tôt, le même Hayes avait anticipé un repli vers les 70 000 dollars. Résultat, le point bas d’avril 2025 s’est établi près de 74 500 dollars. Enfin, le pronostiqueur alterne les deux registres avec une constance qui décourage le suivisme aveugle.

Le cadre, lui, a le mérite d’être mesurable. Trois séries publiques permettent de le vérifier. Il s’agit du Bilan de la Réserve fédérale, du compte général du Trésor américain et de l’encours des prises en pension inversées de la Fed (reverse repo). Ensemble, elles dessinent la liquidité en dollars semaine après semaine. Les grandes jambes de hausse du Bitcoin ont coïncidé avec leurs phases d’expansion. C’est vrai depuis le cycle 2020-2021, jusqu’au rebond qui a suivi l’arrivée des ETF spot. De plus, ces chiffres ne coûtent rien à consulter et ne dépendent d’aucune interview.

Le juge de paix sera chiffré. Tant que le Bitcoin n’a pas repassé son record d’octobre 2025, autour de 126 000 dollars, le pronostic d’Arthur Hayes reste une hypothèse de travail. Ensuite, les prochains indices tiendront dans le bilan hebdomadaire de la Fed, publié chaque jeudi et consultable par n’importe quel investisseur.

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Hier — 16 septembre 2026Crypto

Coup de massue pour Bitcoin : le marché crypto en pleine gueule de bois après le rejet du CLARITY Act

Par : Magali
16 septembre 2026 à 07:06

Après tout, demain est un autre jour. Une nuit agitée, un vote qui laisse un goût amer, et un rendez-vous ce soir qui pourrait tout changer. Le Sénat américain a rejeté hier la clôture des débats sur le CLARITY Act, Bitcoin est retombé autour de 75 500-76 000 $, et les flux ETF entrent dans une zone d’incertitude. Mais le vrai juge de paix de la journée n’a pas encore parlé. Il s’exprime ce soir, à Washington, et il s’appelle Kevin Warsh.

Les points clés de cet article :

  • Le Sénat américain a rejeté la clôture des débats sur le CLARITY Act, plongeant le Bitcoin dans une chute inquiétante.

  • Les marchés financiers attendent avec nervosité la décision de la Fed sur les taux d’intérêt, un événement potentiellement historique.

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Bitcoin trébuche, la faute au vote raté du Sénat

Le scénario tenait en haleine depuis des semaines. Le Sénat devait clôturer les débats sur le CLARITY Act, le texte censé répartir la surveillance des cryptomonnaies entre la SEC et la CFTC (les deux gendarmes financiers américains). Il fallait 60 voix.

Le décompte officiel de la séance du 15 septembre, publié par le Daily Press du Sénat, est sans appel : 49 voix pour, 50 contre, soit 11 voix sous le seuil requis. Zéro démocrate n’a voté pour. Quatre républicains ont voté contre, Collins, Hawley, Moran et Tillis, ce dernier uniquement pour pouvoir déposer une motion de reconsidération, une manœuvre de procédure qui garde la porte entrouverte à un nouveau vote dans les prochains jours. Cynthia Lummis accuse les démocrates d’avoir refusé un texte pourtant remanié sur 126 points, Elizabeth Warren rétorque que la clause éthique proposée n’est qu’« une feuille de vigne », selon CoinDesk.

Le cours du Bitcoin a suivi le mouvement dans la foulée, passant sous 75 000 $ en cours de nuit avant de se stabiliser vers 75 500-76 000 $ ce mercredi matin, une chute de l’ordre de 3 % en 24 heures partie d’un plateau autour de 79 500-80 000 $ avant l’épisode (photo prise au moment de la rédaction, à recoller au cours du jour). Rien d’un effondrement. Plutôt un accès de fièvre qui laisse le marché sonné plus qu’assommé.

Bitcoin
Bitcoin (btc)
75 894,00$ -2,05%

Les ETF Bitcoin, un baromètre à surveiller de près

L’histoire des ETF est plus nuancée qu’un simple raz-de-marée de sorties. Lundi 14 septembre, les ETF Bitcoin spot ont renoué avec les entrées nettes, 159,9 millions de dollars au compteur (dont 134,3 millions pour l’IBIT de BlackRock), mettant fin à quatre séances consécutives de sorties qui avaient coûté environ 462,7 millions de dollars entre le 8 et le 11 septembre. Un retournement fragile, obtenu la veille même du vote.

La réponse est tombée dans la journée : mardi 15 septembre, jour du vote raté au Sénat, les ETF Bitcoin spot sont repassés dans le rouge, avec 450,4 millions de dollars de sorties nettes selon les données de Farside Investors.

Le rebond de la veille s’efface d’un coup. Le FBTC de Fidelity concentre le plus gros des dégâts avec 214,8 millions de sorties, devant l’IBIT de BlackRock à 161,7 millions, celui-là même qui portait le rebond du lundi. Le GBTC de Grayscale perd encore 44,1 millions, l’ARKB d’ARK Invest 17,4 millions et le BITB de Bitwise 12,4 millions. Le retournement du 14 septembre n’aura donc tenu qu’une séance.

Tableau des flux quotidiens des ETF Bitcoin spot au 15 septembre 2026, avec 450,4 millions de dollars de sorties nettes menées par le FBTC et l'IBIT.
Flux nets des ETF Bitcoin spot au 15 septembre 2026 : 450,4 millions de dollars de sorties en une seule séance, portées par le FBTC de Fidelity et l’IBIT de BlackRock. Source : Farside Investors.

La Fed ouvre le bal ce soir, et la vraie fête n’a pas commencé

Le CLARITY Act n’est pas tout à fait de l’histoire ancienne : la motion de reconsidération déposée par Tillis pourrait ramener le texte à un nouveau vote de procédure d’ici deux jours, selon des informations relayées après la séance. Politiquement, le texte sort quand même très affaibli de l’épisode. Le marché, en tout cas, est déjà passé à autre chose.

De plus, ce soir, 20 heures à Paris, la Fed rend sa décision de taux, avec une conférence de presse de Kevin Warsh prévue une demi-heure plus tard. Le rendement des bons du Trésor à 10 ans a franchi les 5 % lundi, son plus haut niveau depuis octobre 2023, avant de refluer légèrement. CME FedWatch donne désormais une hausse de 25 points de base à environ 90 % de probabilité. JPMorgan et Goldman Sachs, longtemps en désaccord, se sont tous deux ralliés à ce scénario ces derniers jours, quitte à diverger sur la suite : Goldman continue de tabler sur deux baisses de taux en 2027, JPMorgan se montre plus prudent. Si la hausse se confirme, ce serait la première depuis 2023, un événement qui pèserait bien plus lourd sur les marchés que l’issue d’un texte de loi.

Deux chocs en trois jours, l’un réglementaire, l’autre monétaire. Le marché a déjà encaissé le premier. Il attend le second avec cette nervosité particulière qu’on n’observait plus depuis la dernière hausse des taux de la Fed, quand chaque point de base valait son pesant de volatilité sur le cours du bitcoin.

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Qu’est-ce que la liquidité (et la profondeur de marché) ? La minute trading

16 septembre 2026 à 07:00

On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve. La liquidité désigne la facilité avec laquelle un actif s’achète ou se vend sans faire bouger son prix, et elle change en permanence, d’une heure et d’une plateforme à l’autre. C’est elle qui détermine le spread que vous payez, elle encore qui décide si votre ordre de vente un dimanche soir partira au prix affiché ou dix crans plus bas. Invisible par beau temps, décisive par gros temps. Démonstration par le désastre.

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Liquidité et profondeur de marché, définitions

La liquidité se lit dans le carnet d’ordres. La profondeur de marché, c’est la quantité d’ordres d’achat et de vente empilés à chaque niveau de prix autour du cours. Un marché profond absorbe un gros ordre sans broncher, chaque étage du carnet encaissant sa part. Un marché creux, à l’inverse, laisse le même ordre dévaler les étages vides, et le prix décroche bien au-delà de ce que le vendeur imaginait. C’est le fameux slippage.

Retenez surtout que la profondeur affichée est une photographie, pas une promesse. Les teneurs de marché retirent leurs ordres en quelques millisecondes dès que l’orage menace. Le carnet se vide alors précisément au moment où l’on en a besoin. Ces professionnels sont payés pour entretenir la profondeur, mais aucun contrat ne les oblige à rester sous l’orage.

Schéma de la profondeur de marché : carnet profond contre carnet creux
Deux carnets d’ordres : profond contre creux. Schéma : Journal du Coin

22 février 2021 : l’ether à 700 dollars sur Kraken, 1 546 ailleurs

Le cas d’école tient en une matinée. Ce lundi-là, en pleine correction du marché, l’ether s’échange autour de 1 600 dollars quand, sur la plateforme Kraken, le cours s’effondre en quelques minutes jusqu’à 700 dollars, pendant que le reste du marché ne descend qu’à environ 1 546 dollars, comme le racontait CoinDesk. Aucun bug selon le patron de la plateforme, simplement de grosses ventes tombées sur un carnet local trop mince pour les absorber.

Moins 56 % sur une plateforme, moins 4 % ailleurs, au même instant, pour le même actif. Les stops et les positions à levier logés sur ce carnet ont été exécutés dans le vide, à des prix de cauchemar.Des clients ont réclamé des remboursements pendant des semaines, sans grand succès.

Trader la liquidité en particulier : les bons réflexes

Trois habitudes protègent des carnets creux. Tradez les paires majeures sur les plateformes profondes, où votre taille est une goutte d’eau. Méfiez-vous des heures creuses, nuits, week-ends et jours fériés américains, quand la profondeur fond et que les mèches s’allongent. Et pour toute taille inhabituelle, découpez vos ordres et utilisez des ordres à cours limité, jamais un ordre au marché lancé dans le brouillard. Un coup d’œil au carnet avant de cliquer prend trois secondes et évite bien des mauvaises surprises.

Élargissons pour conclure la semaine. La liquidité est la matière première de tous les épisodes précédents, c’est elle qui absorbe ou amplifie les cascades de liquidations, elle qui rend l’arbitrage possible, elle dont l’assèchement transforme une correction en flash crash. Les marchés meurent rarement de baisse. Ils meurent d’illiquidité.

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Echec du Clarity Act aux USA : Bitcoin perd les 75 000 $

Par : Magali
15 septembre 2026 à 21:22

Soixante voix, zéro marge. Le Sénat américain devait trancher ce mardi sur la motion de cloture du Digital Asset Market Clarity Act, le texte censé répartir la supervision des cryptomonnaies entre la SEC et la CFTC. Après des mois de tractations, Trump avait cédé sur l’éthique pour arracher ce vote. Ça n’a pas suffi. La motion s’est effondrée bien avant le seuil requis. Le marché a pris acte dans la foulée. Le Bitcoin casse le support des 75 000 dollars et entraîne tout le marché crypto dans sa chute.

Les points clés de cet article :
  • Le Sénat américain a échoué à adopter le Digital Asset Market Clarity Act, malgré des mois de négociations intenses.
  • Le marché des cryptomonnaies a subi un choc, le Bitcoin ayant cassé le support des 75 000 dollars, entraînant une vague de liquidations massives.

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Le Clarity Act cale sur la ligne d’arrivée

Sur le papier, tout était bouclé. Les négociateurs des deux camps avaient ficelé plus de 600 pages de compromis, et les sponsors républicains avaient publié dimanche soir un texte intégrant 126 modifications réclamées par les démocrates. Restait un point de crispation : les garanties éthiques censées empêcher les hauts responsables de l’exécutif, famille présidentielle comprise, de conserver des intérêts dans la crypto. Un point sensible. Sa dernière déclaration de patrimoine fait état de plus de 1,4 milliard de dollars de revenus crypto en 2025, dont plus de 500 millions issus de sa propre plateforme World Liberty Financial. Les 126 concessions n’y ont rien changé.

Un deuxième front, plus discret mais tout aussi mortel, a joué contre le texte. L‘American Bankers Association et l’Independent Community Bankers of America jugeaient le délai de 18 mois prévu pour les stablecoins bien trop court pour protéger les banques régionales. Susan Collins et John Cornyn, rejoints selon certaines sources par John Curtis, ont fait planer le doute jusqu’au bout côté républicain. La sénatrice Cynthia Lummis (R-Wyoming), négociatrice en chef côté républicain, avait lancé un appel solennel juste avant le vote : « Ne laissons pas ce jour être celui où nous avons cédé notre avenir à quelqu’un d’autre parce que nous avons eu trop peur de finir ce que nous avions commencé. » Ça n’a pas suffi non plus. Le vote a échoué loin en dessous des 60 voix requises, rapporte CoinDesk.

Le Bitcoin plonge, les liquidations s’envolent

Le marché n’a pas attendu le décompte final pour réagir. Les probabilités d’adoption du texte sont tombées de 34 % lundi à 17 % ce mardi sur Polymarket, plombées par l’opposition du secteur bancaire aux dispositions sur les stablecoins. Le Bitcoin a suivi le mouvement, cassant le support des 75 000 dollars. Le repli dépasse 5 % sur 24 heures, à environ 40 % de son sommet d’octobre 2025.

Bitcoin
Bitcoin (btc)
75 894,00$ -2,05%

La correction a vidé les carnets d’ordre. Selon les données de CoinGlass, 120 211 traders ont été liquidés en 24 heures pour un total de 769,21 millions de dollars. Les positions longues à elles seules représentent 568,06 millions. La plus grosse commande à elle seule, 22,52 millions de dollars, est partie sur Binance en BTCUSDT. Ajoutez à ça une Fed qui doit trancher dès demain sur les taux et un baril de Brent au-dessus de 106 dollars sur fond de tensions au Moyen-Orient, et le tableau se complète. Seule éclaircie, les ETF Bitcoin au comptant américains ont capté 159,9 millions de dollars d’entrées nettes lundi. Pas de quoi renverser la tendance.

Carte thermique CoinGlass des liquidations de positions longues sur Bitcoin et Ethereum, 15 septembre 2026
Carte thermique des liquidations CoinGlass montrant l’effondrement des positions longues sur Bitcoin et Ethereum, 15 septembre 2026. Source : CoinGlass.

Coinbase et Strategy plongent, les mineurs résistent

La panique n’est pas restée cantonnée aux cryptomonnaies. Avant même l’échec du vote, Coinbase perdait déjà 6 % à 179,70 dollars et Strategy (ex-MicroStrategy) 5 % à 130,32 dollars, plombée par son exposition démesurée au Bitcoin. Une fois le couperet tombé, le titre Coinbase a accéléré sa chute jusqu’à près de 9 %, à 174,24 dollars en cours de séance.

Les mineurs, eux, ont mieux résisté. MARA Holdings ne cédait qu’environ 1 %, une divergence qui n’a rien d’anecdotique. Sur la semaine écoulée, CleanSpark et Hut 8 affichaient encore des gains quand Strategy et Circle perdaient respectivement plus de 8 % et 11 %. Le marché semble découpler la thèse minière, jugée moins dépendante d’un cadre réglementaire fédéral, de celle des trésoreries Bitcoin et des plateformes d’échange.

Graphique du cours de l’action Coinbase (COIN) en baisse de 8,99 % le 15 septembre 2026
L’action Coinbase (COIN) cède plus de 8 % en séance le 15 septembre 2026, après l’échec du vote sur le Clarity Act. Source : Yahoo Finance.

Clarity Act enterré ? La régulation se joue ailleurs

Le texte voté par la Chambre reste au calendrier, sans débat en vue. Le cadre de conformité actuel, un numéro d’équilibriste entre la SEC et la CFTC, continue donc de s’appliquer aux entreprises crypto américaines. Faute de loi, l’industrie se rabat sur la voie réglementaire. La SEC planche sur son projet Reg Crypto, la CFTC avance de son côté sur son propre corpus de règles. Le président de la SEC, Paul Atkins, l’a lui-même reconnu : ces textes n’auront jamais la solidité d’une loi votée par le Congrès.

Reste les super PACs. Fairshake et ses alliés vont devoir revoir leur copie avant les midterms du 3 novembre, avec un argument de campagne en moins pour convaincre les indécis du Sénat.

L’histoire n’est pas nouvelle. Cet été déjà, le vote s’était évaporé juste avant la pause estivale du Sénat, et les paris étaient tombés à 14 % de chances de passage. Le scénario se répète, avec la même cause de fond : un Sénat coupé en deux, à quelques semaines d’un scrutin où chaque camp compte ses voix plutôt que ses convictions. Le Bitcoin reste suspendu à la décision de la Fed de demain, bien plus qu’à un texte de loi resté sur le papier. Sur le CME FedWatch, la probabilité d’une hausse de 25 points de base culmine désormais à 92 %. L’inflation américaine remontée à 3,4 % sur un an, conjuguée à un baril au-dessus des 100 dollars, pousse la Fed vers son premier tour de vis en plus de trois ans, après trois baisses consécutives fin 2025.

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Bitcoin : 81 700 dollars, le seul niveau qui compte pour CryptoQuant

Par : Club 25%
15 septembre 2026 à 20:00

Le rebond de 24 % du bitcoin s’est arrêté sous 82 000 dollars. CryptoQuant identifie plusieurs zones de résistance jusqu’à 88 700 dollars, selon différentes méthodes d’analyse. Pour le cabinet, une clôture au-dessus de 81 700 dollars confirmerait le retour du marché haussier.

Cet article contient des liens d’affiliation qui soutiennent le travail du Journal du Coin.

Le bitcoin évolue déjà à l’intérieur de son mur d’offre

Le bitcoin évolue autour de 78 000 dollars, dans la fourchette de 76 000 à 82 000 dollars où il se trouve depuis la fin du rebond.

CryptoQuant place la résistance la plus proche entre 77 100 et 80 200 dollars. Le cours se trouve déjà dans cette zone. 

Cette zone concentre une forte activité de vente des détenteurs de long terme. En 2026, leurs ventes ont atteint jusqu’à 539 000 BTC sur 30 jours. Cette offre importante peut continuer de peser sur le prix tant que le bitcoin évolue dans cette zone. 

Julio Moreno, responsable de la recherche chez CryptoQuant, décrit cette bande comme la résistance d’offre on-chain la plus proche et la plus lourde au-dessus du prix actuel. « La tendance reste constructive, mais un mur de résistance se dresse sur son chemin », résume-t-il.

À 81 700 dollars, le bitcoin joue la confirmation du marché haussier

Au-dessus de cette zone, le bitcoin rencontre son premier repère technique à 81 700 dollars. Ce niveau correspond à la moyenne des cours de clôture de l’année écoulée.

CryptoQuant utilise cette moyenne mobile à 365 jours pour distinguer les régimes de marché. Les phases haussières du bitcoin ont historiquement démarré lorsque le cours clôturait au-dessus, les phases baissières lorsqu’il passait en dessous.

Une clôture au-dessus de 81 700 dollars constituerait donc, selon le cabinet, le signal de confirmation d’un nouveau marché haussier. En dessous de ce niveau, CryptoQuant envisage la poursuite d’une évolution en range.

Le précédent le plus récent date de novembre 2025. La moyenne se situait alors à 102 000 dollars et soutenait le cours depuis le début du cycle haussier lancé en janvier 2023. Le bitcoin l’a cassée le 5 novembre.

Elle est ensuite devenue une résistance et a bloqué les tentatives de rebond. En janvier 2026, CryptoQuant analysait le rebond de 21 % du bitcoin comme un rallye de marché baissier, en la comparant à 2022, quand plusieurs rebonds avaient échoué au contact de cette même moyenne.

évolution du cours du bitcoin face à sa moyenne mobile à 365 jours, située autour de 81 700 dollars en septembre 2026. 
Le bitcoin et sa moyenne mobile à 365 jours. Source : CryptoQuant.

Cette moyenne évolue chaque jour puisqu’elle intègre une nouvelle clôture et en retire une ancienne. Elle se situait à 83 100 dollars fin août. Cette zone autour de 83 000 dollars avait déjà été identifiée comme un niveau clé pour confirmer la reprise.

Après 81 700 dollars, deux plafonds se dressent à 83 600 et 88 700 dollars

Deux autres modèles de CryptoQuant identifient ensuite des résistances à 83 600 et 88 700 dollars.

La première est donnée par la bande 3x Metcalfe, à 83 600 dollars. Ce modèle estime la valorisation du réseau à partir de son activité, notamment du nombre d’adresses actives. 

Cette bande avait déjà servi de repère lors des cycles précédents. Elle se situait à 138 000 dollars lorsque le bitcoin a inscrit son record de 126 000 dollars en octobre 2025. 

Le second modèle suit le prix réalisé des traders, soit le prix payé en moyenne par les traders actifs pour acquérir leurs bitcoins. Il s’établit aujourd’hui à 63 400 dollars, et le modèle place sa borne haute à 88 700 dollars

À 88 700 dollars, les bitcoins achetés au prix moyen de 63 400 dollars afficheraient une plus-value latente proche de 40 %. Selon CryptoQuant, cette borne correspond historiquement à une zone de prises de bénéfices. 

bandes de prix réalisé des traders de Bitcoin entre octobre 2025 et septembre 2026, avec une borne haute à 88 700 dollars.
Le prix moyen payé par les traders actifs et ses bandes, avec une borne haute à 88 700 dollars. Source : CryptoQuant.

Les gros dépôts alertent, tandis que la pression acheteuse résiste

L’Exchange Whale Ratio est monté à 0,93, un niveau que CryptoQuant considère comme une alerte. Les 10 plus gros dépôts représentent alors 93 % des bitcoins envoyés vers les plateformes. Il s’agit de dépôts, pas de ventes déjà exécutées. 

Côté acheteurs, l’indice Fear & Greed s’établissait à 66, en zone de « greed ». Le ratio taker buy/sell à 1,12 indique une pression acheteuse supérieure aux ventes agressives.

La demande américaine montre en revanche des signes de faiblesse. Le Coinbase Premium était négatif, le bitcoin s’échangeant moins cher sur la principale plateforme américaine que sur les marchés offshore, un signal généralement associé à une demande institutionnelle américaine moins soutenue.

CryptoQuant signale également un risque de long squeeze, c’est-à-dire de liquidations forcées de positions longues à effet de levier. Le FEI (Fama Efficiency Index), un indicateur qui mesure l’efficience du marché, se situe à 99,53 %, dans une zone de « bruit absolu » selon l’analyse. Le momentum du bitcoin est également considéré comme épuisé. 

En d’autres termes, cette configuration augmente le risque de liquidations si le marché se retourne. 

En cas de repli, le bitcoin retrouverait un premier support à 70 000 dollars, sa moyenne mobile à 200 jours. Un second l’attend entre 62 000 et 65 000 dollars, où les détenteurs de long terme ont accumulé environ 476 000 BTC cette année.

Les principaux niveaux identifiés par CryptoQuant. Source : CryptoQuant 

Moreno conclut que le tableau d’ensemble reste haussier, à condition que le bitcoin absorbe l’offre située au-dessus du cours et franchisse ses plafonds de valorisation.

Le portefeuille peut avoir un autre moteur que le bitcoin

À force de suivre ces niveaux, on finit par vivre au rythme de chaque mouvement du bitcoin.

À 81 700 dollars, le marché teste sa capacité à confirmer la reprise. À 83 600 puis 88 700 dollars, il rencontrera les résistances suivantes. En cas de repli, 70 000 dollars constitue le premier niveau de support identifié par CryptoQuant.

Quand le capital devient important, d’autres façons de le faire évoluer peuvent aussi trouver leur place dans le portefeuille. Une partie peut rester liée à la trajectoire du bitcoin, tandis qu’une autre peut suivre une stratégie de rendement en DeFi à partir de stablecoins, indépendamment de la direction du marché. 

C’est dans cette logique que s’inscrit le Club 25%, un club privé de 150 investisseurs autour d’un objectif de 15 à 25 % par an, avec une gestion sans trading et quelques heures de suivi par trimestre.

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Le bitcoin devra donc franchir successivement 81 700, 83 600 puis 88 700 dollars pour ouvrir la voie à une nouvelle phase de hausse. Pendant ce temps, une autre partie du capital peut suivre sa propre stratégie de rendement.

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Cryptomonnaies et CLARITY Act : Les 3 priorités de la SEC n’attendront pas le Congrès

Par : Magali
15 septembre 2026 à 17:00

Le Congrès temporise, la SEC écrit. Paul Atkins a redit son appui au CLARITY Act, le texte censé répartir une bonne fois pour toutes les compétences entre le gendarme boursier américain et la CFTC, le régulateur des marchés de matières premières. Le président de la SEC a aussitôt prévenu que son agence poursuivrait son propre chantier réglementaire, loi ou pas loi.

Trois dossiers en forment l’ossature : l’émission de crypto-actifs, la modernisation des transfer agents et la conservation des actifs numériques.

Mise à jour 15/09, 21h30 : Le vote a eu lieu. La motion de cloture a échoué au Sénat, loin des 60 voix requises, et le Bitcoin est passé sous les 75 000 $. Lire notre article complet : Clarity Act : le Sénat fait capoter le vote, le Bitcoin casse les 75 000 dollars

Points clés

  • Paul Atkins appuie le CLARITY Act, bloqué au Sénat depuis son adoption par la Chambre à 294 voix contre 134
  • La SEC avancera sans loi sur trois fronts : émission de crypto-actifs, transfer agents et conservation
  • Le cadre des transfer agents, inchangé depuis les années 1970, pourrait autoriser la tenue de registre sur blockchain
  • L’harmonisation SEC-CFTC a déjà permis les ETF spot Solana, XRP et Dogecoin via les standards de cotation génériques

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CLARITY Act : la SEC soutient le texte, le Sénat le fait patienter

Adopté par la Chambre des représentants à 294 voix contre 134, dont 78 démocrates, le Digital Asset Market Clarity Act devait clore une décennie de guerre de tranchées entre régulateurs.

Son principe tient en une ligne de partage : la CFTC récupère les crypto-actifs suffisamment décentralisés pour être traités comme des matières premières numériques, la SEC garde les levées de fonds et les tokens encore adossés aux promesses d’une équipe. Le Sénat a multiplié les moutures de travail depuis, sans jamais inscrire le texte à l’ordre du jour d’un vote en séance.

Atkins plaide pour la voie législative parce qu’un règlement se défait aussi vite qu’il s’écrit. Le passage de témoin entre Gary Gensler et l’équipe actuelle a suffi à renverser la doctrine de l’agence en quelques mois, des poursuites tous azimuts à l’abandon des procédures visant Coinbase, Kraken et Ripple. Sans texte voté par le Congrès, une future présidence de la SEC pourrait refaire le chemin en sens inverse avec la même facilité.

« La plupart des crypto-actifs ne sont pas des titres financiers. »

Paul Atkins, président de la SEC

Cette phrase, prononcée au lancement de Project Crypto, sert désormais de socle doctrinal à l’ensemble des travaux de l’agence. Elle inverse la présomption qui prévalait sous l’administration précédente, quand chaque token était réputé titre financier jusqu’à preuve du contraire.

Crypto : émission, transfer agents et conservation, les trois chantiers de la SEC

Le premier chantier porte sur l’émission de crypto-actifs. La SEC travaille à une taxonomie et à un régime d’offre taillé pour les tokens, au lieu de continuer à les faire entrer au chausse-pied dans des exemptions pensées pour des actions d’entreprises. Une exemption dite d’innovation permettrait de lancer un protocole sous conditions, avec des obligations d’information adaptées et une sortie du statut de titre financier une fois le réseau devenu autonome.

Deuxième chantier, les transfer agents. Ces prestataires tiennent le registre des détenteurs de titres, versent les dividendes et enregistrent les transferts de propriété. Leur cadre réglementaire n’a quasiment pas bougé depuis les années 1970, quand les registres étaient encore des livres de papier et des bandes magnétiques. Autoriser explicitement la tenue de registre sur blockchain ouvrirait la voie à des actions tokenisées dont le carnet d’actionnaires vivrait directement sur une chaîne publique, avec un règlement-livraison en quelques secondes plutôt qu’en un jour ouvré.

La conservation ferme le triptyque. L’agence a retiré le projet de règle Safeguarding hérité de l’ère Gensler, qui aurait imposé aux gérants d’actifs des exigences difficilement compatibles avec l’autoconservation. Le texte de remplacement reste à écrire, et les questions sont massives : quels établissements peuvent être reconnus comme dépositaires qualifiés, à quelles conditions un gérant peut détenir lui-même les clés privées de ses clients, comment traiter les actifs mis en staking ou déposés dans des protocoles DeFi.

Une SEC désormais alignée sur la CFTC

Les deux régulateurs ont engagé un travail d’harmonisation qui produit déjà des effets concrets, à commencer par l’autorisation donnée aux places de marché enregistrées de proposer des produits crypto au comptant. L’arrivée de Mike Selig à la tête de la CFTC a resserré encore l’étau administratif : l’ancien conseiller juridique en chef de la Crypto Task Force de la SEC connaît de l’intérieur les dossiers qu’il doit désormais traiter depuis l’autre rive.

Les standards de cotation génériques adoptés à l’automne 2025 donnent la mesure de ce que peut faire une agence sans attendre le Congrès : en supprimant l’examen au cas par cas de chaque demande d’approbation déposée par les Bourses, ils ont ouvert la voie aux ETF spot Solana, XRP, Dogecoin et Litecoin en quelques semaines. Émission, registres et conservation suivent la même mécanique, celle de l’agenda réglementaire de la SEC, qui n’a jamais eu besoin d’un vote du Sénat pour avancer.

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À partir d’avant-hierCrypto

Bitcoin recule avant le vote du Sénat sur le CLARITY Act, les démocrates jouent la montre

Par : Magali
15 septembre 2026 à 07:29

Attendre et espérer. Le Bitcoin a perdu l’assurance qu’il affichait lundi. Il avait touché environ 79 600 dollars en intraday, avant de refluer vers 78 000 dollars en clôture. Il évolue ce mardi matin autour de 77 800 dollars (niveau à recoller au cours du jour), entraînant XRP et Solana dans sa glissade.

La raison tient en un chiffre : 60. C’est le nombre de voix qu’il faut réunir à 20h15, heure de Paris, au Sénat américain pour faire avancer le CLARITY Act, le texte censé fixer enfin un cadre fédéral pour les cryptomonnaies. Et à quelques heures du vote, les démocrates viennent justement de rebattre les cartes.

Les points clés de cet article :
  • Le Bitcoin a perdu de sa valeur, chutant à environ 77 800 dollars après avoir atteint un pic de 79 600 dollars.
  • Le CLARITY Act, crucial pour le cadre fédéral des cryptomonnaies, fait face à des tensions politiques au Sénat américain, où un soutien démocrate est incertain.

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CLARITY Act : les démocrates dégainent une contre-proposition avant le vote de clôture

Comprenons bien la situation. Les républicains contrôlent 53 sièges au Sénat. Il leur en faut 60 pour que le texte franchisse cette étape de procédure. Et même dans ce cas, l’affaire ne sera pas pliée : la clôture ouvre la voie au débat en séance, elle n’équivaut pas à l’adoption du texte. Sept démocrates minimum doivent donc basculer.

Lundi soir, réunis chez le chef de file démocrate Chuck Schumer, les sénateurs de l’opposition ont annoncé l’envoi d’une contre-proposition aux républicains, quelques heures avant le vote prévu à 14h15 heure américaine. La sénatrice Cynthia Lummis, figure pro-crypto du camp adverse, accuse les démocrates de réclamer toujours plus après plus d’un an de négociations quotidiennes sur ce texte précis : « Il n’y a pas de fin à ça », a-t-elle lâché, les pressant d’« accepter que la réponse est oui ».

De plus, huit associations bancaires en profitent pour glisser leur propre demande dans la bataille : des plafonds plus stricts sur les récompenses liées aux stablecoins, histoire que les dépôts classiques ne se vident pas au profit des rendements crypto. Washington version dernière ligne droite, où tout le monde négocie jusqu’à la sonnerie.

Un échec aujourd’hui, et le dossier retombe dans les tiroirs pour le reste de l’année. Voire plus longtemps, si les élections de mi-mandat de novembre rebattent les équilibres au Congrès.

Bitcoin
Bitcoin (btc)
77 533,00$ +0,08%

Un marché qui retient son souffle avant deux chocs coup sur coup

Le repli du Bitcoin ne doit pourtant pas tout à Washington. Le pétrole grimpe, les paris sur une Fed plus dure se multiplient sur les marchés à terme, et la nervosité ambiante n’a pas attendu le Sénat pour s’installer.

Car oui, outre le Clarity Act aujourd’hui marché va devoir digérer un second choc dès demain : la décision de la Fed sur ses taux, mercredi 16 septembre. Deux échéances qui, d’ordinaire, se digèrent chacune sur une semaine entière, tombent ici à 24 heures d’intervalle.

Il reste une chose que ni le vote ni la Fed ne devraient changer fondamentalement. Même en cas d’échec au Sénat, les family offices et gérants d’actifs traditionnels ne semblent pas près de mettre leurs plans crypto en pause : la plupart bâtissent leurs infrastructures depuis des mois, indépendamment du calendrier législatif.

Un vote peut retarder le cadre réglementaire. Il ne retarde pas forcément les rails déjà posés par BlackRock ou Fidelity, engagés sur ce terrain depuis 2024.

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Revolut : la fuite de données tourne à la guerre des hackers

Par : Magali
15 septembre 2026 à 06:30

Les loups ne se mangent pas entre eux. Manifestement, personne ne l’a rappelé aux auteurs de la fuite de données chez Revolut. L’affaire change de dimension trois jours à peine après avoir révélé comment une demande frauduleuse, envoyée depuis un compte non autorisé sur un domaine gouvernemental authentique, a suffi à faire cracher à la néobanque passeports, selfies et historiques Bitcoin de ses clients. Le ou les hackers à l’origine du vol revendiquent aussi une compromission de services italiens, non confirmée. Et ils ne sont visiblement plus tout à fait d’accord entre eux sur qui a fait quoi. On fait le point de bon matin.

Les points clés de cet article :
  • Revolut confirme une fuite de données ciblée via une demande frauduleuse sur un domaine gouvernemental authentique ; les revendications sur une compromission de la police italienne restent, elles, non vérifiées.
  • Le groupe IAmNotAVillain a publié des dossiers visant notamment des clients identifiés dans plusieurs pays.

Revolut : le pirate revendique aussi la police italienne

Selon un thread publié le 14 septembre par International Cyber Digest, compte spécialisé en cybersécurité, le hacker de Revolut se serait confié directement à ses équipes. Et, son récit dépasse largement le cadre de la demande frauduleuse déjà documentée.

En effet, l’opération contre Revolut aurait duré six mois entiers, et les fausses demandes de données auraient transité par des systèmes compromis appartenant à plusieurs services des forces de l’ordre italiennes. L’information a été reprise dès le 14 septembre par la presse tech italienne, notamment par Matrice Digitale. Revolut, de son côté, maintient que ses systèmes internes et les fonds de ses clients n’ont pas été compromis.

Le pirate affirme détenir 147 gigaoctets de documents pris côté italien : agendas, dossiers internes, échanges personnels, selon les captures qu’il a montrées à la presse. Il cite même, toujours selon ses dires et sans authentification possible, les logs d’un agent des forces de l’ordre en pleine dispute conjugale par message. Rien de tout cela n’est confirmé. Ni Revolut, ni le Viminale, ni l’ACN (Agenzia per la Cybersicurezza Nazionale), ni la Polizia Postale n’ont fait de déclaration à ce sujet à l’heure où ces lignes sont écrites. Le conditionnel reste donc bien sur ici de rigueur.

Cependant, un précédent italien existe, sans lien établi. Les faits remontent à 2021-2022, mais la Procura di Milano n’en a révélé l’existence qu’en février dernier : six personnes y sont visées pour avoir utilisé deux adresses e-mail authentiques du ministère de l’Intérieur italien, liées à de vrais policiers, ainsi qu’un compte réel des Carabinieri, afin de soutirer des données à Wind, TIM, Vodafone, Iliad, Microsoft, TikTok, Amazon, Facebook, Snapchat et Google. Le dossier mentionne même un faux décret antiterroriste envoyé à Google, ainsi que des contacts prêtés avec NSO Group et Chainalysis. Rien ne prouve qu’il s’agit du même commando : ce dossier montre seulement qu’un accès policier italien détourné pour arracher des données à des entreprises privées ne serait pas une première.

Documents d'identité et photo floutée publiés sur le site IAmNotAVillain, issus de la fuite de données Revolut.
Le site IAmNotAVillain revendique la fuite de données de Revolut.

IAmNotAVillain : la fuite Revolut vire à la guerre de gangs

Le même jour de publication du thread de Cyber Digest, un site baptisé IAmNotAVillain a fait son apparition en ligne, avec sa propre page dédiée à Revolut. Le message affiché est sans détour : Revolut aurait ignoré un signalement sur la sécurité de sa base utilisateurs, ce qui aurait poussé le groupe à publier lui-même les documents KYC (les justificatifs d’identité collectés à l’ouverture du compte), adresses, numéros de téléphone, comptes bancaires et transactions crypto qu’il affirme détenir.

Sauf que le site s’ouvre aussi sur un désaveu en règle. Ses auteurs accusent un « imposteur », ancien collaborateur selon eux, d’avoir récupéré un petit échantillon de données et de s’en attribuer désormais toute la paternité. Le groupe d’origine promet de pouvoir prouver son authenticité, fichiers originaux et échanges avec les entreprises concernées à l’appui, et met en garde quiconque négocierait avec ce rival : personne n’a intérêt à traiter avec lui.

Message des hackers accusant Revolut de n'avoir pas sécurisé ses données utilisateurs.
Capture du message publié par les hackers.

De Zurich à La Valette : l’addition Revolut s’allonge

Toujours selon IAmNotAVillain, l’essentiel des données proviendrait de clients suisses et français. Mais la liste des pays concernés, égrenée dans le même thread, s’allonge bien au-delà : Chypre, le Portugal, l’Allemagne, l’Espagne, la Bulgarie, la Tchéquie, la Roumanie, la Pologne, Malte, la Norvège, la Suède et l’Italie apparaîtraient aussi parmi les juridictions touchées, une liste que le groupe présente lui-même comme non exhaustive.

Deux noms s’ajoutent à ceux déjà identifiés cette semaine, le joueur de tennis Shevchenko et le patron de Gamdom Felix Römer. Le thread cite aussi Georges Mikautadze, présenté comme un joueur du FC Barcelone sur la photo jointe, maillot blaugrana à l’appui. En réalité, l’attaquant évolue à Villarreal, où il était titulaire le 14 septembre face au Betis ; un temps annoncé dans le viseur du Barça cet été, il n’y a jamais été transféré.

Le tableau qui se dessine dépasse la simple négligence d’une néobanque piégée par une demande officielle falsifiée. Si les revendications du 14 septembre se confirment, ce n’est plus seulement Revolut qui devra rendre des comptes, mais des pans entiers d’administrations italiennes dont la sécurité aurait, elle aussi, cédé. À côté de ça, la demande de 10 000 bitcoins réclamée aux dirigeants de Revolut paraît presque anecdotique. Entre un hacker qui négocie, un rival qui revendique la même fuite et des services de police italiens visés à leur tour, les revendications du 14 septembre ouvrent un nouveau front dans une affaire qui, une semaine plus tôt, ne concernait qu’une demande frauduleuse et quelques clients fortunés.

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IA et extinction de l’humanité : le danger à 2 000 milliards de dollars ?

Par : Magali
15 septembre 2026 à 06:00

Science sans conscience n’est que ruine de l’âme. Rabelais ne croyait pas si bien dire, cinq siècles avant l’arrivée de l’intelligence artificielle. Sam Altman, Geoffrey Hinton, Barack Obama, l’ONU et même Vitalik Buterin s’alarment tous, sur le papier, du même danger. Celui d’une intelligence artificielle qui échapperait à tout contrôle. Sauf que dès qu’on gratte, plus personne ne parle de la même chose. L’un redoute l’extinction de l’espèce humaine. L’autre la disparition de millions d’emplois, la concentration du pouvoir dans trois entreprises américaines. Ou simplement que son voisin chinois prenne trop d’avance. Un même mot, alerte, recouvre trois logiques qui n’ont presque rien en commun, sinon le vocabulaire qu’elles empruntent.

Les points clés de cet article :
  • Plusieurs figures influentes, dont Sam Altman et Geoffrey Hinton, ont exprimé leur inquiétude face à l’éventualité d’une intelligence artificielle échappant au contrôle humain.
  • Un débat persistant oppose ceux qui craignent l’extinction de l’espèce humaine à cause de l’IA et ceux qui se préoccupent des conséquences immédiates sur l’emploi et les biais algorithmiques.

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Extinction ou emplois détruits : l’intelligence artificielle ne fait pas peur pour les mêmes raisons

En mars 2023, le Center for AI Safety, institut de recherche californien. Il fait signer une phrase unique à plus de 350 dirigeants et chercheurs. Elle érige la lutte contre le risque d’extinction lié à l’IA au rang de priorité mondiale. Même niveau que les pandémies ou la guerre nucléaire.

Parmi les signataires, Sam Altman, Demis Hassabis et Dario Amodei. Ces trois patrons dirigent justement les laboratoires les plus avancés du secteur, à savoir respectivement OpenAI, Google DeepMind et Anthropic. Geoffrey Hinton et Yoshua Bengio, qui ont posé les bases du deep learning il y a vingt ans, signent aussi.

Deux ans et demi plus tard. En octobre 2025, le Future of Life Institute pousse le curseur plus loin avec son Statement on Superintelligence. Et là, encore une fois, plus de 800 signatures, dont celles de Steve Wozniak, de Richard Branson et du prince Harry. Ils réclament une interdiction du développement d’une superintelligence tant qu’un consensus scientifique et une acceptation publique ne garantissent pas sa sécurité. Bengio est encore de la partie.

À côté de ces deux textes, une autre famille de chercheurs travaille depuis des années sur un tout autre registre. Celui des biais algorithmiques dans le recrutement ou la justice prédictive. Il s’agit aussi de la précarisation de métiers entiers, et de la poignée d’entreprises américaines qui concentrent la puissance de calcul mondiale. Pour ce camp, souvent regroupé sous l’étiquette de l’éthique de l’IA, parler d’extinction humaine détourne l’attention de dégâts déjà mesurables, ceux qui touchent des travailleurs précis, aujourd’hui, pas une humanité abstraite dans cinquante ans. Les deux camps utilisent le mot risque, mais ils ne parlent pas du même risque.

Altman et Musk : le pompier pyromane

Reprenons nos bonnes âmes signataires. Sam Altman signe le texte du Center for AI Safety en mai 2023. La même année, OpenAI lève 10 milliards de dollars auprès de Microsoft et entame la course au modèle le plus puissant du marché.

En 2026, l’entreprise dépose son dossier d’entrée en bourse sans jamais lever le pied sur la course à la puissance de calcul. Or, justement lorsque nous écrivons cet article, elle annonce ce matin même faire marche arrière pour cette année. Alerter sur l’extinction de l’espèce et courir après la prochaine levée de fonds force cette ambiguïté.

Elon Musk n’est pas en reste. En mars 2023, il cosigne aussi la lettre du Future of Life Institute. Elle réclame une pause de six mois sur l’entraînement des modèles les plus puissants. Quatre mois plus tard, xAI voit le jour. Grok, son modèle, tourne aujourd’hui sur l’un des plus gros clusters de calcul jamais assemblés. La pause, personne ne l’a jamais appliquée.

Chez Anthropic, Dario Amodei publie régulièrement des textes qui détaillent, chiffres à l’appui. Il y détaille les scénarios dans lesquels un modèle frontière pourrait échapper au contrôle de ses créateurs. Au même moment, Anthropic vise une valorisation record pour son introduction en bourse. Et l’entreprise a remporté un bras de fer très commenté face au Pentagone sur l’usage militaire de ses propres modèles.

On serait presque tenté d’y voir un remake du Projet Manhattan. Les physiciens qui avaient construit la bombe furent aussi les premiers. Une fois Hiroshima et Nagasaki rayées de la carte, ils réclament un contrôle international de l’arme qu’ils venaient de livrer. La comparaison a ses limites. Oppenheimer n’a jamais négocié une part de royalties sur le plutonium. Les trois patrons de l’IA alertent tout en actionnant, chaque trimestre, une machine à lever des capitaux.

We Must Pace the Frontier: I’ve written a new essay on why the AI industry should slow down, with a three-part plan for doing so.

Anthropic is unilaterally committing to the first of these steps. We’ll provide third-party evaluators with permanent, employee-level access to our…

— Dario Amodei (@DarioAmodei) September 12, 2026

« Nous devons repousser les limites : j’ai rédigé un nouvel essai expliquant pourquoi l’industrie de l’IA devrait ralentir, et proposant un plan en trois points pour y parvenir. Anthropic s’engage unilatéralement à mettre en œuvre la première de ces étapes. Nous accorderons à des évaluateurs tiers un accès permanent, équivalent à celui de nos employés, à nos systèmes. Ils pourront ainsi vérifier le respect de nos mesures de sécurité, signaler les incidents et évaluer la cohérence des modèles pendant leur entraînement. »

Dario Amodei

Obama, Trump, Pékin : la course à l’intelligence artificielle déguisée en cadre de sécurité

Face à cette course interminable le politique s’en mêle. Barack Obama presse les démocrates américains de se doter d’un plan clair sur l’IA. Il appelle aussi, selon le New York Times, à une forme de prudence face à la vitesse du déploiement des modèles. La sortie tombe alors que l’administration Trump pousse dans le sens exactement inverse. Un décret présidentiel vise à empêcher chaque État américain de légiférer de son côté sur l’IA, au nom d’un unique cadre fédéral, plus permissif. Un précédent décret de Trump promettait déjà de marier sécurité et innovation. Dans les faits, le curseur penche nettement vers la seconde option.

Côté chinois, le discours officiel emprunte le même vocabulaire qu’Obama ou que le Future of Life Institute. Lors du sommet mondial sur l’IA de Shanghai en 2026, Pékin signe une déclaration en faveur d’une gouvernance mondiale coordonnée du secteur. Dans le même temps, une entreprise chinoise est accusée d’avoir pillé les modèles d’Anthropic pour rattraper son retard, ce qui a valu une riposte de Washington. La coopération affichée et la course technologique réelle avancent sur deux rails qui ne se croisent jamais.

L’Union européenne a choisi la voie inverse, contraindre par la loi avec l’AI Act, entré en application par étapes depuis 2024. Bruxelles régule pourtant un marché où elle ne possède ni les modèles ni les centres de données les plus puissants. Washington et Pékin financent l’IA. L’Europe la commente.

Miroir, mon beau miroir, qui est la plus belle IA ?

En juillet 2026, la Commission fédérale des communications (FCC) autorise Reflect Orbital. Cette start-up américaine va tester un miroir géant en orbite basse. Il est capable de renvoyer la lumière du soleil vers un point précis de la Terre, la nuit. L’objectif affiché est de vendre du soleil à la demande à des exploitants agricoles ou à des chantiers qui veulent prolonger leurs journées de travail. Des astronomes, des biologistes et plusieurs associations de défense du ciel nocturne alertent depuis des mois. Ils redoutent la pollution lumineuse que provoquerait un déploiement à grande échelle. Ils pointent aussi la perturbation des cycles de sommeil de la faune, et les images d’observatoires qui deviendraient inutilisables. La CBC a documenté les zones d’ombre juridiques du dossier. Aucune loi internationale ne régit vraiment qui a le droit de modifier la nuit d’un pays voisin depuis l’espace. La FCC a validé le projet quand même.

Rien à voir avec un modèle de langage, en apparence. Le même mécanisme est pourtant à l’œuvre des deux côtés. Une communauté scientifique alerte, documente, chiffre le risque. Une entité privée, soutenue par un régulateur qui a le dernier mot, avance malgré tout, parce qu’elle en a la capacité technique et le financement. L’alerte n’a jamais été le problème. Le problème, c’est que personne, ni les 800 signataires du Future of Life Institute, ni les chercheurs du Center for AI Safety, ni Barack Obama, n’a le pouvoir de dire stop à ceux qui décident d’appuyer sur le bouton.

Reflect Orbital et l’IA : le même mécanisme de pouvoir

C’est là que la comparaison avec Reflect Orbital devient plus utile que n’importe quel parallèle avec la bombe atomique. Un miroir en orbite et un modèle de fondation à plusieurs centaines de milliards de paramètres n’ont, sur le papier, rien en commun. Ils partagent pourtant la même structure de décision. Une poignée d’acteurs privés, un régulateur qui les autorise plus souvent qu’il ne les freine. Cette masse de textes d’alerte qui s’accumulent sans jamais peser sur le calendrier de déploiement. La FCC a mis quelques mois à trancher sur Reflect Orbital. Cela fait trois ans que les mêmes textes circulent sur l’IA, sans qu’aucun laboratoire n’ait ralenti d’un cran sa feuille de route.

L’ONU a elle-même reconnu, dans un rapport publié cette année, que l’IA pourrait provoquer des dommages catastrophiques si aucun mécanisme de contrôle contraignant ne voit le jour d’ici la fin de la décennie. Le texte n’a aucune valeur légale. Aucun État n’est tenu de l’appliquer.

Reflect Orbital doit lancer son premier miroir test avant la fin de l’année. Les laboratoires d’IA ont déjà programmé leurs prochains modèles pour 2027. Les textes d’alerte, eux, continueront de s’accumuler sur des bureaux de gens qui n’ont jamais eu le pouvoir de les faire appliquer.

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Bitcoin marque le pas, les altcoins donnent le la – Steady Lads

Par : Steady Lads
14 septembre 2026 à 17:00

Le marché des cryptomonnaies conserve une orientation favorable aux altcoins, même si plusieurs résistances limitent encore la progression. Dans son analyse hebdomadaire, Cara, trader professionnel aux commandes de Steady Lads, la plateforme Premium du Journal du Coin, surveille notamment la décision de la Fed du 16 septembre et les tensions sur le pétrole, susceptibles d’accentuer la volatilité. C’est parti pour les graphiques.

Les points clés de cet article :
  • Pour Cara, le marché des cryptomonnaies conserve une orientation favorable aux altcoins, malgré plusieurs résistances qui ont limité leur progression.

  • La décision de la Fed du 16 septembre et les tensions sur le pétrole accentuent la volatilité, influençant potentiellement les marchés.

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Le TOTAL ES consolide pendant que Bitcoin manque de force

À l’échelle hebdomadaire, l’indice TOTALES reste bloqué sous une résistance importante. Cette phase de consolidation ne remet pas encore en cause le scénario haussier suivi par Cara. En effet, une volatilité plus faible peut permettre au marché de construire une base plus solide avant une nouvelle tentative de progression.

Sur le graphique journalier, la récente divergence baissière a entraîné une correction, mais celle-ci s’est arrêtée au niveau du support identifié. Le marché tente désormais de repartir, sans avoir encore franchi sa résistance. Une clôture quotidienne sous ce support constituerait un signal négatif, tandis que son maintien préserverait le biais haussier.

Le marché des cryptomonnaies conserve une orientation favorable aux altcoins, même si plusieurs résistances limitent encore la progression. Dans son analyse hebdomadaire, Cara, trader professionnel aux commandes de Steady Lads, la plateforme Premium du Journal du Coin, surveille notamment la décision de la Fed du 16 septembre et les tensions sur le pétrole, susceptibles d’accentuer la volatilité. C'est parti pour les graphiques.
Le biais reste haussier mais il ne faut pas lâcher le support – Source : Steady Lads

De son côté, Bitcoin continue de consolider. Il résiste aux anticipations d’une baisse vers 50 000 ou 55 000 dollars, mais affiche une dynamique moins favorable que plusieurs altcoins. Cette situation pourrait faciliter une rotation des capitaux vers le reste du marché si les résistances actuelles finissent par céder.

Le contexte macro économique invite néanmoins à la prudence. La possible hausse des taux de la Fed intervient alors que le rendement américain à dix ans approche 5 %. Par ailleurs, la fermeture de l’oléoduc saoudien Est-Ouest menace une partie notable de l’offre mondiale de pétrole.

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Dans un contexte macro économique tendu, la résistance actuelle sur Bitcoin paraît bien fragile – Source : Steady Lads

Les altcoins se rapprochent d’un signal notable

L’indice utilisé pour mesurer la force relative des altcoins tente de son côté de sortir d’un canal ascendant en place depuis 2022. Sur ce graphique, une baisse de l’indicateur traduit un renforcement des altcoins. Le marché se situe donc près de son signal le plus favorable depuis le début de cette période, mais une zone intermédiaire doit encore être franchie.

Les altcoins montrent d’ailleurs déjà une certaine résistance. Alors que TOTALES évolue horizontalement, leur capitalisation construit une consolidation ascendante, avec un point bas supérieur au précédent. Face à Bitcoin, le biais reste également positif sous réserve d’une cassure de la double résistance suivie par Cara.

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Une consolidation ascendante est en cours du côté du total altcoins – Source : Steady Lads

Ethereum conserve notamment son support autour de 2 400 dollars. Malgré une brève incursion sous ce niveau pendant le week-end, ses points bas remontent depuis le début du mois. La paire ETH/BTC atteint toutefois une résistance et présente un risque de correction temporaire.

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La paire ETH/BTC est bien remontée mais le risque de correction est à nouveau important – Source : Steady Lads

Solana consolide au-dessus de 100 dollars, tandis qu’Injective transforme une ancienne résistance en support. Aave tient également son support face à Bitcoin. Enfin, XRP et PUMP présentent des configurations encore incomplètes, qui nécessitent une confirmation avant de valider une reprise.

Cara conserve ainsi un biais haussier sur les altcoins, à condition que leur capitalisation face à Bitcoin franchisse sa résistance. Le signal observé reste encourageant, mais la validation dépend toujours de la sortie de consolidation et du maintien des supports actuels. Pour plus de détails sur tout ça et pour rejoindre la communauté Steady Lads qui vient de fêter ses un an, toutes les informations sont ici.

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Cara a soldé sa dernière poche de stablecoins pour renforcer une position déjà ouverte, qui devient de loin la plus grosse pondération du portefeuille. L’ensemble est désormais intégralement exposé, sur quatre positions. Le stop est déjà en place sous la zone de consolidation, pour un risque limité sur ce rajout, pendant que le reste des positions travaille déjà en profit.

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USA, Japon, Angleterre : Les 3 Banques centrales qui vont faire bouger le cours du bitcoin

Par : Magali
14 septembre 2026 à 15:49

Trois banques centrales, soixante-douze heures. La semaine qui s’ouvre empile la décision de la Réserve fédérale américaine mercredi. Suivent celle de la Bank of England jeudi, puis celle de la Bank of Japan jeudi et vendredi. Cette fois, ce n’est pas une baisse que les marchés attendent. Les traders assignent en effet une probabilité proche de 86 % à une hausse des taux américains.

Conséquence directe pour les marchés crypto : la Fed ne baisse plus, elle pourrait resserrer. Le Bitcoin évolue autour des 77 800 dollars ce lundi, loin de ses records de l’été. Le président de la Fed, Kevin Warsh, a donné le ton dès fin août à Jackson Hole. Selon lui, l’inflation sous-jacente ne s’améliore pas vraiment.

Points clés

  • La Fed devrait relever ses taux mercredi, avec une probabilité proche de 86 % selon le CME FedWatch
  • Le président Kevin Warsh a durci le ton depuis Jackson Hole, évoquant une inflation encore trop élevée
  • La Bank of England devrait maintenir son taux à 3,75 % jeudi, et pourrait ralentir son resserrement quantitatif
  • La Bank of Japan devrait à l’inverse relever son taux à 1,25 %, un mouvement jugé probable par 97 % des économistes sondés par Reuters

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La Fed, Kevin Warsh aux commandes : la hausse est déjà dans les prix

Le FOMC se réunit mardi et mercredi. La décision tombe mercredi en fin de journée à Washington, soit 20 heures à Paris. Le marché table sur une hausse de 25 points de base, qui porterait la fourchette cible à 3,75-4 %. Ce serait un tournant après trois baisses consécutives fin 2025.

Deux publications ont fait basculer les anticipations. Le CPI d’août est ressorti à 3,4 % sur un an, avec une inflation sous-jacente plus chaude que prévu. Par ailleurs, l’emploi américain a surpris par sa vigueur. 162 000 créations de postes ont été enregistrées en août, largement au-dessus des attentes, pour un chômage à 4,1 %. Ensemble, ces chiffres ont fait grimper la probabilité d’une hausse de 56 % à plus de 85 % en quelques jours. C’est ce qu’indique le CME FedWatch, l’outil de référence du marché.

Kevin Warsh a lui-même préparé le terrain. Lors de son discours à Jackson Hole fin août, il a jugé que l’inflation sous-jacente ne s’améliorait pas vraiment. Un ton bien plus ferme que celui de son prédécesseur, Jerome Powell. Le marché anticipe désormais environ 50 % de probabilité d’une seconde hausse en décembre.

Graphique montrant l'évolution du taux directeur de la Réserve fédérale américaine et de la croissance du PIB réel des États-Unis de 2000 à 2026, avec une remontée récente du taux vers 3,75-4 %.
Le taux directeur de la Fed (courbe noire) et la croissance du PIB américain (barres oranges) depuis 2000. Après trois baisses fin 2025, le taux remonte vers la fourchette 3,75-4 % anticipée pour mercredi. Source : MacroMicro.

Bank of England et Bank of Japan : un statu quo, une vraie hausse

La Bank of England publie sa décision jeudi à midi, heure de Londres. Le statu quo à 3,75 % est largement anticipé. Le comité de politique monétaire avait déjà voté 6 contre 3 pour un maintien fin juillet. Trois membres réclamaient une hausse à 4 %. L’autre enjeu porte sur le resserrement quantitatif. La banque pourrait en effet ramener son rythme de ventes d’obligations d’État de 70 à 50 milliards de livres par an.

La Bank of Japan referme la séquence jeudi et vendredi. La décision tombe vendredi après-midi, heure de Tokyo. Un statu quo semble désormais très peu probable. Le marché table sur une hausse de 25 points de base, à 1,25 %. Cette hausse est portée par 97 % des économistes interrogés par Reuters, contre 57 % lors du sondage précédent. La banque centrale avait déjà relevé son taux à 1 % en juin, un plus haut depuis 1995, avant de le maintenir en juillet. Certains économistes anticipent même une nouvelle hausse à 1,50 % d’ici décembre. Le taux terminal évoqué grimpe désormais vers 1,75 % au deuxième trimestre 2027.

Ce paramètre mérite toute l’attention des détenteurs de cryptomonnaies. En août 2024, un tour de vis japonais avait déjà déclenché le débouclage brutal du carry trade. Le Bitcoin avait alors perdu 20 % en deux séances. Cette fois, le risque n’est plus un scénario lointain. La Fed et la BoJ durcissent toutes les deux le ton la même semaine, ce qui peut accélérer un débouclage similaire. Le carry trade yen reste donc un risque immédiat pour le Bitcoin, pas une échéance reportée à janvier.

Bitcoin : la liquidité mondiale plutôt que les 25 points de base

Le Bitcoin évolue autour des 77 800 dollars, loin de ses records de l’été. Le week-end dernier, le CPI conforme aux attentes avait propulsé le cours au-dessus des 78 000 dollars. Mais la hausse des rendements obligataires a ensuite pesé sur le marché. Le canal de transmission est connu. Une Fed plus restrictive fait grimper le coût de l’argent, ce qui pèse alors sur les actifs à risque. Les 21 millions d’unités du protocole ne bougeront pas, quelle que soit la décision de mercredi soir.

Graphique comparant l'évolution du cours du Bitcoin à la masse monétaire mondiale M2 entre 2013 et 2026, montrant une corrélation entre expansion de la liquidité mondiale et hausse du Bitcoin.
Le Bitcoin (courbe noire) suit depuis plus de dix ans les cycles de la masse monétaire mondiale M2 (zone bleue), qui agrège Fed, BCE, Bank of England, Bank of Japan et PBoC. Source : Look Into Bitcoin

Le scénario inverse serait paradoxalement plus explosif. Une Fed qui choisirait de ne pas bouger, contre toute attente, ferait l’effet d’une vraie surprise. Le marché a en effet déjà digéré la hausse. À l’inverse, si la hausse est confirmée comme prévu, l’attention se déplacera vers le dot plot. Le ton de Kevin Warsh en conférence de presse comptera tout autant. Un discours qui confirme une seconde hausse en décembre pèserait plus lourd que le geste de mercredi lui-même.

Fed mercredi, Bank of England jeudi, Bank of Japan jeudi et vendredi : la séquence se referme en trois jours. Pour la première fois depuis longtemps, ce sont des hausses, et non des baisses, qui rythment cette semaine. D’ici la prochaine réunion du FOMC, fin octobre, ce sont surtout les mots de Kevin Warsh qui compteront. Ils pèseront plus que le quart de point lui-même pour fixer le cap de la liquidité mondiale. Et avec lui, l’horizon du Bitcoin jusqu’à la fin de l’année.

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Crypto au Brésil : 300 plateformes pour une dizaine de licences

14 septembre 2026 à 15:28

Hécatombe annoncée sur le marché crypto brésilien. Depuis le 2 février, la banque centrale du Brésil impose de nouvelles règles aux plateformes d’actifs numériques. Ces exigences de fonds propres et de conformité reprennent, en somme, celles des établissements bancaires. Sur près de 300 prestataires recensés dans le pays, une vingtaine seulement tiendraient la distance. Au final, une dizaine seulement décrocheraient une licence.

Points clés

  • Depuis le 2 février, les prestataires crypto brésiliens doivent réunir des fonds propres plus élevés. Le plafond grimpe jusqu’à 37,2 millions de réaux, soit environ 7,2 millions de dollars.
  • Sur près de 300 acteurs, 20 à 25 seraient en mesure de déposer un dossier recevable. Une dizaine seulement décrocheraient un agrément.
  • Bitnuvem, NovaDAX, Digitra et Coinext ont déjà arrêté ou restructuré leurs services aux particuliers.
  • Les transactions en stablecoins adossés à une devise étrangère basculent sous le régime du marché des changes.

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Crypto : le Brésil exige jusqu’à 7,2 millions de dollars de fonds propres

Le sigle PSAV désigne au Brésil les prestataires de services sur actifs virtuels. Le terme fait écho aux PSAN français et aux VASP de la terminologie internationale. Les résolutions adoptées par la Banco Central do Brasil découpent le métier en trois catégories. On y trouve l’intermédiation, la garde d’actifs pour le compte de tiers et le courtage. Chaque catégorie impose son propre plancher de capital. Pour les profils les plus larges, il grimpe jusqu’à 37,2 millions de réaux, soit environ 7,2 millions de dollars.

Le capital n’est que la première marche. Le cahier des charges impose aussi une gouvernance claire et un dispositif anti-blanchiment. Il exige, par ailleurs, une séparation stricte des fonds clients et un reporting régulier au superviseur. Une plateforme de taille moyenne vit sur des commissions de quelques points de base. Résultat : le coût de mise en conformité dépasse souvent sa marge annuelle.

Le calendrier achève de resserrer l’étau. Les candidats doivent déposer leur dossier avant le 30 octobre. Passé ce délai, ils disposeront de 30 jours pour cesser toute activité et restituer les fonds de leurs utilisateurs.

Bitnuvem, NovaDAX, Digitra et Coinext quittent déjà la table

Quatre plateformes ont annoncé l’arrêt ou la restructuration de leurs services destinés aux particuliers : Bitnuvem, NovaDAX, Digitra et Coinext. Aucune n’a désigné nommément la nouvelle réglementation dans ses communiqués. Toutes, en revanche, ont choisi de communiquer dans les semaines qui ont suivi son entrée en vigueur.

L’arithmétique est brutale. Sur 300 acteurs, seuls 20 à 25 dossiers seraient jugés recevables, puis une poignée seulement décrocheraient un agrément effectif. Concrètement, plus de 95 % du marché sortirait du cadre légal, par la vente, la fusion ou la fermeture. Les maisons capables d’aligner huit chiffres de fonds propres et un service conformité étoffé partent avec une longueur d’avance. C’est le cas, par exemple, de Mercado Bitcoin, de Foxbit ou des filiales locales des groupes internationaux. Les petites structures nées de l’euphorie de 2021 n’ont ni le bilan ni le temps de rattraper ce niveau d’exigence.

Stablecoins et fiscalité : la deuxième lame de la réglementation crypto

Le volet le plus lourd de conséquences concerne les stablecoins adossés au dollar. Les opérations portant sur des jetons référencés à une devise étrangère basculent dans le régime du marché des changes. Elles héritent, du même coup, des obligations de déclaration et d’identification qui l’accompagnent. La banque centrale évalue à environ 90 % la part des flux crypto brésiliens liés à ces actifs. Un tel pourcentage transforme, de fait, une règle technique en réforme structurelle pour tout le pays.

Reste la question des utilisateurs privés de plateforme locale. Ils conservent l’accès aux places étrangères, aux protocoles DeFi et à l’autoconservation. Ces usages échappent, cependant, au superviseur brésilien en matière de protection du consommateur. Le fisc, lui, a déjà anticipé le mouvement. Désormais, ses obligations déclaratives couvrent aussi les transactions réalisées sur des plateformes étrangères, comme celles effectuées depuis un wallet personnel.

Les dossiers doivent être déposés d’ici fin octobre, l’instruction par la banque centrale suivra. D’ici là, quelque 275 prestataires devront choisir entre vendre, fusionner ou fermer. Une dizaine de survivants, enfin, se partageront le marché crypto le plus actif d’Amérique latine.

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