La boue qui glisse sur les routes après un orage n'est pas un simple désagrément : c'est la couche arable du champ voisin qui disparaît. Cette pellicule de terre fertile, formée en mille ans, peut être emportée en quelques minutes par l'eau de ruissellement, détruisant la fertilité des sols et polluant les cours d'eau.
La province d'Almería en Espagne s'est couverte de 400 km² de serres agricoles depuis 1970, transformant une plaine désertique en potager européen. Mais ce changement radical a eu un effet climatique inattendu : le plastique blanc réfléchit le rayonnement solaire, créant une anomalie thermique qui refroidit la région de 0,3°C par décennie pendant que l'Espagne se réchauffe globalement.
Les Français sont de vrais « jardinophiles » ! Et vous ? Avec cette chronique, (re)découvrez une plante, un fruit, un légume.C’est un fruitier qui donne de petites « pommes » jaunes à rouges en septembre, pourtant, cela fait bien longtemps qu’il a été oublié. Ce petit arbre, c’est l’azérolier....
En remuant leurs sols pour construire des routes et cultiver leurs champs, les Français ont ouvert un boulevard à l'ambroisie, une plante allergisante venue d'Amérique du Nord. Cette invasion silencieuse suit précisément le tracé des autoroutes et des zones de chantiers, transformant chaque coup de pelle en vecteur de dissémination.
Depuis 1958, le canal Indira Gandhi irrigue le désert du Thar, mais crée un fléau inattendu : la salinisation progressive des sols. L'eau qui devait apporter la fertilité remonte avec elle des sels minéraux qui, après évaporation, stérilisent les terres. Un paradoxe où l'abondance d'eau produit des zones marécageuses toxiques pour l'agriculture.
L'été a été marqué par des canicules à répétition, des incendies de grande ampleur et une nette diminution des ressources hydriques. À quoi faut-il s'attendre en matière de sécheresse et d'évolution du climat ? Jean-Daniel Cesaro, géographe au Centre de coopération internationale en recherche...
Le Pakistan a transformé un désert en grenier agricole par l'irrigation, mais sans drainage suffisant. Résultat : 15 millions de tonnes de sel remontent à la surface chaque année, stérilisant 40 000 hectares de terres cultivables. Une erreur fondatrice devenue catastrophe silencieuse.
Au XIXᵉ siècle, les Australiens ont planté du figuier de Barbarie pour créer des clôtures et produire un colorant prisé de l'armée britannique. Cette décision rationnelle sur le papier s'est transformée en catastrophe agricole, avec des millions d'hectares envahis par la plante invasive. Un petit papillon argenté sauvera finalement le continent d'un désastre sans précédent.
Nous sortons tous groggys et épuisés de ces longs épisodes de canicule et de l’intense sécheresse qui allait avec. Ce n’est pas fini : en particulier les conséquences vont être absolument dramatiques pour de très nombreux agriculteurs, et les consommateurs vont devoir faire avec certaines...
Depuis le XIXe siècle, le drainage massif des tourbières pour l'agriculture a transformé ces réservoirs de carbone en sources d'émissions majeures. Résultat : des sols qui s'effondrent sur eux-mêmes de plusieurs mètres, libérant des quantités vertigineuses de gaz à effet de serre accumulés pendant des millénaires.
La sécheresse, ce n’est plus seulement une histoire de rivières sans eau ou de pelouses jaunies. Dans ce quatrième épisode de notre série d’été, Marc-André Selosse raconte comment elle s’invite déjà dans notre quotidien : de nos assiettes à nos robinets et jusque dans nos maisons.
Sous les plaines du Kansas, du Texas et du Nebraska s'étend l'aquifère Ogallala, la plus grande réserve d'eau souterraine des États-Unis. Depuis 1950, le pompage massif l'a fait descendre de plus de 70 mètres par endroits, transformant des terres irriguées en déserts agricoles. Une épuisement inexorable d'un stock fossile jamais remplacé.
Dans le premier épisode de cette série d’été, Marc-André Selosse nous prévenait : le sol résiste à la sécheresse… jusqu’à une certaine limite. Cette fois, le biologiste nous décrit ce que l’agriculture pourrait (et devrait) faire pour ne pas pousser les sols à bout. Spoiler : cela commence par...
Sous nos pas, le sol abrite une biodiversité colossale. Elle œuvre en secret pour notre bien. Face à la sécheresse, peut-elle résister ? Dans le premier épisode de cette nouvelle série d’été, le biologiste Marc-André Selosse donne une réponse claire : oui, mais…
Huit ans après l'abandon du projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, les 1 650 hectares gelés depuis soixante ans sont redevenus des champs et des prairies humides. Entre règlements judiciaires records et nouvelles exploitations agricoles, le territoire a connu une renaissance inattendue, marquée par la cohabitation entre paysans historiques et anciens occupants de la ZAD.
Depuis la construction du haut barrage d'Assouan en 1970, soixante millions de tonnes de limon fertile s'accumulent chaque année au fond du lac Nasser au lieu de fertiliser le delta du Nil comme pendant 5 000 ans. Le delta s'appauvrit, les côtes s'érodent et les agriculteurs sont devenus dépendants des engrais chimiques.
En 1995, le dictateur Suharto lance le Mega Rice Project : transformer un million d'hectares de tourbière en Kalimantan central en greniers à riz. Trois décennies plus tard, ce chantier pharaonique n'aura produit zéro récolte, creusé 4 600 km de canaux inutiles, et transformé une région entière en poudrière climatique. Les conséquences : des émissions de carbone équivalentes à 40 % des émissions fossiles mondiales.
Chaque banane vendue au supermarché est un clone génétique parfait d'un unique plant Cavendish multiplié des millions de fois. Cette absence totale de diversité génétique les rend extrêmement vulnérables à un champignon dévastateur qui pourrait les faire disparaître des étals.
Pendant des décennies, la France a redressé ses rivières au nom du progrès agricole. Aujourd'hui, elle dépense un milliard d'euros pour leur rendre leurs courbes naturelles. Une boucle absurde qui révèle le vrai coût de l'ignorance — ou de l'indifférence.